La présence de l'AFD en Guinée

Le Groupe de l’AFD a repris ses activités en Guinée en 1979. L’activité et le suivi des opérations financées sont assurés à partir de l’agence de Conakry

À la une

Facilité de décollage pour la microfinance en Afrique

23/10/2013

Dans leur mission de lutte contre la pauvreté et d’amélioration de l’accès aux services financiers pour les plus défavorisés, l’AFD et la Fondation Grameen Crédit Agricole, par une convention de partenariat signée le 26 février dernier, se sont associées pour la mise en oeuvre du programme " Facilité de décollage pour la microfinance en Afrique."

Ce projet vise à mettre à disposition des institutions locales de microfinance, à vocation agricole et rurale, n’ayant pas la taille et la maturité suffisantes pour se refinancer auprès des banques locales ou des fonds internationaux de microfinance, des financements adaptés et des programmes de renforcement de capacité notamment dans les domaines de l’organisation, de la méthodologie d’octroi de crédit, et de la gestion.

Le dispositif du programme sera déployée par la Fondation Grameen Crédit Agricole pendant les trois ans à venir (jusqu’en février 2016), avec des relais locaux à Dakar et Nairobi, en liaison avec les agences de l’AFD, dans les deux régions-cible (l'Afrique de l'Est et l'Afrique de l'Ouest).

 

Plus d'infos sur le programme et les conditions d'éligibilité 

Télécharger le communiqué de presse



De nouveaux financements pour le secteur agricole et agro-alimentaire africain

16/10/2013

Le fonds africain pour l’agriculture, premier fonds d’investissement essentiellement consacré à la production alimentaire pour l’Afrique sub-saharienne, vient d’achever sa seconde levée de fonds à hauteur de 243 millions de dollars. Le fonds, à la création duquel l'AFD a beaucoup contribué et dans lequel elle est très investie, va ainsi pouvoir ainsi financer de nouveaux projets, toujours avec des procédures environnementales et sociales exigeantes.

Des capitaux pour l’agriculture

Le fonds africain pour l'agriculture (African Agriculture Fund, AAF) est destiné au renforcement des capitaux propres des entreprises agricoles. Les investissements prioritaires doivent porter sur la production alimentaire, principalement à destination des consommations locales, la distribution des produits alimentaires et les services liés sur l’ensemble du continent africain.

Avec des investissements compris entre 5 et 20 millions de dollars, le fonds opère ainsi sur l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire :
 - L’agriculture primaire est comprise comme le spectre complet des activités agricoles incluant les cultures vivrières (produits amylacés, protéagineux, oléagineux, fruits, légumes, sucre), l’élevage (œuf, lait, viandes) et l’aquaculture;
- L’agriculture secondaire inclut les minoteries (blé et maïs), les huileries, les sucreries, les provenderies, les boissons, la transformation agro-alimentaire et les emballages;
 - L’agriculture tertiaire inclut les infrastructures, la logistique, le stockage, les semences, la sous-traitance, la protection des cultures, et les engrais.

Une structure actionnariale innovante

L’AAF présente une structure capitalistique unique avec différentes catégories d’actions, permettant d’associer, au sein d’un même fonds, des institutions de développement qui acceptent une rentabilité différée, et des investisseurs privés attirés par des perspectives de rentabilité plus favorables compte tenu des risques associés au secteur. Les bailleurs de fonds tel que l'AFD jouent ainsi pleinement leur rôle en assurant un effet de levier pour attirer des ressources privées et maximiser les montants investis sur des projets agricoles et agro-alimentaires en Afrique.

Une gouvernance socialement responsable

Le fonds a des procédures environnementales et sociales contraignantes et mises en œuvre par le gestionnaire avec l’aide notamment d’un consultant indépendant ; une procédure relative à la lutte contre la corruption et le blanchiment ; une politique en matière de gestion des terres ; et enfin, un guide de bonnes pratiques sur les questions fiscales.

 
Quelques exemples de projets

Le fonds poursuit un rythme d’investissement satisfaisant avec quatre transactions finalisées à ce jour : un investissement en août 2011 aux côtés de  Finnfund pour la reconstruction d’une usine de production d’huile de palme en Sierra Leone (Goldtree) ; un investissement en avril 2012 en Zambie pour le développement d’une entreprise de production d’œufs (Golden Lay) ; un investissement en décembre 2012 en RDC pour une entreprise cherchant notamment à réhabiliter une plantation de palmiers à huile (Feronia), et enfin un investissement en février 2013 en Côte d’Ivoire pour le développement et la diversification d’une entreprise d’eau minérale (CBC).

