© AFD, Danielle Segui

L'AFD est présente au Sénégal depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle est représentée à Dakar par une agence régionale, qui couvre également le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie.

L’AFD finance des projets ou programmes qui s’insèrent dans les priorités définies par les Gouvernements sénégalais et français : amélioration de la compétitivité de l'économie et, notamment, des performances des entreprises, croissance soutenue et préservation du capital naturel, amélioration de l'accès des populations aux services sociaux de base.

À la une

Enfants et jeunes de la rue : une dynamique multi-acteurs pour une prise en charge individuelle de qualité

29/08/2016

Lié au développement des grandes villes, le phénomène des enfants et jeunes de la rue est l’une des conséquences de l’exclusion sociale contre laquelle lutte le Samusocial International. A Dakar, Bamako, Ouagadougou et Pointe-Noire, l’ONG a mis en œuvre un dispositif, soutenu par l’AFD, fondé sur la concertation avec les villes.

5884 enfants et jeunes de la rue pris en charge à Dakar

Le phénomène des enfants et jeunes de la rue est lié au développement des grandes villes. L’urbanisation croissante et mal contrôlée, le délitement des solidarités traditionnelles ou la précarisation des familles, sont autant de facteurs qui favorisent l’exclusion sociale d’innombrables enfants et jeunes.

« Contre la grande exclusion, nous avons besoin de grands professionnels ».

Par ces mots, le Docteur Xavier Emmanuelli, Président fondateur du Samusocial International, insiste à la fois sur la complexité des prises en charges individuelles et sur l’exigence de professionnalisme qu’il convient d’employer dès l’intervention en rue. L’approche Samusocial étant au carrefour de plusieurs disciplines (soin médical, travail social, soutien psychologique, assistance juridique et administrative…), le travail en réseau est un levier important de la réussite de cette méthode. A titre d’exemple, le Samusocial Sénégal a pris en charge 5884 enfants des rues à Dakar, depuis sa création.
Le renforcement des partenariats opérationnels et institutionnel constitue justement le fil rouge autour duquel s’articule la collaboration entre le Samusocial International et l’Agence Française de Développement.
Depuis 2013, trois thématiques principales ont mis en valeur l’importance du partenariat dans la relation d’aide :



La Ville au centre du débat sur l’exclusion sociale en milieu urbain

La première phase de l’action (2013 – 2015) a consisté à impliquer les pouvoirs publics, aux côtés de la société civile, dans des espaces de concertation. Alors que les processus de décentralisation sont en cours sur les territoires, les dispositifs Samusocial ont mis en relief le rôle prépondérant des municipalités pour soutenir les initiatives envers les enfants et les jeunes de leurs villes. Plus encore, des séminaires internationaux ont permis aux délégations municipales de Dakar, Bamako, Ouagadougou, Pointe-Noire, Brazzaville, Kinshasa, Dolisie et Bangui d’échanger sur leurs nouvelles prérogatives et sur les moyens à leurs dispositions pour relever ce défi.  
Suite au séminaire inter-municipalités de Pointe-Noire en 2015, la Mairie a par exemple renouvelé son soutien au Samusocial Pointe-Noire, en lui accordant pour cinq années supplémentaires, une dotation financière et la mise à disposition de locaux pour l’hébergement d’urgence des enfants et jeunes de la rue.

La seconde phase de l’action, débutée en 2016, met l’accent sur deux problématiques opérationnelles pour lesquels l’interaction entre organisations publiques et privées s’avère indispensable.

L’accès aux soins des enfants et jeunes de la rue

Alors que les Objectifs du Développement Durable entendent « faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture sanitaire universelle » à 2030, le Samusocial International appuie ses partenaires locaux pour que les besoins des franges les plus vulnérables de leurs populations soient représentés dans les débats.
Il s’agit notamment de faire exister le statut d’indigent, de clarifier le système de référencement depuis les structures associatives vers les centres de santé ou les hôpitaux et de réfléchir aux modalités de financement des consultations, des soins et des médicaments pour les sans-abris.
Grâce aux efforts du Samusocial Mali, aux côtés de la municipalité de Bamako, ce sont plus de 50 enfants et jeunes de la rue qui ont déjà été immatriculés au titre du régime d’assistance médical (RAMED), leur garantissant ainsi un accès aux soins gratuits et inconditionnels dans les hôpitaux de la ville. 

