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Haïti et l'AFD
UNE COOPÉRATION DE PLUS DE TRENTE ANNÉES [+]

L'Agence Française de Développement a été autorisée à intervenir en République d'Haïti en 1976. Ses activités ont été interrompues en 1991 à la suite du coup d’Etat militaire, puis ont repris en 1995. En juillet 2002, suite au blocage dû à la question des impayés de l’Etat haïtien vis-à-vis de l’AFD, la décision a été prise de suspendre l'activité de l’agence de Port-au-Prince.
La période de transition initiée par le départ en exil du Président Aristide en 2004 et les élections organisées sous l’égide de la communauté internationale ont permis un retour à une relative stabilité et la réouverture complète de l’agence de Port-au-Prince en décembre 2006.
Aujourd’hui, l’AFD met en œuvre plus d'une dizaine de projets, sous forme de subventions, et dans des secteurs divers : agriculture, développement urbain, infrastructures, éducation, santé, microfinance et appui au secteur privé.
A la suite du séisme du 12 janvier, la France a décidé le renforcement de son aide à Haïti avec notamment l’annulation de la dette bilatérale (56 M€) et 100 M€ d’appuis additionnels alloués à la reconstruction en 2010 et 2011, parmi lesquels 40 M€ sont dédiés au financement de dépenses budgétaires de l’Etat haïtien. D’ores et déjà, 20 M€ ont été versés en 2010, dont 5 M€ au travers du Fonds pour la Reconstruction d'Haïti (FRH).
L'AFD s'est inscrite dans cette politique de reconstruction en approuvant en octobre 2010 le financement de deux nouveaux projets d'ampleur : la réhabilitation de l’Hôpital Universitaire d’Etat de Port-au-Prince et l'aménagement de deux quartiers précaires de la capitale.
À PROPOS D'HAÏTI [+]

Sur la deuxième moitié du XXe siècle, Haïti a traversé une succession de crises politiques et institutionnelles qui ont eu pour conséquence un appauvrissement du pays, aussi bien sur le plan économique, que social et environnemental. Au cours de ces années de conflits et de mauvaise gouvernance, l’Etat n’a pas été en mesure de fournir les services sociaux de base à une population déjà très vulnérable, ce qui a entrainé une perte de cohésion sociale et une émigration massive vers les pays voisins.
La récession économique du pays en 2001 qui a touché tous les secteurs, s’est traduite par une dégradation rapide des principaux indicateurs (croissance, ressources fiscales, déficit, inflation, chute de la gourde par rapport au dollar) et une forte paupérisation de la population : aujourd’hui, les deux tiers des quelques 9 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 $ par jour). Avec un PIB par habitant estimé à 480 $, Haïti est le seul pays des Amériques à être classé dans le groupe des Pays les Moins Avancés (PMA). Selon le rapport mondial du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) de 2007, sur 177 Etats, Haïti occupe le 154è rang dans le monde en termes de développement humain.
En 2004, un coup d’arrêt a été porté à la dérive du pays. Un Gouvernement de transition s’est engagé avec l’appui des bailleurs de fonds dans un processus de reconstruction des institutions et de l’économie. L’intervention de la communauté internationale s’est traduite par la mise en place de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et l’organisation d’élections en 2006 qui ont vu l’arrivée au pouvoir d’un nouveau Président de la République René Garcia Préval, et la constitution d’un Parlement représentatif. Après deux années de stabilité, les émeutes de la faim qui ont embrasé le pays en avril 2008 ont entrainé la chute du gouvernement conduit par J-E Alexis et ouvert une période de vacance politique de cinq mois, qui a pris fin avec la nomination de Mme Duvivier Pierre-Louis au poste de Premier Ministre début septembre 2008.
La succession de cyclones en août et septembre 2008 ont dévasté une partie du pays, et notamment la ville de Gonaïves, déjà très affectée par le cyclone Jeanne en 2004.
Le séisme du 12 janvier 2010 qui a vu périr plus de 300 000 personnes, ravagé le pays et laissé 1,5 million d'Haïtiens sans abris, a aussi détruit de nombreux projets de développement. La période de reconstruction engagée à l'issue de la Conférence de New York de mars 2010 où a été adopté le "Plan d'Action pour le Relèvement et le Développement d'Haïti" ouvre la voie à de nouvelles perspectives et défis pour le pays.
LA STRATÉGIE DE l'AFD EN HAÏTI [+]

