La présence de l'AFD en Guinée

Le Groupe de l’AFD a repris ses activités en Guinée en 1979. L’activité et le suivi des opérations financées sont assurés à partir de l’agence de Conakry

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Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?

06/09/2012

Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.

 

  Crédit photo : 2iE, AFD

 

En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans

L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En Afrique , 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage. 
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.  

 

Éducation de base mais aussi formation professionnelle

Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à l'éducation de base mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur  l’insertion et l’emploi des jeunes . Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).

 

L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.

Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).

En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.

 

 

Le défi de la qualité de l'enseignement

 

Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.

(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)

 

 

 

 

La formation professionnelle devient enfin une priorité des politiques publiques

 

La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes. 

Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps. 

 

 

Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail 

 

Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique. 

L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir. 

 

 

Revaloriser la formation aux métiers 

 

Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

 

 

Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet

 

Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.

L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.

(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)

 


 

Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?

De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.

 

L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?

L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.

L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
 

Trop de projets isolés, pas assez de coordination

Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.

L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.    
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)



"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo

06/08/2012

Dans cette interview vidéo itinérante dans Paris, Guillaume Josse, urbaniste à l'AFD, nous livre, à partir de quelques objets urbains de notre quotidien, quelques clés de compréhension des enjeux des villes, du "Sud" comme du "Nord". Une manière de comprendre que villes du nord et du Sud ont des problématiques communes.

 

 

 

 

Penser avant tout les villes comme des réseaux

Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.

 

Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire

Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.

Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.

 

Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine

A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles. 

Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.

 

Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique

Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.

Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.

 

L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie

La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.

"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.

 

La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"

Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.

Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du Bénin d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
 



Sahel : comment éviter un nouvel Afghanistan ?

29/06/2012

Partition, islamisation, miliciarisation, contrebande... A bien des égards, les récents événements qui secouent le Mali et la région sahélienne, semblent faire écho à l'imbroglio afghan. Le scénario d'une "afghanisation" est-il une tendance vouée à se durcir ou une vue de l'esprit ? Des personnalités, dont Erik Orsenna et Jean Michel Severino, ancien directeur de l'AFD, ont apporté un éclairage sur cet enjeu central pour la stabilité et le développement de la région, lors d'une conférence organisée par la FERDI le 29 juin dernier.

 

Le Mali en point de mire 

 

Le sujet sahélien inquiète, à l’heure où, au Mali, les villes de Tombouctou, Gao et Kidal sont aux mains des groupes rebelles. Dans ce contexte, huit conférenciers présents ont croisé leurs points de vue et expertises pour proposer un panorama le plus vaste possible :

Patrick Guillaumont, président de la FERDI, Philippe Perdrix, rédacteur en chef adjoint de « Jeune Afrique », Serge Michailof, consultant pour la Banque Mondiale et d’autres institutions d’aide, l’écrivain et académicien Erik Orsenna, Tertius Zongo, ancien premier ministre du Burkina Faso, Jean-Marc Châtaigner, directeur général adjoint de la Mondialisation, du Développement et des Partenariats au ministère des Affaires étrangères et européennes, Jean-Michel Severino, ancien directeur général de l’AFD et Gilles Yabi, directeur du projet Afrique de l'Ouest au sein de l'International crisis group (ICG).

 

 L'islamisme, un « cheval de Troie » dans le mouvement indépendentiste touareg

 

Le cas malien a évidemment fait l’objet d'un traitement appronfondi, tant celui-ci s’impose, avec fracas, à nos consciences comme un condensé des maux réguliers dont souffre l’Afrique subsaharienne. 

Une spécificité qui ne doit pas faire perdre de vue que certains maux sont parfaitement exogènes et constituent une donnée nouvelle ; l'on pense principalement à l'arrivée massive d'islamistes d'obédience wahhabite éloignés, tant dans leur conception de l'Islam que dans sa pratique, de la tradition soufie locale, pour grossir les rangs des rebelles touaregs dans le nord du pays avant de les en évincer. Un islamisme qui s'apparente à un cheval de Troie au sein du mouvement indépendentiste touareg et, à plus forte raison, au sein d'un territoire duquel cette sensibilité intégriste n'a pas naturellement émergé.

