L'AFD en République Centrafricaine

Depuis plus de soixante ans, l’Agence française de Développement, qui s’est longtemps appelée Caisse Centrale de Coopération Economique, contribue au développement économique et social de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et de l’Océan Indien. Aujourd’hui établissement public et institution financière spécialisée, l’AFD est, au sein du dispositif français de coopération, l’opérateur pivot de l’aide publique au développement.
La représentation de Bangui est sous la responsabilité de Jocelyn Leveneur depuis janvier 2005.
Le portefeuille de subventions en cours de décaissement, est composé de 13 concours présentant un « reste à verser » de 28  Meuros (18,4 milliards FCFA).
 

  • L'AFD et la République Centrafricaine

    L’AFD a fermé son agence de Bangui en juin 2002 et transféré le suivi des dossiers de la RCA à sa représentation régionale de Yaoundé. Toutefois, ce transfert ne s'est pas accompagné d'un désengagement du Groupe AFD dans le pays. Il a, en effet, été décidé de concentrer le Portefeuille des projets sur quelques opérations dont l'exécution restait possible et qui faisaient sens en situation de quasi-conflit. Ont donc été maintenues les interventions contribuant directement à la préservation des conditions de vie des populations et celles qui participaient à soutenir un minimum d'activité économique.  

    Après cet assainissement du portefeuille et deux années sans nouvel engagement en 2001 et 2002 (en dehors d’un fonds d’études), l’AFD a globalement renforcé sa coopération depuis 2003 (octroi de près de 15M€ nets entre début 1998 et mi 2003 et de plus de 12M€ entre mi 2003 et mi 2005, hors SAS et FFEM) et le portefeuille actif comprend aujourd’hui sept projets et deux fonds d’études représentant un montant global d’engagements de 26 M€ dont 70% reste disponible au 31 mai 2005. De plus, l’AFD a ré-ouvert une représentation permanente à Bangui en janvier 2005 et elle s’implique dans la relance des activités de coopération en RCA, notamment avec la CE.

  • Le Contexte

    Une amélioration notable de la situation économique et financière dans un contexte politique et social  apaisé

    Le bon déroulement des élections présidentielles et législatives, en mai 2005, a marqué la réussite de la transition démocratique en RCA, suite au coup d’Etat de mars 2003. L’investiture du Président Bozizé a été l’occasion du premier déplacement en Afrique du nouveau Ministre français délégué à la coopération et le Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine (UA), « très satisfait de la manière dont l'élection a été conduite », a réintégré la RCA dans l’organisation panafricaine le 24 juin 2005. Ce retour à la paix s’est globalement confirmé pendant la première année du mandat de François Bozizé avec le maintien du calme politique et d’une relative sécurité dans le pays, ainsi que l’apaisement du climat social. Néanmoins, le problème du banditisme subsiste et la présence des « zaraguinas », les coupeurs de route, dans certaines régions rurales pose toujours des difficultés, en particulier dans le corridor économique qui relie la capitale au Cameroun.

    Dès son entrée en fonction, le gouvernement a pris des mesures clés pour l’assainissement des affaires économiques et publiques (état des lieux des différents secteurs, remise à plat des permis d’exploitation forestiers et d’extraction de diamants, concrétisation de la privatisation de la SOCATRAF, entre autres), et les autorités ont fait preuve d’une motivation et d’une réactivité louables dans leurs relations avec les quelques bailleurs de fonds restés actifs.

    Conclusions de la Mission 2006 du FMI en RCA

    Une mission du Fonds monétaire international, qui s’est rendu en RCA du 29 avril au 6 mai 2006, a confirmé les progrès réalisés par le Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes économiques et financières, durant l’année 2005. Ces progrès se sont traduits par une amélioration de la situation économique centrafricaine. La croissance du PIB pour l’année 2005 a atteint 2,2%. Au niveau des finances publiques, les recettes fiscales du premier trimestre 2006 ont dépassé les objectifs du programme post-crise de 17%, tandis que les recettes douanières ont été sensiblement inférieures aux prévisions en raison d’un démarrage plus lent que prévu du nouveau système de dédouanement au guichet unique de Douala.