AAF a également réalisé trois investissements via sa filiale AAF PME : une ferme mixte au Cameroun, une entreprise zimbabwéenne spécialisée dans plusieurs cultures végétales, notamment les citrons, et une entreprise malgache productrice d’engrais biologique.

L'équipe

Le fonds est géré par Phatisa Fund Managers composé d’une équipe anglophone et francophone experte du capital investissement et du secteur agricole et agroalimentaire. Phatisa dispose de plateformes à Johannesburg, Nairobi, Lusaka, Maurice et Accra et les premiers investissements réalisés témoignent de sa capacité à intervenir sur l’ensemble du continent.

Les deux outils complémentaires du fonds

Le fonds AAF PME
Par une dotation initiale de 30 millions de dollars, l’AAF a créé une filiale « AAF PME » chargée, selon la même thèse d’investissement et le même mode de gouvernance, de réaliser des investissements de taille plus petite (entre 150 000 dollars et 4 millions de dollars) dans des PME. Sa gestion a été confiée à Databank Agrifund Manager, dont les équipes sont présentes à Johannesburg et Accra.

La facilité d’assistance technique
Avec l’appui de la fondation AGRA, de la coopération italienne et de l’ONUDI, le FIDA a conçu et mis en place une facilité d’assistance technique dotée d’une subvention de 14 millions de dollars, en grande partie apportée par l’Union Européenne. Celle-ci vise à (i) renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises et des petits exploitants agricoles, (ii) insérer les producteurs villageois dans les grandes filières agro-industrielles (organisation et structuration des filières), et (iii) améliorer leurs accès aux marchés et aux financements afin d’accroître leur productivité et leurs revenus.
La facilité d’assistance technique est mise en œuvre sur le terrain par l’ONG Technoserve qui réalise l’évaluation des programmes d’appui et de renforcement de capacité en articulation avec les diligences des deux gestionnaires de fonds. Sur la base des recommandations de Technoserve, le comité technique de la facilité, composé des donateurs, décide en tout indépendance de l’allocation des subventions.


Concernant la facilité d’assistance technique, les premières opérations ont démarré début 2013 avec le financement d’études (réhabilitation des routes d’accès aux plantations en Sierra Leone, étude sur les acteurs de la filière avicole à la base de la pyramide en Zambie) et le financement de programmes d’assistance technique (au Cameroun, assistance en agronomie ; en Zambie, assistance technique de deux ans destinée aux producteurs de soja ; en Sierra Leone, programme de soutien de 4 000 petits planteurs afin de faciliter l’accès aux intrants et d’améliorer le rendement et le transport des productions).

La part de l'AFD dans ce fonds d'investissement
Le groupe AFD a investi 40 M$ (30M$ AFD et 10M$ via FISEA) dans le fonds. 
Si elle ne décide pas des investissements qui sont de la responsabilité du gestionnaire, l’AFD est impliquée à plusieurs niveaux dans les instances de gouvernance (conseil de surveillance du fonds AAF, conseil de surveillance du fonds AAF PME et comité de la facilité d’assistance technique).

 

A propos de l'AAF
Promu, à la suite des directives de l’Aquila, dans le cadre d’un partenariat entre des institutions financières de développement européennes (Groupe Agence Française de Développement et Agence Espagnole pour la Coopération et le Développement International), des banques de développement africaines (Banque Africaine de Développement, Development  Bank of Southern Africa, Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO, Banque Ouest africaine de Développement) ainsi que le FIDA et la Fondation AGRA, le fonds a été incorporé en novembre 2010 à la suite de sa première levée de fonds à hauteur de 151 millions de dollars.
De nouveaux investisseurs institutionnels (FMO et le Fonds des pays de l’OPEP, OFID) ainsi que des investisseurs privés (entreprise, fonds d’investissement et banque) ont rejoint le fonds qui bénéficie par ailleurs d’un prêt de 50 millions de dollars de l’Overseas Private Investment Corporation (Etats-Unis).

