La présence de l'AFD en Guinée

Le Groupe de l’AFD a repris ses activités en Guinée en 1979. L’activité et le suivi des opérations financées sont assurés à partir de l’agence de Conakry

À la une

Ebola : En Guinée, les enfants reprennent le chemin de l’école

02/02/2015

Depuis septembre et en conséquence de l’épidémie Ebola, les bailleurs de fonds et ceux du secteur éducatif, en particulier, ont apporté un appui important dans la conception et la mise en œuvre d’une stratégie pour ouvrir les écoles dans les conditions de sécurité optimales.

L’année scolaire 2013/2014 s’est terminée difficilement dans un contexte d’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola, déclarée depuis le 1er trimestre 2014. Compte tenu de la recrudescence de l’épidémie en juin dernier, les vacances ont été prolongées par le gouvernement en vue de sécuriser le plus possible la rentrée 2014/2015.

Formation, sensibilisation et distribution de kits sanitaires dans toutes les écoles

Ainsi, pour minimiser le risque de propagation de l’épidémie en milieu scolaire, riposter rapidement et efficacement aux éventuels cas qui seraient déclarés, des modules de formations-sensibilisations à la lutte contre Ebola ont été dispensés à tous les acteurs du secteur, du niveau central jusqu’au personnel de l’établissement scolaire (personnels administratifs, enseignants du privé et du public et parents d’élèves). La mise en place de structures de veille et de suivi, la distribution de kits sanitaires dans toutes les écoles du pays (thermomètres infrarouges, dispositifs de lavage des mains avec savon et solutions chlorées spécifiques) et procédures en cas de suspicion d’un cas arrivant à l’école.

La mise en place rapide et quasi complète de cet arsenal de dispositifs de lutte contre la fièvre Ebola a permis aux autorités de décider d’ouvrir les écoles ce lundi 19 janvier 2015 au grand soulagement des élèves, avec l’espoir qu’ils participeront activement à la sensibilisation des parents et, plus largement, de toute la population.

9M€ dans la lutte contre l'épidémie en Guinée

En 2014, l’AFD a notamment engagé 9M€ dans la lutte contre cette épidémie en Guinée, et poursuivi l’instruction de la mise en place du Fonds Commun de l’Education de Base. Cela a abouti à l’octroi par l’AFD d’une subvention de 11M€ sur C2D aux côtés des financements du Partenariat Mondial pour l’Education (PME) (37,8M$) et de l’UNICEF (1 M$). Le programme ainsi financé devrait démarrer au 2nd trimestre 2015. Les impacts de la crise Ebola ont soigneusement été pris en compte pour sa mise en œuvre.



Santé : construction d'un centre de laboratoires et de formation ouest-africain

26/11/2014

Dans le contexte du projet «Réseau de l’Afrique de l’Ouest des laboratoires d’analyses biologiques» (RESAOLAB) , la construction du futur Centre de la division des Laboratoires et de la Direction de la Pharmacie et du Médicament du Togo a officiellement été lancée à Lomé le 18 novembre 2014.

 

Améliorer la qualité des diagnostics dans la lutte contre les maladies épidémilogiques 

RESAOLAB est un réseau mis en œuvre par la Fondation Mérieux dans sept pays d’Afrique de l’Ouest: Bénin, Burkina-Faso, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Il a pour objectif d 'améliorer les services de santé en renforçant, dans une perspective sous régionale, le secteur du laboratoire médical. Il contribuera à l’amélioration de la qualité des diagnostics, permettant une prise en charge plus adaptée des patients et la réduction des coûts, tant pour le système de santé que pour le patient. Il permettra également la mise en place d’un système de surveillance épidémiologique solide, avec une notification des cas précoces. Ce projet est principalement financé par l'AFD, à hauteur de 5 millions d’euros pour un montant global de 8 millions d'euros.
 
Au Togo, le projet va financer la mise en place d’une Division du Laboratoire. Les fonds du Projet d’appui à la gestion des ressources humaines en santé et du médicament (PAGRHSM) , également financé par l’AFD dans le cadre des activités «Pays», viennent complémenter le dispositif en finançant la construction d’un étage supplémentaire qui accueillera la direction des Pharmacies, du Médicament et des Laboratoires. 
 
