Eau et assainissement

Contexte
L’accès à l’eau et à l’assainissement constitue un enjeu majeur en termes sanitaire, environnemental, mais aussi de réduction de la pauvreté ou encore d’égalité entre les sexes. L’amélioration de l’approvisionnement en eau des populations est une priorité du gouvernement du Niger. Elle est présente dans l’ensemble des documents politiques de référence tel que  le Programme de Développement Economique et Social (PDES) 2012-2015. Les investissements à réaliser dans le secteur sont détaillés et planifiés dans le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Assainissement (PN-AEPA 2011-2015) approuvé par le gouvernement en décembre 2011.
 

Philippe Guionie AFD CNE 6001
Philippe Guionie AFD CNE 6001

Ce programme prévoit sur la période 2011-2015, la réalisation de 14.000 équivalents points d’eau moderne (ePEM), la réhabilitation de 8.250 ePEM, la construction de 200.000 latrines familiales et 20.000 ouvrages d’évacuation des eaux grises à titre de démonstration, la construction des 5.000 latrines publics.
Après trois ans de mise en œuvre, le PN-AEPA 2011-2015 est en cours d’évaluation. Il fera ensuite l’objet d’une actualisation prenant en compte les nouvelles données disponibles en termes de taux d’accroissement démographique, de capacité de réalisation, de financements mobilisés, ainsi que de besoins identifiés de réhabilitation, de construction de points d’eau et d’ouvrages d’assainissement. 

Les principaux indicateurs retenus pour évaluer l’accès à l’eau potable des populations en milieu rural sont :

  • le taux de couverture géographique (TCg) qui est le rapport en % entre la population vivant dans les localités disposant d’au minimum 1 PEM et la population totale de la zone considérée (commune, département, région, pays). Au 31 décembre 2013, ce taux était de 76,29%
  • le taux d’accès théorique (TAt) qui est le rapport en % entre la population desservie et la population totale de la zone considérée (commune, département, région, et pays). Cet indicateur théorique prend en compte dans son calcul tous les ouvrages potentiellement exploitables (à l’exception des ouvrages abandonnés et des ouvrages secs). Au 31 décembre 2013, ce taux était de 49,83%
  • le taux de panne (TP) qui est le rapport entre le nombre d’ouvrages (Puits Cimenté -PC, Forage Equipé de Pompe à motricité humaine - FE-PMH, Poste d’eau autonome - PEA, Mini-réseau d’adduction d’eau Potable - mini- AEP, Station de Pompage Pastorale – SPP en panne et le nombre total d’ouvrages pour une zone considérée (commune, département, région et pays). Au 31 décembre 2013, ce taux était de 15,62%.

Pour l’hydraulique urbaine, l’indicateur retenu est le taux de desserte qui est déterminé  par le ratio de la population desservie sur la population résidant dans le périmètre urbain multiplié par 100. au 31 décembre 2013, ce taux est de 86,75%
Le secteur de l’eau était déjà un des 3 secteurs de concentration du précédent DCP et reste un sous-secteur de concentration de l’aide française dans le nouveau DCP 2013-2016 signé le 25 novembre 2013.
 
Depuis 2002, l’Agence Française de Développement a été un partenaire important dans l’accompagnement du sous secteur de l’hydraulique urbaine au Niger, par le biais du Projet de réhabilitation et d’extension des usines de traitement d’eau potable de Niamey (2002-2007, 7,5M€) et le Projet AEP 24 centres urbains et 5 quartiers périphériques de Niamey (CNE 6001, 2008-2014, 15 M€) qui est en cours et s’achève de façon satisfaisante, bien qu’il ait nécessité une prolongation de la date limite de versement des fonds pour rattraper les retards. Ces deux projets qui comportaient des composantes institutionnelles structurantes ont joué un rôle important dans l’augmentation du nombre de personnes ayant accès à l’eau potable, dans l’amélioration de la performance opérationnelle et dans la réforme du sous-secteur.

Les interventions de l’AFD sont donc anciennes et diverses et l’AFD a été chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de l’eau et de l’assainissement de 2011 à juin 2014.

Projets

Financement partiel des arriérés de consommation de l’Etat et des abonnés cautionnés à travers les aides budgétaires françaises (ABG)

  • ABG 2010 : 1,9 M€
  • ABG 2012 : 1,1 M€
  • ABG 2013 : 3,773 M€

Projet "Réhabilitation et extension des usines d'eau potable de Niamey" (2002/2007 – 7,5 M€)

Le projet a permis les réalisations suivantes, notamment sur la station de Goudel :
 

  •  la réhabilitation de la prise d'eau et une extension de la capacité de pompage à la station d'exhaure actuelle de Goudel,
  • l'aménagement du bassin de pré-décantation actuel de Goudel,
  •  la réalisation d'un second bassin de pré-décantation en béton armé, à proximité du bassin de pré-décantation actuel.