 

 

Des politiques publiques inefficientes à repenser en amont

 

Plus structurellement, le problème malien peut, à juste titre, être considéré comme la conséquence indirecte d’une accumulation de politiques publiques fondées sur des choix erronés ou à courte vue, et parfois totalement déconnectées des réalités vécues par les populations.

Ces manquements créent les conditions de retournements qui minent les efforts de démocratisation et de développement, favorisent la montée de la colère sociale, la fixation d’une économie souterraine, un climat d’instabilité politique et, en l’occurrence, renforcent les velléités putschistes et sécessionnistes.

Le constat général est alarmant, mais le propos de la conférence s'est néanmoins défendu de tout afro-pessimisme. En effet, bien que le Mali - pays paisible aux acquis démocratiques indéniables - soit fondé à craindre, à terme, une déferlante des logiques tribales, ethnicistes, religieuses, et leur prévalence sur les principes démocratiques; il existe, selon les intervenants, de nombreuses options à même d'inverser le cours des événements. Des risques de balkanisation du Mali et d'internationalisation du conflit découle un certain nombre d'interrogations sur la nature des moyens à mobiliser pour résoudre la situation à très haut risque que connaît le pays, et à travers lui toute la région sahélienne. De quoi exhorter les responsables à réfléchir avec précaution sur le(s) type(s) d’intervention(s) que les Maliens, la CEDEAO et leurs partenaires français et européens doivent envisager sans que cela n'expose davantage les populations civiles.

Agir pour contenir les effets catastrophiques de la progression des miliciens islamistes et du climat d'anarchie, sans pour autant accroître les lignes de fracture qui se font déjà sentir au sein de la nation malienne ; telle est l'équation - et l'un des défis majeurs - qui attend les principaux Etats et les acteurs civils de cette région. 

 

 

 

Abandon du secteur rural : la mauvaise orientation de l'aide publique au développement sur le banc des accusés

Le Mali intéresse, en outre, les acteurs français de l’aide publique au développement  (APD) qui fait l'objet de controverses quant à sa capacité à répondre efficacement aux besoins de ses partenaires et bénéficiaires. Le Mali et le Sahel paient le désintérêt des grands donateurs et de l'Etat pour le développement rural. Le même décalage entre la réalité et les programmations stratégiques a été constaté en Afghanistan où seulement 5% de l’aide internationale a été placée dans ce secteur, dans un pays pourtant rural à 75% !

Quand le Mali éternue, le Sahel s'enrhume. De là naît la nécessité de penser les moyens d'un retour au statu quo ante, afin d'éviter un "pourrissement" et un effet de contagion qui entraîneraient les pays sahéliens dans un cycle de réveils et de divisions identitaires, accompagnés d'une radicalisation et d'une régression socio-culturelle qui, à leur tour, les feraient irrémédiablement sortir de leur trajectoire de croissance, amorcée au début des années 2000.

Le Sahel est une véritable poudrière. Une conflagration risquerait de compromettre durablement les progrès économiques (une croissance entre 4 et 5%) constatés, malgré des épisodes de sécheresse, dans les pays comme le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger.

Pour Erik Orsenna, "le Mali paie le prix de l’inaction" [politique et économique] de son gouvernement et des partenaires français et européens face à la somalisation rampante de la bande sahelo-saharienne. Aux difficultés économiques des populations s’est greffé ce que ce dernier a nommé "le service après-vente désastreux de l’ingérence en Libye [qui a favorisé le reflux massif de touaregs et autres mercenaires armés]". Une conjonction de facteurs internes et externes qui pose le Mali en "victime collatérale".

