L'AFD en Ouganda

Contexte et cadre d’intervention

Le bureau de l’AFD à Kampala dépend de l’agence régionale de Nairobi.
 
L’Ouganda est un pays enclavé d’Afrique de l’Est comptant 36 millions d’habitant pour un PIB d’environ 27 Mds USD en 2014. Le pays a connu une croissance soutenue sur la dernière décennie, d’environ 6% par an. Le revenu par habitant s'élève à 700 $ en 2014 (selon le dernier rapport de Standard & Poor’s ratings services après réévaluation du PIB- rebasage de 13 %). En 2013, le pays est classé 164ème au classement de l'IDH (sur 187). Le pays a perdu 4 places au cours des 5 dernières années et se place notamment derrière le Kenya (147ème) ou la Tanzanie (159ème). Dans un pays essentiellement rural (seulement 16% d’urbanisation), il est estimé qu’environ un quart de la population vit avec moins de 1,25$ ppa par jour (cette proportion a fortement baissé au cours des 20 dernières années ; ce chiffre était 64,5% en 1992). Le taux de croissance de la population est un des plus élevé du monde (environ de 3.3%), avec plus de 6  enfants par femme. 48% de la population a moins de 15 ans. Des progrès ont été réalisés en termes de baisse du taux de  mortalité infantile (45 pour 1000). Le taux de scolarisation du primaire s’est également beaucoup amélioré ces dernières années atteignant 91 % malgré un faible niveau de qualité tel qu’en témoigne le taux d’achèvement du cycle primaire (53%). L’espérance de vie est de 58 ans, contre 56 en moyenne pour l’ASS.

Suite à la suspension en novembre 2012 de l’aide budgétaire internationale, représentant près d’1,25% du PIB, consécutive au détournement de 15 MUSD d’aide destinée à la reconstruction du nord du pays, le Gouvernement a restitué l’ensemble des fonds et a commencé à réformer le management financier au sein des ministères et renforcer la lutte contre la corruption.
Les divers allègements de dette qu’a connus le pays depuis 1998 ainsi que sa bonne performance économique lui ont permis de ramener ses ratios d’endettement à des niveaux soutenables. L’AFD est autorisée à faire des prêts souverains depuis 2009, ses interventions se faisant auparavant exclusivement sous forme de dons ou de prêts directs à des entreprises publiques, sans garantie de l’Etat, ou privées.
 
La stratégie d'intervention de l'AFD en Ouganda s'inscrit dans une dynamique d'accroissement de ses volumes de financement afin de répondre aux besoins structurels de l'économie ougandaise dans des domaines pour lesquels elle bénéficie d'une forte valeur ajoutée, notamment :

  • les infrastructures (eau potable/assainissement et énergie)
  • la protection de l’environnement
  • le développement du secteur privé

 

Les activités du Groupe AFD en quelques chiffres

Le groupe AFD intervient en Ouganda depuis 1993 à travers sa filiale PROPARCO . L’installation de l’agence régionale de Nairobi en 1997 a permis à l’AFD de développer son portefeuille d’activité en Ouganda, où elle a ouvert un bureau en 2009. Depuis 1998, plus de 250 millions d'euros ont été engagés dans des projets d’investissements dans ce pays dont près de 100 millions d'euros ces trois dernières années. Les financements de Proparco (123 millions d'euros cumulés) concernent principalement le secteur de l’énergie (barrage de Bujagali), le secteur financier (lignes de crédit à des banques internationales et locales) et les entreprises (hôtellerie, téléphonie, agro-industrie). 

