Le Congo

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L'AFD soutient 21 nouveaux projets d'ONG françaises pour un montant de 10,3 millions d'euros

15/10/2013

Le Comité spécialisé du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG s’est réuni le 15 octobre 2013. Il a approuvé l’attribution des subventions suivantes :

Plan international France – Améliorer la santé maternelle et infantile au Togo

Subvention de 481 500 euros sur 3 ans à Plan international France pour la mise en œuvre d’un projet de prise en charge intégrée des maladies du nouveau né et de l’enfant dans la préfecture de l’Est Mono, à l’Est du Togo. Cette initiative permettra de former 350 professionnels de santé, de renforcer l’équipement et la gestion des structures de santé et d’améliorer les connaissances des communautés concernant les maladies de l’enfant. Le projet bénéficiera à 21 000 enfants de moins de 5 ans et 4000 femmes enceintes. Il sensibilisera 65 000 personnes sur les bonnes pratiques en matière de santé.

GRDR – Développement durable des régions littorales en Afrique de l’Ouest

Subvention de 1,8 millions d’euros sur 4 ans au Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural (GRDR) pour un programme de développement durable des régions littorales du Sénégal (Sédhiou et Ziguinchor), Guinée-Bissau (Cacheu et Oïo) et Guinée (Boké), peuplées de 1,5 millions d’habitants. L’objectif est de renforcer le dialogue entre la société civile et les autorités territoriales intégrant la gestion durable des écosystèmes du littoral. Le programme comprend  notamment l’élaboration de plans régionaux et la mise en place d’un fonds cogéré par les  collectivités territoriales, les autorités locales et les citoyens. 

CIDR – Promotion des mutuelles de santé dans le secteur agricole en Côte d’Ivoire

Subvention de 495 750 euros sur 3 ans au Centre international de développement et de recherche (CIDR) pour un projet de promotion des mutuelles de santé en faveur des populations du secteur informel et agricole de la Région des Lacs en Côte d’Ivoire. Ce projet vise à promouvoir, en partenariat avec des entreprises privées, un réseau de mutuelles de santé en articulation avec la mise en place envisagée de la Couverture maladie universelle (CMU) décidée par le gouvernement ivoirien. Il s’adresse en priorité aux producteurs de cacao de la zone et à leurs familles. Au terme de ce projet, 70 000 personnes devraient bénéficier de cette couverture, et à cinq ans 200 000 personnes, seuil à partir duquel le dispositif devrait être équilibré.

CARE France – Réaménagement urbain de la commune de Carrefour en Haïti

Subvention de 400 000 euros sur 3 ans à CARE pour la contribution un projet de relogement des populations affectées par le séisme du 12 janvier 2010 grâce à l’aménagement et à la reconstruction de 4 quartiers de Carrefour, une commune située en périphérie de Port au Prince. D’un montant total de 7,2 millions d’euros, le projet est mené en consortium avec la Mairie de Carrefour, Cordaid et la Fondation Architectes de l’urgence. Il inclut le renforcement des acteurs locaux pour qu’ils s’impliquent de manière concrète dans l’amélioration des quartiers ; la gestion des risques et des désastres afin d’accroître la résilience des communautés ; la mise en place de logements surs, d’espaces publics et un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement et le renforcement du secteur économique à travers le développement d’initiatives locales.

ECPAT – Promotion et défense des droits de l’enfant face au tourisme sexuel et à la prostitution à Madagascar

Subvention de 240 000 euros sur deux ans et demi à ECPAT pour un projet visant à lutter contre le tourisme sexuel impliquant les enfants à Madagascar. L’enjeu est de stimuler un changement de comportement et d’attitudes des touristes à Madagascar et de réduire la tolérance sociale qui existe autour de ces questions dans le pays. Le projet, qui sera mis en place à Antananarivo et Nosy Be, mobilise associations, pouvoirs publics et secteur privé. Il comprend notamment la mise en place dans 4 structures hôtelières partenaires de procédures permettant le signalement et la prise en charge des victimes.  Au-delà de la sensibilisation, le projet inclut un volet répression, avec la participation des forces de police française et malgache.

