Améliorer l’accès des populations aux services de base (eau, hygiène, assainissement) dans les pôles urbains

Selon l’Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED), environ 78% de la population du Tchad vit aujourd’hui en milieu rural. Cependant, les projections démographiques montrent que la population urbaine va augmenter à un rythme sensiblement plus élevé au cours des 20 prochaines années[1]. Le pays est peu préparé pour répondre aux multiples enjeux de cette croissance urbaine de grande ampleur.
La décentralisation engagée par les Autorités tchadiennes se heurte en effet à de nombreux problèmes. Les municipalités peinent à mobiliser les ressources financières et humaines leur permettant de faire face à leurs nouvelles prérogatives et compétences. Le développement des villes se traduit donc par la construction anarchique de quartiers précaires à leurs périphéries, dans lesquels aucun service essentiel n’est offert.
Face à l’ampleur des défis, l’AFD mène, de façon pragmatique, une approche sectorielle du développement urbain avec l’objectif d’étendre l’accès aux services essentiels des populations urbaines vulnérables et de soutenir le développement économique local, qui permettra aux villes d’augmenter leurs ressources propres via l’accroissement de leur potentiel fiscal. Ces opérations s’accompagneront, le cas échéant, du renforcement des capacités des municipalités.
Les interventions de l’AFD, d’un montant total de 22 M€, dont 10 M€ de fonds européens délégués à l’AFD s’articulent autour du renforcement de l’accès à l’eau et à l’assainissement, de l’amélioration de la gouvernance du secteur et de la lutte contre les inondations. Ces financements positionnent la France comme le partenaire de référence de la capitale N’Djamena dans un contexte historique de démarrage de la décentralisation.
 

Prévenir les crises sur l’espace rural et les régions frontalières

Sécuriser la transhumance et l’accès aux pâturages par l’ouverture de points d’eau et le balisage de couloirs de transhumance en concertation avec les sédentaires est un enjeu majeur. L’AFD finance dans ce but des projets d’ hydraulique pastorale sur l’ensemble de la bande sahélienne tchadienne, notamment les projets "Almy Bahaïm" ("de l’eau pour le bétail") à l’Est et "Almy al Afia" ("de l’eau pour la paix") au centre du pays.  Elle cofinance avec l’Etat tchadien la construction d’un second pont sur le Batha pour faciliter la traversée de cet oued par les troupeaux. 

La crise de 2005/2006 à l’Est du pays a conduit les autorités à faire appel à la Communauté internationale pour assurer sécurité et assistance aux populations. L’AFD met en œuvre depuis 2008 le Programme d’Appui à la Stabilisation à l’Est du Tchad  prévu pour accompagner le retour des populations déplacées dans leur région d’origine via l’accès aux services de base et à un accompagnement psychosocial.

A la frontière centrafricaine,  l’ONG CARE appuie les populations hôtes et réfugiées, avec le soutien financier de l’AFD. 

Le Lac Tchad, un enjeu régional majeur

S'étendant aux confins de quatre Etats (Tchad, Cameroun, Niger et Nigeria), le lac Tchad est au cœur des enjeux de développement.

L’enjeu principal est de concilier l’exploitation de ressources naturelles fragiles, la transformation des systèmes agricoles et pastoraux sous l’effet des dynamiques migratoires et la demande urbaine des 4 pays.

L’importance des échanges commerciaux dans cette région à cheval sur les ensembles régionaux Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, souligne le besoin d’une réflexion commune sur le développement régional tiré par les dynamiques urbaines, notamment du Nigeria (Maiduguri) et du Tchad (N’Djamena). 

Mise à jour en avril 2013

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