© Arsenie Corseac

Le nouvel État du Soudan du Sud est devenu indépendant le 9 juillet 2011 dernier, avec pour capitale Juba. Les projets sont identifiés et suivis par l’Agence régionale d’Addis Abeba (Ethiopie).

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Résultats 2014 de l’Agence Française de Développement : Plus de 8 milliards en faveur d’un monde plus juste et plus durable

17/03/2015

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD, a présenté ce jour les chiffres clés de l’activité 2014 de l’acteur pivot de l’aide publique française au développement. Avec 8,1 milliards d’euros d’engagements, en hausse de +4%,  l’AFD réalise une nouvelle année historique en faveur d’un monde plus juste et plus durable.

"La mission de l’AFD est au cœur de l’enjeu des années à venir, qui est de faire émerger de nouveaux modèles de développement qui permettent à la fois d’assurer la prospérité de l’ensemble de la population mondiale et de préserver la planète. Nous y contribuons en adaptant nos actions aux besoins des pays partenaires", a précisé Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD.

Institution publique qui met en œuvre la politique de la France en matière de financement du développement, l’AFD, présente sur quatre continents, dans plus de 90 pays et dans les Outre-mer français, agit au quotidien pour répondre aux demandes de ses partenaires. A la clef, des investissements dans le capital humain, le soutien au secteur privé, le financement de projets de transports collectifs, l’accompagnement de politiques publiques des Etats mais aussi des collectivités territoriales, afin de favoriser des trajectoires de développement plus justes et plus durables.

Face aux défis du dérèglement climatique, dont les impacts concernent l’ensemble de la planète, l’AFD apporte au quotidien la démonstration qu’il existe des solutions concrètes qui concilient climat et développement. En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement ont généré des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique et 30% pour sa filiale Proparco en faveur du secteur privé.
 

Des impacts concrets

Les actions de l’AFD sont porteuses d’impacts concrets. Entre 2012 et 2014, les projets en cours ont permis :

  • la scolarisation de 2 millions d’enfants au primaire et au collège ;
  • l’amélioration de l’habitat pour 2,3 millions de personnes ;
  • l’accès de 2,75 millions de personnes à une source pérenne d’eau potable ;
  • l’appui au développement de 246 000 petites entreprises ;
  • le soutien à 771 000 exploitations agricoles familiales ;
  • la conservation et la gestion durable de 32 millions d’hectares d’espaces naturels permettant la préservation de la biodiversité.

 

infographie secteurs
 

 

Une année historique en faveur du climat : 53 % des financements

En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement et près de 30% de ceux de sa filiale Proparco en faveur du secteur privé ont aussi eu des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique en application d’une stratégie climat parmi les plus ambitieuses des institutions financières internationales de développement, mise en place à la demande du gouvernement français. Cela a représenté en 2014 plus de 2,8 Md€ d’engagements financiers dont 2,53 Md€ pour l’AFD. Depuis 2005, 18 milliards d’euros ont été consacrés par l’AFD à des projets qui concilient développement et climat.
 

infographie climat

 

 

 

 

Premières obligations climat de l’AFD

L’AFD a émis pour la première fois des « obligations climat » ("climate bonds") d’une maturité de 10 ans, qui financeront des projets contribuant au développement, mais aussi à la lutte contre le dérèglement climatique.
Cette émission obligataire « climat », d’un montant d’un milliard d’euros, est la première du genre réalisée par une agence publique française. Elle marque un tournant dans la conception des instruments financiers en faveur de la transition vers une économie sobre en carbone. Par sa méthodologie rigoureuse et innovante, reposant sur une évaluation systématique de l’empreinte carbone des projets financés, l’AFD cherche à démontrer  aux financeurs qu’il est possible d’orienter une partie de la finance internationale vers des actifs « climat ».


 


Afrique Subsaharienne : des engagements records

En 2014, les financements en Afrique subsaharienne atteignent le volume record de 2,95 milliards d’euros, soit 36,5% des financements totaux du groupe AFD (45 % des financements dans les Etats étrangers). A travers ce fort engagement, qui s’inscrit dans l’objectif fixé par le Président de la République d’apporter 20 milliards d’euros de financements au continent d’ici à 2018, l’AFD vise à accompagner l’émergence de l’Afrique dans ses trajectoires de croissance. Les projets soutenus par l’AFD ouvrent l’accès aux services essentiels, permettent l’essor de villes durables, de l‘agriculture familiale, la préservation des ressources naturelles, le développement des infrastructures et d’entreprises créatrices d’emplois.