1001 fontaines - Accès à  une eau de boisson saine en milieu rural à Madagascar

Subvention de 449 376 euros sur 3 ans à 1001 fontaines pour un projet visant à réduire la mortalité due à la consommation d’une eau insalubre dans les zones rurales sur la côté Est de Madagascar. Le projet permettra à la population de 18 communes d’accéder durablement à une eau de boisson saine. Il pérennisera une structure locale de support aux opérateurs afin d’assurer la viabilité à long terme de l’initiative. Il développera aussi les capacités entrepreneuriales des opérateurs exploitant les stations à travers des formations. Le projet permettra à entre 37 000 et 50 000 personnes d’accéder durablement à une eau de boisson saine. 14 400 écoliers bénéficieront d’un accès quotidien et gratuit à une eau saine dans leurs classes et 25 entrepreneurs seront formés.

ATES – Amplifier le tourisme équitable et solidaire

Subvention de 245 858 euros sur 3 ans pour un projet de structuration du milieu associatif porté par l’Association pour le tourisme équitable (ATES). L’objectif est de renforcer  les capacités  des  acteurs du tourisme équitable à développer et promouvoir une offre de voyage raisonnée et responsable. Il s’agit de faire émerger tant chez les promoteurs et agents de voyages que chez les consommateurs touristes, une vision du développement plus respectueuse des droits et facteur de plus de responsabilité sociale et environnementale. Le projet comprend également une dimension d’éducation au développement impliquant la promotion de la thématique et la sensibilisation des citoyens.

Artisans du Monde – Promotion du commerce équitable pour réduire la pauvreté

Subvention de 480 000 euros sur 3 ans à la Fédération Artisans du Monde pour un projet d’éducation au développement visant à promouvoir le commerce équitable. L’objectif est de sensibiliser des citoyens pour une prise de conscience de leur pouvoir d’action à une échelle tant individuelle que collective. Il s’agit aussi de contribuer au renforcement du dialogue avec les pouvoirs publics et d’autres acteurs de la société (collectivités, acteurs de l’économie sociale et solidaire, organisations de solidarité internationale) afin de promouvoir le commerce équitable comme un instrument de réduction de la pauvreté et des inégalités.

TGH - Améliorer les conditions de vie de populations rurales isolées en Birmanie

Subvention de 196 917 euros sur 2 ans à Triangle Génération Humanitaire (TGH), pour un projet de développement rural dans l’Etat du Chin, en Birmanie. Mené dans le prolongement d’actions de sécurité alimentaire d’urgence, ce projet visera à développer les revenus des familles d’agriculteurs dans 13 villages (soit environ 4000 personnes), par le développement de cultures de rente et l’amélioration des pratiques agricoles. Il aidera également ces communautés à élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion des terroirs villageois et des actions de réduction des risques naturels. Un troisième axe concernera le renforcement d’un partenaire local, l’ONG AYO, dans une perspective de passage de relais. Ce projet vise en effet à préparer des actions de plus long terme, notamment sur la structuration des filières agricoles.

DSF – Prise en charge de la douleur et soins palliatifs au Mozambique

Subvention de 471 344 euros sur 3 ans à Douleurs sans frontières (DSF) pour un projet visant à renforcer la prise en charge de la douleur, de la souffrance et des soins palliatifs à Maputo et dans la province de Gaza au Mozambique en permettant une meilleure articulation entre acteurs de santé institutionnels et acteurs de la société civile. Il s’agit de renforcer les capacités de l’Association mozambicaine de soins palliatifs, des acteurs de santé communautaire et des autorités locales de santé, autour d’un objectif d’amélioration de l’accès aux soins de qualité des patients vivants dans les zones rurales isolées. Il s’agit aussi d’appuyer les acteurs institutionnels et de la société civile afin de développer des actions de plaidoyer et de structurer la prise en charge de la douleur et des soins palliatifs au niveau national.

Secours catholique – Accompagner le développement économique et social en zone urbaine en Mauritanie

Subvention de 549 250 euros sur 3 ans au Secours Catholique – Caritas France pour un projet de développement économique et social d’une partie de la communauté urbaine de Nouakchott. Le projet vise à la fois l’insertion sociale et professionnelle des femmes chefs de ménage et des jeunes déscolarisés et le renforcement des compétences des organisations de la société civile et des institutions publiques mauritaniennes dans le développement communautaire. Il développe des activités de sensibilisation sur la reconnaissance des droits des bénéficiaires en vue de modifier progressivement des pratiques en termes d’hygiène, de santé et d’éducation. Il prévoit notamment des formations en alphabétisation et un accompagnement soutenu vers l’emploi. Le projet permettra de renforcer le partenaire local Caritas Mauritanie en matière de montage de projet.