Vue perspective de l'édifice
 
Un dispositif bienvenu face à Ebola  
 
RESAOLAB a été acteur de la réponse dès le départ, notamment en fournissant  des boîtes de prélèvement sécurisées et en formant du personnel sur le diagnostic des fièvres hémorragiques. Ceci explique également la mobilisation politique et médiatique autour de ce projet.

La cérémonie de ce jour a été présidée par le premier ministre (cumulant la fonction de ministre de la Santé), en présence de l’ambassadeur de France au Togo, du directeur de l’agence de Lomé, du directeur général de la fondation Mérieux et des représentants des six autres pays engagés dans le Projet.

 
 
Le Premier ministre, Kwesi Séléagodji Ahoomey-Zunu, ministre de la Santé posant la
première pierre de la structure. © Photo AFD Lucie Vigier

 
       
 
 
À propos de la Fondation Mérieux
 
La Fondation Mérieux a été créée en 1967 par le Docteur Charles Mérieux, en hommage à son père Marcel Mérieux , élève de Louis Pasteur et fondateur de l'Institut Mérieux en 1897. Elle a été reconnue d’utilité publique en 1976. La Fondation Mérieux est une grande aventure familiale où différentes générations partageant les mêmes valeurs pasteuriennes ont su transmettre leur vision de la biologie au service de la santé publique mondiale. En rapprochant des partenaires d'horizons très différents et de toutes cultures, le Docteur Charles Mérieux a donné naissance à un réseau international exceptionnel. La Fondation Mérieux a ainsi joué un rôle de catalyseur d'initiatives concourant à un même objectif, faire reculer les maladies infectieuses dans le monde. Sous l'impulsion d' Alain Mérieux et du Docteur Christophe Mérieux, la Fondation a réorenté son action surle terrain au coeur des foyers infectieux, avec le soutien de la Fondation Christophe et Rodolphe Mérieux . www.fondation-merieux.org


"Dans la lutte contre Ebola, le travail de sensibilisation des populations et la formation des équipes médicales sont centraux."

01/10/2014

Catastrophe en matière de santé publique, l'épidémie Ebola risque vite de devenir une entrave au développement et un facteur d'instabilité dans une région déjà fragile et pauvre. Nicolas Le Guen, chef de projet Santé à l'AFD, nous explique les enjeux et dessine les axes prioritaires d'action fixés par l'AFD pour contenir l'épidémie et mettre en place des moyens de prévenir les prochaines. Vidéo

  

 

 

En quoi Ebola est-elle une crise sans précédent ?

Cette crise ebola qui touche pour la première fois l’Afrique de l’ouest est sans précédent parce qu'elle touche plusieurs pays, qu’elle s’étend depuis maintenant huit mois, que le nombre de cas est en perpétuelle augmentation, qu’on a des phénomènes de rebond, des cas d’apparition de foyers dans des zones qui ne sont pas des zones limitrophes les unes des autres… Et c’est ce qui rend cette crise extrêmement complexe et difficile à traiter.

De plus, il existe une peur, une psychose d'où un impact général sur la circulation des personnes, des biens et donc un impact sur l’économie d’une façon générale. Qui dit économie dit problèmes sociaux, et donc instabilité dans une région où les pays sont déjà très fragiles.

On voit bien qu’au-delà des questions de santé publique, on est face à d’autres enjeux…

C’est d'ailleurs pour cela que cette crise mobilise l’ensemble de la communauté internationale, l’ensemble des ressources régionales et celles de la planète. Au-delà des 20 000 cas de personnes atteintes par le virus annoncés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il en va de la stabilité d’une région extrêmement fragile.

Un manque de personnel de personnel qualifié

Un des facteurs aggravants c’est le manque de personnel de personnel qualifié. Dans les autres épidémies, de faible ampleur, sur des zones circonscrites donc, on avait une sorte de réservoir de personnel disponible. Là, l'épidémie s'étend sur des territoires immenses, avec des foyers multiples. Le peu de personnel qualifié, qui a travaillé depuis des mois, est extrêmement fatigué, a été "usé jusqu’à la corde" pour répondre, et maintenant l’OMS se tourne vers les spécialistes mondiaux sur ces questions-là mais il n’y en a plus beaucoup sur la planète.

Donc l’enjeu c’est de reformer du personnel rapidement, être capable de le redéployer pour appuyer les personnels sur place qui ne connaissent pas les règles de base sur les questions de traitement d’une épidémie.

De quoi manquent le plus les populations ?

Concrètement ce qu’il manque aux populations, c’est un appui en personnel de santé qualifié.

