Aménagement hydro-agricole du Bahr Linia

bahr linia

Contexte

Le secteur rural occupe une place prépondérante dans l’économie du Tchad (40% du PIB) et emploie la majeure partie de la population tchadienne. Le gouvernement tchadien a construit ses stratégies successives de réduction de la pauvreté (SNRP) autour du secteur agricole, la dernière en date étant le programme national de sécurité alimentaire (PNSA).

Objectifs

Le projet améliorera l’approvisionnement de la capitale en produits frais par le développement d’une zone d’agriculture intensive.

Le projet est destiné à faciliter :

  • la maîtrise et l'utilisation rationnelle du potentiel hydraulique du bassin du Bahr Linia,
  • à restaurer l’environnement le long de son cours et
  • à développer une zone de production de fruits et légumes, d’élevage et de pisciculture pour l’approvisionnement des marchés de N’Djaména.

Descriptif

Le projet porte sur l’aménagement du Barh Linia, effluent du fleuve Chari, lors des crues d’hivernage. Il doit permettre de tirer avantage de cette ressource en eau pour intensifier la production agricole sur les berges.

La surface totale prise en compte dans le projet représente environ 3.500 ha.  2 000 ha en hivernage et 1 000 ha en contre saison froide pourront ainsi être irrigués, contre 100 ha en actuellement. Les superficies affectées aux cultures de décrue, importantes pour les exploitants, sont maintenues.

Le projet est organisé en trois composantes.

Composante 1 - Les travaux et la maîtrise d’œuvre

Le projet consiste à aménager :

  • Le bras du Chari qui alimente la prise d’eau du Bahr Linia avec une prise vannée et une zone de dépôt des sédiments après la prise ;
  • La prise proprement dite en l’abaissant jusqu’à un niveau où le Bahr pourra être alimenté de manière significative 9 années sur 10 en moyenne, et en mettant en place un dispositif de contrôle et de réglage des niveaux (vanne et batardeaux) ;
  • Le lit du Bahr Linia en abaissant son profil en long et en dégageant un bief de 8 m de large en fond, avec constitution de bourrelets de matériaux formant digues, munis de drains.

Composante 2 – L’appui aux structures locales et les activités annexes

Deux actions-clés sont à mener qui concernent la gestion de l’eau et des ouvrages et la gestion du foncier par :

  •  La mise en place de l’Association des usagers de l’eau qui devra gérer la distribution de l’eau et entretenir les ouvrages en percevant une redevance,
  • La mise au point de la Commission de gestion foncière de la zone affectée aux spéculations agricoles périurbaines.

Composante 3 – Appui institutionnel à la maîtrise d’ouvrage et coordination

Le ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat (MATUH), maître d’ouvrage, est chargé de la supervision du projet.

Un coordonnateur de projet, ingénieur national, est chargé du suivi de la mise en œuvre du projet (études détaillées, travaux, mobilisation des études et des appuis pour les structures locales, etc.).

Le MATUH dispose d’une assistance technique expatriée qui contribuera, à mi-temps, au suivi du projet pour son compte.

Impacts

Le projet permettra de doubler la production agricole de la zone, avec une forte augmentation des productions irriguées de contre saison (maraîchage).

On estime que le projet contribuera à l’augmentation des revenus de 5.000 personnes (production, commercialisation, transformation). Il contribuera au renforcement de la gouvernance locale (association d’usage de l’eau, gestion du foncier, commune de Linia). Au plan environnemental, des boisements et l’enherbement des berges sont prévus afin d’en limiter l’érosion.

Date et montant

Démarrage : 2012
Montant : 5 millions d'euros en subvention

Mise à jour en novembre 2015

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