ESSOR – Développement d’une agriculture urbaine et écologique au Mozambique

Subvention de 478 784 euros sur 3 ans à ESSOR pour un projet visant à développer une agriculture urbaine et agro écologique à Maputo. L’objectif est de pérenniser la filière maraîchage conventionnelle en zone urbaine en dynamisant les débouchés pour la commercialisation des produits issus de cette filière et de créer une filière agro-écologique dite de « légumes sains » permettant de garantir un impact plus durable sur l’environnement. Ce projet apporte une réponse aux difficultés d’approvisionnement en produits frais et diversifiés que rencontrent les grandes villes africaines et notamment la zone urbaine de Maputo qui dépend des importations de produits depuis l’Afrique du Sud.

IECD – Insertion professionnelle des jeunes en Méditerranée

Financement de 545 000 euros sur 3 ans à l'Institut européen de coopération et de développement (IECD) pour un projet d'appui à l'insertion professionnelle de jeunes défavorisés au Liban, Maroc et Egypte, pays où le taux de chômage des jeunes est le plus élevé au monde. Il s’agit de moderniser l'offre de formation aux métiers de l'électrotechnique et des énergies renouvelables via la création et la mise à niveau de diplômes équivalents au BAC professionnel, au Liban et en Egypte, et de CAP au Maroc et en Egypte, en utilisant l'approche par compétence avec le dispositif du stage et de l'alternance. Le projet prévoit de former 2700 jeunes avec l'objectif d'assurer l'insertion professionnelle de 75% d'entre eux.

Handicap international – Lutter contre les violences sexuelles envers les envers les enfants handicapés en Afrique

Financement de 524 274 euros sur 3 ans à Handicap International pour un projet de lutte contre les violences sexuelles commises à l'encontre des enfants en situation de handicap au Burundi, Kenya et Rwanda. Ce projet pilote aborde une thématique encore taboue dont on découvre l'ampleur depuis quelques temps. Il implique l'ensemble des acteurs, enfants, familles et communautés, services sociaux et juridiques et politiques locales, nationales et internationales pour endiguer ce phénomène. Ce projet viendra nourrir avec des pratiques, des expériences et des données un plaidoyer encore peu documenté au niveau national et international. Par ce projet, près de 600 enfants vulnérables seront appuyés, 300 professionnels des services sociaux et judiciaires et 12 associations locales seront renforcés pour s'imposer comme acteurs du changement.

CFSI – Renforcer la société civile dans le dialogue avec les pouvoirs publics au Congo-Brazzaville

Financement de 247 500 € au Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), chef de file du Programme concerté pluri acteurs (PCPA) au Congo Brazzaville afin de mettre en place une phase transitoire de 6 mois visant à consolider la structuration et la compétence de plateformes thématiques initiées en 2011. Il s'agit de préparer au mieux les plateformes à leur mission d'animation de la concertation afin de faire émerger des positions communes et de porter la voix collective de la société civile congolaise dans les concertations et les dialogues avec les pouvoirs publics locaux et nationaux qui sont amenés à s'intensifier.

CIDR – Renforcer les capacités des ONG africaines

Subvention de 405 530 euros sur 3 ans au Centre international de développement et de recherche (CIDR) pour un projet visant à soutenir l’Alliance internationale de développement et de recherches (AIDR), un réseau de 22 associations africaines et européennes créé en 2005. L’objectif de ce réseau est de promouvoir la mise en place d’organisations africaines professionnelles au service des populations défavorisées, disposant d’une réelle capacité d’innovation et menant des actions contribuant à influencer les politiques de développement régionales, nationales et internationales. Il intervient dans des domaines variés : le développement des agricultures familiales, la finance inclusive, le développement économique local et le financement des PME, la gestion des systèmes de santé et la micro-assurance santé, l’éducation, les dynamiques de territoire, l’appui au processus de décentralisation et la gouvernance locale… Le projet vise à appuyer la professionnalisation de ce réseau, de ses équipes et sa capacité à produire collectivement une réflexion concertée.

