L'activité du groupe AFD en Guinée

La Caisse centrale de la France libre (CCFL, actuelle AFD) s’est implantée en Guinée en 1942 lorsque la fédération d’Afrique occidentale française (AOF) se rallie au général de Gaulle. Créée moins d’un an auparavant, la CCFL était alors à la fois un Trésor et une banque chargée d’émettre de la monnaie.

 

Lors du référendum de septembre 1958, la Guinée est le seul pays d'Afrique francophone à rejeter la proposition du général de Gaulle concernant l'intégration des colonies de l'AOF au sein d'une Communauté française, ce qui entraîne une rupture immédiate des relations politiques et économiques avec la France.

 

Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard, en 1979, que le Groupe AFD reprend ses activités en Guinée et assure le suivi des projets à partir d’une agence implantée à Conakry.

 

À présent, la Guinée représente un pays d’intervention prioritaire de l’AFD qui contribue au développement économique mais aussi social du pays.

► Contexte et cadre d’intervention [+]

La coopération française en Guinée repose sur le Document cadre de partenariat (DCP) signé le 13 septembre 2014 pour la période 2014-2016, s’adossant par ailleurs sur le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) III de la Guinée (2013-2015). Un DSRP dont les objectifs s’articulent autour de quatre axes, à savoir :

  • l’amélioration de la gouvernance et le renforcement des capacités institutionnelles et humaines ;
  • l’accélération, la diversification et la durabilité de la croissance ;
  • le développement des infrastructures de soutien à la croissance ;
  • l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base.

 

 

Le cadre d’intervention pays (CIP) 2015-2020 de l’AFD pour la Guinée , intégrant les orientations du DCP, est par ailleurs une réponse globale à la Stratégie de relance et de résilience socio-économique post-Ébola 2015-2017   déclinée par le pays depuis la mi-2015.

Un plan de relance chiffré à 2,8 milliards de US$ avec des objectifs qui renforcent certains axes stratégiques du DRSP tout en conférant plus de poids aux secteurs sociaux dans la dépense publique.  

 

Favoriser une croissance économique équilibrée et lutter contre la pauvreté, telles sont les deux finalités principales du cadre d’intervention pays (CIP) renouvelé. 

En adéquation avec les priorités du pays, le présent CIP retient comme secteurs d’intervention prioritaires : 

  • Le développement des territoires ruraux  avec une agriculture respectueuse des enjeux environnementaux, une politique de  désenclavement de zones stratégiques en Guinée, le renforcement de la maîtrise d’ouvrage communale dans les communes rurales, etc.;
  • Le soutien de la jeunesse et de l’emploi à travers l’éducation et la formation professionnelle ;
  • Le développement des infrastructures principalement énergétiques ;
  • L’accompagnement du développement du secteur privé comme secteur transversal en appuyant l’accès aux financements des entreprises, la création de valeurs, etc.

► Quels outils pour son intervention [+]

En Guinée, l’AFD mobilise l’ensemble de sa palette d’outils de financement : subventions / dons, fonds du Contrat Désendettement-Développement (C2D), prêts souverains et non souverains, sous-participations en risque, prises de participations, formation etc.

 

1. Des outils financiers en appui aux politiques publiques

  • Les dons sur et hors C2D sont orientés vers le financement de politiques publiques inscrites dans les secteurs de concentration de l’AFD dans le pays : appui des programmes ou projets, des études sectorielles et de l’assistance technique. Ils participent aussi au financement des initiatives présentées par les  ONG ;
  • Des prêts souverains très concessionnels peuvent être utilisés en Guinée. Leur mise en œuvre est conditionnée  aux conditionnalités du programme  et au maintien de la Guinée à un niveau modéré de risque de surendettement.  Les prêts très concessionnels et prêts FMI-compatibles sont privilégiés et notamment dans le secteur des infrastructures ;
  • Les prêts non-souverains sont destinés au financement à des conditions favorables des entreprises solvables du secteur public ou du secteur privé, lorsqu’ils assument certaines missions de service public ;
  • Les Fonds d’expertise et de renforcement d des capacités (FERC)  : ces fonds sectoriel ou multi sectoriel, mis à disposition du pays contribuent au financement des études préparatoires à la faisabilité des programmes ou projet devant faire l’objet d’un financement AFD. Ils permettent aussi de financer des actions  de renforcement de capacité  au travers des actions de formation, de la mise en place d’assistance technique (résidentiel ou perlée) en faveur des maîtrises d’ouvrage du pays avec lesquelles l’AFD est en collaboration ;
  • Le Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC) appuie des projets aidant les pays à mieux assimiler les règles qui régissent les échanges internationaux et à s'y conformer en accompagnant les acteurs qui contribuent à une meilleure intégration commerciale.
  •  