 

inforgraphie

 

 

 

 

Crises : des modes d’intervention et des outils spécifiques

Au Mali, en République Centrafricaine, en Guinée… dans des pays en conflit armé ou récemment sortis de conflits, l'AFD a adapté ses modes d’intervention et ses outils à la spécificité de ces contextes, afin de gagner en réactivité et de mieux collaborer avec les différents partenaires et acteurs de l’urgence et du développement. Parmi les projets marquant de 2014 on peut citer :

  • Ebola : un nouveau centre de traitement en Guinée forestière a pu être mis en place grâce à  une subvention de 5 M€ via un contrat de développement et de désendettement
  • Fonds Bêkou : crée à l’initiative de l’AFD, ce fonds doté fin 2014 de 64M€ permet aux bailleurs européens de mutualiser leurs financements pour accompagner le processus de gestion puis de sortie de crise en RCA. Il a pour objectif de recréer les services essentiels, de contribuer au développement économique et de favoriser la stabilité du pays et de la sous-région.
     

 

 

 

► Synthèse du bilan de l’activité 2014

 

► En savoir plus sur l'AFD en 2014



L’AFD et le CIRAD lancent Challenge Climat, un concours international sur l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique

09/09/2014

Appel à projets lancé au Forum mondial Convergences les 8, 9 et 10 septembre 2014

L’Agence Française de Développement (AFD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) lancent le premier concours international « Challenge Climat Agriculture et Forêts », encourageant l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique.

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD et Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD présentent le 9 septembre 2014 ce concours lors de la 7e édition du Forum Mondial Convergences qui réunit les acteurs publics, privés et solidaires mobilisés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Parce que le dérèglement climatique est un enjeu majeur pour l’agriculture et une menace pour la sécurité alimentaire mondiale, comme pour l’éradication de la pauvreté, l’Agence Française de Développement et le Cirad lancent le concours « Challenge climat Agriculture et forêts ». L’AFD est particulièrement impliquée dans le soutien aux pays en voie de développement dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour le Cirad, la thématique du changement climatique est au cœur, depuis plus de 15 ans, des travaux de recherche menés avec ses partenaires du Sud pour permettre l’adaptation des agricultures de ces pays à cette contrainte majeure.

Ce concours international vise à encourager l’innovation, accélérer le transfert et la diffusion de technologies et savoir-faire, qui sont indispensables à l’émergence des réponses novatrices à imaginer pour l’avenir. Il permettra de soutenir la créativité et le succès de projets exemplaires, portés par des candidats d’Afrique, de Méditerranée, d’Asie d’Amérique Latine et de l'Outre-mer français : acteur individuel, organisation paysanne, institution financière, acteur du secteur économique et social, collectivités et territoires.

Quatre catégories de projets y sont mises en avant :

  • atténuation du dérèglement climatique en agriculture et élevage
  • atténuation du dérèglement climatique dans le secteur de la forêt
  • substitution et transformation de produits agricoles et sylvicoles
  • adaptation au dérèglement climatique et gestion de la ressource eau

 

Les projets devront être déposés jusqu’au 1er décembre 2014 sur le site Internet dédié au concours, www.challenge-climat.com, via l’interface de candidature en ligne.

 

L’innovation : une nouvelle approche de la mobilisation des acteurs

Les innovations techniques, méthodologiques ou opérationnelles créant de nouvelles dynamiques locales ainsi que les démarches d’économies inclusives seront valorisées. Elles permettent aux acteurs et exploitations agricoles familiales d’adapter leurs pratiques au dérèglement climatique, tout en assurant une progression de leurs niveau et qualité de vie.

 

150 dossiers pré-sélectionnés, 12 projets majeurs retenus, 4 lauréats récompensés

Une sélection de 150 projets déposés sera établie sur la base de leur impact de l’innovation sur le climat, leur faisabilité, viabilité, et possibilité de réplication, ainsi que leur utilité et cohérence globale. Un comité de sélection composé d’experts du secteur du développement retiendra 12 innovations majeures transmises au jury final.