 



L’extension des services aux jeunes adultes

Ils ont entre 16 et 25 ans. Ils sont sortis ou s’apprêtent à sortir du cadre garantissant la protection de l’enfance. Emerge chez eux des désirs d’autonomie financière, de citoyenneté, parfois de parentalité. Pourtant, leur âge avancé et leurs longs épisodes de vie en rue, rendent insuffisantes les réponses des dispositifs Samusocial, des partenaires associatifs et des institutions publiques.
Ainsi, à travers une démarche de travail en réseau, les acteurs investissent le champ de l’insertion professionnelle des jeunes de la rue, et développent des réponses adaptées à ce public dans le cadre des prises en charge médico-psychosociales.   
Précurseur en la matière, le Samusocial Burkina Faso, avec le soutien de la Mairie de Ouagadougou, a mené un atelier de réflexion de 3 jours sur la prise en charge des jeunes adultes en situation de rue dès 2014. Des plateformes public/privé, auxquels seraient associés les acteurs économiques du territoire, sont désormais en cours de création, afin de mutualiser les réponses, notamment en matière de formation et d’insertion professionnelle.

Le Samusocial International s’efforce de capitaliser les expériences développées dans le cadre de ce projet et de partager avec le plus grand nombre, ses principes d’intervention auprès des populations en grandes exclusions. Pour aller plus loin, les cahiers thématiques et les guides méthodologiques sont mis à disposition du public dans un centre de ressources en ligne, le site www.samu-social-international.com.

Twitter : @SamusocialIntl
Facebook : SamusocialINTERNATIONAL



L'AFD financera l'investissement agricole au Sénégal à hauteur de 10 milliards de FCFA (15 millions d’euros)

13/06/2016

L'AFD et l'État du Sénégal signent ce lundi 13 juin une convention de financement relative à une ligne de crédit dédiée au financement de l'investissement agricole au Sénégal. Le projet ainsi financé a pour finalité de contribuer à lever deux des principaux freins au développement de l’agriculture sénégalaise : l’accès au financement long-terme et l’insuffisance des équipements.

Ce prêt concessionnel* d’un montant global de 15 millions d’euros - soit environ 10 milliards de FCFA -, accordé par l’AFD à l’État du Sénégal, sera intégralement rétrocédé à la Caisse Nationale du Crédit Agricole (CNCAS) et affecté au financement de l’investissement agricole, en particulier dans les exploitations familiales. Il est complété par une subvention de 300 000 € pour appuyer la CNCAS notamment sur les aspects environnementaux et sociaux du projet.

Le projet appuiera la réalisation d’investissements permettant la modernisation, la diversification et l’extension des activités des exploitations agricoles et des organisations professionnelles, dans des filières agricoles à fort potentiel. Plus spécifiquement, il visera à :

  • Augmenter les superficies aménagées et la production, notamment céréalière.
  • Améliorer la compétitivité des filières agricoles.
  • Faciliter l’insertion des jeunes et des femmes dans l’agriculture, notamment dans la commercialisation et la transformation des produits agricoles.

La convention de financement a été signée par Monsieur Amadou Ba, Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan du Sénégal et Monsieur Rémy Rioux, Directeur général de l’AFD, en présence de Monsieur Papa Abdoulaye Seck, Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural et de Monsieur Malick Ndiaye, Directeur Général de la Caisse Nationale du Crédit Agricole du Sénégal.

Au cours de sa première visite au Sénégal depuis sa prise de fonction le 2 juin dernier, Rémy Rioux a pu mesurer sur le terrain, certaines des réalisations emblématiques financées par l’AFD au Sénégal. Il a parcouru l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, mise en service en août 2013, à laquelle l’AFD a contribué à hauteur de 40 milliards FCFA (60 millions d’euros). Il s'est également rendu dans le quartier de Pikine Irrégulier Sud, bénéficiaire d’un projet de restructuration urbaine et d’appui à la lutte contre les inondations financé par l’AFD à hauteur de 32 milliards de FCFA (50 millions d’euros), corollaire au programme autoroutier.