 

Combiner enfin sécurité et développement

 

"Sécurité" et "développement" ont été les deux principaux axes complémentaires abordés lors de cette conférence, avec en creux, la critique des décideurs qui envisagent l’articulation de l'un sans l’autre dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques intégrées. Un impératif de sécurité dont le volet préventif gagnerait à être renforcé, afin d'anticiper les actions subversives et le déclenchement de conflits. L'appui en question doit être à la fois financier, matériel et logistique.

Entre mauvais procès infâmants et critiques relativement justifiées portant sur la planification stratégique et opérationnelle, l’APD n’a d’autre choix que de se réinventer en permanence, de revoir ses priorités, sans, bien entendu, que ne soient surestimées son importance et ses répercussions réelles. Car, comme l’a rappelé Serge Michailof, « une aide bien gérée peut faciliter la mise en œuvre d’un accord politique [comme cela serait souhaitable dans le cas du Mali], mais ne peut en aucune manière se substituer à la volonté d’agir des gouvernements africains ».

Le fonctionnement de l'APD n’est, bien entendu, pas exempt de critiques, et tous les intervenants, Jean-Michel Severino en tête, ont regretté voire condamné avec virulence le fait que l’aide soit davantage présentée (et perçue) comme un enjeu d’affichage type "communication politique", avec chiffres gonflés à l'appui, qu’un enjeu d’efficacité et de résultats réalistes et concrets : "Oui, l'APD est inefficace quand elle est gérée idiotement, a tonné Jean Michel Severino, et ne doit plus se limiter à des promesses et à des habillages statistiques"

 

 

La faiblesse de l'État, autre facteur de désordre

Le Sahel a besoin d’une aide conséquente pour assurer durablement son développement. Il lui faudrait recevoir, selon les estimations des intervenants, de 1,5 à 2 milliards de dollars additionnels d’aide par an pendant 10 ans pour espérer approcher de cette objectif. La France quant à elle devrait dégager 300 millions d’euros  par an de subventions, soit 3% de son aide globale, à cette fin. Or, elle n’a consacré que 14 millions d’euros par an au Sahel au cours des trois dernières années (soit 1,4 millième de l'aide globale s'élevant à 10 milliards d'euros) [1].

Sans la présence d’États forts et responsables, dotés d'institutions solides, résolus à entreprendre des réformes profondes, toute aide financière et matérielle s'avère coûteuse et inefficace puisque mal absorbée. Tersus Zongo estime que la faiblesse structurelle de l’État constitue un problème fondamental en Afrique et  le fait le plus saillant dans la crise malienne. Une défaillance combinée à la négligence dont a souffert le secteur rural,  grand oublié des réformes nationales et de l’aide internationale.

La nature a horreur du vide. L’État, a ajouté Tersus Zongo, a laissé se développer en marge de son autorité des zones de contrebande (de drogue, de cigarette, d’alcool et d’armes) où les touaregs de l'Azawad et les islamistes font office de courroies de transmission : "Dans cette partie du territoire, il y a des individus immensément riches, bien plus que l’État lui-même et qui contrôlent plus de structures locales que celui-ci. C’est la volonté politique qui conditionne le succès des réformes de la décentralisation, c'est à l'État de savoir où l’argent de l’aide doit être placé et de veiller à conserver le monopole de ses fonctions régaliennes, dont la sécurité nationale. Par ailleurs, il nous faut cesser [Africains et Européens] de penser uniquement 'l'aide au développement', mais commencer à penser aussi 'l'aide à la sécurité" et agir dans ce sens."

 

Une stratégie d’action globale reposant sur trois piliers : économie, sécurité et renforcement de l'État 

Les responsables politiques et les acteur de l'APD doivent convenir des points suivants : primo, s'appliquer avec grande contention à la redynamisation des zones rurales laissées à l'abandon, et qui, à cause de la désertification et faute de perspectives économiques pour leurs populations, se transforment en zones de non-droit et en plaques tournantes de traffics en tous genres. Secundo, la priorisation des objectifs et missions par l’APD : autrement dit, dans le cas du Mali et de tous les « États fragiles », axer l'aide future sur les besoins élémentaires ( l'autosuffisance alimentaire et l'accès à l'eau potable pour tous). Tertio - et ce point concerne uniquement les gouvernants africains -, la préexistence d'une vision et d'une volonté de planification rigoureuse du développement, dont l'amorce passe par un dialogue inclusif avec toutes les communautés et collectivités.

