Activités de l'AFD

Activités de l'AFD

Historique des relations

L'AFD intervient au Congo depuis l'indépendance du pays le 15 août 1960. Proparco, filiale de l'AFD spécialisée dans le financement des entreprises privées, est également active au Congo depuis 1992.

Ce partenariat historique s’est traduit jusqu’en 1997 par d’importants volumes de financements, essentiellement sous forme de prêts à l’Etat, mis en œuvre pour aider au décollage économique du pays : près de 700 millions d’euros ont ainsi été engagés par l’AFD entre 1960 et 1997, principalement dans le secteur agricole (palmier à huile, eucalyptus, sucre, essentiellement), les infrastructures de transport (ATC0, dissoute en 2000, puis CFCO, Port de Pointe Noire, notamment), l’énergie, les télécommunications et les mines.
Suspendues à partir du conflit armé de 1997 et la mise en vigueur de sanctions pour impayés, les activités de l’AFD au Congo ont exclusivement pris la forme de dons et se sont d'abord limitées à la mise en œuvre de programmes d’urgence financés sur reliquats des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) de 1992 et 1996, à la gestion de fonds de la Banque Mondiale et à l’octroi en mars 2005 d’une subvention d’ajustement structurel de 24 M € destinée au financement partiel des arriérés de la République du Congo vis à vis de la Banque Africaine de Développement (BAD).

L’AFD au Congo aujourd’hui

Les activités de développement n’ont véritablement redémarré qu’en 2005 / 2006, après l'octroi par le FMI d’une Facilité triennale pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) et la signature d'un accord en Club de Paris en 2004 ouvrant la voie à la mise en œuvre du processus de l’IPPTE à partir de 2006. Ce dernier s’est achevé en janvier 2010 par l’annulation totale de la dette visée dans le processus.

Pendant cette période, les activités de l’Agence au Congo ont été contraintes par le recours quasi exclusif aux subventions pour financer les projets dans les secteurs de concentration retenus par le Document Cadre de Partenariat signé le 22 mai 2008 entre le Congo et la France pour la période 2008 – 2011 :
  • les infrastructures ;
  • l’éducation de base et la formation professionnelle ;
  • l’environnement, le secteur forestier et la biodiversité.
Hors concentration, l’AFD intervient également dans le secteur de la santé et, dans une moindre mesure, le secteur privé et bancaire.
Faute de contreparties non souveraines encore suffisamment stables et solides, à l’exception du Port Autonome de Pointe Noire auquel a été consenti en 2009 un prêt de 29 millions €, et de l’impossibilité de prêter à l’Etat, les niveaux d’engagements sont restés modestes au cours de cette période, de même que les décaissements :
 

En millions €             2006      2007       2008     2009    2010

Autorisations              2.2       12.2         1.5        37.5      0.5

Décaissements          0.02      0.2           1.9         2.2      1.6

   
Néanmoins, fin 2010, 16 concours étaient en cours de mise en œuvre, représentant un montant total d’engagement initial de près de 57 millions €, soit 37 milliards FCFA, sous forme de subventions (21,6 millions €, soit 14 milliards FCFA), de prêts (30,5 millions €, soit 20 milliards FCFA) et de garantie (4,6 millions €, soit 3 milliards FCFA).
La mise en œuvre d’un premier Contrat de Désendettement Développement (C2D) de 80 M€ sur la période 2010-2014, et une possible reprise de prêts souverains, voire de prêts non souverains à des entreprises publiques stratégiques, pourrait faire évoluer cette situation au cours des prochaines années dans le sens d’engagements accrus de l’Agence. Des opportunités pourraient également se dessiner dans le secteur privé, en particulier dans le secteur forestier et le secteur bancaire.
Le rattrapage d’importants retards sociaux, malgré les niveaux de croissance élevés générés ces dernières années par l’économie pétrolière, la réalisation effective de réformes structurelles stratégiques (gouvernance financière, réforme des entreprises publiques, promotion du secteur privé, en particulier) ainsi que la nécessaire diversification de l’économie pour préserver la croissance lorsque le pic pétrolier aura été atteint, constitueront des enjeux essentiels pour le Congo et fixeront ainsi le cadre général des concours qu’apporte l’Agence au Congo.

