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Développement urbain
Au Mali, près de 50% de la population est privée d’accès à l’eau potable. L’AFD se positionne comme un bailleur de référence dans ce secteur. Ses engagements en faveur de ce secteur ont atteint 39,3 M€ (26 Mds FCFA) entre 2003 et 2009, principalement au profit du milieu rural et semi-urbain dans 4 régions du pays (Kayes, Koulikoro, Sikasso, et Mopti).
Depuis 2009, l’orientation retenue, dans le cadre de la logique de la Déclaration de Paris et du Code de Conduite Européen (concentration des actions sur trois secteurs), a amené l’AFD à focaliser ses intervention en milieu urbain, et principalement à Bamako, avec un volume d’engagements fin 2010 de 33,8 M€ (soit 22 Mds FCFA), en raison d’une part de l’absence de toute intervention de bailleurs de fonds significatifs sur Bamako, mais également en complémentarité de l’appui au développement du secteur privé-secteur productif à fort contenu en main d’œuvre et valeur ajoutée locale.
L’action de l’AFD porte à la fois sur des programmes de réalisation d’infrastructures et un appui institutionnel, en particulier à la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH). Ses interventions visent à pérenniser l’accès des populations au service public de l'eau potable, et à développer les services publics d'assainissement. Elle appuie le renforcement des capacités de gestion fiable et pérenne du service de l’eau, à travers un accompagnement du processus de décentralisation et encourage une gestion partagée de l’eau impliquant les collectivités locales, des opérateurs privés ou associatifs, l’Etat et les usagers afin de favoriser une meilleure appropriation des projets et un entretien pérenne des infrastructures. L’AFD est également très active sur le plan régional, notamment pour ce qui concerne la gestion de la ressource en eau du Bassin du Niger.
Projet d’Alimentation Urgente en Eau Potable de la ville de Bamako
Prêt très concessionnel contra cyclique de 12 M€ (2009)
Le projet vise l’amélioration de la desserte en eau de la commune 6 de Bamako sur la rive droite du Niger qui, avec une croissance démographique de 10 % par an, constitue la zone d’expansion principale de l’agglomération. Il permettra de desservir 20.000 habitants supplémentaires et d’améliorer le service de 150.000 habitants. Il permettra en parallèle de participer à la construction d’une vision technique cohérente de l’alimentation en eau de la capitale, et d’accompagner la réforme institutionnelle de l’hydraulique urbaine au Mali et de son acteur central, l’opérateur EDM. Il comporte :
- l’installation d’une station de traitement compacte d’une capacité de 12 000 m3/j ;
- la mise en place de 6 000 m3 de stockage, de 63 km de réseaux, de 2 500 branchements et de 180 bornes fontaines ;
- le développement de l’assainissement sur la nouvelle zone de desserte ;
- l’actualisation du schéma directeur AEP de Bamako et du projet structurant de Kabala.
Intervenants et mode opératoire : Le projet se déroulera sous la maîtrise d’ouvrage de l’Etat malien représenté par la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH). A l’instar d’un projet récemment réussi, la DNH mandatera EDM comme maître d’ouvrage délégué. A la réception des travaux, les infrastructures seront incorporées au patrimoine confié à EDM dans le cadre de l’actuel contrat de délégation. Cette disposition deviendra caduque lors de l’entrée en vigueur de la réforme institutionnelle. Le mandataire EDM sera conseillé par un maître d’œuvre extérieur. Un accompagnement de la maîtrise d’ouvrage (DNH) sera mis en œuvre, portant notamment sur le contrôle des marchés EDM et la réception des installations. Une action spécifique de raccordement des habitants nouvellement ou mieux desservis sera conduite en parallèle par EDM, assortie de subventions incitatives. Les entreprises seront recrutées par appel d’offres international, et les décaissements assurés par paiement direct à ces dernières.
Coût et financement : Le coût prévisionnel du projet est de 12,5 M €. Le financement en sera assuré par un prêt de 12 M € de l’AFD à l’Etat du Mali, et par une contribution nationale valorisée à 0,5 M €. Le prêt est de type PTCC, avec un taux de 1 % et une durée de 25 à 30 ans.
Assainissement de deux quartiers de Bamako
Prêt de 19 M€ et subventions de 2,8 M€ (2010)
En sus de ce programme essentiel en termes d’accès à l’eau potable, l’AFD a instruit un projet d’assainissement de deux quartiers de Bamako, pour un montant de 20 M€. Un programme plus modeste, en partenariat avec le Val de Marne (SADEV 94), a été accordé en 2010, pour un total de 2,7 M€ dont 1,5 M€ sont apportés par l’AFD. Un second programme, sur la ville de Kayes et en partenariat avec la ville d’Evry, a également été accepté pour un financement en subvention de 450.000 €. Enfin, un concours de 306.000 € au Samusocial International (2010) permettra dès 2011 d’accompagner les programmes de développement urbain par un volet social centré sur la lutte contre l’exclusion sociale des enfants et jeunes de la rue.
Ces programmes devraient être suivis par des interventions d’autres bailleurs de fonds dès 2011. Leur instruction a également permis à l’AFD de se positionner comme chef de file des PTF dans le secteur de l’aménagement urbain et d’engager un dialogue sur le développement urbain de Bamako avec le District et le gouvernorat de cette capitale.