« Ce concours constitue une opportunité de mobiliser et de fédérer les énergies du Nord et du Sud autour des moyens innovants à mettre en œuvre pour soutenir le développement durable. L’agriculture et la forêt sont deux secteurs clés, porteurs d’innovations face au dérèglement climatique et de solutions face au défi majeur de la sécurité alimentaire mondiale. C’est pourquoi je suis très heureuse de lancer Challenge Climat en partenariat avec le Cirad » déclare Anne Paugam, Directrice Générale de l’Agence Française de Développement (AFD).

« Ce concours est l’occasion de mettre en valeur les innovations issues des travaux de recherche sur l’agriculture dite « climato-intelligente » ou « climate-smart agriculture ». Ces nouvelles pratiques agricoles doivent permettre de répondre au triple défi de la sécurité alimentaire, de l’adaptation au changement climatique et de l’augmentation durable de la production en favorisant le développement de l’emploi en milieu rural. Elles sont notamment vitales pour l’avenir des agricultures familiales mais aussi pour penser et construire le monde de demain, selon les principes du développement durable. », précise Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD.

 

Remise des prix par un jury de prestige au Salon International de l’Agriculture 2015

Les 12 porteurs de projets innovants seront invités en France à présenter leur projet lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu à Paris à l’occasion du Salon international de l’agriculture (21 février au 1er mars 2015).

 

Le jury final comprend des personnalités du domaine de l’innovation et de l’investissement social et économique parmi lesquelles :

  • Brice Lalonde : Conseiller Spécial Global Compact Nations Unies, ex- sous-secrétaire général de l’ONU ; ancien secrétaire d'État puis ministre de l'Environnement de 1988 à 1992.
  • Navi Radjou : consultant en innovation dans la Silicon Valley, père du concept du Jugaad et de l’innovation frugale.
  • Ibrahima Coulibaly : Ambassadeur auprès de l’ONU de l’Année International de l’Agriculture Familiale, Vice-président ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes d’Afrique de l’Ouest), Président CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes du Mali).
  • Jean-Christophe Debar : Directeur de la fondation FARM (Fondation pour l’Agriculture et la Ruralité dans le Monde).

 

Pour Brice Lalonde, Président du Jury : « L’humanité fait face à l’un de ses plus grands défis, comment assurer un développement pour tous, sans nuire à la planète. Dans ce défi, l’agriculture a toute sa part et il se pourrait bien que les solutions viennent des pays du Sud, dont la force créative n’est plus à démontrer. Je suis donc fier à travers ce challenge, de contribuer à faire émerger les solutions qui nous permettront de nourrir le monde tout en protégeant la nature, mère des récoltes futures. »

Pour en savoir plus sur :
Challenge Climat agriculture et forêts : www.challenge-climat.com
Le Cirad : www.cirad.fr
Le Ministère des Affaires étrangères et du Développement International (MAEDI) : www.diplomatie.gouv.fr



L’AFD soutient 19 nouveaux projets d’organisations françaises de la société civile pour un montant de 16 millions d’euros

15/05/2014

Le Comité spécialisé du Conseil d’administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG s’est réuni le 29 avril 2014. Il a approuvé l’attribution des subventions suivantes :

Agrisud international – Foresterie et agroforesterie au Nord du Laos

Subvention de 430 000 euros sur 4 ans à Agrisud international, pour un projet de foresterie et agroécologie en zone de montagne au Nord Laos, une région fortement menacée par la dégradation de l’environnement. L’objectif est de faire évoluer les systèmes agricoles vers des pratiques plus durables et de mettre en place un système de suivi environnemental. Le projet prévoit la formation des agriculteurs sur les techniques agro-écologiques, la réhabilitation et la protection de plus de 10 000 hectares de forêts, la mise en œuvre de plans d’aménagement locaux et la protection de sources et de points d’eau. Un volet de capitalisation est aussi prévu, avec la rédaction de guides d’évaluation de l’empreinte environnementale et des bonnes pratiques agro-écologiques, en langue locale. Ce projet devrait toucher directement 600 familles de producteurs soit 3 600 personnes, dans 20 villages.

