Le groupe AFD intervient en RDC depuis 1976. Après une  une longue période de trouble dans le pays, l'agence y a repris ses activités en 2003, et est désormais pleinement impliquée dans la reconstruction du pays. Photo ©Virginie Leroy

À la une

Rémy Rioux est nommé Directeur général de l’Agence Française de Développement en Conseil des ministres, ce 25 mai 2016

25/05/2016

Sur proposition de François Hollande au Parlement le 27 avril dernier et après un vote favorable à l’unanimité des députés et à la majorité des sénateurs, M. Rémy Rioux, 46 ans, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, est nommé ce jour, en Conseil des ministres, Directeur général de l’Agence Française de Développement, Etablissement Public Industriel et Commercial, en charge du développement des pays du Sud et de l’Outre-mer. 11ème directeur général de l’AFD, Rémy Rioux prendra la tête de l’AFD, le 2 juin 2016.

Né en juin 1969 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, Rémy Rioux, historien de formation, ancien élève d’Alain Corbin et de Pierre Nora, conseiller maître à la Cour des comptes, a alterné, au cours de sa carrière, des responsabilités en France et au service du développement et de l'Afrique.


Rémy Rioux est nommé Directeur général de l'AFD © Alain Buu

A l’âge de 26 ans, Rémy Rioux découvre le continent africain à l’occasion d’un stage de l’ENA au Bénin, puis en militant pour la promotion de l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Passionné par ce continent, il le sillonne tout au long de sa carrière, y noue des liens forts, et y acquiert une expertise reconnue des enjeux de développement. Au Trésor de 2004 à 2007 puis de 2010 à 2012, il contribue notamment à moderniser la coopération monétaire avec les pays africains membres de la Zone franc, participe à la résolution de la crise ivoirienne et contribue à placer la question des infrastructures et du développement au cœur de l’agenda international du G20. Il est alors administrateur de l’AFD et de sa filiale PROPARCO.

Rémy Rioux a par ailleurs exercé des missions de contrôle dans les secteurs de l'énergie et de la défense à la Cour des comptes entre 1997 et 2004. Il a travaillé au ministère de l’intérieur de 2000 à 2002, au sein du cabinet du ministre Daniel Vaillant, en charge notamment du budget et du passage à l’euro. Il a également exercé des fonctions à l’Agence des participations de l’Etat, de 2007 à 2010, comme directeur de participations en charge des secteurs des transports et des médias, participant au conseil d’administration de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Pierre Moscovici, il participe activement à la redéfinition des relations économiques entre l'Afrique et la France et aux travaux menés par Jacques Attali sur la francophonie économique. Deux ans plus tard, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le nomme secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, en charge notamment des questions économiques. A ses côtés, il pilote le volet financier des négociations pour la COP21.

Après l’annonce par le Président de la République, en septembre 2015, d’une relance de la politique française de développement à travers la hausse des financements de 4 milliards d’euros d’ici 2020, pour atteindre 12,5 milliards d’engagements annuels, (dont 5 milliards d’euros en faveur du climat), il est chargé d'une mission de préfiguration du rapprochement entre l'Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts qui doit doter la France d’un outil à même de relever les défis des Objectifs du développement durable.

Homme de dialogue et de conviction, il est très attaché au Massif central, en particulier à la Corrèze et la Lozère, où il séjourne fréquemment, avec sa femme et ses trois enfants.


Dates clefs

  • 26 juin 1969 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, France
  • 1997 : auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA (promotion Marc Bloch), il y deviendra Conseiller Maître en 2013
  • 2001 et 2002 : conseiller budgétaire au cabinet de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur
  • 2003 : missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie et de la défense à la Cour des Comptes
  • 2004 : direction du Trésor, Chef du bureau de la coopération monétaire et du développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de la zone franc
  • 2007 : sous-directeur des transports et de l’audiovisuel de l’Agence des participations de l’Etat
  • 2010 : sous-directeur des affaires financières internationales et développement à la direction générale du Trésor
  • 2012 à 2014 : directeur du cabinet de M. Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances
  • 2014 : secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, chargé notamment des affaires économiques
  • 2015 : responsable des questions financières au sein de l’équipe française de négociation pour la COP21.
  • Juin 2016 : nommé 11ème Directeur général de l’Agence Française de Développement.


