Secteur privé

Secteur privé

Présentation du secteur

 L’économie congolaise est caractérisée par une faible diversification, un secteur privé embryonnaire et un secteur bancaire et financier encore limité.

En 2010, le secteur pétrolier contribue à plus de 60% au PIB et représente 90% des exportations. Les investissements privés hors pétrole ne représentent que 5% du PIB.
Le tissu entrepreneurial congolais est constitué de :
  • quelques dizaines de grosses entreprises dont la plupart sont liées aux multinationales et situées à Pointe-Noire. Leur chiffre d’affaires est supérieur à 1 milliard de FCFA (150 millions d’euros) ;
  • quelques centaines d’entreprises structurées, la plupart dans les secteurs des services et de la petite production (peinture, yaourt, jus de fruits). Leur chiffre d’affaires est compris entre 60 et 250 millions de FCFA (90 et 380 000 euros) ;
  • de nombreuses entreprises à la limite du secteur formel et de l’informel (petit commerce, petite restauration, maraichage, transformation de produits alimentaires, artisanat).
Le climat des affaires est peu propice au développement de l’entreprenariat, le Congo est classé 177ème sur 183 au rapport Doing Business 2011 de la Banque Mondiale.
Les principales contraintes au développement du secteur privé sont :
-          l’accès difficile au financement ;
-          le manque de formation et d’information ;
-          la défaillance des infrastructures ;
-          l’insécurité judiciaire et juridique ;
-          la corruption.
Le secteur bancaire congolais est restreint et peu mature. Après de sérieuses difficultés dans les années 90 (mauvaises performances des banques publiques, crises politiques, guerre), la restructuration du secteur à partir de 2000 s’est traduite par une vague de privatisations et d’investissements étrangers.
 
Aujourd’hui 5 banques commerciales occupent la place : La Congolaise de Banque (LCB), Crédit du Congo (ancienne filiale du Crédit Agricole rachetée par le groupe marocain Attijariwafa Bank en septembre 2009), la Banque Commerciale Internationale (filiale du Groupe Banques Populaires), BGFI Bank et Ecobank et de plusieurs établissements financiers ou de crédits dont les principaux sont les Mutuelles Congolaises d’Epargne et de Crédit (MUCODEC) et la Banque Congolaise de l’Habitat (BCH).
 
Depuis 2009, le secteur semble être plus dynamique et plusieurs banques souhaitent s’implanter au Congo. Ainsi, la banque portugaise Banco Esperito Santo a obtenu son agrément, United Bank for Africa (UBA), banque sud-africaine est en attente d’agrément et la Société Générale a également fait une demande d’agrément.
Toutefois, le taux de bancarisation et le taux de crédit au secteur privé / PIB restent faibles. Par ailleurs, l’activité bancaire congolaise est réglementée par les normes conservatrices de la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), qui contribuent en partie à la surliquidité des banques. A titre illustratif, les crédits représentent 38% des dépôts (chiffres de la COBAC à fin septembre 2010).
 

Importance pour le pays

La diversification de l’économie congolaise est un impératif économique pour contrebalancer le poids du secteur pétrolier mais également un impératif social pour permettre de créer des emplois et diminuer la pauvreté. Le taux de chômage moyen au Congo s’élève à 16,1%.
 
Le Congo a pris la mesure des enjeux en donnant la priorité à la croissance et à l’emploi dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) de 2ème génération pour la période 2011-2016.
L’accent est porté sur les chantiers suivant :
  • le développement industriel et agricole des filières pour lesquelles le Congo dispose d’un avantage comparatif. Deux axes d’industrialisation ont été identifié : l’agro-industrie et les matériaux de construction ;
  • la prise en compte des thématiques transversales : infrastructures, capital humain, climat des affaires. Un Haut-Conseil du Dialogue Public-Privé a été créé et une feuille de route sur le climat des affaires fixant les principaux axes de réforme a été approuvée. Une stratégie de développement de Zones Economiques Spéciales (ZES) est en cours de préparation. Enfin des chantiers d’infrastructures structurants sont en route : agrandissement et modernisation du Port Autonome de Pointe-Noire (PAPN), construction de la route nationale n°1 entre Pointe-Noire et Brazzaville, réhabilitation et restructuration du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO), modernisation de l’aéroport de Brazzaville.
 

Interventions de l’AFD

L’AFD contribue au dialogue sectoriel avec le Gouvernement et les autres partenaires techniques et financiers (Banque Mondiale, Délégation de l’Union Européenne, Banque Africaine de Développement) afin d’instaurer un climat des affaires favorable à la promotion des investissements privés au Congo.
 
L’AFD soutient directement des actions en faveur du financement du secteur privé. Elle concourt avec la Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale (BDEAC) au développement du réseau des MUCODEC (micro-finance). Elle a accordé, à ce titre, en avril 2010, un nouveau prêt de 1 milliard de FCFA (1,5 millions d’euros) qui complète un premier prêt d’un même montant consenti fin 2007.
 
L’AFD a également octroyé, fin 2010, une première garantie de portefeuille d’Assurance pour le Risque de financement de l’Investissement privé dans la Zone d’intervention de l’AFD (ARIZ) de 3 milliards de FCFA (4,6 millions d’euros) à la Banque Commerciale Internationale (BCI) pour l’accompagner dans sa stratégie de financement des PME-PMI. L’AFD souhaite étendre ce dispositif de garantie aux autres banques commerciales de la place.
 
Enfin, l’AFD envisage d’investir directement dans le secteur aéroportuaire via PROPARCO et de soutenir  la filière bois  en mettant en place une ligne de crédit.