Où nous intervenons et dans quels secteurs

ÉDUCATION, FORMATION, EMPLOI

Cap vers la qualité

 
Si la jeunesse est probablement la plus grande richesse d’Haïti, avec 34 % de jeunes de moins de 15 ans, c’est aussi son plus grand défi. Au cours des dernières années, l’accès des enfants haïtiens à une scolarisation de base est en net progrès : la fréquentation scolaire a augmenté de 50 % à 70 % entre 2005 et 2012.
 
Pourtant, les enfants haïtiens apprennent encore trop peu à l’école, redoublent ou abandonnent fréquemment et la réussite aux examens est trop faible. L’importance accordée à l’éducation est pourtant grande dans la société haïtienne.
          
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a ainsi mis le « cap sur la qualité ». Cet effort est énorme et implique une mobilisation de tous, du secteur public comme du secteur privé, ce dernier accueillant environ 3 enfants sur 4 dans ses établissements.
 
Les enseignants sont un maillon clé de la qualité d’un système éducatif. Leur formation académique et pédagogique doit être améliorée et de meilleures conditions de travail permettraient de mieux les valoriser. Des programmes adaptés au besoin de la société doivent permettre l’émergence d’une génération formée aux défis de son temps, pour inscrire le pays sur la trajectoire d’un développement durable.
 
L’AFD accompagne le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle pour relever le défi de l’éducation.
 
  • Le Plan Education 2016-2020. L’AFD contribue aux engagements présidentiels en matière d’éducation par la mise en place d’un programme pluriannuel en éducation qui totalisera un montant de 12 à 15 millions d’euros à l’horizon 2020.
    Dans une première phase, l’AFD mobilise 8 millions d’euros à la requête du Ministère pour un appui à l’amélioration de la qualité de l’éducation aux niveaux du 3e cycle de l’école fondamentale (équivalent du collège) et du secondaire rénové (lycée). Le projet vise à appuyer le déploiement du troisième cycle rénové intégré au sein d’écoles fondamentales complètes, accompagner la mise en œuvre du nouveau secondaire et assister le ministère dans la conduite du projet et le pilotage des réformes sectorielles.
     
     

La formation professionnelle pour le développement socio-économique d'Haïti

 

La formation professionnelle accueille plus de 20 000 apprenants. Les 450 centres que compte le dispositif sont majoritairement privés et inégalement répartis sur le territoire, très peu délivrent une formation de qualité avec des équipements adaptés et des formateurs compétents. La formation professionnelle est également largement portée par l’apprentissage traditionnel, non régulé, dans les entreprises du secteur informel qui représente 90 % de l’économie haïtienne et qui offre seulement un apprentissage un pratique basé sur l’observation et le mimétisme, correspondant à la demande mais peu innovante et ne permettant pas d’anticiper l’évolution des besoins en compétences.
 
L’offre de formation professionnelle en Haïti est donc en général de faible qualité et peu en adéquation avec les besoins des opérateurs économiques. Les jeunes diplômés peinent à s’insérer. Les employeurs ne trouvent pas les compétences qu’ils recherchent sur le marché du travail. Le rapprochement de l’offre et de la demande de compétences professionnelles est un défi majeur pour l’économie comme pour la société haïtienne qui doit investir dans l’avenir de sa jeunesse. La modernisation du secteur de la formation professionnelle est un travail indispensable.
 
Aujourd’hui, il n’existe aucun dispositif de financement pérenne de la formation professionnelle. La taxe professionnelle qui devait permettre de financer ce sous-secteur a été progressivement utilisé à d’autres fins. Un tel dispositif permettrait de renforcer le dialogue avec le secteur privé, un acteur majeur dans ce domaine qui doit progressivement regagner confiance dans le système de formation national, en s’y impliquant plus. Le partenariat entre le public et le privé est la clé.
 
L’AFD s’est engagée aux côtés de l’Institut national de la formation professionnelle pour relever le défi de l’emploi des jeunes et doter l’économie haïtienne de compétences adaptées aux besoins de ses entreprises, petites et grandes.
 