À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’AFD met en lumière trois leviers d’action efficaces pour garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et préserver la ressource

21/03/2016

Alors que 80% des Français jugent l’accès universel à l’eau et à l’assainissement prioritaire1, encore près du quart de la population mondiale consomme une eau insalubre2, 80% des eaux usées sont encore rejetées sans aucun traitement dans la nature3 et les zones où le niveau des ressources en eau devient préoccupant  s’étendent sur tous les continents. A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, célébrée chaque 22 mars, l’AFD rappelle son engagement en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement et met en avant trois leviers d’action.

 

Sur la période 2014-2018, l’Agence s’est engagée à financer le secteur de l’eau et de l’assainissement à hauteur de 700 millions d’euros par an dans les pays étrangers et 50 millions d’euros en Outre-mer.

•    Eau potable : désamorcer les bombes sanitaires


Si 2,6 milliards de personnes ont eu accès à un point d’eau depuis 1990, 1,8 milliard sont encore privées d’eau propre à la consommation. "L’objectif de donner à tous un accès à une eau salubre est atteignable. Les enjeux dans les pays développement sont avant tout d’anticiper la croissance démographique et le développement des villes qui deviennent de véritables bombes sanitaires. Les investissements requis devront mobiliser tous les financements locaux (tarif de l’eau, budget des Etats) de même que l’aide internationale" déclare Cassilde Brenière, en charge des questions d’eau et d’assainissement à l’AFD.

"Dans les villes du sud, il existe généralement un service d’eau. Toutefois, de tels services doivent être étendus et leurs performances doivent être améliorées . Le financement durable de l’entretien est également un sujet prioritaire. Cette situation est d’autant plus paradoxale que les gens qui n’ont pas d’accès à un service d’eau payent parfois 5 à 10 fois plus cher à des revendeurs une eau non potable", ajoute-t-elle.
  


En 2015, les projets de l’AFD ont permis l’accès à l’eau à 500 000 personnes et l’amélioration du service d’eau pour 3,5 millions de personnes.

Exemple de projet : en République Démocratique du Congo, dans la ville d’Uvira, l’AFD finance des infrastructures de production et de distribution d'eau. Celles-ci permettront l’accès à un service d’eau potable en continu à 155 000 personnes dans les aires touchées par les épidémies de choléra. De plus, 210 000 personnes seront sensibilisées à l’origine des maladies diarrhéiques et aux bonnes pratiques d’hygiène.


 
  •  
Le traitement des eaux usées : sujet délaissé, sujet incontournable

Souvent les grandes villes des pays en développement n’ont qu’un service d’assainissement incomplet, qui ne couvre pas tous les maillons de la chaîne  qui va  de la collecte au traitement des eaux usées. Les acteurs de la filière sont moins bien organisés que sur l’eau potable. Les budgets mobilisés par les Etats sont inférieurs à ceux mobilisés pour l’eau potable alors que le montant des investissements nécessaires est supérieur (le montant d’investissement pour un accès universel a été estimé à 35 milliards d’euros pour l’assainissement et 17,5 milliards pour l’eau potable2).

 "Pourtant, le coût du sous assainissement est lui aussi très élevé puisqu’il a des conséquences sévères sur  la santé publique mais aussi sur les activités économiques, le cadre de vie, le tourisme…  Et on estime qu’un euro investi dans ce secteur permet d’en économiser au moins 3", précise Cassilde Brenière.
 


Action de l’AFD : Les financements de  l’AFD en 2015 permettront de fournir un accès pérenne et amélioré à l’assainissement à 400 000 personnes, principalement par le traitement des eaux usées.

Exemple de projet : Depuis 2011, l’AFD soutient le programme national d’assainissement de l’Etat marocain.   Au travers d’un prêt de 20 millions d’euros, l’action de l’AFD contribuera à améliorer les conditions sanitaires pour 260 centres urbains et 10 millions d’habitants.



•  Préserver une ressource de plus en plus rare

Bientôt 40% de la population mondiale vivra dans une zone où le niveau des ressources en eau devient préoccupant (appelé stress hydrique)3. Dans beaucoup de nappes souterraines,  on prélève plus d’eau qu’il ne s’en y infiltre. De nombreux fleuves sont presque à sec en période sèche. La croissance démographique et l’évolution de nos modes de consommation rajoutent chaque jour plus de pression sur l’eau douce. Il est donc urgent de diffuser les pratiques d’utilisation rationnelle et de gestion intégrée et durable des ressources en eau, c’est-à-dire "un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnées de l'eau, des terres et des ressources associées, en vue de maximiser le bien-être économique et social qui en résulte d'une manière équitable, sans compromettre la pérennité des écosystèmes vitaux"4. Un tel processus, généralement à l’échelle d’un bassin versant, prévoit des usages concertés reposant sur un diagnostic partagé par bassin versant.