Pour aller plus loin

Site internet du fonds AAF
Site internet du fonds AAF PME
Site internet de la facilité d’assistance technique



Forum AFRIQUE 100 innovations pour un développement durable

16/09/2013

La France soutient les innovations au service du développement durable en Afrique 

Parce qu’une des clés du développement durable réside dans l’innovation, le Ministère des affaires étrangères, sous l’impulsion du Ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, lance l’initiative : Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable, en partenariat avec l’AFD.  

 

Pour la première fois, la France organise un événement entièrement destiné à soutenir et à aider à la diffusion d’innovations pour le développement durable, portées par des innovateurs africains, dans de nombreux domaines : la santé, l’environnement, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’égalité femmes-hommes, les nouvelles technologies ou encore l’appui aux entreprises…

 
Ce forum donnera lieu à un événement à Paris, le 5 décembre 2013, en amont du sommet de l’Elysée pour la Paix et la sécurité en Afrique, qui permettra aux innovateurs sélectionnés de présenter leurs innovations et de les mettre en relation avec des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises, des scientifiques, des ONG…
 
Inventions scientifiques, création de micro-entreprises, découvertes innovantes, innovations sociales, recyclage de matières premières….  Autant d’innovations initiées en Afrique qui pourront ainsi trouver soutien et diffusion lors de leur présentation au  « Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable ». 
Afin de proposer leur innovation au comité de sélection, constitué d’un panel de personnalités et d’experts renommés comme Esther Duflo,  les porteurs de projets sont invités, dès aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre,  à remplir un dossier de candidature en ligne.
 

> Accéder au formulaire

 
 
« A chacun de mes déplacements en Afrique, je suis frappé par le nombre d'entrepreneurs, d'agriculteurs, de chercheurs, d'ONG qui chaque jour innovent, trouvent des solutions pour permettre un développement nouveau. Ces innovatrices et innovateurs inventent l’Afrique de demain, lui ouvrent un nouvel horizon soutenable et prometteur, et il s’agit pour la France de contribuer à l’élargissement de cet horizon. Leurs innovations méritent d'être connues, soutenues, et leurs auteurs mis en relation avec des scientifiques, des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises. C'est aussi le rôle de la France de créer des passerelles avec tout celles et ceux qui innovent, qui créent de la richesse, de l'emploi, autour de projets concrets qui permettent et permettront au plus grand nombre de sortir de la pauvreté. »  souligne Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du développement. 
 
Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD ajoute : « Je me réjouis de voir l’AFD associée à l’organisation du Forum Afrique - 100 innovations pour un développement durable. Le continent dans sa diversité est en pleine transformation. Il est confronté à des enjeux qui nécessitent des solutions nouvelles. Les intervenants publics et privés africains sont porteurs d’initiatives pour accompagner un développement économique et humain durable. Cette créativité doit être encouragée et promue là où c’est nécessaire. C’est aussi le rôle de l’Agence Française de Développement. »
Au-delà des qualités d’entreprenariat et de viabilité économique, les projets seront choisis pour leurs contributions au développement durable et leurs dimensions sociales et environnementales.
 
LES MODALITÉS PRATIQUES
 
Pour postuler, les candidats doivent remplir les critères de sélection suivants :
  • Être citoyen(ne) d’un pays d’Afrique (pays d’Afrique du Nord inclus) ;
  • être résident (e) sur le continent africain ;
  • avoir développé et mis en œuvre une innovation (sociale, écologique, technologique, financière, économique, etc.) qui répond aux objectifs du développement durable ;
  • présenter une innovation qui doit avoir déjà été réalisée ou expérimentée (au moins à l’échelle locale).
Les étapes-clés :
  1. 15/10/2013 : date limite de dépôts des dossiers
  2. 05/12/2013: présentation des projets lors du Forum Afrique
 
Un panel d’experts 
 
Sur les 100 projets, 21 seront sélectionnés par un panel composé de grandes figures du développement : Winnie Byanyima, Directrice exécutive d’Oxfam International ; Jean-Michel Séverino, ancien Directeur Général de l’AFD, aujourd’hui gérant d’une société de gestion de fonds consacrée aux PME d'Afrique subsaharienne ; Esther Duflo,économiste, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) où elle détient la « chaire Abdul LatifJameel sur la réduction de la pauvreté et l'économie du développement » et Malamine Koné, fondateur et PDG d’Airness.


