L'AFD accompagne les acteurs centrafricains dans leurs efforts pour lutter contre la pauvreté et les inégalités, promouvoir un développement inclusif, et favoriser une gestion durable des ressources naturelles. 

Dans le contexte de crise/post-crise dans lequel se trouve la RCA, l’AFD s’est engagée dans un processus d’adaptation de ses interventions, avec l'objectif d’apporter une réponse aux besoins urgents des populations, tout en développant des interventions structurantes permettant de créer les conditions de la reconstruction et de la relance économique. Photo © J. Boglietto

À la une

La France soutient l’innovation en Afrique - Forum 100 Innovations pour un développement durable

05/12/2013

Le ministère des Affaires étrangères (MAE), sous l’impulsion de Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, a organisé le 5 décembre 2013, de 8 h 30 à 12 h 30, le Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable, en partenariat avec l’AFD. En marge du Sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, ce forum met en lumière des innovations, inscrites dans le développement durable, portées par des innovatrices et des innovateurs africains. Ces innovations ont déjà été mises en place localement pour améliorer la vie quotidienne. Elles concernent en particulier le recyclage de matières premières, la valorisation des déchets, les techniques de construction d’habitat, l’éducation et la santé.

Pour Pascal Canfin, « l’objectif de ce Forum est de mettre en lumière les réalisations de celles et ceux qui en Afrique mettent l’innovation en action. L’ensemble de ces innovations proposent des solutions à des besoins concrets de la vie quotidienne. Elles contribuent à la fois à la lutte contre la pauvreté et à la préservation de la planète. Ce forum sera l’occasion pour les innovateurs de rencontrer de nouveaux partenaires pour aider la diffusion de leurs initiatives ».

Lancé en septembre 2013, l’appel à projets 100 innovations pour un développement durable a permis, en un mois, la réception de plus de 800 dossiers de candidature.

Ces 800 dossiers ont été examinés par 45 spécialistes du développement de l’AFD, puis par un comité de sélection composé de trois grands témoins, actrice et acteurs du développement : Winny Byanyima, directrice générale d’OXFAM International, Malamine Koné, PDG d’Airness, Jean-Michel Severino, gérant d’Investisseurs et Partenaires Conseil, ancien directeur général de l’AFD.

Ce travail a permis une sélection de 100 dossiers qui feront l’objet d’une reconnaissance officielle par le ministère des Affaires étrangères, permettant d’augmenter la visibilité globale de l’innovation et facilitant leur diffusion et la recherche de financements publics ou privés. 21 innovations seront présentées par leurs porteurs à Paris le 5 décembre, devant des représentants institutionnels, des bailleurs publics ou privés, des chercheurs et représentants d’ONG.

 









En Centrafrique, malgré la crise, des projets se poursuivent

25/10/2013

La situation politique actuelle, les conditions déplorables d’équipement et de fonctionnement des administrations publiques (pillages des locaux et arrêt de la majorité des projets des bailleurs de fonds) n’ont pas empêché l’AFD de continuer à mener deux projets d’ampleur.

Une aide internationale rapide va s’imposer
La situation politique actuelle et à venir (prochaines élections présidentielles prévues au mieux fin 2014), les conditions déplorables d’équipement et de fonctionnement des administrations publiques (pillages des locaux et arrêt de la majorité des projets des bailleurs de fonds) et l’état alarmant des finances publiques sont autant de signaux négatifs de nature à conforter l’hypothèse d’une situation de crise durable en République Centrafricaine.
Une aide internationale structurée de court et moyen termes devra nécessairement être organisée rapidement pour venir en aide aux populations centrafricaines.

Arrêt de la plupart des projets des bailleurs de fonds

En effet, depuis le début de l’année 2013, la majorité des projets se sont arrêtés du fait de l’insécurité chronique, notamment à l’intérieur du pays.  Seuls quelques projets d’urgence menés par les organisations onusiennes et par des ONG ont pu se poursuivre. Du fait des conditions de sécurité et du pillage de leurs bureaux, la majorité des  bailleurs de fonds ont gelé leurs programmes et suspendu leurs décaissements.