La contribution de l’AFD au Plan Sénégal Émergent PSE devrait dépasser 400 milliards de FCFA - soit 600 millions d'euros - sur la période 2014-2017.


* Un prêt est dit concessionnel lorsqu l'AFD en bonifie les conditions financières. La bonification d'un prêt est possible lorsque le projet sous-jacent présente un caractère additionnel (« l’opération permet-elle d’aller plus loin que les pratiques courantes ou que la réglementation nationale dans le domaine concerné ? »).  La bonification, qui correspond alors au différentiel de taux entre un prêt au taux du marché et un prêt concessionnel, est alors apportée par le gouvernement français.



Rémy Rioux est nommé Directeur général de l’Agence Française de Développement en Conseil des ministres, ce 25 mai 2016

25/05/2016

Sur proposition de François Hollande au Parlement le 27 avril dernier et après un vote favorable à l’unanimité des députés et à la majorité des sénateurs, M. Rémy Rioux, 46 ans, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, est nommé ce jour, en Conseil des ministres, Directeur général de l’Agence Française de Développement, Etablissement Public Industriel et Commercial, en charge du développement des pays du Sud et de l’Outre-mer. 11ème directeur général de l’AFD, Rémy Rioux prendra la tête de l’AFD, le 2 juin 2016.

Né en juin 1969 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, Rémy Rioux, historien de formation, ancien élève d’Alain Corbin et de Pierre Nora, conseiller maître à la Cour des comptes, a alterné, au cours de sa carrière, des responsabilités en France et au service du développement et de l'Afrique.


Rémy Rioux est nommé Directeur général de l'AFD © Alain Buu

A l’âge de 26 ans, Rémy Rioux découvre le continent africain à l’occasion d’un stage de l’ENA au Bénin, puis en militant pour la promotion de l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Passionné par ce continent, il le sillonne tout au long de sa carrière, y noue des liens forts, et y acquiert une expertise reconnue des enjeux de développement. Au Trésor de 2004 à 2007 puis de 2010 à 2012, il contribue notamment à moderniser la coopération monétaire avec les pays africains membres de la Zone franc, participe à la résolution de la crise ivoirienne et contribue à placer la question des infrastructures et du développement au cœur de l’agenda international du G20. Il est alors administrateur de l’AFD et de sa filiale PROPARCO.

Rémy Rioux a par ailleurs exercé des missions de contrôle dans les secteurs de l'énergie et de la défense à la Cour des comptes entre 1997 et 2004. Il a travaillé au ministère de l’intérieur de 2000 à 2002, au sein du cabinet du ministre Daniel Vaillant, en charge notamment du budget et du passage à l’euro. Il a également exercé des fonctions à l’Agence des participations de l’Etat, de 2007 à 2010, comme directeur de participations en charge des secteurs des transports et des médias, participant au conseil d’administration de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Pierre Moscovici, il participe activement à la redéfinition des relations économiques entre l'Afrique et la France et aux travaux menés par Jacques Attali sur la francophonie économique. Deux ans plus tard, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le nomme secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, en charge notamment des questions économiques. A ses côtés, il pilote le volet financier des négociations pour la COP21.

Après l’annonce par le Président de la République, en septembre 2015, d’une relance de la politique française de développement à travers la hausse des financements de 4 milliards d’euros d’ici 2020, pour atteindre 12,5 milliards d’engagements annuels, (dont 5 milliards d’euros en faveur du climat), il est chargé d'une mission de préfiguration du rapprochement entre l'Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts qui doit doter la France d’un outil à même de relever les défis des Objectifs du développement durable.

Homme de dialogue et de conviction, il est très attaché au Massif central, en particulier à la Corrèze et la Lozère, où il séjourne fréquemment, avec sa femme et ses trois enfants.