Nouveau numéro de la lettre "Au sud du Sahara" - Produire et accéder à une énergie durable au sud du Sahara

29/08/2013

Au sud du Sahara est la lettre du département Afrique de l’AFD. Tous les trois mois, elle rassemble dans un format synthétique les contributions d’experts de l’AFD qu’ils soient à son siège parisien ou dans l’une de ses 30 agences africains sur une thématique qui fait l’actualité des enjeux économiques et sociaux des pays d’Afrique subsaharienne. Ce nouveau numéro aborde le thème de la production et de l'accès à une énergie durable au sud du Sahara.

Le président américain Barack Obama a annoncé cet été une initiative américaine en faveur du financement de l’accès à l’électricité en Afrique, au sud du Sahara. Cette annonce fait suite à l’initiative des Nations Unies : Sustainable Energy for all, et aux efforts concertés des Etats, des acteurs privées et des bailleurs de fonds depuis quelques années pour faire face à ce défi prioritaire.

Près de  600  millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. La capacité de production totale d’électricité des 49 pays de l’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud atteint 28 gigawatts (GW), soit la capacité de l'Argentine. Le rattrapage de cette fracture énergétique nécessite des investissements de près de 300 milliards de dollars d’ici 2030. La durabilité économique, sociale et environnementale des modèles énergétiques choisis pour relever ce défi est le sujet du dernier numéro de la lettre Au sud du Sahara.

 

Les contributeurs de ce nouveau numéro sont :

  • Energie : fracture multiple, Yves Boudot, directeur du département Afrique de l’AFD
  • L’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne, Rima le Coguic, responsable adjointe de la division transport et énergie durable de l’AFD
  • L’hydroélectricité en Afrique ; potentiels avérés et risques à maîtriser, Christian de Gromard, référent Energie à la division Transport et Energie Durable de l’AFD et Jean-Noël Roulleau, responsable de la division d’appui environnemental et social de l’AFD
  • Vers des politiques publiques de promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ? , Maitane Concellon, chargée de mission à l’agence AFD de Nairobi et Damien Navizet, chef du Bureau Changement Climatique et Maîtrise de l'Energie Direction des Affaires Européennes et Internationales au Ministère de l'Ecologie du Développement Durable et de l'Energie
  • Les banques commerciales, un levier de soutien à la transition énergétique, Céline Bernadat, chef de projet au sein de la division Institutions financières et appui au secteur privé de l’AFD

 

En sept pages, et dans un format numérique librement téléchargeable, Au sud du Sahara propose un éditorial, un dossier thématique et un agenda africain. Il suffit, pour la recevoir tous les trois mois, de s’abonner en ligne sur le site Internet de l’AFD directement sur cette page.
 



Les trois premières Indications géographiques protégées (IGP) africaines

20/02/2013

Dégustations, rencontres de grands chefs et d'épiceries prestigieuses... Voici le menu de producteurs africains de trois produits, le miel d’Oku et le café Ziama Macenta du Cameroun, et le poivre de Penja en Guinée, au Salon de l'agriculture, du 23 février au 3 mars, à Paris. La reconnaissance officielle des indications géographiques est un enjeu important pour l’Afrique, et plus largement pour les Pays en voie de développement : à la fois pour la reconnaissance et la protection de leur patrimoine et en tant qu’outils de développement économique.

Quel est le point commun entre le poivre blanc de Penja (Cameroun), le miel d’Oku (Cameroun) et le café Ziama-Macenta (Guinée) ?
Ces trois produits d’exception vont être reconnus et enregistrés comme « Indications Géographiques Protégées » (IGP) dans 16 pays africains. La reconnaissance officielle des indications géographiques est un enjeu important pour l’Afrique, et plus largement pour les Pays en voie de développement (PED) : à la fois pour la reconnaissance et la protection de leur patrimoine et en tant qu’outils de développement économique.
 Le poivre du Penja n'a certes pas le même statut que ses deux compagnons de voyage. Il est déjà convoité par les plus fins gourmets et les chefs étoilés du monde entier alors que le café Ziama-Macenta fut exporté pour la première fois en 2003. Le miel d’Oku, quant à lui, n'est connu aujourd’hui que dans sa seule région d’origine. Pour ce produit, le défi est donc de pénétrer d’abord le marché national.