Les deux projets maintenus
Dans cet environnement difficile, deux projets financés par l’AFD ont continué leurs actions cette année : la réhabilitation des centrales hydro-électriques de Boali avec la Société d’électricité Enerca et le projet de drainage de la ville de Bangui.  

Evacuer les eaux pluviales pour éviter les inondations en saison des pluies

Le projet de drainage de la ville figure parmi les rares projets restés actifs en 2013 même dans la capitale Bangui.
Au total, c’est plus de 5 km de canaux de drainage qui vont être construits ou réhabilités pour améliorer l’évacuation des eaux pluviales, à l’origine de nombreuses inondations en saison des pluies, sur les axes principaux du centre-ville. Ces ouvrages de drainage contribueront ainsi à l’assainissement global de la zone et supprimeront les débordements et les inondations qui affectent les populations et les activités commerciales des quartiers concernés.

Des services essentiels mais aussi des emplois
Au moment où la plupart des entreprises locales mettent en chômage technique leur personnel, sous l’effet des conséquences de la crise, ce projet est également une des rares sources d’emploi : ainsi c’est entre 250 et 500 ouvriers qui travaillent chaque jour dans la ville à la construction de ces canaux.

Démarrés en novembre 2012, et très visibles car concernant les principaux axes du centre-ville, les travaux devraient être terminés entre avril et août 2014.

Informer et sensibiliser la population
Afin de favoriser la mise en œuvre du projet et la prise en compte des inquiétudes et demandes des riverains, une ONG mène une campagne d’information et de sensibilisation auprès de la population des quartiers concernés : recrutement de la main d’œuvre locale, gestion des nuisances des travaux, meilleures pratiques en matière d’hygiène (notamment pour ne pas jeter ses déchets dans les caniveaux).
Des mesures d’atténuation des impacts durant la durée des travaux, définies avec les populations ont été mises en œuvre (passage sécurisé temporaire, protection des canaux pour les enfants, mise en place de déviations sécurisées, ….).  
Le bureau AFD à Bangui, qui dépend de notre Agence de Yaoundé, est resté ouvert.  Des missions depuis Yaoundé sont assurées régulièrement et permettent d’apporter un appui au Bureau et à son personnel et de maintenir, par ailleurs, un dialogue avec les partenaires centrafricains et internationaux.
Plusieurs initiatives sont à l’étude afin de permettre d’une part la relance dès que possible de plusieurs projets suspendus depuis le 24 mars 2013 (date du coup d’Etat) et le lancement possible de différents outils qui permettront d’apporter un soutien aux populations centrafricaines, à Bangui comme à l’intérieur du pays.



De nouveaux financements pour le secteur agricole et agro-alimentaire africain

16/10/2013

Le fonds africain pour l’agriculture, premier fonds d’investissement essentiellement consacré à la production alimentaire pour l’Afrique sub-saharienne, vient d’achever sa seconde levée de fonds à hauteur de 243 millions de dollars. Le fonds, à la création duquel l'AFD a beaucoup contribué et dans lequel elle est très investie, va ainsi pouvoir ainsi financer de nouveaux projets, toujours avec des procédures environnementales et sociales exigeantes.

Des capitaux pour l’agriculture

Le fonds africain pour l'agriculture (African Agriculture Fund, AAF) est destiné au renforcement des capitaux propres des entreprises agricoles. Les investissements prioritaires doivent porter sur la production alimentaire, principalement à destination des consommations locales, la distribution des produits alimentaires et les services liés sur l’ensemble du continent africain.

