Le Congo-Brazzaville

Le Congo-Brazzaville

Généralités

L'histoire contemporaine du Congo a d’abord été marquée par la mise en place d’un régime communiste jusqu’à la fin de la guerre froide, puis par plusieurs périodes d’instabilité qui ont débouché sur des guerres civiles à la fin des années 90 et jusqu’en 2002. La ville de Brazzaville a été particulièrement touchée par les combats, le bilan humain se comptant en dizaine de milliers de morts et disparus.

La signature d’un accord de paix entre les différentes factions armées en 1999 et une politique ferme de sécurisation du pays ont alors permis le retour au calme et à la stabilité. Le Congo finance largement aujourd’hui sa reconstruction grâce aux revenus tirés de ses ressources pétrolières qui contribuent à hauteur de 60% au PIB.

L’actuel Chef de l’Etat, M. Denis Sassou Nguesso, a été réélu en 2009 avec 78% des suffrages pour un mandat de 7 ans. Sa politique est déclinée dans le « Chemin d’avenir », programme électoral devenu ensuite le programme de gouvernement définissant les réalisations prévues dans le cadre de son mandat. Son parti, le PCT (partie congolais du travail), bénéficie d’une large majorité à l’assemblée. Les prochaines élections législatives doivent intervenir en 2012.

Outre son adhésion à l’Union Africaine, le Congo est membre de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) et de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC). Brazzaville abrite également le siège de la Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale (BDEAC). Sa monnaie est le Franc CFA, de parité fixe avec l’euro.

Macroéconomie

Le Congo est classé par la Banque Mondiale comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI) et producteur de pétrole. Le PIB réel/habitant en 2010 s’élève à 1 334 $, la moyenne en Afrique subsaharienne s’établissant à 694 $.

 

Avec le retour à la paix et la stabilité politique, le Congo est désormais en mesure de construire une économie forte et robuste devant permettre d’élever le niveau de vie de la population. Il dispose en effet de nombreux atouts, en particulier d’importantes réserves de pétrole, 20 millions ha de forêts tropicales naturelles situées au cœur du 2ème bassin forestier mondial, des terres arables propices au développement de l’agriculture, une biodiversité d'importance mondiale et un sous sol riche en minéraux. Grâce au port en eau profonde de Pointe-Noire, il occupe en outre une position stratégique en Afrique centrale qui peut lui permettre d’être une véritable passerelle pour l’ensemble des pays la sous-région.

Depuis le retour de la paix, la plupart des indicateurs sociaux se sont améliorés, mais ils sont encore inférieurs à ceux des pays à revenu par habitant comparable. L'incidence de la pauvreté monétaire, qui est passée de 40 % en 1990 à 70 % en 1997, est retombée à 50 % en 2005. Atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement reste un défi, en particulier dans le secteur de la santé.

Grâce aux importantes marges de manœuvre budgétaires liées à la croissance des revenus pétroliers (le solde budgétaire global s’est élevé à 24,7% du PIB en 2010, contre un déficit de 4,4% en moyenne en Afrique Subsaharienne) et aux allègements de dette obtenus après l’atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE en janvier 2010 (plus de 5 milliards $), le Congo prévoit d’accroître en 2011 les programmes d’investissements publics orientés vers la croissance et la lutte contre la pauvreté, et réduire l’important déficit d’infrastructures qui freine la nécessaire diversification de l’économie, en cohérence avec les grandes orientations arrêtées avec les Institutions de Bretton Woods.

La croissance congolaise a atteint 10,6% en 2010, la moyenne en Afrique subsaharienne sur la même période étant de l’ordre de 5%. En 2011, la croissance devrait encore s’élever à 8%, selon les prévisions du FMI.

Le risque souverain n’est pas noté par les agences de notations Standard & Poors, Moody’s et FITCH.

La Coface note le risque pays à C et l’environnement des affaires à D.

Panorama des secteurs productifs

L’économie congolaise repose très largement sur l'exploitation des hydrocarbures, qui contribuent pour plus de 60% au PIB (selon le FMI, la croissance 2010 n’atteindrait que 6,1% hors exploitation pétrolière). L'exploration et la production pétrolières off shore, concentrées au large de Pointe-Noire , font de cette ville la capitale économique du pays. L’activité pétrolière représente environ 90 % des exportations du pays. La production est de l'ordre de 240 000 barils par jour, dont la plus grande partie est assurée par des sociétés étrangères en partenariat avec la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC).

 

L’exploitation forestière contribue également, mais de façon beaucoup plus modeste, à la croissance économique. Les secteurs minier (cuivre, fer, potasse, or) et de la pêche sont aujourd’hui en plein essor. Le secteur agricole ne représente que 3% de la richesse créée dans le pays et le secteur industriel (hors pétrole) à peine 5%. La majorité de cette production est de plus destinée au marché national. Le secteur des services (banque, téléphonie, gestion) constitue le deuxième pilier de l’économie mais il est fragilisé par sa dépendance à l’activité pétrolière.

Ce potentiel économique très élevé reste cependant insuffisamment mis en valeur en raison de la réserve relative des investisseurs au regard de la qualité du climat des affaires. Au classement « Doing Business » de 2011, le Congo occupe l’avant dernière position sur environ 70 pays évalués.

Social

D’après le rapport des Nations-Unies sur le Développement 2010, entre 1980 et 2010, l'IDH du Congo a augmenté de 0,2% par an, passant de 0,462 à 0,489 aujourd’hui. Le Congo est un pays à développement humain moyen, dont la moyenne de progression de l’IDH se situe en-dessous de la moyenne de progression régionale (Afrique subsaharienne). Le pays est classé au 126ème rang IDH sur 169 pays disposant de données comparables.

L’espérance de vie à la naissance demeure faible (54 ans), en grande partie à cause de la surmortalité maternelle et infantile, principal problème en matière de santé au Congo. Dans le secteur de l’éducation, les dépenses publiques consacrées par l’Etat, soit 1,8% du PIB, restent faibles malgré les efforts engagés et les résultats demeurent décevants : le taux brut de scolarisation n’atteint ainsi que 58,6% (nombre d’élèves inscrits dans un niveau spécifique d’enseignement primaire ou secondaire, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage de la population totale en âge légal d’entrée au même niveau d'enseignement) et la durée moyenne de scolarisation n’est que de 6 ans alors que la durée attendue est de 9,3 ans.

Le PIB réel par habitant est relativement élevé pour la zone (1 334 $ en 2010 au Congo contre une moyenne de 694 $ en Afrique subsaharienne) mais ne rend pas compte d’une forte disparité dans la répartition des revenus et des inégalités économiques (en 2010 50% de la population vit sous le seuil national de pauvreté, le taux de chômage estimé atteint 40%).

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