Dates clefs

  • 26 juin 1969 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, France
  • 1997 : auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA (promotion Marc Bloch), il y deviendra Conseiller Maître en 2013
  • 2001 et 2002 : conseiller budgétaire au cabinet de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur
  • 2003 : missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie et de la défense à la Cour des Comptes
  • 2004 : direction du Trésor, Chef du bureau de la coopération monétaire et du développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de la zone franc
  • 2007 : sous-directeur des transports et de l’audiovisuel de l’Agence des participations de l’Etat
  • 2010 : sous-directeur des affaires financières internationales et développement à la direction générale du Trésor
  • 2012 à 2014 : directeur du cabinet de M. Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances
  • 2014 : secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, chargé notamment des affaires économiques
  • 2015 : responsable des questions financières au sein de l’équipe française de négociation pour la COP21.
  • Juin 2016 : nommé 11ème Directeur général de l’Agence Française de Développement.


Lutte contre la fièvre jaune : la Fondation Institut Pasteur de Dakar va se doter d’une nouvelle unité de production de vaccins

19/01/2016

Pour la fondation sénégalaise, seul producteur de vaccin pré-qualifié par l’OMS à être basé en Afrique, l'apport de l'AFD, par un prêt bonifié de 6,5 millions d’euros, va permettre de renforcer durablement la lutte contre cette maladie pour laquelle il n'existe pas de traitement.

30 000 décès dus à la fièvre jaune

L’OMS estime chaque année à 200 000 le nombre de cas de fièvre jaune et à 30 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans le monde. Maladie hémorragique virale transmise par des moustiques infectés, la fièvre jaune est présente dans toute l’Afrique intertropicale, en Amérique du Sud et dans certaines îles de la Caraïbe. L’Afrique est cependant particulièrement touchée (90% des cas) et l’OMS estime que 610 millions de personnes dans 32 pays sont exposées à cette maladie sur ce continent.

Seule la vaccination permet de lutter contre la fièvre jaune 

Selon l'OMS, 32 pays africains sont considérés « à risque » de fièvre jaune, avec une population exposée de 610 millions de personnes, dont 219 millions en zone urbaine.Il n’existe pas de traitement et la vaccination constitue le seul moyen de lutter contre la fièvre jaune.

Or, le nombre de vaccins produits est aujourd’hui insuffisant pour pouvoir mener à terme toutes les actions de vaccination nécessaires dans les pays endémiques.


Génomes du virus de la Fièvre jaune dans des cellules de foie humain infectées
pendant 24 heures. © Institut Pasteur/Nolwenn Jouvenet

La seule unité de production basée en Afrique

La FIPD fait partie des quatre producteurs mondiaux pré-qualifiés par l’OMS pour la fabrication de ce vaccin et ce projet devrait donc permettre de renforcer durablement la lutte contre cette maladie. La FIPD est par ailleurs  la seule unité de production de ce vaccin basée en Afrique.

Le prêt de 6,5 millions d’euros accordé par l’AFD à la FIPD s’inscrit dans le cadre du projet AfricAmaril d’un coût total de 23 millions d’euros cofinancé par la Banque Islamique de Développement (BIsD) et l’Etat du Sénégal. La nouvelle unité sera installée sur un terrain de 2 ha, attribué par le Président Macky Sall, sur le site de Diamniadio à l’est de Dakar. Le futur bâtiment d’une surface d’environ 3 000 m² comprendra, une partie réservée à la production, un laboratoire de contrôle qualité, une partie administrative,  et des bâtiments annexes.

La réduction du taux d'intérêt (prise en charge par l'Etat français) - ou concessionalité - attachée au financement de l’AFD permettra de développer les activités de la FIPD sur la surveillance des arbovirus et des virus de fièvre hémorragiques et sur les réponses aux épidémies. Elle permettra également de poursuivre et d’intensifier ses actions de formation.

Les travaux débuteront fin 2016 et le bâtiment devrait être livré en mars 2019.

 .
La convention a été signée par Laurence Hart, directrice de l’AFD au Sénégal, et le Professeur André Spiegel, Administrateur de la Fondation Institut Pasteur de Dakar ,
en présence de Jean Félix Paganon, Ambassadeur de France au Sénégal.



