Programme d’amélioration des systèmes d’exploitation en zone cotonnière (PASE)

Programme d’amélioration des systèmes d’exploitation en zone cotonnière (PASE)

Finalité

 



Contribuer à la mise en place d'une filière coton efficiente reposant à la fois, sur une organisation institutionnelle adoptée par tous les acteurs et des systèmes de production durables et performants.

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Objectifs spécifiques

 

 

 

Renforcer la capacité des acteurs maliens à définir, négocier et mettre en œuvre les évolutions institutionnelles de la filière. L’accent est particulièrement mis sur l’association des producteurs à ces réflexions ;
  • Développer la capacité des OP à assumer certaines fonctions de la filière, notamment en encourageant l’émergence de structures professionnelles bien gérées reposant sur des bases techniques et économiques solides ;
  • Améliorer les systèmes d’exploitation cotonniers pour les rendre plus performants et plus durables.
 
Les interventions de l’AFD en zone cotonnière
 

L’AfD a engagé depuis 1969 une politique de soutien actif au développement de la filière cotonnière et aux actions de développement rural qui lui sont directement ou indirectement liées. Elle a ainsi financé en totalité ou en partie 24 projets pour un montant total de 195,9 millions d'euros.

Les projets ont concerné l’extension et la modernisation de l’outil industriel de la CMDT (création de 5 unités d’égrenage de coton graine) et de HUICOMA (une unité de transformation de graines de coton), deux actions de développement rural intégré suivies d’actions portant sur la réalisation d’infrastructures rurales (pistes rurales et hydraulique villageoise de proximité), la gestion de terroir et le développement local et l’appui conseil en gestion rurale.

1. Appuis aux réformes institutionnelles
  • soutien à la MRSC à travers la mobilisation d’expertises complémentaires et à l’organisation d’échanges entre les responsables des filières africaines pour éclairer les choix sur l’organisation de la filière ;
  • appui à la participation des principaux acteurs, et surtout des producteurs, à la préparation et mise en œuvre des réformes
2. Actions pour le renforcement et la structuration des organisations de producteurs 
  • aide à la structuration du réseau de coopératives avec pour objectif la mise en place de nouvelles organisations fondées sur la fourniture de services techniques et/ou économiques à leurs membres ;
  • appui au groupement intersyndical pour aider les syndicats à mieux jouer ensemble leur rôle et à se repositionner par rapport aux nouvelles organisations technico-économiques qu'ils doivent aider à mettre en place ; 
  • mise en œuvre d’un plan cohérent pour renforcer et pérenniser la gestion des OP.
3. Amélioration des systèmes d’exploitation
  • mise en place d’un dispositif d’information conjoint aux acteurs de la filière et décentralisé grâce à la création de cadres de concertation ;
  • caractérisation des dynamiques agraires en zone cotonnières ;
  • mise au point de nouvelles propositions techniques avec les producteurs et leurs organisations, en particulier en matière de gestion de la fertilité et de semis sous couvert végétal ;
  • reprise de tests en matière de conseil agricole afin de préparer la promotion d’un conseil adapté à la diversité des besoins.
4. Création d’un fonds de réponse à la demande paysanne  

Financement de projets d’OP relatifs à des besoins d’appuis particuliers en matière de formation, RD et conseil agricole

Maîtrise d’ouvrage délégué
Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali (APCAM)
 
Maîtrise d’œuvre
Groupement de bureaux d’études privés GEDUR/BDPA qui a mis en place une unité d’appui au PASE. Cette unité d’appui est responsable de la programmation et du suivi de la bonne exécution des trois volets.
 
Partenariats avec les différents acteurs CMDT (Compagnie Malienne de Développement des Textiles), IER (Institut d’Economie Rurale), GSCVM (Groupement des Syndicats Vivriers et Cotonniers du Mali), Centres de Gestion Rurale, Chambres Régionales d’Agriculture.
 
La filière Coton au Mali

La filière cotonnière au Mali a connu un développement spectaculaire au cours des 30 dernières années. Le Mali, avec une production de coton-graine de l'ordre de 600.000 T, était le premier producteur de l'Afrique sub-saharienne et le 5ème exportateur mondial, jusqu'en 2003 (depuis le Burkina Faso a pris cette première place, mais la CMDT reste la plus grande entreprise d'égrenage de coton du monde). Le secteur coton concerne plus de 3 millions de personnes, soit un tiers de la population nationale, et il contribue à hauteur de 30 à 50 % aux recettes d'exportation selon les années et à environ 10% du PIB. Outre cet impact macro-économique important, le coton a également un fort effet d’entraînement sur la dynamique de modernisation des exploitations agricoles.

Cependant la filière se trouve aujourd’hui menacée, à la fois par des facteurs exogènes et endogènes :
  • les cours internationaux du coton sont structurellement orientés à la baisse ;
  • la gestion de la CMDT a accusé des carences ;
  • depuis 1990, les rendements plafonnent voire tendent à décliner.
Malgré les difficultés qu’elle traverse, la filière coton malienne continue à revêtir un intérêt stratégique de premier ordre pour le développement rural des zones cotonnières et pour la croissance du Mali, et des gisements d’amélioration de la productivité de la filière et des exploitations productrices sont d’ores et déjà identifiés.
 
La réforme du secteur coton

 

Depuis 2001, un processus de réforme est en cours. Centré sur la privatisation de la CMDT (prévue pour 2008), il vise à renforcer la productivité de la filière, donner au coton une place prépondérante en matière de lutte contre la pauvreté, d’amélioration des conditions de vie des populations, de contribution à la croissance et diminuer substantiellement le risque budgétaire que la filière entraîne sur le budget de l’Etat.

La réforme s’articule autour de quatre catégories de mesures qui seront prises préalablement à la privatisation de la CMDT :
  1. la structuration de la filière coton de telle sorte que celle-ci :
    • dispose de structures chargées de l’exécution des fonctions réglementées dont le transfert au secteur privé n’est pas souhaitable (classement du coton graine et du coton fibre, politique semencière,…),
    • garantisse un minimum de transparence en matière de commercialisation du coton fibre (quantités vendues et prix de vente) ;
  2. la mise en place de cadres organisationnel et réglementaire dans lesquels opéreront les acteurs de la filière, comprenant une mécanisme de fixation des prix aux producteurs et un fonds de soutien en cas de baisse des prix mondiaux en dessous d’un seuil pivot ;
  3. l’ouverture du capital de la CMDT aux producteurs ;
  4. l’achèvement du processus de structuration des organisations paysannes et la mise en œuvre d’un important programme d’information et de formation des producteurs.
Parallèlement, dans la suite de l’initiative de l’Union Européenne pour un partenariat Afrique-Union Européenne sur le coton, le Mali a élaboré un Cadre Stratégique de Développement du Secteur Coton, qui s’articule, de façon synthétique, autour des grands axes suivants :
  • Renforcer la compétitivité, de la productivité et de la durabilité du secteur ;
  • Améliorer la gestion concertée de la filière ;
  • Prémunir le secteur des effets néfastes des politiques de subvention, des fluctuations et de la volatilité des cours mondiaux.