    La maîtrise de la masse salariale demeure une préoccupation centrale du FMI qui a fixé l’objectif de réduction des salaires de 1% du PIB en 2006. Le fonds a insisté sur l’amélioration de la gestion de la masse salariale, notamment par le « nettoyage » du fichier de gestion des soldes. Il a également souligné l’importance des travaux que la Banque mondiale doit effectuer avec les autorités pour la préparation d’un plan de réforme de la gestion de la solde et des agents de la fonction publique.

    Malgré un contexte général d’amélioration de la situation économique et financière du pays, la mission du FMI a aussi rappelé sa vigilance sur les questions de gouvernance et marqué ses inquiétudes face au manque de transparence dans trois secteurs :

    • l’exploitation et le suivi du guichet unique
    • l’attribution des permis d’exploitation forestière
    • les questions relatives au secteur minier, notamment sur l’évaluation des plafonds d’exportations pour les bureaux d’achat de diamants
       

    A ce jour, les enjeux du pays reposent essentiellement sur :

    • la reprise d’une coopération active avec l’ensemble de la communauté des bailleurs de fonds, à commencer par la normalisation des relations avec les Institutions de Bretton Woods et la Banque africaine de développement
    • l’amélioration de la transparence dans la gestion des finances et des affaires publiques
    • le rétablissement de la situation financière du pays (arriérés de salaires, recouvrement fiscal),
    • la remise sur pied d’un système bancaire digne de ce nom,
    • et la sécurisation des services publics les plus essentiels (production énergétique).
  • Le Document Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (DSRP)

    Une stratégie nationale en cours de formalisation

    Un DSRP intérimaire a été validé en décembre 2001 par les institutions de Bretton Woods. Le point de décision de l’initiative PPTE n’a pas pour autant été prononcé et la RCA n’est donc pas éligible au processus d’annulation annoncé en juin 2005 par le G8. Le DSRP définitif est en cours de finalisation avec l’appui du PNUD et de la Banque Mondiale. De plus, afin d’accélérer leur processus de réengagement, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement appuient les autorités pour l’élaboration d’une matrice de coordination des interventions des bailleurs de fonds, sur le modèle de celles qui avaient été élaborées lors du processus de transition au Libéria ou encore en Haïti. 

    Télécharger le DSRP Intérimaire de la République Centrafricaine (in English only)

    En matière macro-économique, financière et de réforme structurelle, le Gouvernement entend poursuivre les objectifs suivants :

    • promouvoir une administration publique moderne basée sur la bonne gouvernance, la décentralisation, la stabilité politique et la démocratie,
    • assurer une croissance économique d’au moins 5% par an, créatrice d’emplois nouveaux, en maintenant le taux d’inflation annuelle à environ 2% et en augmentant le taux d’investissement au moins à 17% du PIB,
    • promouvoir l’intégration de l’économie centrafricaine dans la zone CEMAC, notamment par le respect des critères de convergence économique,
    • améliorer les performances des régies des finances publiques et maîtriser les dépenses de l’Etat,
    • réduire les déséquilibres et le niveau d’endettement extérieurs à un niveau compatible avec ces objectifs macro-économiques.

    S’agissant du bien-être socio-économique de la population, les objectifs sont de :

    • réduire l’intensité de la pauvreté monétaire,
    • accroître l’espérance de vie à la naissance,
    • réduire la mortalité maternelle, (iv) réduire la mortalité infantile,
    • augmenter le taux net de scolarisation primaire, notamment celui des filles,
    • augmenter la couverture en eau potable en milieu rural et urbain,
    • réduire la prévalence du VIH-SIDA d'ici 2015 par rapport au niveau actuel.
Mise à jour en janvier 2011