Scène de transhumance tchadienne

Pour réduire les facteurs de fragilité présents au Tchad, l’AFD met en place des programmes visant l’obtention de résultats rapides et la consolidation des institutions.

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Paix et stabilité
Scène de marché (Abéché)

 L’AFD mobilise ses différents instruments pour appuyer les acteurs qui  apportent services et emploi à la population, et qui contribuent à l’amélioration de la gouvernance.

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Sorgho Tchad

 L'AFD accompagne la mise en place de politiques mobilisatrices dans les grands secteurs sociaux et économiques, enjeux majeurs pour la lutte contre la pauvreté.

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Politiques publiques

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La CEDEAO et l’AFD renforcent leur coopération dans la lutte contre l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

01/12/2014

Deux accords de subvention en faveur de l’amélioration de la sécurité alimentaire et de l’augmentation des revenus des petits producteurs ont été signés le 27 novembre 2014 entre le président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le directeur de l’AFD à Abuja, en présence de l’ambassadeur de France au Nigéria.

Appuyer la mise en place de la Réserve Régionale de Sécurité Alimentaire de la CEDEAO pour répondre efficacement aux crises 
 
La sécurité alimentaire reste une préoccupation majeure pour les dirigeants d’Afrique de l’Ouest. Les crises récentes ont en effet conduit l’ensemble des acteurs de la région à réfléchir à une stratégie de stockage de sécurité pour permettre d’assurer une réponse d’urgence en cas de nouvelle crise.

L’accord, d’un montant de 28,558 millions d’euros, permettra d’appuyer la mise en place de la réserve régionale de sécurité alimentaire en faisant jouer la solidarité régionale en cas de crise alimentaire majeure; d’appuyer les systèmes de stockage nationaux et leur mise en réseau; et de renforcer le système de stockage de proximité.

Pour ce projet d’un montant total de 56 millions d’Euros financé par l’ Union Européenne, l’AFD s’est vue déléguer une partie de la gestion de ces fonds pour la mise en œuvre.

Pour la CEDEAO, il est capital de « mettre ses États membres à l'abri de la crise alimentaire. En effet, la gestion de la sécurité alimentaire dans la région ouest-africaine constitue une préoccupation majeure pour nos gouvernements, les organisations régionales, notamment la CEDEAO, l'UEMOA et le CILSS, et leurs partenaires. »

Soutenir le Plan Régional de lutte et de contrôle de la Mouche des Fruits en Afrique de l’Ouest pour améliorer les revenus des producteurs de fruits et légumes et maitriser les pertes à l’exportation

Le secteur de la production horticole ouest-africain contribue à l'équilibre alimentaire de millions de consommateurs au niveau local et régional et représente une importante source de devises et d’emplois pour les pays à faibles revenus. Malheureusement, la production et l’exportation restent handicapées par la non-conformité des fruits avec les normes phytosanitaires internationales notamment du fait de l’infestation des pulpes par des mouches phytophages, entraînant de lourdes pertes pour les pays producteurs d'Afrique de l'Ouest.
 
L’accord, d’un montant de 17,558 millions d’euros, signé entre la CEDEAO et l’AFD permettra de mettre en place des dispositifs de surveillance et de lutte contre l’infestation des vergers. Le projet appuiera également la recherche appliquée afin de développer des techniques de culture améliorée et permettre leurs diffusions dans les États membres.

Ce financement comprend une subvention de 17 millions d’euros de l’Union Européenne, qui en a délégué pour partie la gestion à l’AFD  et une subvention de 1,5 million d’euros de l’AFD pour la CEDEAO. La CEDEAO et les États membres se sont engagés à participer à hauteur de 5 millions d’euros pour le financement de ce programme.

Selon la CEDEAO, « depuis de nombreuses années, les dommages causés par les mouches phytophages aux fruits destinés aux marchés internationaux ont été reconnus comme un problème à forte incidence économique et sociale aux plans local, national régional et global. La mouche ne connaît pas de frontières. C’est ce qui explique l’orientation en faveur d’une action coordonnée, concertée et régionale. »

Cliquer ici pour en savoir plus sur la stratégie AFD pour la sécurité alimentaire

► CLiquer ici pour en savoir plus sur la CEDEAO



Création de la Maison de la Petite Entreprise

14/10/2014

L'AFD a signé le 15 octobre dernier un don d'un million et demi d'euros pour appuyer les activités de l'association Bet ALNadjah concernant la création d'une Maison de la Petite Entreprise. Cette structure a pour but d'accompagner les porteurs de projets de petites et très petites entreprises.