Comme je le disais, à l’heure actuelle, dans le monde, il y a très peu de gens qui sont capables d’apporter une solution. Il y a quelques organisations internationales mais qui ne sont pas forcément appréciées à leur juste valeur par les populations. En effet,  ces dernières ne comprennent pas ce qui leur arrive. Il y a une certaine défiance, une méfiance à l’égard de ces personnels de santé qui viennent de l’extérieur. Il y a d'ailleurs aussi une certaine méfiance à l’égard du personnel de santé guinéen.

L'enjeu fondamental de la prise de conscience des populations

Et pourtant, il manque de monde motivé pour venir au contact des populations et leur expliquer ce qu’est la maladie, amener les personnes malades, suspectes, vers les centres de santé, essayer de leur expliquer ce qui va leur arriver, pourquoi est-ce qu’elles sont mises à l’écart et quel type de traitement elles vont recevoir. Cette prise de conscience, cette sensibilisation, c’est un enjeu fondamental.

Donc là il y a tout un travail pédagogique à faire avec les populations. Sans les populations, on ne peut pas traiter l’épidémie, on ne pourra pas vaincre la maladie. Donc là il y a un enjeu fondamental, c’est la relation avec les communautés, avec les populations.

D'ailleurs, à cause de cette méfiance, de cette peur vis-à-vis d’Ebola, les gens ne viennent plus se soigner pour d’autres pathologies. Nous avons donc là une mortalité indirecte induite par la méfiance à l’égard des systèmes de santé.

Que faire ?

On est bien évidemment devant des besoins immenses, financiers et humains, donc par où commencer ? C’est la grande question, comment peut-on être efficace tout de suite, comment apporter une solution immédiatement ? Donc la réflexion avec les organisations internationales et notamment l’OMS qui coordonne cette réponse, c’est de mettre des moyens efficaces à des endroits-clés.

Les endroits-clés, pour nous, c’est le diagnostic et le contrôle de l’épidémie. Donc très rapidement l'enjeu était pour nous de financer un laboratoire extérieur qui vienne appuyer le diagnostic, le contrôle afin de renforcer la surveillance épidémiologique.

L'autre axe central : les Etats. Ils ont ont la responsabilité sur l’organisation générale de la riposte. A nous de les aider, avec une aide budgétaire globale : on leur alloue une somme et on regarde avec elles où mettre l’argent pour que tout de suite il y ait une réponse la plus efficace.

Cette aide va aller sur les moyens humains : le personnel de santé certes, mais aussi tout le personnel qui va au contact des populations, fait de la prévention et du suivi des cas.

Cette aide va bien sûr aussi vers les moyens financiers pour payer le matériel médical, équiper les laboratoires, les centres de traitement, donner des moyens logistiques aux personnels de santé et ceux qui font de la sensibilisation auprès des communautés et enfin pour assurer la coordination de l’ensemble des opérations.

Pourquoi travailler avec l’Institut Pasteur ?

L’institut Pasteur a été l'un des premiers à réagir et est intervenu à Conakry dès le mois de mars. Ils ont détachés du personnel de leur institut de Dakar. Ils ont mis en place des procédures pour confirmer des cas, ce qui est fondamental pour pouvoir déclarer une épidémie et pour pouvoir mobiliser les ressources.

Donc cet institut a souhaité monter en puissance et développer un centre d’expertise plus large sur les fièvres hémorragiques, c’est une idée qui correspond tout à fait aux priorités définies par l’AFD et par les ministères de la santé.

Nous allons donc les appuyer rapidement pour mettre en place ce centre d’expertise, qui permettra d'améliorer le contrôle et le diagnostic et surtout de donner de l’information, des solutions, apporter un peu plus d’expertise et de compréhension dans cette crise où il manque fondamentalement des connaissances et des compétences sur ces questions.

L’autre fonction de ce centre d’expertise sera de former le personnel, les techniciens de laboratoire sur Conakry mais aussi sur les autres régions, d’être en mesure d’avoir des équipes mobiles capables de se déployer pour faire des diagnostics rapides et éventuellement d’avoir une vocation régionale pour former les personnels des autres pays… L’institut Pasteur est reconnu internationalement depuis le 19ème siècle, il sera tout à fait en mesure d’apporter des solutions rapides et efficaces à cette crise.