Avec des investissements compris entre 5 et 20 millions de dollars, le fonds opère ainsi sur l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire :
 - L’agriculture primaire est comprise comme le spectre complet des activités agricoles incluant les cultures vivrières (produits amylacés, protéagineux, oléagineux, fruits, légumes, sucre), l’élevage (œuf, lait, viandes) et l’aquaculture;
- L’agriculture secondaire inclut les minoteries (blé et maïs), les huileries, les sucreries, les provenderies, les boissons, la transformation agro-alimentaire et les emballages;
 - L’agriculture tertiaire inclut les infrastructures, la logistique, le stockage, les semences, la sous-traitance, la protection des cultures, et les engrais.

Une structure actionnariale innovante

L’AAF présente une structure capitalistique unique avec différentes catégories d’actions, permettant d’associer, au sein d’un même fonds, des institutions de développement qui acceptent une rentabilité différée, et des investisseurs privés attirés par des perspectives de rentabilité plus favorables compte tenu des risques associés au secteur. Les bailleurs de fonds tel que l'AFD jouent ainsi pleinement leur rôle en assurant un effet de levier pour attirer des ressources privées et maximiser les montants investis sur des projets agricoles et agro-alimentaires en Afrique.

Une gouvernance socialement responsable

Le fonds a des procédures environnementales et sociales contraignantes et mises en œuvre par le gestionnaire avec l’aide notamment d’un consultant indépendant ; une procédure relative à la lutte contre la corruption et le blanchiment ; une politique en matière de gestion des terres ; et enfin, un guide de bonnes pratiques sur les questions fiscales.

 
Quelques exemples de projets

Le fonds poursuit un rythme d’investissement satisfaisant avec quatre transactions finalisées à ce jour : un investissement en août 2011 aux côtés de  Finnfund pour la reconstruction d’une usine de production d’huile de palme en Sierra Leone (Goldtree) ; un investissement en avril 2012 en Zambie pour le développement d’une entreprise de production d’œufs (Golden Lay) ; un investissement en décembre 2012 en RDC pour une entreprise cherchant notamment à réhabiliter une plantation de palmiers à huile (Feronia), et enfin un investissement en février 2013 en Côte d’Ivoire pour le développement et la diversification d’une entreprise d’eau minérale (CBC).

AAF a également réalisé trois investissements via sa filiale AAF PME : une ferme mixte au Cameroun, une entreprise zimbabwéenne spécialisée dans plusieurs cultures végétales, notamment les citrons, et une entreprise malgache productrice d’engrais biologique.

L'équipe

Le fonds est géré par Phatisa Fund Managers composé d’une équipe anglophone et francophone experte du capital investissement et du secteur agricole et agroalimentaire. Phatisa dispose de plateformes à Johannesburg, Nairobi, Lusaka, Maurice et Accra et les premiers investissements réalisés témoignent de sa capacité à intervenir sur l’ensemble du continent.

Les deux outils complémentaires du fonds

Le fonds AAF PME
Par une dotation initiale de 30 millions de dollars, l’AAF a créé une filiale « AAF PME » chargée, selon la même thèse d’investissement et le même mode de gouvernance, de réaliser des investissements de taille plus petite (entre 150 000 dollars et 4 millions de dollars) dans des PME. Sa gestion a été confiée à Databank Agrifund Manager, dont les équipes sont présentes à Johannesburg et Accra.

La facilité d’assistance technique
Avec l’appui de la fondation AGRA, de la coopération italienne et de l’ONUDI, le FIDA a conçu et mis en place une facilité d’assistance technique dotée d’une subvention de 14 millions de dollars, en grande partie apportée par l’Union Européenne. Celle-ci vise à (i) renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises et des petits exploitants agricoles, (ii) insérer les producteurs villageois dans les grandes filières agro-industrielles (organisation et structuration des filières), et (iii) améliorer leurs accès aux marchés et aux financements afin d’accroître leur productivité et leurs revenus.
La facilité d’assistance technique est mise en œuvre sur le terrain par l’ONG Technoserve qui réalise l’évaluation des programmes d’appui et de renforcement de capacité en articulation avec les diligences des deux gestionnaires de fonds. Sur la base des recommandations de Technoserve, le comité technique de la facilité, composé des donateurs, décide en tout indépendance de l’allocation des subventions.