Dans l’urgence malienne, les experts réunis ont considéré qu’il reste des canaux diplomatiques à explorer et des missions à mener, en appui aux efforts, unanimement salués, de la CEDEAO depuis le renversement du président Amadou Toumani Touré. L'idée d'une intervention militaire directe étrangère qui pourrait effectivement créer un "bourbier dans la région" n'emporte guère l'adhésion même si chacun pressent la confrontation inéluctable.

Gilles Yabi a souhaité mettre l'accent sur les risques de guerre civile à caractère ethnique et de "morcellement du pays" que comporterait une intervention militaire (interne et a fortiori extérieure), tout en soulignant que l'ensemble des Touaregs ne se reconnait pas dans l'action du MNLA et encore moins dans celle des jihadistes d'Ansar el dine et du Mujoa, et que cette communauté pourrait compter parmi les premières victimes d'une guerre interethnique. 

Par ailleurs, même en le voulant, le Mali est actuellement dépourvu d’un leadership et l’armée régulière n’a pas assez de ressorts à faire jouer pour mener seule un combat de longue haleine contre les rebelles sur un territoire aussi immense. L’incertitude pèse cruellement sur cette armée, psychologiquement et matériellement mal préparée. L'option de la négociation reste ouverte, mais à condition que les autorités maliennes légitimes se dotent d'une capacité de dissuasion leur assurant autorité et crédibilité. Un besoin impérieux auquel seule l'aide internationale peut pourvoir.
"Il faut accélérer le temps de la décision et de l'action, car chaque jour voit augmenter un peu plus le risque que les populations se solidarisent avec l’ennemi et que les modes de vie inspirés de la cha'aria s'installent progressivement dans les esprits", a prévenu Tersus Zongo.

 

 

Quel rôle pour la France ?

De toute évidence, le Mali semble éloigné des priorités de l’agenda international. L’État français, bien que suivant de très près son évolution et exprimant de très vives inquiétudes, ne souhaite pas engager ses forces sur ce nouveau terrain incertain, échaudé par l'expérience récente en Afghanistan. Au meilleur des cas, il serait possible d'envisager le déploiement d'une «task force » internationale combinant les axes « politique », « sécurité » et « développement » pour agir dans la durée sur les points de vulnérabilité susdécrits. Dans l’immédiat, l'urgence de la situation exige des moyens politique, diplomatique et logistico-militaire via l'apport d'une assistance et d'une formation accrues aux forces de sécurité maliennes (avec l'accord, il va sans dire, de l'État malien), mais dans le moyen terme, c’est une contribution active à un développement économique ciblé et au renforcement des États malien et sahéliens qui doit devenir l'une des priorités de l'aide internationale.

Le Mali est une crise au temps long qui fait également figure de "procès du bilan de 50 ans d’aide au développement" aux résultats contrastés. Une période durant laquelle les limites criantes de l'aide confiée aux organisations multilatérales et des arbitrages privilégiant une multitude d'autres engagements moins prioritaires ont été éprouvées. Avant un "grand plan Marshall" pour l’Afrique subsaharienne qui financerait, entre autres, les réformes agraires et la décentralisation , il faudrait convenir au préalable de programmes nationaux viables que l’aide étrangère appuierait ensuite par le biais de subventions.