 

SFE – Développement rural au Sud Laos

Subvention de 312 000 euros sur 3 ans au Service fraternel d’entraide (SFE) pour un projet de développement rural intégré dans la province du Sekong, au Sud Laos, classée parmi les plus pauvres du pays. Le projet permettra d’appuyer la production agricole (riz, maraîchage, cultures fruitières, élevage et pisciculture). Les activités comprennent des formations sur de nouvelles techniques, la fourniture de variétés améliorées et de petits équipements, la vaccination d’animaux et l’amélioration des réseaux d’irrigation. Des volets complémentaires seront aussi développés sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que des formations sur la santé et la nutrition. Les actions menées s’intègreront dans des plans locaux de développement. Le projet concernera près de 6 000 bénéficiaires directs dans 14 villages.

 

CFSI – « Coopérer autrement, en acteurs du changement »

Subvention de 845 000 euros sur 4 ans au Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) pour un projet de structuration du milieu associatif visant à aider les acteurs français à mettre en œuvre de nouvelles pratiques de coopération internationale. Le projet soutiendra 10 initiatives de coopération entre territoires du Nord et du Sud, pluri-acteurs, innovantes, visant à réduire la pauvreté et les inégalités. Ces projets seront proposés par les membres du CFSI et leurs partenaires locaux, et sélectionnés sur la base d’appels à propositions. L’approche retenue est la coopération de territoire à territoire, avec une forte synergie entre le société civile, les pouvoirs publics et les acteurs économiques. Le projet vise également à partager et diffuser les connaissances issues de ces initiatives afin de faire évoluer les pratiques. Des séminaires d’échanges et la publication de documents de capitalisation permettront de toucher les acteurs économiques des territoires concernés, les collectivités locales, les acteurs régionaux français, les réseaux nationaux et internationaux.

 

Association Salon des solidarités  - Appui à la 5e édition du Salon des solidarités

Subvention de 150 000 euros sur 21 mois pour un appui à la 5e édition du Salon des solidarités qui se tiendra du 12 au 14 juin 2014 à Paris, Porte de Versailles. L’événement attend 22 000 visiteurs et 230 exposants sur 3 jours. Au-delà de cette opération, il s’agit de contribuer à la structuration du milieu de la solidarité internationale. L’objectif est de développer les liens entre les acteurs, en les faisant sortir de l’isolement via l’adhésion à des réseaux et des collectifs et contribuer à leur professionnalisation, notamment par la création et la diffusion d’informations et de méthodologies. Il s’agit aussi de sensibiliser le grand public sur les enjeux de la solidarité internationale et l’engagement bénévole. Cette édition s’ouvrira cette année aux entreprises afin de promouvoir leur engagement dans le secteur.

 

GRDR – Inscrire les acteurs de la migration dans le paysage de l’éducation au développement

Subvention des 484 757 euros sur 3 ans au Groupe de recherche et de réalisation pour le développement rural (GRDR) pour un projet d'éducation au développement qui vise à articuler deux finalités importantes de la solidarité internationale : la valorisation des actions de développement portées par les migrants et la sensibilisation des différents publics tant au Nord qu'au Sud aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le projet permettra ainsi de renforcer les capacités des associations de migrants à construire une offre d'éducation au développement et à s'investir dans des actions de sensibilisation à l’échelle locale. Il contribuera aussi à renforcer le dialogue entre les associations de migrants et les acteurs de la solidarité internationale et de l'éducation au développement. L'action se déroulera majoritairement en France dans les territoires d'implantation des fédérations de migrants partenaires du programme.

 

Ligue de l’enseignement – Développer le volet « éducation au développement » de la Campagne  de solidarité internationale « Pas d’éducation pas d’avenir »

Subvention de 165 000 euros sur 2 ans pour un appui à la campagne nationale « Pas d'Education, pas d'Avenir! ». Cette campagne qui se déroule chaque année en mai depuis bientôt 12 ans, vise à accroître le nombre d’actions de solidarité en faveur de l’éducation et à sensibiliser, en France, la communauté enseignante, les éducateurs, les enfants et plus largement le grand public, à la question du droit à l’éducation pour tous. Porté par la Ligue de l'enseignement en partenariat avec Solidarité Laïque, Milan Presse et le ministère de l’Education nationale, le projet articule trois modalités d’intervention : appel à la générosité et aux dons, financement de projets éducatifs au Sud et éducation au développement et à la solidarité internationale.