 


Action de l’AFD : L’AFD soutient une gestion partagée et durable de l’eau à travers une meilleure connaissance des ressources, une concertation entre les usages et des schémas d’aménagement, en particulier sur les grands bassins transfrontaliers africains.

Exemple de projet : depuis 2010, l’AFD soutient la Commission Internationale du bassin Congo - Oubangui - Sangha (CICOS) afin d’améliorer l’aménagement du fleuve Congo.



1.    Sondage AFD sur les Français et le développement, octobre 2015
2.     Guy Hutton Joint monitoring program OMS/UNICEF 2012
3.    Rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau – mars 2012
4.    Partenariat mondial de l’eau, 2000.

 



[COP21] Gestion durable de l’eau et adaptation au changement climatique

02/12/2015

L'AFD a signé ce jour au Bourget à la COP21 deux conventions de financement dans le secteur de l'eau au Congo et au Sénégal, en faveur de l'adaptation au changement climatique.

 

Projet de lutte contre les inondations à Pikine Irrégulier Sud

Depuis 2005, la conjonction d’une urbanisation rapide et de la variabilité climatique ont fait des inondations un problème récurrent au Sénégal en saison des pluies, et en particulier à Dakar et sa périphérie. Pikine Irrégulier Sud, un quartier d’habitat informel de la banlieue de Dakar, y est particulièrement vulnérable.

Le projet d’un montant total de 56 M€, financé à hauteur de 50 millions d’euros par l’AFD en prêt souverain, prévoit la réalisation d’infrastructures de drainage permettant d’évacuer les eaux pluviales, la réalisation de réseaux de collecte des eaux usées, ainsi que des actions de renforcement des capacités auprès de l’Office National d’Assainissement du Sénégal et la réalisation de campagnes d’information et de sensibilisation à l’endroit des populations de Pikine Irrégulier Sud. Cet important projet permettra de réduire drastiquement la vulnérabilité de ce quartier informel, où près de 300 000 personnes vivent actuellement dans un habitat dégradé et un environnement sanitaire préoccupant.

Cette convention de financement a été signée par M. Amadou Ba, Ministre des finances de la République du Sénégal, Mmes Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie et Annick Girardin, Secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie et par M. Jacques Moineville, Directeur général adjoint de l’AFD.

 

Renforcement du suivi hydrologique du Congo pour une Gestion Intégrée des Ressources en Eau

Le fleuve Congo est au cœur des préoccupations planétaires sur le changement climatique et la biodiversité. Les enjeux sont exceptionnels : 204 millions d'hectares de forêts, 60 % de la biodiversité africaine, 25 000 km de voies navigables, 100 GW de potentiel hydroélectrique soit le quart des besoins du continent. Pourtant, il existe à ce jour très peu de données sur son débit actuel et son évolution. L’anticipation des effets du changement climatique passe par une meilleure connaissance de la situation actuelle.

Le projet financé par l’AFD au travers d’une subvention de 500 000 euros permettra d’optimiser le réseau de suivi et de partage des données et informations sur l’eau, afin de faciliter la mise en œuvre des mesures d’adaptation. Le suivi hydrologique va être amélioré notamment grâce à une innovation qui utilise des satellites d'observation de la Terre (programme SWOT du CNES) et qui constituera une première mondiale. Une meilleure connaissance conduira à une meilleure planification et à un développement économique local résilient, pour plus de 100 millions de citoyens d’Afrique centrale.

Cette convention de financement a été signée par M. Simon Sakibede, Secrétaire Général de la Commission Internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha, Mmes Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie et Annick Girardin, Secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie, et par M. Jacques Moineville, Directeur général adjoint de l’AFD.



Résultats 2014 de l’Agence Française de Développement : Plus de 8 milliards en faveur d’un monde plus juste et plus durable

17/03/2015

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD, a présenté ce jour les chiffres clés de l’activité 2014 de l’acteur pivot de l’aide publique française au développement. Avec 8,1 milliards d’euros d’engagements, en hausse de +4%,  l’AFD réalise une nouvelle année historique en faveur d’un monde plus juste et plus durable.