Il est pour l’heure possible de tirer des enseignements préliminaires des éléments qui ont concouru à l'aggravation de la situation malienne, de l'inertie générale et du "laisser-faire" qui ont permis la montée en puissance des milices armées au détriment de l'État. Cette attitude attentiste persiste hélas, tandis que des violations et régressions sont recensées, jour après jour, tant sur le plan humanitaire (exactions contre les civils, pillages, destruction de points d'eau, crise alimentaire et déplacement massif de populations vers le sud du pays[2] ) que des libertés (l'application stricte de la cha'aria, la destruction des mausolées de Tombouctou et l'apparition de crimes d'honneur).

Une nécessaire convergence de vues entre les Africains devra être obtenue pour arriver à une décision commune, et lourde d'implications, qui engagera, en tout état de cause, l'avenir de toute la région.

 

[1] chiffres énoncés dans l'article de Serge Michailof " Le nord du Sahel a besoin d'un plan Marshall pour sortir de la violence " dans lequel celui-ci pointe du doigt notamment le caractère fictif des 10 milliards d'euros d'aide publique dont 4 milliards transitent par les organisations multilatérales, dont l'action est jugée inefficace par l'auteur.

[2] 270 000 personnes déplacées depuis le début de la crise en janvier (estimation du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires - OCHA)



 



L’accaparement des terres, une menace pour l’agriculture familiale africaine ? Le point de vue d’Ibrahima Coulibaly

28/05/2012

Dans cet entretien accordé à l'AFD en mai 2012, Ibrahima Coulibaly, président de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP-Mali) et vice-président du ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest), évoque la menace que représente l'acquisition des terres à grande échelle pour l'agriculture familiale africaine.

Quelles menaces l'acquisition rapide et à grande échelle fait-elle peser sur les exploitations d’Afrique de l’Ouest ?

La situation des exploitations familiales en Afrique de l’Ouest est rendue très difficile, du fait notamment des tensions que connaît actuellement le secteur foncier. Depuis la crise alimentaire de 2008, les petits, moyens et gros acquéreurs ont compris que la terre a désormais une grande valeur et que l’alimentation est en passe de devenir un enjeu majeur pour l'avenir. Il en a résulté une accélération desdites tensions, une course aux acquisitions foncières, phénomène communément appelé « accaparement des terres ». Quelle que soit la taille des acquéreurs, ce schéma se vérifie dans la plupart des pays de la région. Face à cette situation, les exploitations familiales sont hélas très mal préparées, ce qui entraîne un processus de marginalisation voire de sortie de l’agriculture pour beaucoup de ces petits exploitants agricoles, avec entre autres conséquences logiques, un phénomène d'exode rural.

Que peuvent faire les organisations paysannes pour remédier à ce problème ?

Les organisations paysannes agissent à plusieurs niveaux. Elles s'engagent à renforcer les capacités de leurs membres afin de les aider à défendre leurs terres, d'une part face aux acquéreurs qui tentent de les convaincre de les vendre, d'autre part face aux acteurs étatiques qui veulent s'accaparer ces terres dans l'intention de les céder ensuite à des investisseurs privés.

C'est dans ce contexte que les organisations paysannes mènent des actions de plaidoyer et de lobbying en vue de sensibiliser les autorités sur l’importance de la mise en oeuvre de politiques publiques qui reconnaîtraient pleinement le rôle et la place de l’agriculture familiale. Il s'agit, en effet, du premier secteur créateur d’emploi en Afrique, puisqu'il concerne environ 75% de la population.

Ces familles subsistent exclusivement des produits de leurs propres exploitations, sans bénéficier du soutien ou de subventions de l'Etat. Le discours général des gouvernements tend malheureusement à marginaliser ce type d’agriculture, qu'ils considèrent comme une forme "archaïque", incapable de s’insérer dans les marchés dits modernes au profit des plus gros exploitants, lesquels sont capables de fournir ces mêmes marchés avec des garanties sûres, notamment en termes de prévisibilité et de stabilité de la production. Ce choix revient à minorer voire ignorer l'importance de l'agriculture familiale et vivrière en tant que facteur important de stabilité sociale et économique dans les pays d'Afrique subsaharienne.