Mais également :

  • la réalisation de deux conduites pour transporter l'eau brute, d'une part sur 1 km depuis la station d'exhaure vers le nouveau bassin de prédécantation et, d'autre part, sur 3 km, de celui-ci vers Yantala,
  • la mise en place, dans chaque usine, d'un système de répartition des débits d'eau brute entre les différentes files de traitement.
  •  l’installation d’un système de télésurveillance et télédétection pour transmission des informations (telles que les niveaux d’eau dans les réservoirs de Niamey) et certains ordres, tels que les commandes des pompes de la station d’exhaure en fonction du niveau d’eau dans les bassins.
  • la réhabilitation de la station d'exhaure de Yantala I,
  • la réalisation avec le reliquat de la convention de financement de 700 branchements sociaux.

Projet Alimentation en Eau potable de 24 centres urbains secondaires et 5 quartiers de Niamey (2008/2014 – 15 M€)
Le projet a consisté à financer les investissements d’alimentation en eau potable les plus urgents dans les centres secondaires urbains du Niger et à Niamey et à les accompagner d’un programme de sensibilisation à l’assainissement et de construction de latrines. L’ensemble des travaux envisagés ont visé à renforcer les installations et améliorer la qualité de la desserte en eau.

Face au retard pris dans la construction d’une usine de production d’eau potable supplémentaire (Goudel 4) et en raison de la saturation des usines actuelles et des risques d’insuffisance de production dès l’année prochaine, l’AFD a répondu favorablement à la requête du Gouvernement nigérien d’utiliser le reliquat du projet pour financer partiellement la construction d’une station compacte permettant de produire 15 000 m3 supplémentaire dès le 1er semestre 2015.
 
 

 

Philippe Guionie AFD CNE 6001

Un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement dans la ville de Niamey

Du fait de la croissance démographique et du succès des programmes de branchements individuels, les volumes d’eau consommés à Niamey, capitale du Niger, ont progressé de façon plus importante que prévu et les capacités de production d’eau potable de la ville atteignent leurs limites. En outre, la ville de Niamey ne dispose pas d’un l’absence de schéma directeur d’assainissement actualisé, et manque d’opérateurs en charge de l’assainissement.

Un projet multi-acteurs et multi-financeurs
Pour améliorer cette situation, l’AFD, la Banque Européenne d’Investissement, ORIO (coopération néerlandaise) et FINEXPO (coopération belge) financent un projet d’hydraulique et d’assainissement de plus de 78 M€, dont 26 M€ pour l’AFD sous forme d’un prêt souverain concessionnel à l’Etat nigérien. La convention de financement de l’AFD a été signée avec le Ministère des Finances le 28 avril 2015, en présence de la Secrétaire d’Etat française au Développement et à la Francophonie, Madame Annick Girardin.
Ce projet au profit des populations de Niamey se décline en deux composantes : hydraulique urbaine et assainissement, dont les maitrises d’ouvrage sont assurées respectivement par la Société de Patrimoine des Eaux (SPEN) et le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement (MHA). D’autres acteurs seront également associés, notamment  la Mairie de Niamey, le Ministère de la Santé Publique et le Ministère de l’Urbanisme.

Contribuer au développement de l’hydraulique et de l’assainissement urbains
Les objectifs du projet sont, entre autres: 1) d’accroître les capacités de production et de distribution d’eau potable à Niamey pour répondre à la demande, 2) de doter les autorités d’un outil de planification des investissements en assainissement de Niamey, 3) et d’ améliorer l’assainissement et l’hygiène dans les principaux hôpitaux publics de Niamey.
Ce projet contribuera à l’amélioration de la desserte en eau potable par : 1) la construction d’une capacité de production supplémentaire de 15 000 m3/j à l’usine de production d’eau potable de Yantala, 2) la construction d’une filière de traitement supplémentaire de 40 000 m3/j à l’usine de production de Goudel, 3) la réalisation du réseau d’adduction et de nouveaux réservoirs de stockage, ainsi que l’extension et la densification du système de distribution d’eau potable, 4) et la réalisation de branchements individuels et de bornes fontaines. Un volet de renforcement des capacités et d’accompagnement de la SPEN est prévu pour la mise en œuvre de la composante d’hydraulique urbaine du projet.

Le projet contribuera par ailleurs à l’amélioration de l’assainissement par l’actualisation du schéma directeur d’assainissement des eaux usées et pluviales de la ville de Niamey, et la mise à niveau des ouvrages de traitement des eaux usées et des déchets solides dans les hôpitaux publics de la capitale.
Les résultats attendus seront aussi bien économiques, sociaux qu’environnementaux.
Il s’agit du premier financement de l’AFD en prêt souverain dans ce secteur et du premier cofinancement avec la Banque Européenne d’Investissement au Niger.


 

Usine de Yantala – Crédit photo : Sogea Satom
Mise à jour en octobre 2015

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