Les financements de l’AFD ont principalement été concentrés sur deux secteurs :
  • L’amélioration des systèmes d’approvisionnement en eau et assainissement. L’AFD a engagé 92.8M€ dans ce secteur. Après avoir financé deux prises d’eau dans le lac Victoria (à Jinja et Gaba), l’AFD a contribué en 2010 au financement du projet d’approvisionnement et d’accès à l’eau potable de la ville de Kampala. D’un coût total de 212 M€, le projet est financé par l’AFD (prêt souverain de 75 M€), la BEI (prêt de 75 M€) et la KfW (don de 20 M€), les trois bailleurs européens intervenant dans le cadre de la reconnaissance mutuelle des procédures (MRI). Du fait de sa dimension régionale, il bénéficie d’un don du Fonds UE/Afrique pour les infrastructures (14M€), ainsi que des synergies développées avec les projets similaires financés par l’AFD sur le pourtour du lac Victoria au Kenya (Kisumu) et en Tanzanie (Mwanza, Bukoba, Musoma).
  • L’appui au secteur de l’énergie : le Groupe AFD a contribué en 2007 au financement du barrage hydroélectrique au fil de l’eau de Bujagali et de sa centrale de 250 MW. D’un coût total de 906 MUSD, la participation du Groupe a consisté en un prêt de 60 MUSD de Proparco et un prêt concessionnel de 12,8 MUSD de l’AFD destiné à financer les mesures additionnelles d’atténuation des impacts environnementaux et sociaux de la construction du barrage. La centrale est entrée en fonction à l’été 2012. L’AFD contribue également au financement de la ligne de transport d’électricité Hoïma-Nkenda par un prêt de 18 M€ octroyé en 2012. D’un coût total de 85 MUSD, le projet est cofinancé par les Gouvernements norvégien (don de 54 MUSD) et ougandais. Les travaux devraient démarrer en 2015. Deux projets octroyés en 2014 sont en cours de négociation pour le financement de : 1) la centrale hydroélectrique Muzizi en MRI avec la KfW (45 M€) et ; 2) l’électrification rurale dans les deux zones d’Hoima-Nkenda et Masaka-Mbarara (51.2 M€ dont 8.3 M€ de subvention reçues du Fonds d’investissement pour les infrastructures de l’Union européenne- ITF). 
  • La promotion du secteur privé est également un secteur important de l’AFD: l’AFD a octroyé en 2010 une ligne de crédit de 7,7 M€ à Housing Finance Bank, à conditions de marchés, dans le cadre du refinancement à long terme de l’activité de financement du logement de la banque. En parallèle, une subvention de 30 000€ a été accordée au travers d’un Fonds de Renforcement des Capacités de Gestion (FRCG), pour la mise à jour et le développement de la politique interne anti-blanchiment et la responsabilité sociale de la Banque.
L'AFD est également intervenue dans le secteur de la santé via la gestion du second contrat de désendettement-développement (C2D) d’un montant de 8,1M€, affecté en totalité, sous forme d'aide budgétaire sectorielle, à la mise en œuvre des politiques nationales de santé.

 

Les enjeux à court et moyen terme

Les perspectives économiques à moyen terme du pays sont conditionnées notamment par :

  • Les mesures qui seront ou non prises par le gouvernement pour s'attaquer aux goulots d'étranglement qui limitent la croissance potentielle du pays, notamment la mauvaise qualité des infrastructures (transport et énergie), résultant d’années de sous-investissement.
  • La réalisation des investissements dans le secteur pétrolier, qui risquent être décalés dans le temps en raison de la baisse du cours du pétrole.
  • La manière dont le gouvernement gérera ces nouveaux revenus pétroliers lorsqu’ils seront là, ainsi que sa capacité à développer un modèle de croissance équilibrée et inclusive.
  • L’amélioration du climat des affaires et la lutte contre la corruption.
  • La nécessité de créer des emplois dans des secteurs à forte valeur ajoutée pour répondre à la forte croissance démographique et l’arrivée sur le marché de l’emploi de près de 400 000 jeunes par an, et aux exigences d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée.
Dans l’objectif d’aider le gouvernement à mieux répondre à ces nombreux défis (dont celui de la préservation de la riche biodiversité de l’Ouganda), les activités du Groupe devraient continuer de se développer dans les années à venir, avec un objectif d’engagement de 40M€ à 70M€ annuel, avec notamment:
  • Un projet de ligne de transmission électrique Masaka-Mbarara (2015) ;
  • Un projet de préservation de la biodiversité dans les Parcs Queen Elizabeth et du Lac Mburo (2015) ; 
  • Un projet d’amélioration des infrastructures d’irrigation (2016) ;
  • Un nouveau projet d’accès à l’eau et à l’assainissement dans les villes secondaires de l’Ouest (2016) ;
Le Cadre d’Intervention Stratégique pour l’ensemble des pays de l’Afrique de l’est (Burundi, Kenya, Ouganda, Tanzanie et Rwanda) élaboré par l’AFD, est en cours de validation. Il couvrira la période 2015-2016.
Mise à jour en avril 2015

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