"La mission de l’AFD est au cœur de l’enjeu des années à venir, qui est de faire émerger de nouveaux modèles de développement qui permettent à la fois d’assurer la prospérité de l’ensemble de la population mondiale et de préserver la planète. Nous y contribuons en adaptant nos actions aux besoins des pays partenaires", a précisé Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD.

Institution publique qui met en œuvre la politique de la France en matière de financement du développement, l’AFD, présente sur quatre continents, dans plus de 90 pays et dans les Outre-mer français, agit au quotidien pour répondre aux demandes de ses partenaires. A la clef, des investissements dans le capital humain, le soutien au secteur privé, le financement de projets de transports collectifs, l’accompagnement de politiques publiques des Etats mais aussi des collectivités territoriales, afin de favoriser des trajectoires de développement plus justes et plus durables.

Face aux défis du dérèglement climatique, dont les impacts concernent l’ensemble de la planète, l’AFD apporte au quotidien la démonstration qu’il existe des solutions concrètes qui concilient climat et développement. En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement ont généré des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique et 30% pour sa filiale Proparco en faveur du secteur privé.
 

Des impacts concrets

Les actions de l’AFD sont porteuses d’impacts concrets. Entre 2012 et 2014, les projets en cours ont permis :

  • la scolarisation de 2 millions d’enfants au primaire et au collège ;
  • l’amélioration de l’habitat pour 2,3 millions de personnes ;
  • l’accès de 2,75 millions de personnes à une source pérenne d’eau potable ;
  • l’appui au développement de 246 000 petites entreprises ;
  • le soutien à 771 000 exploitations agricoles familiales ;
  • la conservation et la gestion durable de 32 millions d’hectares d’espaces naturels permettant la préservation de la biodiversité.

 

infographie secteurs
 

 

Une année historique en faveur du climat : 53 % des financements

En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement et près de 30% de ceux de sa filiale Proparco en faveur du secteur privé ont aussi eu des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique en application d’une stratégie climat parmi les plus ambitieuses des institutions financières internationales de développement, mise en place à la demande du gouvernement français. Cela a représenté en 2014 plus de 2,8 Md€ d’engagements financiers dont 2,53 Md€ pour l’AFD. Depuis 2005, 18 milliards d’euros ont été consacrés par l’AFD à des projets qui concilient développement et climat.
 

infographie climat

 

 

 

 

Premières obligations climat de l’AFD

L’AFD a émis pour la première fois des « obligations climat » ("climate bonds") d’une maturité de 10 ans, qui financeront des projets contribuant au développement, mais aussi à la lutte contre le dérèglement climatique.
Cette émission obligataire « climat », d’un montant d’un milliard d’euros, est la première du genre réalisée par une agence publique française. Elle marque un tournant dans la conception des instruments financiers en faveur de la transition vers une économie sobre en carbone. Par sa méthodologie rigoureuse et innovante, reposant sur une évaluation systématique de l’empreinte carbone des projets financés, l’AFD cherche à démontrer  aux financeurs qu’il est possible d’orienter une partie de la finance internationale vers des actifs « climat ».


 


Afrique Subsaharienne : des engagements records

En 2014, les financements en Afrique subsaharienne atteignent le volume record de 2,95 milliards d’euros, soit 36,5% des financements totaux du groupe AFD (45 % des financements dans les Etats étrangers). A travers ce fort engagement, qui s’inscrit dans l’objectif fixé par le Président de la République d’apporter 20 milliards d’euros de financements au continent d’ici à 2018, l’AFD vise à accompagner l’émergence de l’Afrique dans ses trajectoires de croissance. Les projets soutenus par l’AFD ouvrent l’accès aux services essentiels, permettent l’essor de villes durables, de l‘agriculture familiale, la préservation des ressources naturelles, le développement des infrastructures et d’entreprises créatrices d’emplois.