Quel rôle pourraient jouer les partenaires comme l’AFD pour renforcer les organisations paysannes dans cette mobilisation ?


Les partenaires au développement ont un rôle extrêmement important dans la mesure où ils participent activement au financement des politiques publiques dans nos pays depuis des décennies. Les bailleurs de fond, notamment, ont un rôle essentiel mais l'on ne peut plus continuer dans la logique de l’aide budgétaire directe aux gouvernements. Il faut orienter cette aide vers les organisations locales, ce qui sera en définitive beaucoup moins couteux et plus efficace.

Force est de constater aujourd'hui que les méthodes de financement actuelles ont rendu peu de services aux petits exploitants agricoles, et ont eu peu de prise sur les difficultés et obstacles rencontrés par ceux-ci au quotidien. Il est donc impératif d'inventer d'autres méthodes d'intervention ciblant prioritairement et directement les vrais problèmes et défis, notamment en termes d'accès aux équipements de base qui leur permettraient d'être opérationnels et de faire face aux aléas climatiques, d'accès à la formation et aux marchés locaux, de valorisation de leur production et de conservation de leur outil de production. Il n'y a guère de solution viable en dehors de celle-ci.

Si l'agriculture familiale est négligée et, à terme, détruite, ce sont plus des deux tiers des populations des pays d’Afrique qui se trouveront en grande difficulté pour accéder à l'autosuffisance alimentaire.



Trois conférences sur les perspectives de l'économie africaine

13/05/2012

Dans le cadre du cycle de conférences "Des idées pour le développement", l'AFD organise trois conférences sur les prespectives de l'économie africaine : le 29 mai, en collaboration avec le FMI, "Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain"; le 31 mai, avec les revues Politique africaine et Afrique contemporaine, " Macroéconomie et politique en Afrique" et le 6 juin "Enjeux et défis de la question foncière : regards croisés sur la situation foncière en Afrique"

 

Du 29 mai au 13 juin, l’AFD organise le cycle "Des idées pour le développement" : cinq conférences interdisciplinaires et abordant des thématiques variées. Ces rendez-vous constituent un cadre de réflexion sur les problématiques de développement, avec la participation de nombreux experts engagés dans ce domaine, de par leur métier et leurs convictions personnelles. Ils permettent d’offrir un nouveau lieu de débat et de rencontre entre chercheurs, étudiants, professionnels de divers horizons et grand public.

Voici les trois premières conférences, dont les réflexions sont axées autour de l'économie africaine : ses performances, ses opportunités, ses écueils et ses perspectives.  

 

1° conférence : "Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain"

Le 29 mai, en partenariat avec le FMI

Dans une conjoncture marquée par la reprise hésitante de l’activité dans le monde, l’environnement international des économies d’Afrique subsaharienne demeure incertain et pourrait menacer les bonnes performances de croissance observées sur ce continent depuis plusieurs années.

Autour de la présentation du rapport du FMI sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne et de l’étude de l’AFD sur les structures d’exportation en zone Franc, cette table ronde est l’occasion de s’interroger sur les défis que les pays de la région auront à affronter à brève échéance, notamment à travers deux questions portant sur la gestion de leurs ressources naturelles et sur leur intégration au commerce mondial.

Intervenants
Roger Nord
, Directeur-adjoint Département Afrique du FMI
François-Xavier Bellocq, responsable de la division Analyse macroéconomique et risque pays de l’AFD

Conférence le 29 mai 2011, à partir de 14h30 à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris 12°.
 