CARI – Promouvoir le développement durable des oasis du Maghreb

Subvention de 600 000 euros sur 3 ans au Centre d’actions et de réalisations internationales (CARI) pour promouvoir le développement durable des oasis du Maghreb en sauvegardant et en valorisant le patrimoine naturel, économique, social et culturel. Il s’agit d’appuyer et de renforcer les capacités du RADDO, première plateforme de la société civile oasienne, afin de favoriser la prise en compte de recommandations issues des réalités locales et contribuer ainsi aux politiques publiques existantes. Il s’agit aussi de partager et diffuser des pratiques de gestion durable des ressources naturelles par la mise en place de projets contribuant au développement et à la viabilité des oasis (tourisme solidaire, gestion intégrée des ressources en eau, adaptation au changement climatique…). Le projet touchera 80 000 personnes habitantes d’oasis.

CCFD/TS – Partenariat entre associations et collectivités locales en faveur de la démocratie participative au Maroc

Subvention de  445 356 euros sur 3 ans au Comité catholique contre la faim et pour le développement – Terre solidaire (CCFD-TS) pour un projet visant à l’émergence et à la démultiplication de processus de démocratie participative locale au Maroc afin de permettre l’accès des populations à leurs droits fondamentaux. L’objectif est de renforcer les capacités et l’implication des acteurs locaux de développement, notamment les associations, et favoriser la concertation et l’identification de bonnes pratiques entre associations, élus communaux et habitants. Le projet comprend la formation de 22 associations marocaines et de 14 associations françaises et la mise en place, dans 4 communes marocaines, de processus-pilotes de concertation entre acteurs locaux et leurs partenaires en France (associations, commune, habitants, associations issues de l’immigration en France…). Le programme s’inscrit dans le contexte institutionnel marocain qui encourage les communes à mettre en place une concertation étroite avec la société civile dans le cadre des Plans communaux de développement.

Fondation d’Auteuil – Promouvoir les droits des enfants et des jeunes en situation de rue en République démocratique du Congo

Financement de 416 701 euros sur 3 ans à la Fondation d’Auteuil pour un projet d’appui à la promotion, au respect et à la mise en œuvre des droits des enfants et jeunes en situation de rue à Kinshasa. Ce projet œuvre à la réinsertion sociale de 8500 enfants et adolescents, l’objectif étant d’apporter une solution durable aux enfants protégés. Il s’agit d’assurer leur scolarisation, l’assiduité dans le suivi de leur formation, de favoriser l’insertion professionnelle, de réaliser une réunification avec la famille proche ou une famille d’accueil quand cela est possible ou, dans le cas contraire, de permettre leur accueil en centre d’hébergement. L’accent est mis sur l’éducation et la formation professionnelle comme constituant des droits inaliénables de l’enfant qui contribuent au développement économique et à la paix.

Groupe URD – Améliorer la qualité et la gestion de l’information du secteur de l’aide internationale

Financement de 371 819 euros sur 2 ans au Groupe Urgence réhabilitation développement (URD) pour l’initiative Sigmah qui vise à mutualiser des moyens afin de répondre aux défis de la qualité et de la gestion de l'information du secteur de l'aide internationale. L’association est à la tête d’une initiative collaborative impliquant plusieurs ONG françaises autour d’un outil de gestion numérique destiné aux acteurs de la solidarité internationale. Développé comme un bien commun sous licence libre, et donc accessible à tous, le logiciel permettra de mettre en commun des moyens et des informations entre les équipes du siège et les équipes de terrain, au sein d’ONG du Nord comme du Sud. A terme, l’objectif de Sigmah est d’améliorer l’efficience et la cohérence des actions des ONG françaises et internationales, suivant une démarche de qualité et de redevabilité qui profitera à l’ensemble du secteur.