Lutter contre les inondations dans les quartiers informels de Dakar

05/01/2016

Depuis 2005, les inondations sont devenues un problème récurrent à Dakar en saison des pluies, en particulier dans le quartier Pikine Irrégulier Sud, où les conditions de pauvreté et d’insalubrité sont devenues préoccupantes et freinent le potentiel de développement économique important  de cette population. Ce projet aux multiples composantes a pour objectif de réduire cette vulnérabilité.

Une extrême vulnérabilité aggravée par le dérèglement climatique

Problème d’extrême vulnérabilité du territoire face à un aléa pour l’instant  « normal », les inondations régulières que connaissent les quartiers périphériques de Dakar  devraient augmenter avec le changement climatique et l’augmentation de la fréquence des évènements pluvieux fréquents.
A titre d’illustration :

  • les inondations de 2012 ont touché environ 150 ha sur la ville de Dakar. Plus de 8000 maisons situées à  Pikine ont été inondées
  • Au niveau national : en 2012, les inondations ont causé la mort de 26 personnes ; 264 000 personnes ont été affectées. Plus de 5000 familles ont dû être relogées.


Pikine Irrégulier Sud en fin d’hivernage. Les marques sur les murs des maisons ainsi que les sacs de sable laissent deviner le niveau d’eau atteint dans ces rues. DR


Une priorité du gouvernement sénégalais

Le gouvernement du Sénégal a fait de la lutte contre les inondations une de ses priorités, reflétée dans le Plan Sénégal Émergent et transcrit opérationnellement dans le Plan Décennal de Gestion des Inondations, adopté en 2012.

La résilience face au changement climatique de Dakar et sa région, située en zone vulnérable, est également essentielle pour le pays. Actuellement, la Banque Mondiale estime que la valeur des actifs économiques vulnérables aux inondations dans la seule région de Dakar s’élève à 40 milliards d’euros, soit près de deux fois le PIB du pays

Pikine Irrégulier Sud, un quartier d’habitat informel de la commune de Pikine, y est particulièrement vulnérable, notamment depuis la réalisation de l’autoroute liant Dakar à Diamniadio, qui traverse la zone. Il rassemble plus de 300 000 habitants, soit 10% de la population de la grande région de Dakar. La majorité vit sous le seuil de pauvreté et bénéficie de peu d’équipements publics. Le projet vise à réduire la vulnérabilité de ces populations en les protégeant des inondations qui les affectent annuellement.

Objectif : 200 000 personnes hors de l’eau

La finalité du projet est de promouvoir un développement équilibré du territoire sénégalais. Ainsi, l’objectif spécifique du projet est d’aménager le territoire de Pikine Irrégulier Sud (PIS) afin de réduire sa vulnérabilité aux inondations et eaux stagnantes insalubres dont sont victimes les populations locales.

La superficie inondable représente  30% de la superficie de Pikine Irrégulier Sud.
Deux phases sont prévues :
-    phase 1 en cours, financée par le projet d’autoroute : réduction de la superficie inondable à 17%
-    phase 2 (financement en cours 50 M€) : réduction de la superficie inondable à 7% de la superficie de PIS.

Soit 200 000 personnes au total mises hors d’eau.

Cet objectif sera atteint grâce aux quatre composantes du projet :

  • Infrastructures de drainage des eaux pluviales : système de bassins de rétentions et de collecteurs gravitaires visant à évacuer les eaux pluviales.
  • Assainissement des eaux usées : mise en place des réseaux de collecte des eaux usées nécessaires pour protéger les infrastructures de drainage contre les infiltrations d’eaux usées. Ces réseaux seront connectés au système de traitement de la baie de Hann en cours de réalisation.
  • Plan d’action de réinstallation. Cette composante, à la charge de l’Etat sénégalais, a pour objectif de dédommager et reloger les personnes vivant dans les zones les plus vulnérables qui correspondent aux emplacements des futurs bassins de rétention.
  • Renforcement de capacités de l’office national d’assainissement du Sénégal (ONAS) pour l’entretien des infrastructures, le drainage des eaux pluviales et une prestation d’information et de sensibilisation des populations de Pikine Irrégulier Sud.