Concernant la facilité d’assistance technique, les premières opérations ont démarré début 2013 avec le financement d’études (réhabilitation des routes d’accès aux plantations en Sierra Leone, étude sur les acteurs de la filière avicole à la base de la pyramide en Zambie) et le financement de programmes d’assistance technique (au Cameroun, assistance en agronomie ; en Zambie, assistance technique de deux ans destinée aux producteurs de soja ; en Sierra Leone, programme de soutien de 4 000 petits planteurs afin de faciliter l’accès aux intrants et d’améliorer le rendement et le transport des productions).

La part de l'AFD dans ce fonds d'investissement
Le groupe AFD a investi 40 M$ (30M$ AFD et 10M$ via FISEA) dans le fonds. 
Si elle ne décide pas des investissements qui sont de la responsabilité du gestionnaire, l’AFD est impliquée à plusieurs niveaux dans les instances de gouvernance (conseil de surveillance du fonds AAF, conseil de surveillance du fonds AAF PME et comité de la facilité d’assistance technique).

 

A propos de l'AAF
Promu, à la suite des directives de l’Aquila, dans le cadre d’un partenariat entre des institutions financières de développement européennes (Groupe Agence Française de Développement et Agence Espagnole pour la Coopération et le Développement International), des banques de développement africaines (Banque Africaine de Développement, Development  Bank of Southern Africa, Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO, Banque Ouest africaine de Développement) ainsi que le FIDA et la Fondation AGRA, le fonds a été incorporé en novembre 2010 à la suite de sa première levée de fonds à hauteur de 151 millions de dollars.
De nouveaux investisseurs institutionnels (FMO et le Fonds des pays de l’OPEP, OFID) ainsi que des investisseurs privés (entreprise, fonds d’investissement et banque) ont rejoint le fonds qui bénéficie par ailleurs d’un prêt de 50 millions de dollars de l’Overseas Private Investment Corporation (Etats-Unis).

Pour aller plus loin

Site internet du fonds AAF
Site internet du fonds AAF PME
Site internet de la facilité d’assistance technique



Forum AFRIQUE 100 innovations pour un développement durable

16/09/2013

La France soutient les innovations au service du développement durable en Afrique 

Parce qu’une des clés du développement durable réside dans l’innovation, le Ministère des affaires étrangères, sous l’impulsion du Ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, lance l’initiative : Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable, en partenariat avec l’AFD.  

 

Pour la première fois, la France organise un événement entièrement destiné à soutenir et à aider à la diffusion d’innovations pour le développement durable, portées par des innovateurs africains, dans de nombreux domaines : la santé, l’environnement, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’égalité femmes-hommes, les nouvelles technologies ou encore l’appui aux entreprises…

 
Ce forum donnera lieu à un événement à Paris, le 5 décembre 2013, en amont du sommet de l’Elysée pour la Paix et la sécurité en Afrique, qui permettra aux innovateurs sélectionnés de présenter leurs innovations et de les mettre en relation avec des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises, des scientifiques, des ONG…
 
Inventions scientifiques, création de micro-entreprises, découvertes innovantes, innovations sociales, recyclage de matières premières….  Autant d’innovations initiées en Afrique qui pourront ainsi trouver soutien et diffusion lors de leur présentation au  « Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable ». 
Afin de proposer leur innovation au comité de sélection, constitué d’un panel de personnalités et d’experts renommés comme Esther Duflo,  les porteurs de projets sont invités, dès aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre,  à remplir un dossier de candidature en ligne.
 