IECD – Formation et insertion professionnelle des jeunes libanais et réfugiés syriens au Nord Liban

Subvention de 471 000 euros sur 2 ans à l'Institut européen de coopération et de développement (IECD) pour un projet de formation technique et d’insertion socio-professionnelle à destination des jeunes libanais et réfugiés syriens au Nord Liban. Cette intervention vise le renforcement des capacités de résilience et d’accueil des populations hôtes en proposant une réponse aux besoins en formation technique. 800 jeunes de Tripoli, âgés de 15 à 25 ans accéderont à des formations aux métiers du bâtiment, de la maintenance informatique et de climatiseurs, et d’aide à la personne. Parmi eux, 400 jeunes seront par ailleurs impliqués dans des activités de « life skills » et des actions communautaires d’intérêt général, destinées à faire évoluer la vision que les deux communautés ont l’une de l’autre grâce à leur participation conjointe aux activités. Au-delà de l’amélioration de l’insertion professionnelle et sociale, ce projet doit permettre d’apaiser les tensions entre les deux populations et favoriser leur coexistence.



Forum AFRIQUE 100 innovations pour un développement durable

16/09/2013

La France soutient les innovations au service du développement durable en Afrique 

Parce qu’une des clés du développement durable réside dans l’innovation, le Ministère des affaires étrangères, sous l’impulsion du Ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, lance l’initiative : Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable, en partenariat avec l’AFD.  

 

Pour la première fois, la France organise un événement entièrement destiné à soutenir et à aider à la diffusion d’innovations pour le développement durable, portées par des innovateurs africains, dans de nombreux domaines : la santé, l’environnement, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’égalité femmes-hommes, les nouvelles technologies ou encore l’appui aux entreprises…

 
Ce forum donnera lieu à un événement à Paris, le 5 décembre 2013, en amont du sommet de l’Elysée pour la Paix et la sécurité en Afrique, qui permettra aux innovateurs sélectionnés de présenter leurs innovations et de les mettre en relation avec des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises, des scientifiques, des ONG…
 
Inventions scientifiques, création de micro-entreprises, découvertes innovantes, innovations sociales, recyclage de matières premières….  Autant d’innovations initiées en Afrique qui pourront ainsi trouver soutien et diffusion lors de leur présentation au  « Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable ». 
Afin de proposer leur innovation au comité de sélection, constitué d’un panel de personnalités et d’experts renommés comme Esther Duflo,  les porteurs de projets sont invités, dès aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre,  à remplir un dossier de candidature en ligne.
 

> Accéder au formulaire

 
 
« A chacun de mes déplacements en Afrique, je suis frappé par le nombre d'entrepreneurs, d'agriculteurs, de chercheurs, d'ONG qui chaque jour innovent, trouvent des solutions pour permettre un développement nouveau. Ces innovatrices et innovateurs inventent l’Afrique de demain, lui ouvrent un nouvel horizon soutenable et prometteur, et il s’agit pour la France de contribuer à l’élargissement de cet horizon. Leurs innovations méritent d'être connues, soutenues, et leurs auteurs mis en relation avec des scientifiques, des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises. C'est aussi le rôle de la France de créer des passerelles avec tout celles et ceux qui innovent, qui créent de la richesse, de l'emploi, autour de projets concrets qui permettent et permettront au plus grand nombre de sortir de la pauvreté. »  souligne Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du développement. 
 
Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD ajoute : « Je me réjouis de voir l’AFD associée à l’organisation du Forum Afrique - 100 innovations pour un développement durable. Le continent dans sa diversité est en pleine transformation. Il est confronté à des enjeux qui nécessitent des solutions nouvelles. Les intervenants publics et privés africains sont porteurs d’initiatives pour accompagner un développement économique et humain durable. Cette créativité doit être encouragée et promue là où c’est nécessaire. C’est aussi le rôle de l’Agence Française de Développement. »
Au-delà des qualités d’entreprenariat et de viabilité économique, les projets seront choisis pour leurs contributions au développement durable et leurs dimensions sociales et environnementales.
 
LES MODALITÉS PRATIQUES
 
Pour postuler, les candidats doivent remplir les critères de sélection suivants :
  • Être citoyen(ne) d’un pays d’Afrique (pays d’Afrique du Nord inclus) ;
  • être résident (e) sur le continent africain ;
  • avoir développé et mis en œuvre une innovation (sociale, écologique, technologique, financière, économique, etc.) qui répond aux objectifs du développement durable ;
  • présenter une innovation qui doit avoir déjà été réalisée ou expérimentée (au moins à l’échelle locale).
Les étapes-clés :
  1. 15/10/2013 : date limite de dépôts des dossiers
  2. 05/12/2013: présentation des projets lors du Forum Afrique
 
Un panel d’experts 
 
Sur les 100 projets, 21 seront sélectionnés par un panel composé de grandes figures du développement : Winnie Byanyima, Directrice exécutive d’Oxfam International ; Jean-Michel Séverino, ancien Directeur Général de l’AFD, aujourd’hui gérant d’une société de gestion de fonds consacrée aux PME d'Afrique subsaharienne ; Esther Duflo,économiste, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) où elle détient la « chaire Abdul LatifJameel sur la réduction de la pauvreté et l'économie du développement » et Malamine Koné, fondateur et PDG d’Airness.