En savoir plus

 

2° conférence : "Macroéconomie et politique en Afrique"

Le 31 mai, en partenariat avec les revues Politique africaine et Afrique contemporaine

La macroéconomie est le plus souvent abordée comme un corpus théorique, celui des économistes et des techniciens de l’action publique. Mais ne peut-on également le comprendre comme expression du politique par excellence ? L’objet de cette réunion est de proposer une lecture autre de la macroéconomie, comme un lieu de luttes sociales, de conflits entre groupes, un matériau pour comprendre les logiques de l’État et les mécanismes de pouvoir. Analysées « par le bas», les techniques de la macroéconomie mettent en lumière l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux instruments, de nouvelles positions de pouvoir et de rapports de force, autrement dit de nouvelles façons d’appréhender la réalité des sociétés africaines :

Intervenants
Béatrice Hibou, CNRS, Sciences Po / CERI, FASOPO
Boris Samuel, SciencesPo CERI, FASOPO
Un débat sera ensuite ouvert avec la salle. 

Conférence le 31 mai 2011 de 10h00 à 12h30 à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris, 12°.
Conférence gratuite dans la limite des places disponibles, réservation obligatoire

En savoir plus et s'inscrire à la conférence

 

 

3° conférence : "Enjeux et défis de la question foncière : regards croisés sur la situation foncière en Afrique"

Le 6 juin

A l'occasion de cette conférence-débat organisée par l’AFD, le ministère des Affaires étrangères et européennes et le Comité technique « Foncier et développement » de la Coopération française, il sera question de croissance démographique galopante, raréfaction et dégradation des ressources naturelles, pressions commerciales croissantes sur les terres… Face à ces évolutions tendancielles fortes, comment s’affranchir de tous les risques qui pèsent sur les terres et ceux qui les valorisent pour faire du foncier un véritable levier du développement ? 

Conférence le 6 juin, de 14h à 17h, à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris, 12°.
Conférence gratuite dans la limite des places disponibles, réservation obligatoire

En savoir plus

 



Publication de l'étude "Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement"

03/05/2012

Menée par une équipe d’experts sous la direction d’Épargne Sans Frontière, au Maroc et en Tunisie, au Sénégal, ainsi qu’aux Comores, cette étude propose des solutions concrètes pour réduire les coûts de transferts d'argent des migrants et augmenter leur impact sur le développement.

Les propositions de l’étude portent en particulier sur l’amélioration de la bibancarisation (bancarisation des migrants dans leur pays de résidence et dans leur pays d’origine, dans le cadre d’une action coordonnée entre les banques des deux pays), la mise au point de produits financiers innovants, le soutien aux technologies de paiement dématérialisé et l’adaptation de cadres réglementaires et législatifs.
L'étude a été financée par la Banque africaine de développement et l'AFD.

Quels sont les enseignements de l'étude ?

Du fait de leur importance pour les populations destinataires, les flux d’argent des migrants tendent à rester stables et sont peu sensibles aux évolutions de la conjoncture.

Comment optimiser les transferts d'argent et leur impact sur le développement

  • Réduire les coûts d’envoi d’argent des migrants permettra d’accroître leur contribution au développement.
  • La compréhension du contexte local constitue la clé d’une diminution des coûts des transferts d’argent et des flux informels.
  • Les coûts des transferts d’argent au Maghreb et dans la Zone franc semblent se stabiliser à un niveau encore trop élevé.
  • Si le profil des acteurs se diversifie, il reste nécessaire de faire évoluer les offres pour gagner en compétitivité.
  • Une modernisation des cadres réglementaires, favorisant la diversification de l’offre de services et de produits financiers, contribuerait à renforcer la concurrence et à réduire les coûts des transferts d’argent.
  • Quatre types de services et produits financiers et technologiques sont à même de contribuer à la baisse des coûts des transferts d’argent.
  • Acteurs, services, outils, nouvelles technologies… : au final, cinq pistes sont à explorer pour étoffer et renforcer l’offre de produits bancaires et non bancaires, et favoriser la baisse des coûts des transferts d’argent et le codéveloppement.

 

►Interviews des auteurs de l'étude

 

La restitution de l'étude a fait l'objet d'une journée de conférences et de rencontres au ministère de l'Economie et des finances, à Paris, le 21 février dernier. Près de 200 acteurs concernés par la question des transferts d’argent des migrants étaient présents. Pour visionner cette journée, cliquer ici.



 
   
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