> Accéder au formulaire

 
 
« A chacun de mes déplacements en Afrique, je suis frappé par le nombre d'entrepreneurs, d'agriculteurs, de chercheurs, d'ONG qui chaque jour innovent, trouvent des solutions pour permettre un développement nouveau. Ces innovatrices et innovateurs inventent l’Afrique de demain, lui ouvrent un nouvel horizon soutenable et prometteur, et il s’agit pour la France de contribuer à l’élargissement de cet horizon. Leurs innovations méritent d'être connues, soutenues, et leurs auteurs mis en relation avec des scientifiques, des partenaires financiers, des créateurs d'entreprises. C'est aussi le rôle de la France de créer des passerelles avec tout celles et ceux qui innovent, qui créent de la richesse, de l'emploi, autour de projets concrets qui permettent et permettront au plus grand nombre de sortir de la pauvreté. »  souligne Pascal Canfin, Ministre délégué chargé du développement. 
 
Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD ajoute : « Je me réjouis de voir l’AFD associée à l’organisation du Forum Afrique - 100 innovations pour un développement durable. Le continent dans sa diversité est en pleine transformation. Il est confronté à des enjeux qui nécessitent des solutions nouvelles. Les intervenants publics et privés africains sont porteurs d’initiatives pour accompagner un développement économique et humain durable. Cette créativité doit être encouragée et promue là où c’est nécessaire. C’est aussi le rôle de l’Agence Française de Développement. »
Au-delà des qualités d’entreprenariat et de viabilité économique, les projets seront choisis pour leurs contributions au développement durable et leurs dimensions sociales et environnementales.
 
LES MODALITÉS PRATIQUES
 
Pour postuler, les candidats doivent remplir les critères de sélection suivants :
  • Être citoyen(ne) d’un pays d’Afrique (pays d’Afrique du Nord inclus) ;
  • être résident (e) sur le continent africain ;
  • avoir développé et mis en œuvre une innovation (sociale, écologique, technologique, financière, économique, etc.) qui répond aux objectifs du développement durable ;
  • présenter une innovation qui doit avoir déjà été réalisée ou expérimentée (au moins à l’échelle locale).
Les étapes-clés :
  1. 15/10/2013 : date limite de dépôts des dossiers
  2. 05/12/2013: présentation des projets lors du Forum Afrique
 
Un panel d’experts 
 
Sur les 100 projets, 21 seront sélectionnés par un panel composé de grandes figures du développement : Winnie Byanyima, Directrice exécutive d’Oxfam International ; Jean-Michel Séverino, ancien Directeur Général de l’AFD, aujourd’hui gérant d’une société de gestion de fonds consacrée aux PME d'Afrique subsaharienne ; Esther Duflo,économiste, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) où elle détient la « chaire Abdul LatifJameel sur la réduction de la pauvreté et l'économie du développement » et Malamine Koné, fondateur et PDG d’Airness.


Education : miser sur les partenariats entre les ONG et les secteurs public et privé

13/09/2012

À l’occasion des trente ans de l'ONG "Aide et Action", la conférence "Tous acteurs de l'éducation. Un partenariat multi-acteurs pour l'Éducation" a été l'occasion de découvrir, à travers des retours d'expériences de terrain, les bénéfices des partenariats associant société civile, secteurs public et privé. Les échanges ont également mis au jour des pistes d’amélioration pour une plus grande efficacité de ces partenariats. 

"Aide et Action" et l'AFD : le bilan d'une décennie de travail en commun avec pour objectif la scolarisation pour tous

Afin de mutualiser leurs moyens et d'offrir un accès accru et équitable à une éducation de base de qualité dans les régions les plus défavorisées, l'ONG Aide et Action et l'AFD ont signé en 2001 un accord de partenariat dans le contexte de la mise en place du programme "Éducation pour tous", convenu lors du forum de Dakar en 2000 et visant à atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015.