Le programme de dégustations au Salon de l'Agriculture :

►Lundi 25 février : Ateliers de dégustation au Salon

- Stand du Cirad, 3 ateliers : 10h – 11h45 – 13h30

- Stand du ministère de l’Agriculture : 14h45 – 17h15


Poivre blanc de Penja
 

Pourquoi protéger ces trois produits agricoles ?

Ces trois produits portent un nom géographique, ont une qualité particulière, liée au terroir et aux savoir-faire locaux. Ils ont une réputation, et sont payés plus cher que les produits ordinaires. Aussi sont-ils menacés par des usurpateurs qui utilisent le même nom pour des produits différents, ou simplement des mauvais joueurs qui ne respectent pas les bonnes méthodes.

L’enregistrement du nom permet sa protection dans les seize pays membres de l’ Organisation africaine de la propriété africaine (OAPI). Mais il y a des conditions, et elles sont difficiles : une organisation doit représenter tous les producteurs, elle doit se mettre d’accord sur la délimitation de la zone et les méthodes de production, mettre en oeuvre un système de contrôle…

Face à la mondialisation des échanges, à la concurrence accrue sur les grands marchés d’exportation et à l’instabilité des prix, la valorisation de productions locales, réputées et très spécifiques, représente une voie à explorer.

Ces IGP sont similaires aux IGP et Appellations d'origine protégées (AOP) européennes, et aux Appellations d'origine contrôlées (AOC) françaises. Enregistré IGP auprès de l’OAPI, un produit peut ensuite faire acte de candidature pour être enregistré et protégé dans l’Union européenne.

►►Lire l'interview de Jean-Luc François, responsable du Développement agricole à l'AFD :
« Les Indications géographiques protégées (IGP) rendent la mondialisation profitable à des terroirs africains et aux hommes qui les font vivre »



La démarche : soutenir les petits producteurs

Le projet a pour objectifs :
► Accompagner les pays producteurs dans un exercice d’identification et de reconnaissance de produits nationaux éligibles aux Indications Géographiques ;
► Contribuer au renforcement des capacités de l’OAPI et des partenaires nationaux publics et privés en vue d’assurer la promotion et la protection des Indications Géographiques.

Découvrez le périple de deux agriculteurs africains à Paris, venus promouvoir leurs produits labellisés IGP. Premier épisode d'une mini-série de cinq épisodes :

 

Retrouvez les autres épisodes ici

Comment l'AFD soutient cette démarche ?


Pour chacun de ces produits, le projet effectue un diagnostic de la filière et identifie les acteurs concernés. Il définit les étapes à franchir pour arriver à l’enregistrement en Indication Géographique.
Des consultants locaux et internationaux appuient les organisations de producteurs dans la préparation du dossier et en particulier : la définition de l’aire géographique, l'élaboration d'un cahier des charges, l’élaboration des modalités de contrôle et la stratégie marketing.


Torréfaction du café Ziama Macenta. Photo : Charlotte Paressant

 

Le soutien s'effectue à travers un outil que l'AFD développe depuis plusieurs années : le Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC), cofinancé par l’AFD sur une ressource du ministère des Affaires étrangères et par le ministère des finances. Ce soutien s'effectue auprès de deux catégories d'acteurs.

Il y a tout d'abord l'appui à l' Organisation africaine de la propriété africaine (OAPI), m aître d’ouvrage du Projet d’Appui à la Mise en Place d’Indications Géographiques (PAMPIG), par les chercheurs du Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique (CIRAD).

"Afin de lui donner les moyens de mettre en place, dans plusieurs pays, un système commun de reconnaissance des IGP. L'OAPI est en effet un puissant levier pour mettre en place les Indications Géographiques Protégées, pour bâtir une politique commune et obtenir une reconnaissance mutuelle dans seize pays à la fois explique Jean-Claude Chesnais, responsable du programme à l'AFD. Il a donc fallu lui apporter un appui opérationnel, par la formation des hommes et la mise en place du processus d’inscription des IG, puis pour lui donner les moyens de garantir l'identification des zones et des produits, la définition des critères, l'accompagnement des producteurs, la protection légale, etc.
Parallèlement, "il y a tout un travail avec les producteurs pour les aider à se regrouper, à se structurer, à écrire le cahier des charges, éventuellement  se mettre en liens avec les exportateurs et les importateurs , les aider à la mise sur le marché de leurs produits, le conditionnement, le marketing..."