  • Appui à l'Institut national de formation professionnelle et au Centre pilote : des compétences pour l'emploi des jeunes. L’AFD a signé en mai 2015 avec l’État haïtien une convention de financement de 5 millions d'euros dans le secteur de la formation professionnelle, en présence du président Hollande. Le projet inclut trois composantes : la création d’une filière de formation aux métiers de l'eau au Centre pilote de formation professionnelle, en partenariat avec la société publique de distribution d’eau ; la mise à niveau, en lien avec les acteurs économiques, de trois filières porteuses en termes d’emploi (construction, électrotechnique et mécanique automobile) au Centre pilote réhabilité à cette occasion ; un appui global à la modernisation du fonctionnement de l’Institut national de formation professionnelle pour la conduite de projets et le pilotage du secteur.

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SANTÉ


Grâce notamment à une volonté politique soutenue, le secteur de la santé en Haïti a connu des progrès notables au cours des dernières années, par exemple en matière de lutte contre le sida et de disponibilité des infrastructures suite au tremblement de terre. Malgré ces efforts, les indicateurs de santé du pays restent les plus faibles des Amériques, tout particulièrement en ce qui concerne la santé maternelle et infantile. L’espérance de vie globale se situe à 61 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes. Le taux de mortalité maternelle est de 350 pour 100 000 naissances vivantes, 24 % seulement des accouchements sont assistés par du personnel qualifié. La mortalité infantile est de 59 pour 1000 naissances vivantes. Seulement 31 % des femmes en âges de procréer ont accès à des méthodes contraceptives modernes.

Les dépenses de santé estimées à 200 USD par habitant et par an, dont 1 USD seulement correspondant à des dépenses publiques, ne suffisent pas à financer à un niveau adéquat ni les infrastructures, ni l’approvisionnement en médicaments, ni les ressources humaines.

Les actions menées par l’AFD sur la santé maternelle et les infrastructures s’inscrivent en droite ligne dans les priorités du ministère de la santé et contribuent au renforcement du système sanitaire haïtien.
 

  • La reconstruction de l'hôpital universitaire d'État d'Haïti. Le projet de reconstruction de l’hôpital Universitaire d’État d’Haïti vise à reconstruire et mettre aux normes les bâtiments (détruits à plus de 50 % par le tremblement de terre), mettre à niveau les équipements et améliorer le niveau de soin en renforçant les capacités du personnel médical. En cofinancement avec l’Agence américaine d’aide au développement (USAID, 25 millions de dollars) et l’État d’Haïti (33 millions de dollars), l’AFD accompagne la réalisation de ce projet pour lequel elle a octroyé en 2010 une subvention de 25 millions de dollars.
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  • Soutenir la santé maternelle et infantile. Le projet « Timama », d’un montant de 8 millions d'euros, a démarré début 2016. Il est mis en œuvre par un groupement d’ONG françaises et haïtiennes sous la coordination de Médecins du Monde et sous le pilotage du ministère de la Santé haïtien. Il se déroule dans les départements de la Grande-Anse, du Sud et du Nord-Ouest. Il vise le renforcement des capacités à l’échelon communautaire pour encourager la demande de soins en santé maternelle et infantile et en planning familial. Il contribue à l’amélioration de la qualité des structures sanitaires, au renforcement des directions départementales et de la gouvernance globale du système. Il prend en compte les violences liées au genre, la problématique psychosociale ainsi que la nutrition.
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AMÉNAGEMENT URBAIN ET INFRASTRUCTURES

 

Intégrer les quartiers précaires et transformer durablement la ville

 

Un peu plus de 50 % de la population vit déjà en ville en Haïti, des villes qui ne cessent de croître et de s’étaler. Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, environ 80 % de la surface urbaine correspond à des quartiers précaires, où les services essentiels sont rares et chers, où les maladies se propagent rapidement, dont l’enclavement empêche ses habitants de s’intégrer dans la vie économique et sociale de la cité.
 
Plusieurs projets d’aménagements urbains (lutte contre les inondations, amélioration de la desserte en eau, gestion des déchets) sont financés par l’AFD en Haïti, s’attachant à lutter contre les exclusions dans les villes et à améliorer leur résilience face aux chocs et intempéries.
 