 

Coordination Sud - Soutien aux activités de Coordination Sud (2014-2016)

Subvention de 2 910 850 euros sur 3 ans à Coordination Sud, la coordination nationale des ONG française de solidarité internationale qui compte 138 membres. Ce nouveau projet triennal a pour objectif d’une part de renforcer les capacités des ONG françaises à conduire des actions de qualité, développer la connaissance mutuelle et la cohésion au sein du réseau et développer  des synergies avec d’autres acteurs de la solidarité internationale. Il s’agit aussi de  promouvoir un environnement favorable et influencer les décideurs politiques et économiques français et européens sur les enjeux majeurs de développement et de solidarité internationale. Ce financement fait suite à une évaluation externe des activités de Coordination Sud finalisée en 2013 et portant sur la période 2006/2012.

 

Coordination Sud – Contribution à la structuration de la société civile mondiale

Subvention de 587 500 euros sur 33 mois pour financer le Forum international des plateformes (FIP) qui vise à contribuer à la construction et à la structuration de la société civile mondiale. L’objectif est de renforcer les capacités des membres du FIP et partager les connaissances et porter la voix collective des ONG dans la contribution à un cadre international de développement durable. La mission du FIP est d’avoir un impact positif sur l’éradication de la pauvreté, la réduction des inégalités, la promotion de la justice et de la paix dans le monde en coordonnant la production et l’échange d’informations et de savoirs entre ses membres, en influençant les décisions des politiques publiques qui affectent les questions de développement et en renforçant la capacité des plateformes nationales d’ONG et de leurs membres.

 

Eau Vive – Appui à la Coalition eau

Subvention de 600 000 euros sur 3 ans et demi pour le projet « Coalition eau » porté par Eau Vive. L’objectif de la coalition est un accès universel et durable à l’eau potable et à l’assainissement, tout en préservant les ressources. Ce programme vise à influencer les décideurs, les politiques publiques et la gouvernance du secteur, tant en France qu’à l’international, valoriser et renforcer l’expertise et la force de proposition de la société civile, informer, sensibiliser et mobiliser les citoyens sur les enjeux du secteur. Le programme entend inscrire durablement la Coalition eau comme l’interlocuteur français de référence, pour la solidarité internationale du secteur de l’eau et de l’assainissement, force collective de proposition, d’analyse et d’action.

 

CFSI – Renforcer la société civile au Congo 

Subvention de 2 290 000 euros sur 3 ans pour la deuxième phase du Programme concerté pluri acteurs (PCPA) au Congo dont l’objectif consiste à renforcer la société civile congolaise afin qu’elle participe à l’élaboration et au suivi des politiques publiques dédiées à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Le programme mettra l’accent sur trois axes majeurs : renforcer la crédibilité et l’exemplarité des organisations de la société civile congolaise, appuyer la structuration collective et l’expertise de la société civile et expérimenter des initiatives de développement local participatives. Ce programme bénéficie d’un cofinancement important des autorités congolaises et de l’Union européenne, signe d’un engagement fort sur ces enjeux de gouvernance démocratique.

 

CCFD TS – Réduire les conflits agricoles et environnementaux au Guatemala

Subvention de 271 708 euros sur 3 ans au Comité catholique contre la faim et pour le développement – Terre solidaire pour un projet visant à réduire les conflits agro-environnementaux dans la région Sud-Ouest du Guatemala. Le projet propose des mécanismes alternatifs de résolution des conflits, basés sur le dialogue entre les acteurs non étatiques et institutionnels et une meilleure articulation entre le mouvement paysan et indigène. Il s’agit d’une deuxième phase d’une action qui avait été cofinancée par la Commission européenne. L’enjeu de cette nouvelle phase est de parfaire les méthodologies de résolution des conflits et de former et outiller davantage les acteurs parties prenantes à la résolution pacifique des conflits que sont les organisations paysannes et indigènes et les fonctionnaires de l’Etat.

 

AEDH – Accompagner les initiatives des organisations de défense des droits de l’homme en Afrique centrale

Subvention de 316 994 euros sur 3 ans à l’association Agir ensemble pour les droits de l’homme (AEDH) pour un projet visant à renforcer sur le plan structurel de très petites organisations de défense des droits de l’Homme au Cameroun, en RDC, au Congo, au Gabon et au Burundi. Le projet prévoit un mécanisme d’appels à projets doublé d’une stratégie d’accompagnement sous la forme de suivi-formation sur mesure et la mise en place d’échanges entre organisations au niveau régional. L’enjeu est d’appuyer la professionnalisation de structures indispensables à la construction de l’Etat de droit en accompagnant d’organisations souvent isolées et dont les besoins sont peu soutenus.