 

inforgraphie

 

 

 

 

Crises : des modes d’intervention et des outils spécifiques

Au Mali, en République Centrafricaine, en Guinée… dans des pays en conflit armé ou récemment sortis de conflits, l'AFD a adapté ses modes d’intervention et ses outils à la spécificité de ces contextes, afin de gagner en réactivité et de mieux collaborer avec les différents partenaires et acteurs de l’urgence et du développement. Parmi les projets marquant de 2014 on peut citer :

  • Ebola : un nouveau centre de traitement en Guinée forestière a pu être mis en place grâce à  une subvention de 5 M€ via un contrat de développement et de désendettement
  • Fonds Bêkou : crée à l’initiative de l’AFD, ce fonds doté fin 2014 de 64M€ permet aux bailleurs européens de mutualiser leurs financements pour accompagner le processus de gestion puis de sortie de crise en RCA. Il a pour objectif de recréer les services essentiels, de contribuer au développement économique et de favoriser la stabilité du pays et de la sous-région.
     

 

 

 

► Synthèse du bilan de l’activité 2014

 

► En savoir plus sur l'AFD en 2014



L’AFD et le CIRAD lancent Challenge Climat, un concours international sur l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique

09/09/2014

Appel à projets lancé au Forum mondial Convergences les 8, 9 et 10 septembre 2014

L’Agence Française de Développement (AFD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) lancent le premier concours international « Challenge Climat Agriculture et Forêts », encourageant l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique.

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD et Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD présentent le 9 septembre 2014 ce concours lors de la 7e édition du Forum Mondial Convergences qui réunit les acteurs publics, privés et solidaires mobilisés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Parce que le dérèglement climatique est un enjeu majeur pour l’agriculture et une menace pour la sécurité alimentaire mondiale, comme pour l’éradication de la pauvreté, l’Agence Française de Développement et le Cirad lancent le concours « Challenge climat Agriculture et forêts ». L’AFD est particulièrement impliquée dans le soutien aux pays en voie de développement dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour le Cirad, la thématique du changement climatique est au cœur, depuis plus de 15 ans, des travaux de recherche menés avec ses partenaires du Sud pour permettre l’adaptation des agricultures de ces pays à cette contrainte majeure.

Ce concours international vise à encourager l’innovation, accélérer le transfert et la diffusion de technologies et savoir-faire, qui sont indispensables à l’émergence des réponses novatrices à imaginer pour l’avenir. Il permettra de soutenir la créativité et le succès de projets exemplaires, portés par des candidats d’Afrique, de Méditerranée, d’Asie d’Amérique Latine et de l'Outre-mer français : acteur individuel, organisation paysanne, institution financière, acteur du secteur économique et social, collectivités et territoires.

Quatre catégories de projets y sont mises en avant :

  • atténuation du dérèglement climatique en agriculture et élevage
  • atténuation du dérèglement climatique dans le secteur de la forêt
  • substitution et transformation de produits agricoles et sylvicoles
  • adaptation au dérèglement climatique et gestion de la ressource eau

 

Les projets devront être déposés jusqu’au 1er décembre 2014 sur le site Internet dédié au concours, www.challenge-climat.com, via l’interface de candidature en ligne.

 

L’innovation : une nouvelle approche de la mobilisation des acteurs

Les innovations techniques, méthodologiques ou opérationnelles créant de nouvelles dynamiques locales ainsi que les démarches d’économies inclusives seront valorisées. Elles permettent aux acteurs et exploitations agricoles familiales d’adapter leurs pratiques au dérèglement climatique, tout en assurant une progression de leurs niveau et qualité de vie.

 

150 dossiers pré-sélectionnés, 12 projets majeurs retenus, 4 lauréats récompensés

Une sélection de 150 projets déposés sera établie sur la base de leur impact de l’innovation sur le climat, leur faisabilité, viabilité, et possibilité de réplication, ainsi que leur utilité et cohérence globale. Un comité de sélection composé d’experts du secteur du développement retiendra 12 innovations majeures transmises au jury final.

« Ce concours constitue une opportunité de mobiliser et de fédérer les énergies du Nord et du Sud autour des moyens innovants à mettre en œuvre pour soutenir le développement durable. L’agriculture et la forêt sont deux secteurs clés, porteurs d’innovations face au dérèglement climatique et de solutions face au défi majeur de la sécurité alimentaire mondiale. C’est pourquoi je suis très heureuse de lancer Challenge Climat en partenariat avec le Cirad » déclare Anne Paugam, Directrice Générale de l’Agence Française de Développement (AFD).