Des services dédiés aux PE/TPE

Dans un contexte caractérisé par la rareté des initiatives en faveur du développement des PE/TPE, le projet innovera en proposant, dans différents lieux ouverts et accessibles, des permanences où seront délivrés des services d’appui/conseil aux petits entrepreneurs : orientation, soutien à la préparation de leurs projets, coaching, aide à la recherche d’appuis techniques et financiers...

Un projet en partenariat avec la mairie de N'Djamena

Le dispositif, qui dans une phase pilote sera mis en place dans la capitale tchadienne, bénéficiera de l’appui de la mairie de N’Djamena, partenaire du projet.
L’association Bet ALNadjah , récemment créée et regroupant plusieurs structures (Jeune Chambre Internationale, syndicats patronaux, bureaux d’études et de conseil, experts comptables ou juridiques, fonds nationaux opérant dans le domaine de la formation et/ou de l’insertion, ONG, association d’établissements de crédit), assurera la maîtrise d’ouvrage.


Le projet soutiendra dans un premier temps :

  • le démarrage des activités de l’association Bet Al Nadjah et le renforcement de ses capacités ;
  • la construction et l’équipement des locaux mis à disposition de la MPE par la mairie de N’Djamena ;
  • le recrutement, après consultation, d’un opérateur expérimenté dans le domaine de l’appui à la petite entreprise, chargé de recruter et de former l’équipe opérationnelle de la MPE, et d’organiser, durant 2 à 3 ans, le fonctionnement, la production des différents services offerts et la gestion des ressources financières.

De nombreuses créations de PE/TPE devraient être possibles grâce aux appuis fournis à terme par la Maison de la Petite Entreprise. Ces projets permettront la création de nouvelles activités, contribuant à l’augmentation du nombre d’auto-emplois et d’emplois, répondant ainsi, dans la limite des moyens de l’association, aux objectifs de résorption du chômage, notamment des jeunes.

La signature de la convention de financement avec l'AFD s'est déroulée mercredi 15 octobre 2014 à la mairie de N’Djamena.

Pour en savoir plus sur l'association Bet ALNadjah



L’AFD et le CIRAD lancent Challenge Climat, un concours international sur l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique

09/09/2014

Appel à projets lancé au Forum mondial Convergences les 8, 9 et 10 septembre 2014

L’Agence Française de Développement (AFD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) lancent le premier concours international « Challenge Climat Agriculture et Forêts », encourageant l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique.

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD et Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD présentent le 9 septembre 2014 ce concours lors de la 7e édition du Forum Mondial Convergences qui réunit les acteurs publics, privés et solidaires mobilisés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Parce que le dérèglement climatique est un enjeu majeur pour l’agriculture et une menace pour la sécurité alimentaire mondiale, comme pour l’éradication de la pauvreté, l’Agence Française de Développement et le Cirad lancent le concours « Challenge climat Agriculture et forêts ». L’AFD est particulièrement impliquée dans le soutien aux pays en voie de développement dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour le Cirad, la thématique du changement climatique est au cœur, depuis plus de 15 ans, des travaux de recherche menés avec ses partenaires du Sud pour permettre l’adaptation des agricultures de ces pays à cette contrainte majeure.

Ce concours international vise à encourager l’innovation, accélérer le transfert et la diffusion de technologies et savoir-faire, qui sont indispensables à l’émergence des réponses novatrices à imaginer pour l’avenir. Il permettra de soutenir la créativité et le succès de projets exemplaires, portés par des candidats d’Afrique, de Méditerranée, d’Asie d’Amérique Latine et de l'Outre-mer français : acteur individuel, organisation paysanne, institution financière, acteur du secteur économique et social, collectivités et territoires.

Quatre catégories de projets y sont mises en avant :

  • atténuation du dérèglement climatique en agriculture et élevage
  • atténuation du dérèglement climatique dans le secteur de la forêt
  • substitution et transformation de produits agricoles et sylvicoles
  • adaptation au dérèglement climatique et gestion de la ressource eau

 

Les projets devront être déposés jusqu’au 1er décembre 2014 sur le site Internet dédié au concours, www.challenge-climat.com, via l’interface de candidature en ligne.

 

L’innovation : une nouvelle approche de la mobilisation des acteurs

Les innovations techniques, méthodologiques ou opérationnelles créant de nouvelles dynamiques locales ainsi que les démarches d’économies inclusives seront valorisées. Elles permettent aux acteurs et exploitations agricoles familiales d’adapter leurs pratiques au dérèglement climatique, tout en assurant une progression de leurs niveau et qualité de vie.