Dans une première phase, les deux partenaires ont soutenu conjointement plusieurs projets dans différentes régions du Sénégal, du Niger, de la Guinée et du Togo.
Aide et Action est principalement intervenu dans la mobilisation des collectivités et des parents d’élèves ainsi que dans l’accompagnement des services éducatifs locaux. Par la suite Aide et Action  et l’AFD ont inscrit leurs interventions dans le cadre des programmes nationaux d’éducation.

 

Classe d'école à Djourbel (Sénégal) / Crédit photo : AFD

 

Renforcer le dialogue entre bailleur de fonds et ONG

L’AFD est attachée au renforcement du dialogue avec la société civile. Son partenariat avec Aide et Action (A&A) permet de développer de fortes synergies en faveur de l’éducation. A&A possède une bonne connaissance des réalités du terrain, en particulier dans les zones où l'accès à la scolarisation reste difficile.

Pour illustrer cette collaboration, deux projets ont été présentés lors de la conférence :
Le premier projet, "Éducation pour tous au Togo" (EPTT), a été, comme l'indique sa dénomination, mis en oeuvre au Togo où l’AFD s’est occupée du volet institutionnel (renforcement des capacités des ministères au niveau national) tandis qu’A&A a pris en charge le volet social via la mobilisation des familles et le renforcement des capacités des acteurs locaux (encadrement des écoles).

Ce projet a permis une nette amélioration des taux de scolarisation de la région des Savanes, au Nord du Togo, région la plus pauvre et la moins scolarisée du pays.
Le second projet, d’appui à la décentralisation dans sept pays d’Afrique de l’Ouest où, là aussi, A&A a apporté son expertise aux acteurs locaux (élus, collectivités, communautés, responsables d’écoles) afin de permettre une meilleure mise en œuvre des politiques nationales au niveau local.

 

Promouvoir le partage des expertises entre le Sud et le Nord

A&A a également présenté au cours de la conférence deux nouvelles formes de partenariats :
D'une part, les partenariats entre les secteurs public et privé et les bénéfices associés dans le domaine de l’éducation, en termes de financement, d'expertise et d'innovation ; d'autre part, les partenariats Sud/Nord, illustrés par la collaboration entre A&A Afrique et la ville d’Argenteuil sur un projet d’accompagnement du parcours scolaire d’enfants en difficulté.

Ces différentes interventions ont mis en lumière les avantages de partenariats tissés entre la société civile, le secteur public et le secteur privé. Elles ont rappelé la nécessité de définir les rôles, les responsabilités et les attentes de chacun pour que le dialogue et la collaboration se déroulent dans les meilleures conditions. Au cours des débats a été également souligné le fait que des leçons peuvent être tirées d’initiatives développées au Sud par les acteurs du Nord, même dans des contextes très différents.

Forts de ses échanges et de ses collaborations, Dov Zerah, directeur général de l’AFD, et Claire Calosci, directrice d'Aide et Action, sont convenus d’approfondir le dialogue dans le domaine de la formation et de l’insertion des jeunes, problématiques sur lesquelles A&A travaille déjà en Inde.



Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?

06/09/2012

Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.

 

  Crédit photo : 2iE, AFD

 

En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans

L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En Afrique , 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage. 
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.  

 

Éducation de base mais aussi formation professionnelle

Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à l'éducation de base mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur  l’insertion et l’emploi des jeunes . Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).

 

L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.

Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).

En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.

 

 

Le défi de la qualité de l'enseignement

 

Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.

(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)

 

 

 

 

La formation professionnelle devient enfin une priorité des politiques publiques

 

La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes. 

Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps. 

 

 

Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail 

 

Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique. 

L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir. 

 

 

Revaloriser la formation aux métiers 

 

Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

 

 

Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet

 

Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.

L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.

(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)

 


 

Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?

De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.

 

L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?

L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.

L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
 

Trop de projets isolés, pas assez de coordination

Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.

L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.    
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)



 
   
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