Les secteurs d’interventions

Au cours des dernières années, les financements de l’AFD ont été concentrés sur 4 secteurs :

·         L’éducation de base  et la formation professionnelle : une subvention de 6 M€ a été consentie pour le renforcement des capacités des ministères en charge des enseignements primaire, secondaire, technique et professionnel, et la refonte du système de formation professionnelle et technique.
Au niveau régional, un prêt de 4 M€, octroyé en 2010 à l’Institut Catholique des Arts et Métiers d’Afrique Centrale (ICAM-AC), permettra le développement de son offre de formation professionnelle supérieure en Afrique centrale (Pointe-Noire et Douala).
L’AFD est engagée dans la finalisation de la Stratégie Sectorielle Education (SSE) qui doit permettre au Congo de rejoindre l’Initiative de Mise en Œuvre Accélérée en faveur de l’Education Pour Tous (IMOA-EPT ).
·         Les infrastructures  : L’AFD a soutenu le processus de mise à niveau du PAPN, où le Groupe Bolloré s’est vu attribuer début 2009 la concession du terminal à conteneurs, et mis en place un prêt non souverain de 29 M€ pour le financement de son programme d’investissements prioritaires aux cotés de la BEI et la BDEAC. Une subvention de 500 000 € (PRCC) a également été octroyée fin 2010 pour la facilitation des formalités portuaires à Pointe-Noire. L’AFD a également financé des appuis techniques au Service Commun d’Entretien des Voies Navigables (SCEVN).
Enfin seront financés sur C2D le projet de la Route de la Corniche de Brazzaville et d’aménagements urbains à Bacongo et Makélékélé (40 M€) et le projet de travaux de drainage des eaux pluviales de Brazzaville (24 M€).
·         L’environnement, la forêt et la biodiversité aves des interventions visant à :
-   Contribuer au processus d’intégration régionale du secteur  grâce au soutien apporté à la COMIFACpar un dispositif d’assistance technique (1,35 M€ en subvention) ;
-   Promouvoir la gestion durable des forêts : Un Projet d’Appui à la Gestion Durable des Forêts (PAGEF, 5 M€ en subvention) dans le sud du Congo.
-   Lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts afin de réduire le réchauffement climatique (REDD). L’AFD contribue au Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier (FCPF) et a récemment octroyé une subvention (1,5 M€) pour financer la 1ère étape du programme de mise à disposition des données satellitaires pour le suivi du couvert forestier d’Afrique Centrale (ASTRIUM).
-   Préserver la biodiversité : contribution de 3M€ au fonds fiduciaire de la Fondation pour le Tri-National de la Sangha.
·         Santé : programme de 6 M€ en subvention pour la gestion des ressources humaines de santé Dans le cadre du C2D sera financé un appui à la gestion et à l’organisation du CHU de Brazzaville (4 M€).
Par ailleurs, un financement "multi-pays" (RCA, Burundi et Congo), octroyé en 2008 par l'AFD à la Croix Rouge Française (CRF), permet d'appuyer les structures de santé de la Circonscription Sanitaire d'Igné-Ngabé (1,1 M€).
 
Bien que limitées, les interventions de l’Agence en faveur du secteur privé ont essentiellement consisté à soutenir des institutions financières de la place. L’Agence a ainsi financé directement, aux côtés de la BDEAC, le développement du réseau des Mutuelles Congolaises d’Epargne et de Crédit (MUCODEC) par 2 prêts de 1 milliard FCFA chacun (1,5 millions €), respectivement en 2007 et 2010.
Enfin, l’AFD a amorcé en 2010 la mise en place du mécanisme de garantie (ARIZ) avec l’octroi d’une première garantie de portefeuille de 4,6 M€ à la BCI pour l’accompagner dans sa stratégie de financement des PME-PMI congolaises .