Le poivre de Penja (Cameroun)
De basses terres noires d’origine volcanique, un climat chaud et humide, de grandes plantations de bananes, et de ci de là, quelques parcelles où une liane monte à un arbre : le poivre de Penja !
Origines
L’origine des poivriers (Piper Nigrum L.) de la région de Penja est indéterminée, mais il est admis qu’ils provenaient de la Malaisie, et auraient transité par le Congo belge. Ce sont les descendants de ces divers cultivars qui, conduits en appliquant les normes et le savoir-faire local, produisent de nos jours le « Poivre de Penja ». Ce poivre peut être produit et mis en marché en vert, noir, blanc et rouge, mais le plus réputé est le blanc.

Spécificités de la zone géographique
Le poivre de Penja est cultivé dans une zone où le terroir et les méthodes culturales et de transformation se combinent pour produire la saveur hautement désirable, le piquant, le goût relevé et l’arôme particulier, attributs qui ont fait sa notoriété.
L’aire géographique du Poivre de Penja se situe sur les reliefs collinaires du sud du mont Koupé entre la région du Littoral et celle du Sud-Ouest du Cameroun. Elle est constituée des territoires des Communes de Manjo, Loum, Njombé/Penja, Mbanga, Mombo et Tombel, situés entre 100 et 500 m. d’altitude et sur sous-sol basaltique de l’ère quaternaire.
Les plantations de poivriers sont organisées sur les parcelles basaltiques plus ou moins pierreuses des flancs de ces collines ou à leur pied. Celles-ci bénéficient d’un climat chaud, humide d’avril à octobre mais très sec le restant de l’année.

Les opérations de transformations ont lieu non loin des plantations et se réalisent en plusieurs étapes : rouissage, lavage, séchage et conditionnement en gros.

Spécificités du poivre blanc de Penja
Le poivre de Penja doit sa renommée locale et internationale principalement à son poivre blanc avec ses baies de couleur crème. Il peut se présenter sous forme de petit grain ou de gros grain. Selon l'émission documentaire de France 5 « Fourchette et sac à dos : destination Cameroun » diffusé en septembre 2010 : « le poivre blanc de Penja a un fond animal velouté. Ces notes sont lourdes, boisées, ambrées et musquées. Doux et raffiné, son parfum délicat, plus que toute autre épice, s’allie à une saveur chaleureuse. Il commence par flatter élégamment les narines, puis apporte une présence chaude, ronde, insistante. » Son piquant lui confère une typicité que l’on ne retrouve chez nul autre poivre blanc.

Influence de l’aire géographique sur la qualité spécifique du poivre de Penja
Les conditions géo-climatiques de la région de Penja sont à l’origine de sa typicité. Ses sols basaltiques couplés au climat chaud et humide pendant la période de croissance végétative permettent une pleine croissance du poivrier, qui, arrivé à maturité en décembre, donne au moment de la récolte les baies destinées au poivre blanc. L’élaboration de ce poivre nécessite la présence d’eau de surface pour le rouissage et le lavage des baies, mais également un temps sec pour le séchage réalisé durant trois jours au soleil.
Ce sont ces étapes de rouissage, déterminante pour la fermentation des baies, et de séchage au soleil, qui confèrent au poivre de Penja sa typicité et sa renommée.


Le miel d'Oku (Cameroun)
Sur les sommets du mont Oku, entre 2000 et 3000 m d’altitude, la pluie et la brume sont fréquentes. La forêt cède brutalement la place à des champs de maïs, haricot, patate douce : une agriculture paysanne dense et intensive.

Le miel d’Oku est d’abord remarquable par sa couleur, blanc à crème, alors que les miels africains sont rouges à sombres. Sa valeur médicinale est réputée, et il est produit depuis des générations. Au XIXème siècle, il a servi de moyen d’échange contre l’huile de palme. La production du miel d’Oku est une activité traditionnellement individuelle et masculine. Il est principalement produit par des coopératives et des associations. Des actions de formation sont mises en place depuis vingt ans, y compris vers les femmes.

Spécificités de la zone géographique
Le miel d’Oku est produit au Cameroun dans la forêt de Kilum Ijim. La forêt de Kilum Ijim est une forêt de montagne de 3011m d’altitude qui couvre une superficie de 20 000 ha et, qui offre une exceptionnelle biodiversité : une richesse floristique, oiseaux endémiques. Dans cette forêt, les abeilles ne vivent pas spontanément : les apiculteurs y transportent et installent les ruches, après qu’elles aient été colonisées dans la plaine. Les qualités du miel sont liées à la forêt et surtout à deux espèces végétales dont les fleurs sont butinées par les abeilles, à savoir le Schefflera abyssinica et le Nuxia congesta.