Nouveau numéro de la lettre "Au sud du Sahara" - Produire et accéder à une énergie durable au sud du Sahara

29/08/2013

Au sud du Sahara est la lettre du département Afrique de l’AFD. Tous les trois mois, elle rassemble dans un format synthétique les contributions d’experts de l’AFD qu’ils soient à son siège parisien ou dans l’une de ses 30 agences africains sur une thématique qui fait l’actualité des enjeux économiques et sociaux des pays d’Afrique subsaharienne. Ce nouveau numéro aborde le thème de la production et de l'accès à une énergie durable au sud du Sahara.

Le président américain Barack Obama a annoncé cet été une initiative américaine en faveur du financement de l’accès à l’électricité en Afrique, au sud du Sahara. Cette annonce fait suite à l’initiative des Nations Unies : Sustainable Energy for all, et aux efforts concertés des Etats, des acteurs privées et des bailleurs de fonds depuis quelques années pour faire face à ce défi prioritaire.

Près de  600  millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. La capacité de production totale d’électricité des 49 pays de l’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud atteint 28 gigawatts (GW), soit la capacité de l'Argentine. Le rattrapage de cette fracture énergétique nécessite des investissements de près de 300 milliards de dollars d’ici 2030. La durabilité économique, sociale et environnementale des modèles énergétiques choisis pour relever ce défi est le sujet du dernier numéro de la lettre Au sud du Sahara.

 

Les contributeurs de ce nouveau numéro sont :

  • Energie : fracture multiple, Yves Boudot, directeur du département Afrique de l’AFD
  • L’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne, Rima le Coguic, responsable adjointe de la division transport et énergie durable de l’AFD
  • L’hydroélectricité en Afrique ; potentiels avérés et risques à maîtriser, Christian de Gromard, référent Energie à la division Transport et Energie Durable de l’AFD et Jean-Noël Roulleau, responsable de la division d’appui environnemental et social de l’AFD
  • Vers des politiques publiques de promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ? , Maitane Concellon, chargée de mission à l’agence AFD de Nairobi et Damien Navizet, chef du Bureau Changement Climatique et Maîtrise de l'Energie Direction des Affaires Européennes et Internationales au Ministère de l'Ecologie du Développement Durable et de l'Energie
  • Les banques commerciales, un levier de soutien à la transition énergétique, Céline Bernadat, chef de projet au sein de la division Institutions financières et appui au secteur privé de l’AFD

 

En sept pages, et dans un format numérique librement téléchargeable, Au sud du Sahara propose un éditorial, un dossier thématique et un agenda africain. Il suffit, pour la recevoir tous les trois mois, de s’abonner en ligne sur le site Internet de l’AFD directement sur cette page.
 



Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?

06/09/2012

Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.

 

  Crédit photo : 2iE, AFD

 

En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans

L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En Afrique , 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage. 
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.  

 

Éducation de base mais aussi formation professionnelle

Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à l'éducation de base mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur  l’insertion et l’emploi des jeunes . Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).

 

L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.

Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).

En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.

 

 

Le défi de la qualité de l'enseignement

 

Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.

(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)

 

 

 

 

La formation professionnelle devient enfin une priorité des politiques publiques

 

La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes. 

Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps. 

 

 

Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail 

 

Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique. 

L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir. 

 

 

Revaloriser la formation aux métiers 

 

Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

 

 

Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet

 

Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.

L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.

(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)

 


 

Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?

De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.

 

L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?

L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.

L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
 

Trop de projets isolés, pas assez de coordination

Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.