 

AFRANE – Soutien à l’enseignement en Afghanistan

Subvention de 883 038 euros sur 3 ans à Afrane (Amitié franco-afghane) pour un projet visant à améliorer la qualité de l'enseignement et des conditions d'apprentissage des élèves de 32 écoles des provinces de Kaboul, Hérat, Parwam, Nangarhar et Bamyan. L’ONG organisera la formation continue de 600 professeurs par an (dont 70% de femmes) dans les matières fondamentales (mathématiques, patchou, dari) et en sciences expérimentales. Suivant les besoins des établissements, le projet permettra d’apporter un soutien matériel, administratif et organisationnel aux écoles, ainsi qu'un appui à la mise en place d'activités culturelles et d'éducation citoyenne. Il favorisera par ailleurs l'accès des filles aux études supérieures, et renforcera l'insertion professionnelle des jeunes dans le Waras avec la construction d'un lycée agricole.

 

Plateforme des ONG françaises pour la Palestine - Mieux agir pour le respect du droit dans les territoires palestiniens

Subvention de 225 000 euros sur 3 ans en appui au fonctionnement et aux activités de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine. Ce financement permettra d’une part d’accompagner la structuration du milieu associatif français mobilisé sur le sujet, autour des 42 ONG de ce collectif, et d’autre part d’informer le public sur le conflit et ses enjeux (élus, acteurs de la solidarité internationale institutionnels ou non-gouvernementaux, journalistes, grand public dont la jeunesse). Il s’agit de diversifier le public ciblé par les activités et les publications en s’ouvrant à la jeunesse et aux journalistes, et en parallèle d’accroître la visibilité de la Plateforme et de ses membres.

 

CCFD-TS – Education et implication citoyenne des enfants et des jeunes de Gaza

Subvention de 770 032 euros pour 3 ans pour un projet éducatif et citoyen mis en œuvre à Gaza par le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Terre Solidaire et son partenaire gazaoui Culture et Pensées Libres. Il permettra de développer des activités socio-éducatives dans la zone de Khan Younis. Elles incluent des méthodes pédagogiques alternatives, un soutien psychosocial et des activités de plaidoyer pour les enfants et jeunes. Il s’agit d’améliorer la qualité de l’éducation à Khan Younis et de développer les capacités d’expression des enfants et des jeunes. Les activités bénéficieront quotidiennement en 3 ans à 1 140 jeunes. Grâce à  la vitalité des centres communautaires et les activités récréatives (programmes radio, blogs, pièces de théâtre et films, etc.), il touchera aussi indirectement 25 000 personnes.

 

AIDES – Appui à 4 Plateformes régionales de lutte contre le VIH/Sida

Subvention de 1 465 398 euros sur 2 ans à AIDES pour un programme qui  vise à installer des dynamiques régionales de renforcement de capacités au Sud et à mettre en place des leaderships d’acteurs de la lutte contre le sida. Il s’agit pour AIDES de transférer ses méthodes, outils et bonnes pratique vers quatre associations partenaires leaders dans leur sous-région (ARCAD Mali, ANSS Burundi, ALCS Maroc et PILS Maurice) et d’accompagner la mise en place de chaque plateforme au sein de l’association partenaire. Il s’agit aussi d’accompagner la nouvelle plateforme dans ses missions de renforcement des associations locales qui en émettent le besoin (appui à la vie associative et à la mobilisation communautaire, appui à la méthodologie de projet, à la démarche qualité, au suivi-évaluation, à la mobilisation de ressources financières, appui à la gestion financière et appui à des activités en direction des groupes clefs). En fin de programme, une quarantaine d’associations de lutte contre le sida seront ainsi appuyées.

 

Coalition Plus – Renforcer le plaidoyer de 4 associations leader de lutte contre le VIH/Sida.

