Signature de convention à Paris

L’AFD investit 60 millions d’euros au Niger pour l’insertion des jeunes et le programme Kandadji

13/02/2017

Depuis quelques années, l’AFD a augmenté significativement ses financements au Niger, notamment par des dons en lien avec la priorité géopolitique donnée au Sahel. L’AFD a ainsi multiplié par 6 ses efforts depuis 2009 et a investi en 2016 plus de 90 millions d'euros au Niger.

Pour les prochaines années, les engagements de l’AFD au Niger devraient encore progresser, notamment en poursuivant son appui au développement des infrastructures (dans le secteur des énergies renouvelables en particulier) ou en soutenant la politique sectorielle d’éducation.

À l’occasion de la visite du Premier ministre du Niger Brigi Rafini à Paris le 7 février 2017, Philippe Bauduin, directeur général adjoint de l’AFD, a signé deux accords pour des projets financés dans ces deux secteurs pour un montant de 60 millions d'euros.

 

Un projet innovant en faveur de l’insertion des jeunes dans une zone touchée par Boko Haram

L’AFD a signé une convention de financement de 10 millions d'euros pour un projet d’insertion sociale et professionnelle des jeunes dans la région de Diffa, fortement touchée par la crise liée à Boko Haram, qui sera mis en partie en œuvre par des ONG françaises et nigériennes (groupement Care - Aide et action - Plan International associé à 3 partenaires locaux : Nigetech, AREN et Karkara).

Le projet « Jeunesse Diffa » répond à un enjeu majeur pour la stabilité du Niger et s’inscrit dans l’Initiative Lac Tchad annoncée par le Président de la République française au sommet d’Abuja en mai 2016 et la déclinaison du Plan Sahel de l’AFD .

Il doit permettre d’apporter une réponse opérationnelle à la crise et à la lutte contre les vulnérabilité s qui touchent plus spécifiquement la région de Diffa, fortement fragilisée par les incursions de Boko Haram.


Un contexte marqué par une crise sécuritaire, économique et humanitaire

Dans un contexte marqué par une triple crise, sécuritaire (Boko Haram), économique et humanitaire, la jeunesse de Diffa (70 % de la population a moins de 25 ans) se retrouve exclue des dynamiques de développement économique et social et apparaît directement confrontée à la montée de la violence et aux tensions inter communautaires qui fragilisent la cohésion sociale de la région.

L’État nigérien souhaite retrouver un positionnement légitime au niveau local en garantissant l’accès à des services de base de qualité et en assurant la transition vers un développement économique et social normalisé.

Le projet Jeunesse Diffa s’inscrit donc dans une logique d’intervention à double temporalité permettant d’appuyer le relèvement / développement de la région.

 

Un projet à la fois innovant et flexible

« Ce projet est construit sur un mode opératoire adapté issu des réflexions de l’AFD sur les contextes de crise. Il est à la fois innovant, car il permet de mobiliser le savoir-faire d’opérateurs de terrain en optimisant l’appropriation par les acteurs publics et l’inscription des actions sur le long terme, et flexible, car il est basé sur un dispositif de co-construction entre autorités locales et ONG, et est accompagné  par un suivi évaluation renforcé permettant des adaptations de la logique d’intervention au fil de l’eau », a déclaré Philippe Bauduin.

 

Le Premier ministre du Niger Brigi Raffini, Hassoumi Massoudou, ministre des Finances,
Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur français et Philippe Bauduin,
lors de la signature de la convention le 7 février à Paris

 

Un soutien confirmé à un programme structurant pour le Niger : le programme Kandadji

L’AFD a également signé un protocole d’accord confirmant l’engagement de l’AFD à cofinancer (aux côtés de la Banque mondiale ) la centrale hydroélectrique de Kandadji pour 50 millions d'euros en prêt, dans le cadre du programme de régénération des écosystèmes et de mise en valeur de la vallée du fleuve Niger conçu autour du barrage du même nom.


Depuis les années 1970, le Niger a connu des sécheresses répétées et des débits très faibles dans le fleuve Niger, ce qui a fortement limité l'agriculture, aggravé la sécurité alimentaire et perturbé l'approvisionnement en eau potable.

Au cours de ces dernières années, l’alimentation en énergie électrique du pays a connu par ailleurs d’importantes perturbations, conséquences de la tension entre la forte augmentation de la demande en électricité que connaît le Niger (9 % par an depuis dix ans) et des capacités de production ou de transport qui arrivent à saturation.

 

La sécurisation énergétique, un facteur clé du développement

Le gouvernement nigérien, sous l’impulsion de son Président de la République, a fait de la sécurisation énergétique le facteur clé pour permettre le développement d’une économie compétitive et diversifiée.

Au sein de ce Plan, le Programme « Kandadji », cofinancé pour environ 1 milliard de dollars par de nombreux bailleurs et lancé depuis 2008, est considéré comme prioritaire et transformationnel pour le pays.

Ce Programme vise l’atteinte des résultats suivants :

  • la construction d’un barrage multi-usages, situé sur le fleuve Niger ;
  • la construction d’une centrale hydro-électrique de 130 MW ;
  • la construction d’une ligne haute tension d’évacuation de 132 KV ;
  • et l’aménagement de terres agricoles pour l’irrigation.

Face à la dégradation continue des ressources du bassin du fleuve Niger au Niger, le programme doit permettre également la préservation et la régénération des écosystèmes du bassin par la régulation du débit du fleuve.

 

L’AFD contribue à la réalisation du programme pour un montant final de 89 millions d'euros à travers 3 volets :

  1. des plans de développement locaux, à hauteur de 14 millions d'euros (subvention accordée en 2014) ;
  2. des périmètres irrigués pour 25 millions d'euros (prêt prévu en 2018) ;
  3. la centrale hydroélectrique pour 50 millions d'euros (prêt), en cofinancement avec la Banque mondiale (155 millions d'euros). L’objectif du projet de centrale hydro-électrique est de contribuer à l’augmentation et à la sécurisation des capacités de production électrique du pays. L’électricité produite, estimée à 630 GWh par an, sera évacuée vers Niamey et pourra également, en cas de surplus en saison des pluies, être exportée vers des pays voisins.

« L’AFD est engagée aux côtés des autorités nigériennes pour assurer le succès de ce projet structurant pour le Niger », s’est félicité Philippe Bauduin.

 

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