Projet de construction d’une station de pompage et de traitement d’eau à Kabala
Ce projet a été identifié en 2002 dans le cadre du schéma directeur d’alimentation en eau potable de Bamako. Toutefois, le contexte institutionnel et financier des dix dernières années du secteur de l’hydraulique urbaine au Mali n’a pas permis son lancement. En 2008, le gouvernement du Mali a engagé un processus de réforme du secteur et exprimé la volonté de relancer rapidement le projet Kabala en vue d’améliorer la desserte en eau de la capitale. Dans ce cadre, l’AFD finance une action prioritaire consistant, sur la base d’un état des lieux des nombreux documents et études qui ont été élaborés depuis 1999, à finaliser les études d’actualisation ou de complément qu’il convient d’entreprendre. Ce travail a permis de nourrir les discussions des Tables Rondes des Bailleurs tenues en 2010 puis de mobiliser autour du programme Kabala des intentions de financement suffisantes pour concevoir en 2011 la formalisation du schéma de financement. Les principaux bailleurs sont la BAD, la BID, la BEI, la BOAD, la CE et l’Italie.
Projet d’assainissement de la ville de Kayes
Subvention de 0.45M€ (2009)
Objet : Développement pilote de l’assainissement dans les quartiers Kayes ’Ndi et Plateau de la ville de Kayes : dynamisation des associations de quartier porteuses du projet, puis mises en place d’infrastructures collectives et de dispositifs. Renforcement concomitant des capacités de planification des services municipaux et des compétences des opérateurs privés.
Le projet a pour finalité le développement pérenne de la salubrité urbaine au Mali. Au travers de ce projet pilote situé à Kayes, les objectifs suivants seront :
- desservir de façon pilote 1 850 personnes en assainissement et en voirie améliorée, avec des solutions techniques adaptées permettant leur appropriation sans ambiguïté par les habitants. Le projet concerne deux secteurs de la ville de Kayes, l’un situé dans le quartier dit Kayes N’Di, l’autre dans le quartier dit Plateau;
- renforcer ou faire émerger des modes locaux d’organisation garantissant l’implication des habitants, des responsables de quartier, et des services communaux dans la pérennisation du projet ;
- sur le plan institutionnel national : prouver la pertinence des solutions techniques et organisationnelles mises en place, et fournir une référence et un référentiel en vue d’une transposition à d’autres villes du Mali dont Bamako ;
- préciser et tester un nouveau mode d’intervention valorisant le potentiel de la coopération décentralisée et dans lequel une collectivité française s’engage sur le long terme comme assistant à maître d’ouvrage d’une collectivité du sud.
Le projet est cofinancé par la Communauté urbaine d’Evry et l’Agence de bassin Seine-Normandie. Une convention d’assistance à maîtrise d’ouvrage sera signée entre la CU de Kayes et la CA d’Evry.
Alimentation en eau potable et assainissement de centres semi urbains au sud du pays
Subventions de 9,9 M€ (2003) et 6,1 M€ (2006)
Objectif : améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement dans 13 centres semi-urbains du sud du pays.
Descriptif : réalisation d’infrastructures d’adductions en eau potable et d’assainissement. Soutien à une gestion partagée de l’eau, impliquant l’Etat, les collectivités locales, des opérateurs privés ou associatifs et les usagers. Renforcement des capacités des communes en matière financière et de gestion des installations.
Dans une seconde phase (2006) :
Objectif : réaliser les infrastructures d’adduction en eau potable et d’assainissement dans 10 centres semi-urbains au sud du Mali, qui constitue la seconde phase d’un projet en cours, financé par l’AFD.
Descriptif : il comprend:
- Un programme d'actions visant à instaurer, dans la perspective du transfert de compétence en matière d’eau potable aux collectivités, une gestion partagée de l'eau impliquant les collectivités locales, des opérateurs privés ou associatifs, l'Etat et les usagers ;
- la réalisation de 10 adductions d’eau et le développement de l'assainissement ;
- la consolidation du dispositif de régulation par un audit technique et financier des exploitations.
La zone d'intervention est localisée dans les cercles de Kadiolo, Koutiala et Sikasso dans les 3èmes et 4ème régions administratives du Mali à l'extrême sud du pays, et la commune de Ouéléssébougou située dans le cercle de Kati en 2ème région. La population totale des 10 centres du projet devrait atteindre 117 000 habitants en 2020 (sur la base d'un taux de croissance de 3,5%). Les centres équipés lors de la phase I sont situés dans les mêmes cercles et ont en commun de difficiles conditions d’accès à l’eau des familles, en particulier en saison sèche.
Alimentation en eau potable et assainissement dans la région de Mopti
subvention de 11,3 M€ (2007)
Objectif : augmenter les taux d'accès à l'eau et à l'assainissement des habitants de 18 communes correspondant à 6 cercles (Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro et Mopti) de la région de Mopti (Vème région) à l’est du Mali. A l’issue du projet (2012 ou 2013), la population totale estimée atteindra 400 000 personnes en milieu rural et semi-urbain, 25 000 personnes à Koro, 12 000 à Bankass et 10 000 à Sofara.
Descriptif : il comporte la réalisation d'équipements d'AEP répondant aux demandes des différents segments de population ; le développement et la promotion de l'assainissement ; des mesures d'accompagnement visant une gestion fiable et pérenne du service de l'eau.
Des réflexions sont en cours pour répondre aux souhaits de la Direction nationale de l’hydraulique de bénéficier d’un financement budgétaire sectoriel.