 

150 dossiers pré-sélectionnés, 12 projets majeurs retenus, 4 lauréats récompensés

Une sélection de 150 projets déposés sera établie sur la base de leur impact de l’innovation sur le climat, leur faisabilité, viabilité, et possibilité de réplication, ainsi que leur utilité et cohérence globale. Un comité de sélection composé d’experts du secteur du développement retiendra 12 innovations majeures transmises au jury final.

« Ce concours constitue une opportunité de mobiliser et de fédérer les énergies du Nord et du Sud autour des moyens innovants à mettre en œuvre pour soutenir le développement durable. L’agriculture et la forêt sont deux secteurs clés, porteurs d’innovations face au dérèglement climatique et de solutions face au défi majeur de la sécurité alimentaire mondiale. C’est pourquoi je suis très heureuse de lancer Challenge Climat en partenariat avec le Cirad » déclare Anne Paugam, Directrice Générale de l’Agence Française de Développement (AFD).

« Ce concours est l’occasion de mettre en valeur les innovations issues des travaux de recherche sur l’agriculture dite « climato-intelligente » ou « climate-smart agriculture ». Ces nouvelles pratiques agricoles doivent permettre de répondre au triple défi de la sécurité alimentaire, de l’adaptation au changement climatique et de l’augmentation durable de la production en favorisant le développement de l’emploi en milieu rural. Elles sont notamment vitales pour l’avenir des agricultures familiales mais aussi pour penser et construire le monde de demain, selon les principes du développement durable. », précise Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD.

 

Remise des prix par un jury de prestige au Salon International de l’Agriculture 2015

Les 12 porteurs de projets innovants seront invités en France à présenter leur projet lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu à Paris à l’occasion du Salon international de l’agriculture (21 février au 1er mars 2015).

 

Le jury final comprend des personnalités du domaine de l’innovation et de l’investissement social et économique parmi lesquelles :

  • Brice Lalonde : Conseiller Spécial Global Compact Nations Unies, ex- sous-secrétaire général de l’ONU ; ancien secrétaire d'État puis ministre de l'Environnement de 1988 à 1992.
  • Navi Radjou : consultant en innovation dans la Silicon Valley, père du concept du Jugaad et de l’innovation frugale.
  • Ibrahima Coulibaly : Ambassadeur auprès de l’ONU de l’Année International de l’Agriculture Familiale, Vice-président ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes d’Afrique de l’Ouest), Président CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes du Mali).
  • Jean-Christophe Debar : Directeur de la fondation FARM (Fondation pour l’Agriculture et la Ruralité dans le Monde).

 

Pour Brice Lalonde, Président du Jury : « L’humanité fait face à l’un de ses plus grands défis, comment assurer un développement pour tous, sans nuire à la planète. Dans ce défi, l’agriculture a toute sa part et il se pourrait bien que les solutions viennent des pays du Sud, dont la force créative n’est plus à démontrer. Je suis donc fier à travers ce challenge, de contribuer à faire émerger les solutions qui nous permettront de nourrir le monde tout en protégeant la nature, mère des récoltes futures. »

Pour en savoir plus sur :
Challenge Climat agriculture et forêts : www.challenge-climat.com
Le Cirad : www.cirad.fr
Le Ministère des Affaires étrangères et du Développement International (MAEDI) : www.diplomatie.gouv.fr



Tchad : "4 visites et un accouchement dans un centre de santé = vies sauvées"

31/07/2014

Pour relever le défi de la politique démographique, une campagne de promotion de la santé maternelle et infantile  a été menée par le ministère de la Santé publique tchadien en juin 2014, avec pour slogan: "4 visites et un accouchement dans un centre de santé = vies sauvées". Soutenue par l'AFD, elle constitue la troisième d'une série de campagnes commencée en 2012.

Parmi les défis à relever par nos partenaires tchadiens, figure celui de la politique démographique : avec une fécondité de 7,1 enfants par femme, un enfant sur cinq meurt avant d'atteindre 5 ans, et près d’une femme sur dix meurt en accouchant. Le  Le pays rencontre également des problèmes structurels, et l’enjeu est de taille : il s’agit de permettre à des millions de personnes de se nourrir, s'éduquer, se soigner, se loger… etc.
 