Subvention de 755 484 €eurospour un projet de 3 ans, qui  vise à améliorer la réponse VIH/Sida dans 4 pays francophones d’Afrique par le renforcement du métier de plaidoyer de 4 associations membres de Coalition Plus (ARCAD Mali, ANSS Burundi, ALCS Maroc et PILS Maurice). Le premier volet permettra de structurer la fonction du plaidoyer au sein des 4 associations (recrutement, appui au fundraising, plan d’action de plaidoyer…). Le second accompagnera la mise en œuvre de plaidoyers nationaux et internationaux sur la qualité des soins et l’acceptation sociale des personnes vivant avec le VIH. Le troisième volet vise à impliquer les équipes dans des actions régionales de plaidoyer. A la fin du projet, les quatre associations leader auront intégré et professionnalisé le plaidoyer et seront en capacité d’interpeller les dirigeants des institutions nationales et internationales qui jouent un rôle majeur dans la définition et la mise en œuvre des politiques de lutte contre le sida (gouvernement, élus nationaux ou locaux, cadres de la fonction publique, fonctionnaires internationaux) mais aussi les prescripteurs de normes et d’opinion (organes de presse, leaders religieux et communautaires).

 

Handicap International – Lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale

Subvention de 2 192 482 euros à Handicap international pour un programme de 4 ans visant à accompagner les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale dans 4 pays en situation de crise ou de post-crise (Togo, Madagascar, Liban et Sud Soudan). L’objectif est de développer une prise en charge globale de ces personnes et de leur environnement afin qu’elles retrouvent une place au sein de la communauté. Il s’agit de renforcer la gouvernance des politiques publiques dans les secteurs sanitaires, sociaux et pénitentiaires, d’améliorer la protection des droits des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale par une approche communautaire et de promouvoir le modèle d’intervention innovant pour construire un plaidoyer international sur ce thème. Dans les 4 pays d’intervention, le programme visera les enfants et adultes vivant avec des problèmes de santé mentale, les personnes en conflit avec la loi, les familles, les professionnels de santé mentale des service de santé, les professionnels de l’administration pénitentiaire et les personnels et volontaires des organisations de la société civile. A terme, ce sont près de 21 500 bénéficiaires directs qui seront impactés.

 

Développement sans frontières – Accompagner les personnes en situation de handicap au Maroc 

Subvention de 407 887 euros sur 3 ans à Développement sans frontières pour un projet visant à améliorer la prise en charge des personnes en situation de handicap au Maroc. Il s’agit de mettre en place un programme de formation à destination du personnel médical et paramédical, de renforcer les capacités organisationnelles des structures de santé spécialisées en rééducation et réadaptation fonctionnelle et de mettre en œuvre un volet plaidoyer afin de sensibiliser les pouvoirs publics sur une meilleure prise en compte du handicap dans la stratégie nationale de santé. Cette initiative est mise en œuvre en étroite collaboration avec l’Amicale marocaine des handicapés (AMH). Au terme du projet, près de 210 professionnels auront bénéficié de formations et 10 associations verront leurs capacités organisationnelles renforcées. Deux centres de rééducation fonctionnelle seront opérationnels et bénéficieront de personnels qualifiés. Près de 1800 personnes en situation de handicap et issus de milieux défavorisés bénéficieront d’une offre de soins accessible et adaptée à la rééducation fonctionnelle.



"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo

06/08/2012

Dans cette interview vidéo itinérante dans Paris, Guillaume Josse, urbaniste à l'AFD, nous livre, à partir de quelques objets urbains de notre quotidien, quelques clés de compréhension des enjeux des villes, du "Sud" comme du "Nord". Une manière de comprendre que villes du nord et du Sud ont des problématiques communes.

 

 

 

 

Penser avant tout les villes comme des réseaux

Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.

 

Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire

Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.

Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.

 

Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine

A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles. 

Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.

 

Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique

Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.

Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.

 

L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie

La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.

"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.

 

La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"

Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.

Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du Bénin d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
 



Sud-Soudan : nouvel État, nouvelle coopération franco-allemande

29/06/2011

C'est à Juba, capitale du Sud-Soudan, que l'AFD et la GIZ (coopération technique allemande) ont signé une convention de financement de 6M€ pour un projet d'adduction d'eau, le 7 avril 2011. Cette subvention de l'AFD vient compléter celle octroyée par le ministère allemand de la coopération économique (BMZ) pour un montant identique.

