Menu gauche
Contenu
Gérer la ressource en eau du fleuve Niger
Le fleuve Niger, troisième grand fleuve africain partagé par neuf pays (Bénin, Burkina, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigéria et Tchad), est plus que jamais concerné par la question de l’eau. Outre les enjeux environnementaux et économiques qui lui sont liés, le partage de cette ressource qui se raréfie est un facteur potentiel de conflits.
Baisse de la pluviométrie, techniques de production agricole et d’élevage inappropriées, rejets de déchets et pollutions diverses menacent l’équilibre écologique du fleuve Niger et l’approvisionnement en eau des 100 millions de personnes que compte le bassin. Avec une population qui devrait doubler d’ici 20 ans et des aménagements hydrauliques très inégalement répartis entre les territoires, on peut craindre un regain de tensions entre usagers et entre Etats.
L’Autorité du bassin du Niger (ABN), organisme intergouvernemental regroupant les neuf pays concernés, avait été conçue pour répondre à ces défis. Néanmoins, son manque de moyens financiers et institutionnels a fortement entravé son action.
L’Agence Française de Développement (AFD) a alors encouragé les Etats du bassin à relancer le processus engagé en donnant les moyens à l’ABN de répondre à son mandat initial. Les neuf pays ont entrepris de mettre en place, grâce à l’ABN, une stratégie commune de développement régional du bassin, appelée la «Vision partagée ». La « Déclaration de Paris », datant d’avril 2004, a affirmé la volonté des neuf Etats membres et des bailleurs de fonds de soutenir la Vision partagée. La coopération française, quant à elle, s’est engagée à apporter une aide financière importante à ce processus, via quatre outils financiers : l’AFD, le Fonds de solidarité prioritaire (FSP), le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), et une assistance technique directe au Secrétariat exécutif de l’ABN. L’aide totale se monte à 10 millions d’euros de subvention sur la période 2006-2011, conformément aux engagements du Président Jacques CHIRAC lors de la Conférence de Paris en 2004.
Objectifs
L’enjeu du programme est de permettre une plus grande intégration régionale, favorisant le développement économique, préservant l’environnement et prévenant les conflits entre les Etats du bassin.
Les objectifs spécifiques du financement apporté par l’AFD sont les suivants :
- créer les conditions permettant d’aboutir à une gestion concertée et efficace des ressources en eau du fleuve, notamment sur la question des grands aménagements hydrauliques ;
- renforcer l’influence de l’ABN dans le processus de décision des Etats riverains ;
- permettre à l’ABN de bénéficier des données hydrologiques, nécessaires à une négociation de qualité entre les Etats, et de participer aux études relatives aux investissements ;
- doter l’ABN de capacités institutionnelles et organisationnelles lui permettant d’exercer efficacement sa mission.
Descriptif du projet
Le projet comporte trois dimensions :
- une dimension scientifique et technique, comprenant la mise en place d’un dispositif de collecte et de traitement des données hydrologiques ainsi qu’un système d’observations. Celui-ci doit permettre de gérer et de prévoir les débits pour optimiser l’utilisation du fleuve. La modernisation des services hydrologiques nationaux, à travers notamment la mise en place de formations, permet d’assurer la pérennité des investissements réalisés. Un outil mathématique d’aide à la décision est mis en place, ainsi qu’un Observatoire de l’environnement, chargé de suivre l’évolution de l’environnement dans le bassin et de fournir aux acteurs et aux décideurs les informations nécessaires à la prise de décision. L’Observatoire dispose de l’appui du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) ;
- la mise à disposition d’un fonds d’études permettant à l’ABN de participer aux études des grands aménagements, notamment sur les aspects évaluation environnementale et sociale, et de faire avancer le dialogue entre les Etats pour harmoniser et coordonner les politiques nationales ;
- un appui institutionnel à l’ABN, notamment dans sa coordination avec les services hydrologiques nationaux, appuyé par le ministère des Affaires étrangères.
Le projet s’intègre dans le cadre du processus ‘Vision partagée’, ayant pour objectif de créer un environnement favorable à la coopération entre Etats membres. Ce processus, coordonné par la Banque Mondiale, doit aboutir à un programme de développement régional concerté du bassin.
Impacts
- Meilleure répartition des ressources entre secteurs économiques et entre pays ;
- Coopération entre les Etats permettant de prévenir les conflits ;
- Valorisation économique du fleuve (grands aménagements, périmètres irrigués) tout en préservant les ressources naturelles ;
- Développement économique et réduction de la pauvreté et des inégalités, notamment en termes d’accès à l’eau potable, à l’énergie ou au développement agricole.
Dates et montants
Démarrage : 2004
Financement à l’Autorité du Bassin du Niger (ABN)
1- subvention de l’AFD de 6,1 millions d’euros ;
2- subvention de l’ex Fonds de solidarité prioritaire, dorénavant géré par l’AFD, à hauteur de 0,9 million d’euros ;
3- subvention d’1,2 million d’euros du FFEM.

![English [English]](/jsp/jahia/engines/images/flags/en_off.gif)