12000 à 15000 personnes sensibilisées depuis 2012

Des campagnes de promotion de la santé maternelle et infantile et de la santé de la reproduction ont été mises en place depuis 2012 par l’AFD, en lien avec les agences des Nations Unies et des ONG, aux côtés du ministère de la Santé, de la mairie Ndjamena, de l' association du planning familial tchadien (ASTBEFl), enfin des Organisations de la Société Civile tchadiennes. Elles étaient ciblées autour du thème « 50 millions de Tchadiens en 2050, cela mérite réflexion », en 2012; et « Grossesses trop tôt, trop tard, trop nombreuses et trop rapprochées : luttons  contre les quatre ‘trop’ ! », en 2013.
Hors diffusion médias, elles avaient touché entre 12.000 et 15.000 personnes chacune, en particulier des jeunes, ainsi que des décideurs (politiques, religieux, traditionnels, administratifs, entreprises,…).

Une troisième campagne sur initiative du ministère de la Santé publique
 
Le ministère de la Santé publique avec notamment l’appui financier de l’AFD, a pris l'initiative de bâtir et piloter la 3ème édition de cette campagne, ayant pour nouveau slogan « 4 visites et un accouchement dans un centre de santé = Vies sauvées ». La campagne a été centrée sur les quartiers périphériques de la capitale dans lesquels le ministère a mis à disposition, en quelques mois, 10 centres de santé ouverts 24 heures/24. À terme, l'objectif est de pouvoir offrir tous les actes clefs en santé maternelle et infantile à travers ces centres et rapprocher ainsi l'offre de soins de la population. La pyramide des soins en sera consolidé tout en évitant l'engorgement des hôpitaux centraux. 

La cérémonie d'ouverture a eu lieu le mercredi 25 juin 2014 au Musée National de Ndjamena.

Dans son allocution, le ministre a souligné que l’agence AFD de Ndjamena avait initié ces campagnes et a remis publiquement à son directeur Jean-Marc Pradelle, sur le départ un certificat pour services rendus au Tchad.  Ce dernier a remercié en retour tous les partenaires de la santé au Tchad qui donnent à l’AFD la possibilité de renforcer l’offre de soins en faveur des mères et des enfants du pays.

 


Tchad : accompagner des acteurs dynamiques, pour consolider les bases du développement

10/07/2014

Entretien avec Jean-Marc Pradelle, directeur de l’AFD au Tchad.

Après de longues périodes de conflits, le Tchad semble retrouver depuis quelques années une stabilité interne. On parle d’un pays jeune, vaste, plein de ressources, et d’un secteur privé assez dynamique. Qu’en pensez-vous ?

JMP : Oui, le Tchad dispose de nombreux atouts. L'élevage pastoral mobile est une richesse, une ressource durable d’exportation, la seconde après le pétrole. Dans cette filière, l'AFD s'efforce d'éclairer l'avenir avec ses partenaires tchadiens. Il est cependant nécessaire d’opérer des évolutions pour concilier les besoins de la transhumance avec ceux des agriculteurs, pour donner aux éleveurs, hommes, femmes et enfants l'accès à l'éducation, à la santé, à la communication. L'agriculture, délaissée, a également du potentiel. Les villes vont croître à grande vitesse, l'AFD s'emploie à accompagner ce mouvement qui ne retient pour l’instant guère l’attention des autres bailleurs de fonds. Les entreprises et la société civile sont dynamiques. Des associations tchadiennes mettent ainsi en œuvre 40 % des financements de l'AFD au Tchad. Au travers de plusieurs partenariats avec les banques, l'AFD contribue à apporter des financements importants aux PME (près de 30 milliards de CFA sur trois ans). L’éducation de base et la formation sont également d’immenses défis. En dépit d'une corruption et d'un népotisme bien réels, il existe de nombreux cadres dynamiques et intègres. Il est possible de faire ici du bon travail à condition de s'en donner la volonté et les moyens. Le pétrole a multiplié le budget national par 6 en 10 ans, mais cela n'a guère profité à ce stade aux plus pauvres. La confiance, le dialogue restent faibles dans un pays tout juste sorti de décennies de conflits internes violents.

@ Jean-Marc Pradelle - AFD

Quels sont les grands défis pour le Tchad ?

JMP : La société tchadienne a encore du mal à dégager une vision d'avenir et des chemins réalistes. Sans transition démographique, un pays ne peut pas devenir émergent (sauf à de rares exceptions), et cette transition prendra ici encore une ou deux décennies, à condition d'y travailler. C'est aujourd’hui l'une de nos priorités au Tchad : aux côtés du ministère de la Santé publique, et grâce à une forte mobilisation nationale à tous les niveaux, en particulier de la part des femmes, l’AFD plaide en faveur de la planification familiale. De façon plus générale, l'avenir du pays et sa stabilité, pour être durables, réclament un très important effort de coopération au développement pour améliorer la situation socio-économique d'une grande partie de la population. Or, l'aide internationale au Tchad reste relativement modeste en comparaison de celle reçue par d'autres pays : elle est consacrée à 50 % à l'humanitaire, notamment au travers d’ONG et des organismes des Nations-Unies. La Banque Africaine de Développement est très active. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale reviennent. L'Union européenne apporte un volume d'aide important. Mais l'engagement global manque de dynamisme ; il n’est donc pas facile de croire en l'avenir au-delà des incertitudes du court terme.