Le Document Cadre de Partenariat 2008-2012 entre la France et Haïti signé fin 2007 a retenu deux secteurs de concentration, les infrastructures (route, eau, gestion des déchets) et l’éducation, et deux secteurs hors concentration, la santé et le développement rural.
La stratégie de l’AFD en Haïti s’inscrit dans ce cadre en s’attachant au développement de partenariats (coopération décentralisée, ONG), et de la coopération régionale et transfrontalière.
Depuis le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, l’AFD a engagé 101M€ pour la reconstruction du pays, tout en poursuivant les projets déjà en cours. L’Agence a apporté un appui budgétaire à l’Etat haïtien d’un montant de 37 M€. Elle a également financé à hauteur de 64 M€ des projets de développement dans les domaines de l’aménagement urbain, de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.
Conformément aux vœux des autorités haïtiennes, l’AFD s’est engagée à poursuivre les projets en cours :
- Projet sectoriel d'irrigation dans la zone de l’Arcahaie, de Saint-Marc et sur le Plateau Central (5,3 M€) qui vise à améliorer les capacités de production agricole grâce à une meilleure utilisation des ressources en eau disponibles.
- Projet complémentaire d’irrigation et d’entreprenariat rural dans les régions Ouest, Artibonite et Plateau Central (4,3 M€) avec pour objectif : i) la pérennisation des infrastructures d’irrigation par la responsabilisation des usagers dans leur gestion et leur maintenance ; ii) l’amélioration de la mise en valeur des retenues collinaires du Plateau Central ; iii) la formation de petits entrepreneurs sur le Plateau Central.
- Projet environnement et développement urbain de Jacmel (12 M€) axé sur la lutte contre les inondations et drainage des eaux pluviales et le renforcement des capacités de la municipalité, en partenariat avec la coopération décentralisée de la ville de Strasbourg, notamment dans les domaines de la fiscalité locale, de la collecte des déchets solides, de la gestion des marchés ;
- Construction de la route Hinche - Saint-Raphaël 45 km (38,5 M€) qui vise le désenclavement de la région du Plateau Central, le rétablissement de la liaison routière entre Port-au-Prince et Cap Haïtien. La gestion de ce projet est déléguée à la Commission Européenne.
- Projet d’amélioration de la gestion des déchets dans les villes de Gonaïves et Cap Haïtien (6M€). Sur la gestion des déchets, le projet finance des investissements ainsi que de l’appui à la gestion (formation, équipement, réglementation, exploitation, études). Il comprend aussi un volet de renforcement des capacités municipales, pour Gonaïves en partenariat avec la coopération décentralisée de l’Ile-de-France, et pour Cap Haïtien en partenariat avec la ville de Suresnes.
- Projet de construction de l’Institut des maladies infectieuses et de la santé de la reproduction de l’Association les Centres GHESKIO (1,5 M€). Achevé en décembre 2010.
- Projet de réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans les départements du Centre, des Nippes et du Sud-Est (6 M€) qui comprend une opération de coopération tripartite avec le Brésil pour la mise en place d’une banque de lait maternelle.
- Projet d’amélioration de la gestion du personnel de l’éducation (1,5 M€) qui porte sur un appui à la gestion des ressources humaines par le Ministère de l’éducation.
- Projet de structuration du secteur de la micro-finance haïtien (2 M€), qui vise à consolider, professionnaliser, et définir une réglementation spécifique pour le secteur de la microfinance non coopérative.
Par ailleurs, entre 2006 et 2009, l’AFD a mis en œuvre trois aides budgétaires au gouvernement haïtien pour un montant de 9M€.
Dans le cadre de la reconstruction, l’AFD est chargée de la mise en place d’une partie des aides annoncées par le Président Sarkozy lors de sa visite en Haïti le 17 février 2010 :
- une aide budgétaire au gouvernement haïtien : sur les 20 M€ promis pour 2010, 15 M€ ont été versés au Trésor public haïtien et 5 M€ au travers du Fonds de Reconstruction d'Haïti (FRH).
- la réhabilitation de l’Hôpital Universitaire d’Etat de Port-au-Prince (1ère phase de 11,7M€ octroyés en 2010).
- un projet de rénovation urbaine et de reconstruction de deux quartiers précaires de Port-au-Prince (Martissant et Baillergeau) touchés par le séisme du 12 janvier 2010 (1ère phase de 5,8M€ octroyés fin 2010).
APRÈS LE SÉISME, RECONSTRUIRE EN MIEUX [+]

Il était 16h53 en cette après midi du mardi 12 janvier 2010. C'est à ce moment que la République d'Haïti va vivre un phénomène sans précédent. Un tremblement de terre d'une magnitude de 7.3 sur l'échelle de Richter dévaste près d'un tiers du pays.
Port-au-Prince, Léogâne, Petit Goâve et Jacmel sont les villes les plus touchées. Plus de 300 000 morts, des milliers de maisons détruites, 1,3 millions de sans abris pour plusieurs milliards de dollars de dégâts, le bilan est lourd.
Devant l'ampleur du désastre et du travail, la France à travers ses dirigeant et l'Agence Française de Développement font rapidement montre de leur appui et engagent d'importants moyens sur le terrain afin de venir en aide auprès de ce pays ami.
Reconstruire en mieux, titre de ce documentaire, a pour but de présenter le large panel d'intervention de l'AFD en Haïti et de dresser un premier bilan de ses actions, un peu plus d'un an après le séisme.


