Gestion durable de la forêt de Moya à Anjouan

Les menaces sur les écosystèmes forestiers aux Comores datent de la période coloniale au cours de laquelle les colons ont dépossédé les paysans du droit de cultiver les terrains côtiers et de supprimer la végétation forestière des terrains à faible pente pour installer des monocultures de rente. Pour continuer à assurer leur subsistance, les paysans sont allés cultiver les terrains à fortes pentes sur les hauteurs des îles.



En 1986, on estimait les surfaces forestières des Comores à 12.375 ha. Entre 1990 et 2000, cette superficie a diminué de 4,3% par an, le 4ème taux le plus élevé du monde. Les dernières statistiques de la FAO montrent que la forêt a diminué d’un autre tiers depuis 2000, et à Anjouan, il ne resterait que quelques lambeaux sur les zones les moins accessibles. Ce déboisement massif entraîne la disparition des cours d’eau et met en danger la biodiversité terrestre endémique. Le livre rouge sur les espèces menacées de l’UICN répertoriait en 2008, 85 espèces (la moitié de ces espèces sont endémiques) en danger pour la faune et 5 pour la flore.
Le projet d’Engagement Communautaire pour le Développement Durable (ECDD) a débuté en 2007 pour une phase pilote destinée à affiner la méthodologie du travail avec les communautés à Anjouan.

L’objectif du projet, qui visait à améliorer les conditions de vie des populations rurales en appuyant et développant une gestion territoriale intégrée des ressources naturelles de la forêt de MOYA, s’est avéré pertinent dans le contexte anjouanais, qui se caractérise par une très forte pression sur toutes les ressources de l’île, principalement à cause :
•       d’une très forte densité de population,
•       de la non-durabilité des pratiques agro-forestières,
•       de la vulnérabilité économique de la population.


Le projet s’était fixé comme objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations de la forêt de Moya à Anjouan à travers la gestion durable et communautaire de la ressource forestière. Il s’agissait en particulier de (i) améliorer la gestion communautaire des ressources, (ii) améliorer la durabilité de l'exploitation des ressources et (iii) préserver les écosystèmes forestiers et leur biodiversité.


Exécution

Pour atteindre son objectif, le projet ECDD avait proposé comme principales activités :
•    Suivi scientifique de la biodiversité à l’aide de transects, de comptages réguliers des espèces forestières, d’un suivi SIG, et par l’élaboration d’un zonage idéal pour la création d’aires protégées ;
•    Mise en place d’actions communautaires durables analysées et conçues de façon participative visant à diminuer la pression sur la ressource forestière et à améliorer la santé des écosystèmes ;
•    Appui à la création d’une ONG locale qui prendra le relais du projet par la suite ;
•    Communication et plaidoirie au niveau local, national et international.


Afin d’optimiser son intervention, le projet a su s’entourer d’une expertise internationale avec la signature de partenariats avec les Universités anglaises d’Oxford et d’East Anglia, le Durrel Wildlife Conservation Trust, et l’IUCN notamment. D’autres renforts sont prévus avec le WWF, AVSF et le CIRAD. L'AFD avait également donné son accord pour la mise en place d'un partenariat avec l'ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (antenne de Madagascar) pour apporter des appuis techniques et méthodologiques aux réalisations de l'équipe ECDD Comores.


Plan de financement

Le coût total du projet était de 1 407 100 € et la subvention de l’AFD s’élevait à 750 000 €. La Darwin Initiative du Ministère britannique de l’Environnement (DEFRA) avait participé à hauteur de 260 000 €. D’autres financements  ont été octroyés par Bristol Clifton and West England Zoological Society Limited et le Fonds de l’Environnement Mondial à travers la Convention sur la Diversité Biologique.


Bilan de l’intervention


L'approche, les thématiques et la méthodologie développées par le projet ont donné des résultats satisfaisants de par leur adaptabilité au contexte anjouanais voir comorien. En effet, l'approche participative adoptée pour la mise en œuvre des activités du projet et les techniques culturales développées, notamment l'intensification agro écologique, ont pu répondre aux besoins réels des communautés ce qui a favorisé leur appropriation par les villageois.
Par ailleurs, au regard de la durée du projet, les activités développées restent au stade "expérimental/test" car l'équipe projet n'a pas pu vulgariser et diffuser les résultats à plus grand échelle. En outre, à la fin du projet (mars 2013), les communautés n’ont pas encore été suffisamment autonomes pour mettre à profit les acquis du projet.
 

L’ONG comorienne « DAHARI » qui a repris le relais du projet a été créée en février 2013.
 

 

Pour résumer

  • Financements Darwin Initiative (DEFRA), Durell, Bristol Zoo Gardens, FEM, AFD
    Bénéficiaires BRISTOL CLIFTON AND WEST ENGLAND ZOOLOGICAL SOCIETY LIMITED
    Montant total financé par l'AFD 750.000 € en subvention
    Durée du projet 36 mois
    Statut du projet Clôturé
    Date de la signature de la Convention 5 mars 2010
    Clôture du projet mars 2013
Mise à jour en mars 2016

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