La technique de production comprend cinq étapes :
- La fabrication des ruches
- La capture des essaims
- La colonisation des ruches entre septembre et avril. Les nouvelles ruches, placées dans la plaine, sont disposées dans la forêt entre novembre et mars. Les vieilles ruches sont déjà présentes dans la forêt du Kilum-Ijim.
- La récolte du miel
- Le filtrage par une méthode naturelle Spécificités du miel d’Oku
Le miel d’Oku est de couleur blanche variant de l’extra blanc à blanc. Le goût peut être décrit comme sucré, légèrement acide, un peu comme du jus de raisin, senteur florale, légère et citrique. Le miel d’Oku a une texture douce, crémeuse et légèrement granuleuse.

Influence de l’aire géographique sur la qualité spécifique du miel d’Oku
Le miel d’Oku est étroitement lié à la forêt de Kilum-Ijim, zone protégée pour sa remarquable biodiversité, où il est récolté. Celle-ci abrite des végétaux typiques de forêts tropicales d’altitude et a fait l’objet d’un programme de conservation et de gestion communautaire.
Les caractéristiques organoleptiques des miels sont la conséquence directe des fleurs butinées. En choisissant la forêt de Kilum-Ijim comme zone d’origine des miels, on précise un complexe de plantes, et donc un type de miels.

 


Le café Ziama-Macenta (Guinée)
En Guinée forestière, aux confins du Liberia et de la Côte d’Ivoire, le Mont Ziama domine une campagne arborée.
Le Coffea canephora (désigné sous le terme commercial « Robusta ») est ici chez lui.


© Photo de Didier Chabrol, CIRAD

Selon de nombreux témoignages des anciens, « au temps des colons, les collecteurs passaient longtemps à Macenta pour augmenter la qualité de leur mélange ». Le café de Macenta a ainsi acquis une notoriété auprès des importateurs et des torréfacteurs durant cette période.
Encore aujourd’hui, selon les opérateurs de la filière en Guinée, le café dit « de Macenta » est utilisé pour relever la base des cafés de plus mauvaise qualité (en provenance d’autres régions du pays et de Côte d’Ivoire).

Spécificités de la zone géographique
Les zones d’influence du mont Ziama sont situées dans le sud-est de la Guinée, dans la Préfecture de Macenta et couvrent les sous-préfectures de Orémaï, Sengbédou, Sérédou, Fassankoni, Kouankan et Zébéla. Elles sont situées entre les 9° et 9°5’ de longitude Ouest et les 8° et 8°5’ de latitude Nord.
C’est une zone de forêt tropicale humide, d’une altitude moyenne de 570 m, caractérisée par l’alternance d’une saison sèche de trois mois et d’une saison pluvieuse de neuf mois. La température moyenne est de 25°C. Le café occupe une superficie moyenne de 160 000 ha desquels, 6 000 ha sont occupés par du matériel végétal amélioré dont, 2 000 ha dans la zone du mont Ziama. La superficie moyenne par producteur est d’1 ha.

La café Ziama Macenta est produit au flanc des montagnes, sous ombrage léger. Les caféiers sont plantés traditionnellement à une distance de 4m x 4m (625 pieds/hectare), alors que les plantations modernes peuvent être plantées avec une plus forte densité de 3m x 2m (1660 pieds/hectare).
La qualité du café dépend fortement des opérations de récolte et de post récolte. Les cerises doivent être récoltées de manière sélective à maturité (rouges) en 3 passages. Elles sont triées par trempage puis séchées au soleil avec des remuages réguliers (trois fois par jour). Le séchage se fait essentiellement au soleil sur claies pour une durée de 21 jours. Les cerises sèches sont décortiquées mécaniquement en évitant les brisures.

Spécificités du café Ziama Macenta
Le café Ziama Macenta est un robusta particulier plus proche de l’arabica par sa saveur acidulé et peu amer. Il se distingue par ses arômes persistants, à la fois forts et fins.
Influence de l’aire géographique sur la qualité spécifique du café Ziama Macenta
Le terroir de la Guinée Forestière en général, et la zone du mont Ziama en particulier, bénéficie d’un climat et de sols caractéristiques qui font du café récolté sur cette zone un Robusta supérieur. Des clones de Robusta introduits et cultivés dans cette région ont donné des qualités organoleptiques supérieures, semblables à celle d’un café Arabica.