« Ce concours est l’occasion de mettre en valeur les innovations issues des travaux de recherche sur l’agriculture dite « climato-intelligente » ou « climate-smart agriculture ». Ces nouvelles pratiques agricoles doivent permettre de répondre au triple défi de la sécurité alimentaire, de l’adaptation au changement climatique et de l’augmentation durable de la production en favorisant le développement de l’emploi en milieu rural. Elles sont notamment vitales pour l’avenir des agricultures familiales mais aussi pour penser et construire le monde de demain, selon les principes du développement durable. », précise Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD.

 

Remise des prix par un jury de prestige au Salon International de l’Agriculture 2015

Les 12 porteurs de projets innovants seront invités en France à présenter leur projet lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu à Paris à l’occasion du Salon international de l’agriculture (21 février au 1er mars 2015).

 

Le jury final comprend des personnalités du domaine de l’innovation et de l’investissement social et économique parmi lesquelles :

  • Brice Lalonde : Conseiller Spécial Global Compact Nations Unies, ex- sous-secrétaire général de l’ONU ; ancien secrétaire d'État puis ministre de l'Environnement de 1988 à 1992.
  • Navi Radjou : consultant en innovation dans la Silicon Valley, père du concept du Jugaad et de l’innovation frugale.
  • Ibrahima Coulibaly : Ambassadeur auprès de l’ONU de l’Année International de l’Agriculture Familiale, Vice-président ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes d’Afrique de l’Ouest), Président CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes du Mali).
  • Jean-Christophe Debar : Directeur de la fondation FARM (Fondation pour l’Agriculture et la Ruralité dans le Monde).

 

Pour Brice Lalonde, Président du Jury : « L’humanité fait face à l’un de ses plus grands défis, comment assurer un développement pour tous, sans nuire à la planète. Dans ce défi, l’agriculture a toute sa part et il se pourrait bien que les solutions viennent des pays du Sud, dont la force créative n’est plus à démontrer. Je suis donc fier à travers ce challenge, de contribuer à faire émerger les solutions qui nous permettront de nourrir le monde tout en protégeant la nature, mère des récoltes futures. »

Pour en savoir plus sur :
Challenge Climat agriculture et forêts : www.challenge-climat.com
Le Cirad : www.cirad.fr
Le Ministère des Affaires étrangères et du Développement International (MAEDI) : www.diplomatie.gouv.fr



Les images satellite au service de la lutte contre la déforestation

02/09/2014
A enjeu mondial, moyens spatiaux. Photographier et cartographier les espaces forestiers pour mieux lutter contre la déforestation dans le deuxième plus grand massif forestier du monde, celui du bassin du Congo, telle est l’ambition du projet initié par l’AFD, en partenariat avec Airbus Defence and Space. Projet qui affiche ses premiers résultats. Trois questions à Karen Colin de Verdière, chef de projet Biodiversité à l’AFD.
L’observation de la Terre par satellite est aujourd’hui reconnue comme un outil essentiel pour faire face aux défis environnementaux. Comment cette composante est-elle intégrée dans les programmes de l’AFD ?
 
L’observation de la Terre depuis l’espace, grâce aux satellites, est en effet un outil essentiel pour faire face aux défis mondiaux, que ce soit la gestion durable des ressources naturelles (forêts, pêche, biodiversité, ressources en eau), la lutte contre le changement climatique, la sécurité alimentaire (usage des sols, assurance, irrigation) ou l’aménagement des territoires (cadastre, aménagement urbain). 
 
Car les satellites d’observation de la Terre permettent d’obtenir des informations précises sur de très grandes superficies, de manière répétée et à moindre coût, dans des régions du monde parfois difficiles d’accès. Par exemple, il est possible de cartographier, grâce aux satellites, l’ensemble des forêts du bassin du Congo, qui couvrent plus de 3 millions de km² (soit cinq fois la superficie de la France), alors qu’il serait difficile, voire impossible, de réaliser une couverture exhaustive depuis le terrain, où les voies d’accès en milieu forestier sont souvent inexistantes . 
 

Image SPOT4 de résolution 20 mètres, en couleurs : la forêt dense apparaît en rouge © CNES 2000, Distribution Airbus DS/Spot Image

 
Cependant, les pays du Sud, dans lesquels intervient l’AFD, n’utilisent encore que très peu ces technologies car les données satellites disponibles sont peu nombreuses et les capacités à les interpréter et utiliser sont insuffisantes. 
 
L’accès aux données spatiales constitue ainsi un enjeu majeur de solidarité internationale et de préservation de l’environnement.
 