"On ne va pas partir au premier coup de feu"

01/10/2014

Dans cette interview vidéo, Olivier Ray, responsable de la cellule Crises et conflits, nous explique le rôle d’une agence de développement dans un pays en plein désarroi.

  

 

Sur l'année 2014, on a vu se multiplier des terrains de crises, de violences et de conflits. On a tous les images en tête : la crise syrienne qui perdure et reste une crise chaude, c'est la République centrafricaine qui est dans un état de crise extrêmement forte, mais c'est aussi le virus Ebola en Afrique de l'ouest, sans parler de l'Irak,  de gaza ou de crises pas si lointaines en Haïti et en Afghanistan.

Dans ces pays là, la France ne peut pas dire à ses partenaires "en situation de paix, on vous aide dans un processus de développement mais lorsqu'il y a des difficultés et que votre population souffre, on s'en va." C'est au contraire à ces moments-là que la solidarité, la coopération prend tout son sens.

Est-ce le rôle d’une agence de développement d’intervenir dans un pays en conflit ?

Un conflit c’est dix, vingt parfois trente années de développement perdu. Agir sur les situations de crise, en relèvement post-conflit et en prévention des crises, c’est fondamentalement être dans notre cœur de métier de développeur.

C’est important de continuer à travailler, à trouver les bons instruments, les bons modes opératoires pour agir dans ces situations parce que c’est, quelque part, le défi du développement du siècle à venir. Et donc il ne fait pas sens pour le développeur de partir au premier coup de feu. Notre raison d’être c’est d’accompagner ces sociétés dans le temps long, au moment de leur croissance et de leur développement, pour travailler sur les goulets d’étranglement de cette croissance.

Et aussi de manière préventive, contre ces crises qui restent de faire passer la richesse d’un pays du niveau d’aujourd’hui au niveau auquel il était il y a dix ou vingt ans. Un exemple, la RDC a perdu vingt années de croissance économique dans la crise des années 90.

On a, à l’AFD, beaucoup de projets qui contribuent à réduire ce terreau de la violence. On sait très bien que la jeunesse urbaine au chômage, c’est un facteur de crise. Parce que ces jeunes, frustrés, peuvent prendre les armes. Nous savons que les tensions autour du foncier, c’est-à-dire autour de la propriété de la terre peuvent créer des conflits extrêmement forts et violents. Là aussi il y a des projets pour traiter cette gestion de la terre. On a aussi bien établi au niveau international que certaines formes d’inégalités sociales, économiques et politiques génèrent de la violence par la frustration. Là aussi des interventions de l’aide au développement permettent de travailler avec des partenaires pour réduire un risque d’embrasement. 

Dans l’urgence, l’AFD fait-elle de l’humanitaire ?

L’AFD quand elle intervient dans des Etats qu’on appelle fragiles ou des sociétés fragilisées par la récurrence de crises environnementales ou politiques, elle intervient dans une logique de développement.

Notre rôle, notre mandat n’est pas l’humanitaire à proprement parler mais il y a un enjeu fondamental qui se pose pour l’AFD, c’est : comment mieux agir dans cette zone grise entre l’action humanitaire et l’action de développement, à long terme et pérenne.

On ne peut pas se permettre d’avoir d’un côté l’action humanitaire portée par un certain nombre d’acteurs, et des actions de développement qui ont des interlocuteurs locaux différents. Parce que cette désynchronisation entre les réponses humanitaires dans l’urgence et les réponses de développement génère alors des vrais problèmes de politiques publiques à long terme. Ça c’est ce que nous enseigne l’expérience de la communauté internationale de ces dix dernières années. Et donc on travaille avec nos collègues du monde humanitaire pour articuler les réponses dans l’urgence et dans le développement.

L’AFD ne travaille-t-elle qu’avec les gouvernements ?
 
L’approche de l’AFD c’est d’être le plus flexible possible dans nos modes d’intervention dans ces situations complexes. Il va de soi qu’en fonction d l’évolution d’une situation, nos interlocuteurs vont être différents. Il peut être nécessaire et important de travailler avec la puissance publique dans son incernation nationale parce que c’est elle qui porte légitimement la politique publique.