L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.    
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)



"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo

06/08/2012

Dans cette interview vidéo itinérante dans Paris, Guillaume Josse, urbaniste à l'AFD, nous livre, à partir de quelques objets urbains de notre quotidien, quelques clés de compréhension des enjeux des villes, du "Sud" comme du "Nord". Une manière de comprendre que villes du nord et du Sud ont des problématiques communes.

 

 

 

 

Penser avant tout les villes comme des réseaux

Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.

 

Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire

Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.

Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.

 

Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine

A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles. 

Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.

 

Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique

Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.

Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.

 

L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie

La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.

"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.

 

La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"

Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.

Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du Bénin d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
 



Le défi forestier en Afrique : les aspects sociaux deviennent prioritaires

27/06/2012

Le rôle moteur de l'AFD dans l'appui au secteur forestier et l'élaboration de modèles durables

 

Au cœur des négociations de Rio + 20, le développement durable guide depuis 20 ans les actions de l’AFD dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo. Les 23 et 24 dernier à Brazzaville, l’étude d’évaluation indépendante de vingt ans d’intervention a été présentée. Décryptage par les experts Jean-Luc François (ARB) et Constance Corbier-Barthaux (EVA) :

 

 

 

L. P :  Que retenir de ces vingt ans d’intervention ?

 

Constance Corbier-Barthaux : Le but de l’étude était de mesurer l’influence des actions de l’AFD  dans le passage d’une exploitation des forêts de type minière à une gestion durable. Il s’avère qu’elle a été importante. Les grands concessionnaires forestiers s’appuient désormais sur la mise en place d’un plan d’aménagement forestier en vue d’obtenir une éco-certification du bois exporté.

 

L . P : S’agit-il d’un travail de longue haleine ?

C. C. : Oui, il a fallu 20 ans d’efforts pour passer d’un système d’exploitation de court terme à une gestion à horizon de 30 à 60 ans. Une avancée permise par la qualité du dialogue entre les différents acteurs : bailleurs, ONG, opérateurs privés et Etat.

Jean-Luc François  : Nous ne devons pas oublier que dans ces pays, il est très difficile pour les pouvoirs publics de protéger leurs forêts. Seuls, des services des eaux et des forêts sans grands moyens ne sont pas à même de garantir une exploitation durable de forêts particulièrement vastes. L’AFD a proposé un changement de paradigme : réconcilier la durabilité d’une entreprise avec celle des ressources, dans un contexte de faible gouvernance.  

 

L.P. : Ce projet a t-il aussi fait travailler un grand nombre de structures de l’AFD ?

C. C. : L’Evaluation, la Recherche et la Stratégie sont souvent considérées comme des « inspecteurs des travaux finis », déconnectées des soucis opérationnels et de la réalité du terrain. Sur ce projet, les opérationnels étaient très demandeurs de cette évaluation. C’est une très bonne chose, car il y avait un fort enjeu de transmission de savoir-faire. Le travail a été confié à un cabinet de consultants, avec constitution d’un comité de pilotage auquel participaient les équipes opérationnelles mais aussi des personnalités extérieures (recherche, ONG, privés), et présidé par le professeur Willy Delvingt , de l’Université de Liège.

Par ailleurs, une réunion a été organisée récemment avec l’AES à la suite de notre rapport, avec EVA, ARB, et AFR, autour d’un projet de guide opérationnel pour la construction les pistes forestières à faible impact dans les forêts du bassin du Congo.

 

L. P. : Des regrets ? Des points de vigilance ?

J-L F. : Une question demeure : comment faire pour que les petites entreprises privées s’engagent dans des plans d’aménagement forestier ? Cela demande d’explorer les forêts, compter et mesurer les arbres… Cela a un coût. Si les grandes entreprises se sont engagées sans trop de difficultés, les opérateurs locaux disposant  de plus petites concessions, avec de plus faibles ressources  n’y arrivent pas. L’AFD doit accompagner davantage ce type d’investisseurs, qui exploitent, au total, des dizaines de milliers d’hectares de concessions.

C. C. : La prise en compte de la biodiversité reste un point faible. Les concessionnaires ne sont d’ailleurs pas directement intéressés par la biodiversité, et il ne faut pas oublier que sur ce point comme sur les aspects sociaux, ils se substituent à des services en principe à la charge de l’Etat, peu présents dans ces zones reculées.