Quelles sont les caractéristiques du projet pilote d’observation spatiale des forêts tropicales d’Afrique centrale ? En quoi est-ce une démarche innovante ?
 
Lors du sommet de Copenhague en décembre 2009, l’AFD s’est engagée, au travers d’un partenariat avec Airbus Defence and Space, filiale du Groupe Airbus et fournisseur d’images satellites, à mettre à disposition, gratuitement, des images satellites de haute résolution SPOT aux administrations, instituts de recherche et organisations de la société civile qui travaillent au service de la gestion durable des forêts du bassin du Congo. 
 
Cette initiative vise à stimuler l’utilisation des données spatiales en Afrique Centrale, à renforcer les capacités des acteurs locaux à utiliser ces technologies et à développer des cartographies forestières nationales afin de mieux évaluer l’efficacité des politiques de lutte contre la déforestation.
D’un coût total de 8,5 millions d’euros sur cinq ans , ce projet est mis en œuvre par un consortium d’institutions françaises spécialisées dans le domaine de la télédétection. Ce consortium est  piloté par IGN France International et réunit l’IRD , le CNES et l’ IGN
 
Le projet ouvre ainsi aux pays d’Afrique centrale la possibilité de participer au développement de nouvelles applications utilisant les données issues des satellites d’observation de la Terre, pour leurs propres besoins. 
Ce projet contribue à l’atténuation du changement climatique, en luttant contre la déforestation ainsi qu’à la préservation de la biodiversité importante du bassin du Congo. 
 
Le projet GEOFORAFRI , financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), s’intéresse, de façon complémentaire, à favoriser l'adoption et la maîtrise méthodologique et technique des données satellitaires d'observation de la Terre au sein des pays d'Afrique Centrale et de l'Ouest grâce à des renforcements de capacités et d’accès à ces technologies.
 
Inventaire forestier en RDC, crédit ONF International


 
Quels sont les impacts attendus du projet d’observation spatiale des forêts tropicales d’Afrique centrale ? Les premiers résultats sont-ils encourageants ? Pensez-vous que l’usage de cette technologie soit réplicable dans d’autres géographies et d’autres secteurs d’intervention de l’AFD ?
 
Depuis son démarrage, le projet a financé l’acquisition de plus de mille nouvelles images de  haute résolution sur le bassin du Congo, constituant une couverture satellite complète des forêts de cette région. Son actualisation, avec de nouvelles images, est en cours. 
 
Le projet a également financé la réalisation d’une cartographie forestière historique de près de 300 000 km² en République Centrafricaine , permettant  de suivre l’évolution du couvert forestier entre 1990, 2000 et 2010. Un exercice de cartographie similaire est en cours sur plusieurs régions du Cameroun. 
 
Par ailleurs, l’AFD soutient le développement des applications des technologies spatiales à d’autres secteurs et d’autres géographies. 
 
Ainsi, en Indonésie, archipel constitué de plus de dix-sept mille îles, l’AFD finance la mise en place d’un centre de surveillance maritime par satellite , qui permettra le suivi des ressources halieutiques et de l’environnement marin (coraux, mangroves), des activités de pêche (légale et illégale), des pollutions par hydrocarbures, etc. Des discussions sont en cours avec d’autres pays de la sous-région ayant les mêmes problématiques. 
 
L’AFD va également lancer une étude qui réalisera un état des lieux de l’utilisation de ces technologies pour l’agriculture en Afrique sub-saharienne, afin de pouvoir répondre de manière plus économique et plus réactive aux besoins de pilotage des politiques agricoles des gouvernements africains (planification de l’usage des terres à différentes échelles, prévisions de rendements, épidémio-surveillance, état des infrastructures, etc.).
 
D’une manière générale, ces interventions dans un domaine de technologie de pointe, en constante évolution, nécessitent un engagement public important, pour la construction d’une infrastructure de production d’images exploitables par des acteurs publics comme privés et des systèmes rigoureux de vérification des interprétations. La formation des experts nationaux et leur association à des réseaux internationaux  sont indispensables. Dans tous les domaines d’application évoqués (forêt, océan, agriculture), des institutions et entreprises françaises peuvent grandement y contribuer.
 
 
En savoir plus sur le projet 
 
 
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Cartographie montrant les changements d’usage des sols entre 2000 et 2010 (en vert foncé : forêt dense, en jaune : non forêt, en rouge : déforestation, en vert clair : régénération) © Traitement Airbus DS


 
 
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