Parfois ce n’est pas possible parce que la puissance publique nationale, le gouvernement ne contrôle pas tout son territoire. Ou parce que, à un moment donné, ce sont des acteurs avec lesquels le gouvernement français ne peut pas travailler, parce qu'ils massacrent leur population, par exemple. Et dans ces cas-là, l’objectif de l’AFD est de maintenir une capacité d’intervention au service des populations et en préparation de la reconstruction. Notre stratégie peut être d’aller travailler avec des acteurs du secteur privé qui restent une composante fondamentale pour la création de richesse et le pain quotidien des populations en temps de crise. Mais ça peut être aussi travailler avec des collectivités territoriales qui portent aussi la politique publique au niveau local et qui participent de la légitimité et de la crédibilité de la puissance publique
lorsque le gouvernement n’est pas à même de livrer les services publics.

 

► En savoir plus sur l'action de l'AFD dans les pays en crise



Le futur Institut Pasteur de Conakry : un centre d’expertise face à Ebola

01/10/2014
Le futur centre d’expertise de l’Institut Pasteur à Conakry constituera, à très court terme, un élément clef du système de riposte national face à l’épidémie Ebola. Grâce au soutien des autorités guinéennes, ce centre d’expertise sera rapidement en fonction pour renforcer et développer les capacités de diagnostic et de contrôle de l’épidémie. Du personnel de laboratoire guinéen sera formé et ce Centre pourrait devenir à terme une référence dans la lutte contre les fièvres hémorragiques.

« Une urgence de santé publique de portée mondiale » selon l’OMS

L'épidémie de fièvre à virus Ebola qui touche pour la première fois l'Afrique de l'ouest, avec la Guinée comme premier épicentre continue de se répandre face à l’incapacité des systèmes de santé à contenir sa progression. *

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que l’épidémie continue à progresser de manière accélérée et alarmante. L’organisation estime que le nombre total de cas de fièvre hémorragique à virus Ebola pourrait dépasser les 20 000 au cours de cette épidémie.

Désastreuse sur le plan humain, l’épidémie a également des impacts très négatifs sur l’activité du pays, et notamment sur l’économie : détérioration des échanges commerciaux, retrait des investisseurs, baisse de la circulation des biens et des personnes, etc. Ces conséquences pourraient avoir rapidement des répercussions à long terme sur la croissance, la sécurité et le niveau de vie des populations.

La flambée actuelle se caractérise par :

  • une très forte transmission hospitalière et communautaire
  • un nombre élevé de personnels de santé touchés
  • la résistance de la population envers les mesures de prévention
  • une répartition large et diversifiée, plus importante que lors d’épidémies précédentes, à la fois dans les zones de concentration urbaine, mais aussi en zone rurale enclavée et dans les zones transfrontalières.

 
©unicefguinea, Photo Crédit : Timothy La Rose

Une épidémie qui révèle cruellement le manque de personnels formés et d’équipements

L’incapacité du système de santé guinéen à réagir rapidement et efficacement au début de l’épidémie a contribué à la multiplication des foyers. L’épidémie semble aujourd’hui hors de contrôle malgré une très forte mobilisation d’organisations internationales telles que Médecins Sans Frontières (MSF), la Fédération Internationale de la Croix-Rouge, l’OMS et l’Institut Pasteur.

Peu d’organisations sont aujourd’hui compétentes pour intervenir face à ce genre d’épidémie. MSF, qui reste la principale organisation à prendre en charge l’isolement et le traitement des patients dans des structures adaptées dans les trois principaux pays affectés (Guinée, Liberia et Sierra Leone), a alerté les gouvernements et la communauté internationale sur la limitation de ses moyens et la difficile mobilisation des ressources humaines sur le long terme.

Produire un diagnostic rapide, fiable et organiser le contrôle de l’épidémie

L’absence de compétences et de capacités permettant de produire un diagnostic rapide, fiable et organiser le contrôle de l’épidémie ont conduit à une forte inertie suite à l’apparition des premiers cas Ebola. Outre le temps d’attente pour identifier le virus, propice à sa propagation, la communication défaillante et une information trop tardive pour mettre en place des mesures préventives et des mesures de protection pour le personnel de santé, une des principales raisons tient au manque d’un réseau de laboratoires non encore fonctionnel et d’un laboratoire de référence efficace.

