L'AFD en Bolivie

Calamarca

Avec les paysans de l’altiplano

14/06/2017

En Bolivie, la pauvreté est bien plus vive en milieu rural, et particulièrement dans l’altiplano, plaine inhospitalière bordant la frontière avec le Pérou. Face à un climat rude et à la pauvreté des sols, les paysans peinent à assurer leur subsistance. Une initiative pilotée par le Secours Catholique et financée par l’AFD donne aux petits producteurs les moyens de renouer avec la sécurité alimentaire.

L’altiplano bolivien est avec le plateau tibétain la plus haute région habitée du monde. C’est un milieu extrême. À environ 50 kilomètres de la ville de La Paz et à 4000 mètres d’altitude se trouve la petite communauté de Calamarca (« village en pierre »). Ici, la population vit depuis toujours ses terres, des terres confrontées à un climat rude et froid, à des conditions météorologiques changeantes où l’eau est une denrée rare.

Mais ces conditions déjà difficiles sont aggravées par les changements climatiques. Ici, ils sont bien réels. L’instabilité s’est accrue, bouleversant les régimes des pluies et apportant de longues périodes de sécheresse. Résultat ? La pérennité des pratiques agricoles traditionnelles et donc la sécurité alimentaire des habitants sont menacées. Face à la pauvreté grandissante, nombreux sont ceux qui fuient l’altiplano pour tenter leur chance ailleurs.


Diffuser des pratiques agricoles durables

Pour y remédier, le Secours Catholique pilote un programme de soutien aux petits producteurs de Calamarca et d’une communauté voisine, Colquencha. Il est soutenu financièrement par l’AFD et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) . Sur le terrain, c’est le CIPCA (Centro de investigación y promoción del campesinado) qui accompagne ces communautés.

Le programme mise sur une gestion durable des ressources naturelles et des pratiques agricoles. Une gestion durable qui intègre pleinement la nouvelle donne climatique... Encourager ces initiatives, c’est influer sur développement de l’économie paysanne et indigène et aussi limiter l’exode rural.

L’accompagnement de CIPCA s’est révélé déterminant : l’appui technique et l’apport en matériel ont déjà bénéficié à 150 familles. L’action de l’ONG a permis de développer l’élevage pour la production de lait, la production de légumes bio sous serre et d’installer un système d’irrigation plus résistant aux effets du changement climatique. Une pompe hydraulique solaire a aussi été installée.

« Grâce aux serres, nous avons pu diversifier nos productions en cultivant des plantes qui ne peuvent pas pousser en plein air sur l’altiplano, comme les tomates, les laitues ou les concombres, témoigne Severo Mamani, producteur et chef de la communauté de Caluyo, Calamarca. Et ça se retrouve dans nos assiettes : nous avons introduit de nouveaux aliments dans notre alimentation ! »


Le défi de la commercialisation

Ce soutien a également permis aux paysans de se structurer : « Nous avons créé l’association des producteurs agricoles de Calamarca, pour être plus forts ensemble sur le marché local et mieux protéger nos intérêts », poursuit Severo.

Plus loin, à 20 minutes de trajet en voiture, Colquencha : ici, les espoirs reposent sur un projet de laiterie, également soutenu par le CIPCA. Et comme à Calamarca, les résultats du programme sont tangibles : plus d’indépendance et de résilience face aux changements

« Nous produisons maintenant des dérivés du lait comme du fromage frais et des yaourts, explique Justina Mamani, membre de l’association des femmes productrices de produits laitiers AIMPROLEM. Cela nous permet, à nous producteurs, de mieux faire face aux évolutions du marché du lait et de vendre nos produits localement ! »

 

Plus de responsabilités pour les femmes

L’intégration des femmes et des jeunes dans l’économie paysanne locale est l'un des autres défis à relever. Le CIPCA a fait de la formation des femmes « leaders » une priorité sur le long terme. «  Nous ne devons pas nous contenter d’influer sur le secteur productif, explique  Gustavo Clavijo Leaño, directeur de CIPCA Altiplano. Nous voulons agir sur des questions socio-politiques. Les femmes par exemple jouent un rôle essentiel dans l’économie rurale. Elles sont appelées à être des agents du changement dans l’agriculture et la nutrition. »

Faire face. S’adapter. Et puis relever le défi… Pas à pas, le CIPCA plante quelques graines d’espoir et de changement sur les hauts plateaux. 
 

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