Des projets FFEM se mettent en place en faveur de la biodiversité, notamment sur la viande de brousse. Le développement de villages ou de petites villes autour des concessions constitue une menace pour la petite faune provenant de la forêt. Articuler social et biodiversité dans une optique d’aménagement du territoire reste notre priorité.

 

L.P. : Ce modèle est-il  pérenne?

J-L F. : Rien n’est jamais acquis pour les entreprises forestières qui s’engagent dans des démarches d’aménagements forestiers et de certification environnementale. Il n’est pas certain que ce modèle économique sur lequel pèsent des exigences sociales et environnementales croissantes résistera si les marchés ne rémunèrent pas ces efforts. C’est pourquoi les Etats forestiers doivent imposer les meilleures pratiques à tous les opérateurs, quelles que soient les exigences des marchés de destination.

C. C. : Il serait aussi important de sensibiliser les consommateurs à ce que signifie l’éco-certification des bois tropicaux, qui constitue une source de croissance économique non négligeable pour ces pays.

J-L F. : Il y a encore un long chemin à faire entre exporter des billes de bois et exporter des fenêtres et des parquets. La valeur-ajoutée des filières bois en Afrique doit faire l’objet d’une attention plus grande.

 

L. P. : En définitive, quel est le secret de ce que l’on peut quand même qualifier de réussite ?

C. C. : Je pense que la force de l’outil reste l’approche contractuelle. Tout le monde doit respecter les règles du jeu, et elles servent de connexion entre les services de l’Etat, les concessionnaires, les bailleurs de fonds et les autres acteurs.

J-F L. : Et c’est la moins mauvaise des solutions. Il n’y a pas d’alternative à une contractualisation entre l’Etat, les entreprises, les communautés locales et les ONG. Séparément, aucun de ces acteurs ne détient la solution.  La gestion des forêts par des services de l’Etat ne marche pas. Rares sont les forêts communales bien gérées et l’on ne peut demander à des ONG qu’elles se substituent complètement à l’autorité publique..

C. C. : Cela reste fragile dans la mesure où chaque acteur a l’obligation de jouer son rôle. L’Etat n’est pas en mesure d’assumer pleinement ses fonctions dans un certain nombre de régions soumises à un braconnage éhonté. Or le forestier qui, pour obtenir son éco-certification, doit garantir que la faune est en sécurité dans sa concession, peut perdre son éco-certification si les braconniers, généralement bien armés, continuent leur activité. Il s’agit donc d’un enjeu collectif. Articuler social et biodiversité dans une optique d’aménagement du territoire reste notre priorité.

 

L. P. : Une dernière question plus large pour faire le lien avec Rio + 20. Ce projet est-il lié à la négociation pour le Fonds Climat et l’Agenda Climat ?

J-F L. : Lorsqu’elle intervient dans des pays sur la gestion durable des forêts, l’AFD les accompagne dans la formulation de leur stratégie REDD +. Nous savons que le bassin du Congo est le deuxième poumon forestier du monde.  Et nous savons que la mise en œuvre d’une stratégie REDD+ contribue grandement à la gouvernance du secteur forestier. C’est pourquoi l’AFD soutient la formation d’experts nationaux REDD+ et au niveau régional, facilite l’accès des acteurs REDD+ du Bassin du Congo aux images satellites indispensables à l’évaluation et au suivi des dynamiques de déforestation.

C. C. : Malgré l’ambiance de Rio + 20 qui s’annonce assez « technocrate », ce pourrait être l’occasion de communiquer un résultat encourageant : les pays du bassin du Congo n’ont pas à avoir honte de la manière dont ils ont géré leurs forêts. Comparé au taux de déforestation en Amazonie ou en Asie, celui du bassin du Congo est beaucoup moins important pour diverses raisons. Les démarches d’éco-certification et d’engagement dans des plans d’aménagement durable se sont largement répandues ; c’est un message fort pour Rio + 20. Le fait que le président du Congo y soit le porte-parole des pays africains au sommet, représente une occasion idéale pour parler des forêts africaines avec espoir.

 

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Retrouvez les interviews des principaux intervenants AFD sur la préservation du bassin du Congo dans la lettre de l’AFD : « Réconcilier développement et environnement » : http://www.afd.fr/home/projets_afd/AFD-et-environnement?actuCtnId=75126

 

 



 
   
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