Education : miser sur les partenariats entre les ONG et les secteurs public et privé

13/09/2012

À l’occasion des trente ans de l'ONG "Aide et Action", la conférence "Tous acteurs de l'éducation. Un partenariat multi-acteurs pour l'Éducation" a été l'occasion de découvrir, à travers des retours d'expériences de terrain, les bénéfices des partenariats associant société civile, secteurs public et privé. Les échanges ont également mis au jour des pistes d’amélioration pour une plus grande efficacité de ces partenariats. 

"Aide et Action" et l'AFD : le bilan d'une décennie de travail en commun avec pour objectif la scolarisation pour tous

Afin de mutualiser leurs moyens et d'offrir un accès accru et équitable à une éducation de base de qualité dans les régions les plus défavorisées, l'ONG Aide et Action et l'AFD ont signé en 2001 un accord de partenariat dans le contexte de la mise en place du programme "Éducation pour tous", convenu lors du forum de Dakar en 2000 et visant à atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015.

Dans une première phase, les deux partenaires ont soutenu conjointement plusieurs projets dans différentes régions du Sénégal, du Niger, de la Guinée et du Togo.
Aide et Action est principalement intervenu dans la mobilisation des collectivités et des parents d’élèves ainsi que dans l’accompagnement des services éducatifs locaux. Par la suite Aide et Action  et l’AFD ont inscrit leurs interventions dans le cadre des programmes nationaux d’éducation.

 

Classe d'école à Djourbel (Sénégal) / Crédit photo : AFD

 

Renforcer le dialogue entre bailleur de fonds et ONG

L’AFD est attachée au renforcement du dialogue avec la société civile. Son partenariat avec Aide et Action (A&A) permet de développer de fortes synergies en faveur de l’éducation. A&A possède une bonne connaissance des réalités du terrain, en particulier dans les zones où l'accès à la scolarisation reste difficile.

Pour illustrer cette collaboration, deux projets ont été présentés lors de la conférence :
Le premier projet, "Éducation pour tous au Togo" (EPTT), a été, comme l'indique sa dénomination, mis en oeuvre au Togo où l’AFD s’est occupée du volet institutionnel (renforcement des capacités des ministères au niveau national) tandis qu’A&A a pris en charge le volet social via la mobilisation des familles et le renforcement des capacités des acteurs locaux (encadrement des écoles).

Ce projet a permis une nette amélioration des taux de scolarisation de la région des Savanes, au Nord du Togo, région la plus pauvre et la moins scolarisée du pays.
Le second projet, d’appui à la décentralisation dans sept pays d’Afrique de l’Ouest où, là aussi, A&A a apporté son expertise aux acteurs locaux (élus, collectivités, communautés, responsables d’écoles) afin de permettre une meilleure mise en œuvre des politiques nationales au niveau local.

 

Promouvoir le partage des expertises entre le Sud et le Nord

A&A a également présenté au cours de la conférence deux nouvelles formes de partenariats :
D'une part, les partenariats entre les secteurs public et privé et les bénéfices associés dans le domaine de l’éducation, en termes de financement, d'expertise et d'innovation ; d'autre part, les partenariats Sud/Nord, illustrés par la collaboration entre A&A Afrique et la ville d’Argenteuil sur un projet d’accompagnement du parcours scolaire d’enfants en difficulté.

Ces différentes interventions ont mis en lumière les avantages de partenariats tissés entre la société civile, le secteur public et le secteur privé. Elles ont rappelé la nécessité de définir les rôles, les responsabilités et les attentes de chacun pour que le dialogue et la collaboration se déroulent dans les meilleures conditions. Au cours des débats a été également souligné le fait que des leçons peuvent être tirées d’initiatives développées au Sud par les acteurs du Nord, même dans des contextes très différents.

Forts de ses échanges et de ses collaborations, Dov Zerah, directeur général de l’AFD, et Claire Calosci, directrice d'Aide et Action, sont convenus d’approfondir le dialogue dans le domaine de la formation et de l’insertion des jeunes, problématiques sur lesquelles A&A travaille déjà en Inde.



 
   
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