2. Des outils financiers en appui du développement du secteur bancaire et des entreprises

  • Les garanties ARIZ – garanties individuelles ou garanties de portefeuille – facilitent l’accès des TPE et PME au crédit bancaire, se traduisant par un partage de risques de crédit entre l’AFD et les banques locales. En savoir plus sur les garanties ARIZ   
  • Le Fond d’investissement pour le soutien des entreprises en Afrique, FISEA, contribue à renforcer directement ou par l’intermédiaire de fonds d’investissements, les fonds propres des entreprises.  En savoir plus sur le site de Fisea
  • PROPARCO, filiale dédiée de l’AFD, finance le secteur privé sous la forme de prêts et de prises de participation, directes ou par le canal de fonds d’investissements.  En savoir plus sur le site de Proparco

 

3. Des outils financiers en appui aux actions des ONG

  • La division des partenariats avec les ONG (DPO) finance des actions de développement présentées par des ONG françaises en partenariat avec des ONG guinéennes ;
  • La Facilité d’innovation sectorielle pour les ONG (FISONG). En savoir plus sur le site des ONG 

 

4. L’agence met en œuvre les interventions du Fonds Français pour l’environnement mondial (FFEM)

 

L’AFD assure le secrétariat du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) qui finance, au moyen de dons, des projets de protection de l'environnement et de la biodiversité dans le monde entier.

En savoir plus sur le site du FFEM

 

5. L ’agence accompagne le renforcement de capacités de ses partenaires publics ou privés au travers des cycles de formation et séminaires diversifiés

Le Centre d’études et de formation économique et bancaire (CEFEB), institut de formation créé par l’AFD, offre des cycles de formation et des séminaires dans les métiers du développement, de l’économie, de la banque etc. La majorité des formations sont réalisées au centre du Cefeb à Marseille pour certaines en partenariat avec des universités de référence et/ou des acteurs du monde du développement.

En savoir plus sur le site du Cefeb

► Le Contrat de désendettement et de développement (C2D) [+]

171 M€ de dettes guinéennes reconverties en ressources sur la période 2013 – 2021 (166 M€).

La République de Guinée, classée parmi les pays pauvres prioritaires, a achevé son processus de désendettement dans le cadre de l’initiative PPTE (accord global d’annulation de dette négocié au Club de Paris en octobre 2012).

La France, premier pays créancier de la Guinée au Club de Paris, a décidé d’apporter au-delà de l’appui global et partagé, un effort additionnel d’annulation de 171 M€ de dettes à travers une procédure de reconversion de dette dite de Contrat de désendettement et de développement (C2D).

Le C2D prend la forme de subventions correspondant au montant des échéances payées au titre de la dette guinéenne restante, et reversées à la République de Guinée pour financer des programmes de développement de lutte contre la pauvreté.

Le premier C2D, signé le 24 juin 2013, porte sur la période mai 2013-décembre 2016 pour un montant total de 75 M€.

Les affectations ont concerné les secteurs suivants :

  • développement rural (15 M€) ;
  • développement local et décentralisation (15 M€) ;
  • enseignement pré-universitaire (11 M€) ;
  • formation professionnelle (20 M€) ;
  • une aide budgétaire (ABG) pour le secteur de l’éducation de 7 M€
  • un fonds d’études et d’assistance technique (FEAT) de 7 M€.

Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie Ebola, un avenant au contrat C2D a été signé le 13 septembre 2014 pour réaffecter une partie des fonds alloués initialement à la formation professionnelle en faveur du secteur de la santé, pour un montant de 5 M€.

Une deuxième enveloppe du C2D pour un montant global de 91 M€ sur cinq ans (2017-2021) est en cours de formalisation. Ce deuxième C2D conforte l’ancrage des affectations dans les secteurs du développement rural (25 M€), de la formation professionnelle (20 M€), du développement local (10 M€) et de l’éducation (12,5M€). 

Un montant de 20 M€ sera consacré à une aide budgétaire de 15 M € et à une réserve permettant d’abonder en cas de besoin pour les enveloppes sectorielles.

Enfin, un montant de 3,5 M€ viendra compléter le Fonds transversal d’études et d’assistance technique (FEAT) créé au titre du premier C2D. La finalité globale de ce deuxième C2D c’est de contribuer activement à la Stratégie de relance et de résilience socio-économique post-Ebola 2015-2017 de la Guinée.

► Activités [+]

Sur la dernière décennie, la Guinée a bénéficié essentiellement de subventions. Si l’intervention de l’AFD a connu une forte diminution entre 2008 et 2010, liée aux évènements politiques du pays, son activité a depuis repris et connaît une progression moyenne de 12 M€ d’engagements par an hors C2D.

Le C2D a offert de nouvelles opportunités d’intervention dans les secteurs de la formation professionnelle, de l’éducation, du développement local et le développement rural avec plus de 50 M€ engagés en 2014 dont les engagements dans le cadre du plan de lutte contre l’épidémie d’Ebola. 

 

L’évolution des engagements sur les cinq dernières années est la suivante :

   

  
Ces engagements incluent l’octroi de garanties de sous-participations ARIZ pour faciliter l’accès aux crédits des entreprises), et accompagner leur développement mis en place dans le pays depuis 2009 : 17 M€ d’engagement en garanties depuis 2009 soit l’équivalent d’un stock de prêt de l’ordre de 35 M€.

 

Enfin, l’AFD contribue aussi au financement de projets et programmes portés par les ONG françaises œuvrant en Guinée en appui notamment de la société civile guinéenne. Actuellement, l’AFD soutient 13 projets pour un montant de près de 5 M€ : 4 projets dits mono-pays et 9 projets multi-pays ayant un volet en Guinée.

Ce sont ainsi 11 ONG françaises et une vingtaine d’associations guinéennes qui sont appuyées dans différents secteurs et domaines : le développement des filières sel, riz et maraîchères en Guinée maritime et forestière, la préservation du littoral maritime, l’appui aux mutuelles de santé dans le Fouta Djalon, l’éducation primaire, la protection des droits de l’homme…

Cette activité en faveur des ONG s’étend par ailleurs à la Sierra Léone.

 

► Les perspectives 2016 - 2017 [+]

Le Cadre d’Intervention Pays (CIP) pour la période 2015–2020 intègre un programme d’activité ambitieux pour l’agence en Guinée, des perspectives importantes au regard de l’enveloppe du second C2D dont la mise en œuvre démarre dès 2017, les possibilités de financement en prêts mixés à des ressources sur dons sur les différents fonds à disposition du pays.  Les perspectives 2016 – 2017 sont ainsi les suivantes :

 

Description

Montant

 

Appui à la décentralisation et au développement local

12 M€

C2D 2017

Appui à la formation professionnelle dans les secteurs industriels et agricoles

20 M€

C2D 2017

Développement infrastructures (énergie)

50 M€

2017 – prêt / dons

Appui au secteur privé (garanties)

7 M€

2016 - 2017

Plan de redressement du secteur de l’énergie

50 M€

 2016 – prêt / dons

Désenclavement des zones de production de Guinée forestière et de Basse Guinée

15 M€

C2D 2016

Appui au Développement de la filière riz en Basse Guinée –  phase 3

10 M€

2016 - dons

Appui budgétaire

15 M€

C2D 2016

 

Mise à jour en septembre 2016

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