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© Arsenie Corseac
Le nouvel Etat du Soudan du Sud est devenu indépendant le 9 juillet 2011 dernier, avec pour capitale Juba. Les projets sont identifiés et suivis par l’agence régionale d’Addis Abeba (Ethiopie).
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Sud-Soudan : nouvel État, nouvelle coopération franco-allemande
C'est à Juba, capitale du Sud-Soudan, que l'AFD et la GIZ (coopération technique allemande) ont signé une convention de financement de 6M€ pour un projet d'adduction d'eau, le 7 avril 2011. Cette subvention de l'AFD vient compléter celle octroyée par le ministère allemand de la coopération économique (BMZ) pour un montant identique.
Ce cofinancement franco-allemand doit permettre le développement du secteur de l'hydraulique urbaine au Sud-Soudan.
Il intervient seulement 3 mois après le référendum d'auto-détermination qui s'est tenu en janvier 2011 et doit aboutir à la naissance officielle du 54e Etat africain (et 193e Etat du monde) le 9 juillet 2011.
Latrines récemment construites à l'école primaire |
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Dans cet Etat fragile qui sort à peine (depuis les accords de paix de 2005) d'une guerre civile de plus de vingt ans, tout reste à reconstruire, en particulier dans le domaine des infrastructures de base.
Seulement 5 % de la population ont accès à l'assainissement
Le secteur de l'eau et l'assainissement ne fait pas exception : on estime que seulement 29% de la population dispose d'un accès à l'eau potable, et seulement 5% pour ce qui concerne l'assainissement. Dans les villes, l'accès à l'eau potable est encore pire : presque plus aucun réseau n'est fonctionnel et le taux d'accès est estimé à 14%. Ces statistiques placent le Sud-Soudan au dernier rang mondial.
Ce constat alarmant risque d'être encore aggravé par les flux migratoires : d'une part un fort exode rural (la population est encore rurale à 80%), d'autre part un retour des réfugiés et déplacés internes qui pourrait s'accélérer après la création du nouvel Etat.
Plusieurs types de kiosques de vente d'eau seront testés afin de déterminer celui le mieux adapté au contexte sud-soudanais
Depuis les accords de paix, on constate néanmoins des progrès institutionnels : une politique sectorielle se met en oeuvre depuis 2009, un ministère des ressources en eau et de l'irrigation (MWRI) assure désormais un rôle de coordination du secteur, une Société des eaux urbaines a été créée, etc.
Ces réformes demeurent néanmoins inabouties et peinent à se mettre en oeuvre à cause du manque de capacités des acteurs nationaux.
Dans ce contexte, le renforcement des capacités apparaît comme prioritaire et constitue, à ce titre, une part essentielle de ce projet qui s'articule en 4 composantes :
- Le renforcement du ministère des ressources en eau et de l’irrigation (MWRI)
- La réforme de la Société des eaux urbaines du Sud-Soudan (SSUWC)
- La mise en œuvre de mesures-pilotes dans la ville de Yei
- Le renforcement de capacités des acteurs du secteur de l’eau
Le choix stratégique de la ville de Yei
- située au sud du sud-Soudan, elle devrait être épargnée par les conflits plus ou moins importants qui risquent d'accompagner la séparation du Nord,
- positionnée à l'intersection des routes qui relient le pays à l'Ouganda et la RDC, elle a le potentiel pour devenir un centre secondaire important qui limitera l'afflux de migrants vers la capitale Juba.
Les réalisations à Yei consistent en un réseau de distribution élémentaire, une vingtaine de kiosques de vente d'eau, des forages, des châteaux d'eau, des latrines publiques (en particulier dans les écoles) et des campagnes de promotion de l'hygiène, un bassin de traitement des eaux usées et des boues de vidange... Ces installations bénéficieront directement à 20 000 habitants qui verront ainsi leurs conditions de vie améliorées.
Mais l'enjeu est plus large : Yei sera en fait le "centre d'expérimentation" de la mise en oeuvre de la politique de l'eau nationale. Un opérateur y sera créé pour gérer l'exploitation et, pour la 1ère fois au Sud-Soudan, les tarifs seront fixés en visant à couvrir les coûts de fonctionnement afin de pérenniser le service.
Un centre de formation aux métiers de l'eau à vocation nationale sera également mis en place.
Ces mesures-pilotes permettront de renforcer les capacités des acteurs à tous les niveaux (national, régional et local) en tenant compte des lois de décentralisation. Les administrations seront concernées tout autant que le secteur privé (petits artisans, électromécaniciens, électriciens...).
Sur la photo, Premier rang : Didier GREBERT, AFD – Christian Bader, Consul général de France – Manfred Van Eckert, représentant de la GiZ au Sud-Soudan
Deuxième rang : Isaac Liabwel, secrétaire général du ministère sud-soudanais des ressources en eau et de l’irrigation – Norbert Hagen, responsable du programme Eau urbaine à la GiZ.