Ce cofinancement franco-allemand doit permettre le développement du secteur de l'hydraulique urbaine au Sud-Soudan.

Il intervient seulement 3 mois après le référendum d'auto-détermination qui s'est tenu en janvier 2011 et doit aboutir à la naissance officielle du 54e Etat africain (et 193e Etat du monde) le 9 juillet 2011.


Latrines récemment construites
à l'école primaire
 


Formation à la mesure du niveau de la nappe souterraine

Dans cet Etat fragile qui sort à peine (depuis les accords de paix de 2005) d'une guerre civile de plus de vingt ans, tout reste à reconstruire, en particulier dans le domaine des infrastructures de base.

 

Seulement 5 % de la population ont accès à l'assainissement

Le secteur de l'eau et l'assainissement ne fait pas exception : on estime que seulement 29% de la population dispose d'un accès à l'eau potable, et seulement 5% pour ce qui concerne l'assainissement. Dans les villes, l'accès à l'eau potable est encore pire : presque plus aucun réseau n'est fonctionnel et le taux d'accès est estimé à 14%. Ces statistiques placent le Sud-Soudan au dernier rang mondial.

Ce constat alarmant risque d'être encore aggravé par les flux migratoires : d'une part un fort exode rural (la population est encore rurale à 80%), d'autre part un retour des réfugiés et déplacés internes qui pourrait s'accélérer après la création du nouvel Etat.


Plusieurs types de kiosques de vente d'eau seront testés afin de déterminer celui le mieux adapté au contexte sud-soudanais

 

Depuis les accords de paix, on constate néanmoins des progrès institutionnels : une politique sectorielle se met en oeuvre depuis 2009, un ministère des ressources en eau et de l'irrigation (MWRI) assure désormais un rôle de coordination du secteur, une Société des eaux urbaines a été créée, etc.

Ces réformes demeurent néanmoins inabouties et peinent à se mettre en oeuvre à cause du manque de capacités des acteurs nationaux.

Dans ce contexte, le renforcement des capacités apparaît comme prioritaire et constitue, à ce titre, une part essentielle de ce projet qui s'articule en 4 composantes :

  1. Le renforcement du ministère des ressources en eau et de l’irrigation (MWRI)
  2. La réforme de la Société des eaux urbaines du Sud-Soudan (SSUWC)
  3. La mise en œuvre de mesures-pilotes dans la ville de Yei
  4. Le renforcement de capacités des acteurs du secteur de l’eau

Le choix stratégique de la ville de Yei

  • située au sud du sud-Soudan, elle devrait être épargnée par les conflits plus ou moins importants qui risquent d'accompagner la séparation du Nord,
  • positionnée à l'intersection des routes qui relient le pays à l'Ouganda et la RDC, elle a le potentiel pour devenir un centre secondaire important qui limitera l'afflux de migrants vers la capitale Juba.

Les réalisations à Yei consistent en un réseau de distribution élémentaire, une vingtaine de kiosques de vente d'eau, des forages, des châteaux d'eau, des latrines publiques (en particulier dans les écoles) et des campagnes de promotion de l'hygiène, un bassin de traitement des eaux usées et des boues de vidange... Ces installations bénéficieront directement à 20 000 habitants qui verront ainsi leurs conditions de vie améliorées.

Mais l'enjeu est plus large : Yei sera en fait le "centre d'expérimentation" de la mise en oeuvre de la politique de l'eau nationale. Un opérateur y sera créé pour gérer l'exploitation et, pour la 1ère fois au Sud-Soudan, les tarifs seront fixés en visant à couvrir les coûts de fonctionnement afin de pérenniser le service.

Un centre de formation aux métiers de l'eau à vocation nationale sera également mis en place.

Ces mesures-pilotes permettront de renforcer les capacités des acteurs à tous les niveaux (national, régional et local) en tenant compte des lois de décentralisation. Les administrations seront concernées tout autant que le secteur privé (petits artisans, électromécaniciens, électriciens...).



Sur la photo, Premier rang : Didier GREBERT, AFD – Christian Bader, Consul général de France – Manfred Van Eckert, représentant de la GiZ au Sud-Soudan
Deuxième rang : Isaac Liabwel, secrétaire général du ministère sud-soudanais des ressources en eau et de l’irrigation – Norbert Hagen, responsable du programme Eau urbaine à la GiZ.



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