L’ambition du futur centre d’expertise de Conakry est d’être le centre de recherche contre les fièvres hémorragiques, le lieu de formation des personnels médicaux et l’appui aux laboratoires guinéens face aux virus du type Ebola. De fait, il devrait constituer un élément-clé du plan de riposte national face aux épidémies du type Ebola

Un élément-clé du plan de riposte national face aux épidémies

Création de deux unités d’expertise au sein de l’Institut national de santé publique

La création de deux unités (Virologie et Entomologie) répond aux attentes exprimées par les autorités guinéennes ainsi qu’aux besoins les plus urgents).
Ces deux unités se concentreront sur les maladies à potentiel épidémique avec, dans la première phase, les arboviroses et virus de fièvres hémorragiques, qui ont fait l’objet de plusieurs épidémies majeures en Guinée (fièvre Ebola, fièvre de lassa, fièvre jaune, fièvre de la vallée du rift, grippe …) avec des impacts de morbidité et mortalité significatifs.

Formation du personnel de santé

Le succès et la pérennité du projet repose en grande partie sur la qualité des ressources humaines locales mobilisées pour intervenir dans ce dispositif. Grâce à la mobilisation du réseau d’expertise Pasteur et notamment de l’Institut Pasteur de Dakar, le personnel sélectionné avec le ministère de Santé publique sera formé dans l’objectif de créer une équipe opérationnelle et pérenne de chercheurs et techniciens pouvant assurer une évolution graduelle des activités.
 


Photo crédits : ©EC \ ECHO Jean-Louis Mosser


Impacts attendus du projet

Le projet devrait contribuer de manière significative au développement humain durable du pays par le renforcement des connaissances des risques sanitaires ainsi que des capacités de diagnostic et de contrôle des épidémies de fièvre hémorragique.
L’amélioration des connaissances et des enjeux de ce type d’épidémie va notamment contribuer à réduire la stigmatisation sur le personnel de santé et les personnes guéries. A terme, l’amélioration de la connaissance et des capacités des laboratoires nationaux devrait par ailleurs contribuer à regagner la confiance des opérateurs économiques et à la libre circulation des biens et des personnes.
Enfin, ce projet a également pour vocation d’assurer l’appropriation par les cadres nationaux de l’expertise apportée par l’équipe de l’IPP.

Moyens apportés par l’AFD

L’AFD apporte une subvention de 4 millions d’euros.

 

Qu’est-ce que l’Institut Pasteur ?

L'Institut Pasteur est une fondation privée reconnue d'utilité publique à but non lucratif, dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies par la recherche, l'enseignement et des actions de santé publique.
L'Institut Pasteur jouit d'une notoriété mondiale en matière de recherche biomédicale fondamentale et appliquée, en particulier dans le domaine des maladies infectieuses.
De plus, il coordonne et soutient le Réseau International des Instituts Pasteur « RIIP », lequel participe au renforcement des capacités, à l'appui aux programmes nationaux de surveillance des ministères de la santé, à la recherche, au diagnostic et à la réponse aux épidémies en partenariat avec des instances nationales et internationales telles que l'OMS.

Dès l’apparition des premiers cas suspects, l’Institut Pasteur Paris (IPP) a été en mesure de mobiliser des moyens humains et financiers de son réseau, notamment depuis l’Institut Pasteur de Dakar, pour soutenir le dispositif d’aide mis en place en accord avec le ministère de la Santé et l’OMS au niveau du Centre Collaborateur sur les arbovirus et les fièvres hémorragiques. Après confirmation des cas, l’IPP a déployé un laboratoire mobile et permis de renforcer rapidement les capacités de diagnostic du Ministère de la Santé (MSP). A l’invitation des autorités guinéennes, l’Institut Pasteur Paris a répondu à la demande guinéenne du renforcement des capacités de diagnostic et de contrôle par le soutien à la création d’un Centre basé à Conakry.

 

*En cinq mois, cette épidémie, la plus grave depuis son apparition en 1976, a fait 2909 morts sur 6242 cas officiellement répertoriés selon l’OMS (24/09/14). Le Liberia est le pays le plus affecté par le virus avec 3280 personnes touchées et 1677 morts. Puis la Sierra Leone, avec 1940 cas et 597 décès. En Guinée, 635 décès pour 1022 cas. Au Nigéria, 20 cas, 8 décès…

La Sierra Leone et la Liberia ont décrété l’état d’urgence et la Guinée l’état d’urgence sanitaire.
Si les cas confirmés en RDC (41 décès au 24/09) ne semblent ne pas être liés à l’épidémie qui frappe l’Afrique de l’Ouest, l’émergence de nouveaux foyers risque de provoquer des pressions supplémentaires sur la mobilisation des ressources humaines et financières.



 
   
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