Une part importante de l’aide internationale est consacrée à l’urgence humanitaire et à la sécurité. L’AFD est-elle engagé dans des projets de développement à long terme ?

JMP : Absolument. L'AFD est engagée au Tchad sur des sujets clefs : la santé maternelle, infantile et de la reproduction ; le développement urbain , notamment à Ndjamena ; le développement pastoral ; les appuis aux petites et moyennes entreprises , au travers d’une palette d’instruments financiers. L'AFD joue un rôle d'avant-garde dans ces quatre domaines. Une reprise sur l'éducation s'annonce, par des voies innovantes. L'AFD pourrait prochainement agir dans d'autres secteurs clefs, comme l'électricité, ou revenir en appui sur le coton, quand les entreprises en charge de ces services auront retrouvé une situation saine.
La France est, avec la Suisse, le seul acteur bilatéral ayant un dispositif local de coopération tourné vers le développement. L'AFD a pour vocation d'accompagner ses partenaires vers des avenirs durables. Concrètement, sur la base d'un constat partagé, elle soutient des programmes destinés à faciliter les transitions. Avec ses partenaires publics et privés, elle cherche à susciter, à encourager l'innovation dans la délivrance des services de base, au plus proche des populations, selon des processus déconcentrés dans les régions, décentralisés dans les collectivités urbaines, tout en encourageant l’Etat à démultiplier son action en s’appuyant sur des opérateurs privés.

@ Jean-Marc Pradelle - AFD

Pour sa part, après une période creuse liée aux troubles des années 2007-2009, l’AFD est engagée dans une forte reprise de ses engagements (20 M€ en 2013 et en 2014), en synergie avec les fonds européens du 11e FED. Le cumul de ses financements sur 7 à 8 ans représente plus de 60 milliards de francs CFA, en dons. Et ses instruments en faveur des banques locales ont permis à ces dernières d’injecter dans l'économie près de 30 milliards de prêts destinés aux PME.
Il faut cependant dire que l'on est parfois conduit à s’interroger : le Tchad demande souvent qu'on l'aide davantage, mais il est paradoxal de constater que bien des financements extérieurs tardent à être mis en œuvre. Certains des financements de l'AFD ont pris ainsi des mois voire des années de retard du fait des difficultés de passation des marchés. La question de l'aide extérieure n'est donc pas simplement une question de volume, c'est à bien des égards une question d'approche, de manière de travailler ensemble. Les modes opératoires doivent s'adapter au contexte.

Comment l’AFD travaille-t-elle avec les partenaires locaux ?

JMP : C'est bien entendu à nous de nous adapter aux contraintes réelles de nos partenaires, et non l'inverse. L'AFD accompagne depuis quinze ans la ville de Ndjamena . Depuis 10 ans, un canal construit sur financement de l’Agence draine les eaux de pluies de plusieurs quartiers de Ndjamena. Dans la capitale, plus de 100.000 personnes ont accès à une eau propre grâce aux châteaux d'eau financés par l'AFD et mis en gestion privée par la mairie. Elle renforce les compétences au sein des entreprises, par exemple en aidant le Fonds national d'appui à la formation professionnelle à étendre et professionnaliser son activité. Dans le domaine de l'élevage pastoral, à côté d'investissements physiques destinés à l'abreuvement du bétail, elle contribue, avec d'autres partenaires, au dialogue éleveurs/sédentaires et, de façon plus générale, au dialogue qui s'est créé au sein d'une plateforme interprofessionnelle. Je pourrais ainsi multiplier les exemples illustrant notre accompagnement des acteurs dynamiques, pour consolider les bases du développement .

@ Jean-Marc Pradelle - AFD

Sur le plan du dialogue sur les politiques, plusieurs projets innovants, plusieurs études ou plaidoyers ont déjà « fait mouche », y compris à haut niveau, notamment sur l'élevage pastoral ou le dividende démographique (je fais allusion à la campagne initiée par l’AFD « 50 millions de Tchadiens en 2050, cela mérite réflexion »), contribuant à la prise de conscience des enjeux. L'AFD est également très attentive au renforcement des capacités des individus et des organismes partenaires. Les engagements doivent s'inscrire dans une durée suffisante (au moins dix ans) pour consolider un résultat.
 



 
   
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