Une composante complémentaire de Gestion Intégrée des Inondations a été soumise à considération pour un financement du Fonds Vert pour le Climat.

De multiples bénéfices pour Dakar et ses habitants

Le projet aura un impact positif sur le bien-être et la santé de 200 000 personnes vivant à Pikine Irrégulier Sud.
Il réduira également la vulnérabilité des biens et des activités économiques dans la zone.

Le rabattement de la nappe phréatique permettra de diminuer la pollution de celle-ci due à l’infiltration des eaux usées.

Enfin, le projet réduira considérablement la vulnérabilité au changement climatique de Pikine Irrégulier Sud, dont l’effet projeté est l’augmentation de la fréquence des évènements pluvieux de forte intensité.

Signé durant la COP 21


C’est dans le cadre de la COP21 que le ministre sénégalais de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ et le Directeur général adjoint de l’AFD, Jacques Moineville, ont signé le 2 décembre 2015 à Paris, en présence de la secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, Annick Girardin et de la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, une convention de financement d’un montant de 50 M€, relative au projet de lutte contre les inondations à Pikine Irrégulier Sud.

 



[COP21] Gestion durable de l’eau et adaptation au changement climatique

02/12/2015

L'AFD a signé ce jour au Bourget à la COP21 deux conventions de financement dans le secteur de l'eau au Congo et au Sénégal, en faveur de l'adaptation au changement climatique.

 

Projet de lutte contre les inondations à Pikine Irrégulier Sud

Depuis 2005, la conjonction d’une urbanisation rapide et de la variabilité climatique ont fait des inondations un problème récurrent au Sénégal en saison des pluies, et en particulier à Dakar et sa périphérie. Pikine Irrégulier Sud, un quartier d’habitat informel de la banlieue de Dakar, y est particulièrement vulnérable.

Le projet d’un montant total de 56 M€, financé à hauteur de 50 millions d’euros par l’AFD en prêt souverain, prévoit la réalisation d’infrastructures de drainage permettant d’évacuer les eaux pluviales, la réalisation de réseaux de collecte des eaux usées, ainsi que des actions de renforcement des capacités auprès de l’Office National d’Assainissement du Sénégal et la réalisation de campagnes d’information et de sensibilisation à l’endroit des populations de Pikine Irrégulier Sud. Cet important projet permettra de réduire drastiquement la vulnérabilité de ce quartier informel, où près de 300 000 personnes vivent actuellement dans un habitat dégradé et un environnement sanitaire préoccupant.

Cette convention de financement a été signée par M. Amadou Ba, Ministre des finances de la République du Sénégal, Mmes Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie et Annick Girardin, Secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie et par M. Jacques Moineville, Directeur général adjoint de l’AFD.

 

Renforcement du suivi hydrologique du Congo pour une Gestion Intégrée des Ressources en Eau

Le fleuve Congo est au cœur des préoccupations planétaires sur le changement climatique et la biodiversité. Les enjeux sont exceptionnels : 204 millions d'hectares de forêts, 60 % de la biodiversité africaine, 25 000 km de voies navigables, 100 GW de potentiel hydroélectrique soit le quart des besoins du continent. Pourtant, il existe à ce jour très peu de données sur son débit actuel et son évolution. L’anticipation des effets du changement climatique passe par une meilleure connaissance de la situation actuelle.

Le projet financé par l’AFD au travers d’une subvention de 500 000 euros permettra d’optimiser le réseau de suivi et de partage des données et informations sur l’eau, afin de faciliter la mise en œuvre des mesures d’adaptation. Le suivi hydrologique va être amélioré notamment grâce à une innovation qui utilise des satellites d'observation de la Terre (programme SWOT du CNES) et qui constituera une première mondiale. Une meilleure connaissance conduira à une meilleure planification et à un développement économique local résilient, pour plus de 100 millions de citoyens d’Afrique centrale.

Cette convention de financement a été signée par M. Simon Sakibede, Secrétaire Général de la Commission Internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha, Mmes Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie et Annick Girardin, Secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie, et par M. Jacques Moineville, Directeur général adjoint de l’AFD.



 
 
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