  • Contribuer au réaménagement de deux quartiers de Port-au-Prince fortement touchés par le séisme.
    Le projet d’Aménagement Intégré des quartiers de Martissant et Baillergeau, qui représente un montant de 30 millions d'euros (dont 19,5 millions d'euros en délégation de l’Union européenne) a démarré par l’élaboration de schémas d’aménagement, réalisés de manière participative avec les populations et les pouvoirs publics. Cette démarche a constitué une première en Haïti et elle fait depuis référence.
    Les interventions dans ces quartiers doivent continuer jusqu’à fin 2017 et visent la réhabilitation de voiries structurantes pour désenclaver ces quartiers en les reliant au reste de la ville comme l’amélioration de la desserte piétonne pour sécuriser les déplacements à l’intérieur des quartiers. Un volet de reconstruction et renforcement de logements selon les normes parasismiques selon la méthodologie de l’auto-construction assistée, plaçant le ménage au cœur de la stratégie d’amélioration de la qualité du bâti. Un appui structurant aux institutions haïtiennes en charge du secteur urbain sur des thématiques phares telles que la règlementation de l’urbanisme, les permis de construire, la maîtrise de l’étalement urbain.
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Aménager durablement le territoire

 

  • Trouver des solutions pour la gestion des déchets au cap haïtien.
    Au Cap Haïtien, l’AFD est impliquée depuis 2011 dans un projet de gestion des déchets solides mené par la Mairie. Dans cette ville, qui dispose d’un remarquable potentiel de développement touristique, l’absence de gestion des déchets représente un handicap de développement et une menace pour la santé publique.
    L'AFD intervient avec la collaboration de la BID sur la structuration de toute la chaîne de gestion des déchets, c’est-à-dire depuis la collecte jusqu’au traitement. La mairie est aujourd’hui dotée d’un plan d’action pour la collecte des déchets et pu réserver et clôturer des terrains communaux pour l’installation de points de regroupement des déchets. Un plan d’amélioration des recettes fiscales de la ville est déjà à l’œuvre pour le financement de service, pour lequel les usagers devront également contribuer. Dans une phase de prédémarrage limité à un quartier, de nombreux aspects techniques doivent être validés (organisation des services de la mairie, collecte de la redevance, tri et compostage des déchets organiques). Le site du centre d'enfouissement technique, au terme des études techniques et environnementales ainsi que d’un processus de consultation publique, a obtenu l’agrément du ministère de l’Environnement.
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  • La réhabilitation de la route Hinche-Saint Raphaël s’inscrit dans le cadre du programme de réhabilitation de la RN3, fortement dégradée, qui relie Port-au-Prince à Cap Haïtien, la deuxième ville du pays. D’une longueur de 190 km, cette route représente à elle seule 30 % du réseau primaire du pays.
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AGRICULTURE

 

Répondre aux enjeux du développement rural

 

Le secteur agricole pèse pour près d’un quart du PIB national et environ 60 % de la population active travaille dans l’agriculture. Son rôle dans le revenu des ménages, mais également la sécurité alimentaire est largement reconnu. Cependant, malgré un fort potentiel du secteur, les contraintes sont nombreuses : une gestion de l’eau complexe (besoin de drainage ou d’irrigation, infrastructures délabrées, gestion sociale de la ressource déficiente notamment faute de cadre légal), un morcellement des terres (une large majorité des producteurs possède moins de 2 hectares) et des situations d’insécurité foncière, des financements insuffisants et inadaptés, des difficulté d’accès au marché, un fort degré d’ouverture commerciale favorisant les importations à bas coûts, etc.
 
En conséquence, non seulement l’insécurité alimentaire, liée directement à la pauvreté, reste prégnante (environ 30 % de la population concernée), mais la production parvient de moins en moins à satisfaire la demande intérieure. L’approvisionnement en céréales dépend à près de 50 % des importations.
 
Pour faire face à ces nombreux défis, exacerbés par une pression démographique forte et le changement climatique, l’AFD bénéficie d’une expérience ancienne et solide dans le domaine du développement rural en Haïti. Aujourd’hui, elle œuvre principalement dans le domaine de la sécurité alimentaire et s’engage dans l’appui à l’agroforesterie sur des filières porteuses (café, cacao, vétiver).
 
  • Améliorer la situation alimentaire et les revenus des petits producteurs. 
    Le projet d’Appui à la production agricole et à la sécurité alimentaire dans le département du Sud, de l’Ouest et de l’Artibonite (projet SECAL) est financé par l’AFD à hauteur de 16,2 millions d’euros (dont 4,7 millions délégués par l’Union Européenne). Touchant à la fois à la production, à la transformation, la commercialisation, au secteur de la recherche, il vise à améliorer le revenu des producteurs, leur sécurité alimentaire, leur accès au financement et à favoriser une meilleure redistribution de la valeur entre les différents acteurs des filières.
    Démarré en 2013 sous une maîtrise d’ouvrage décentralisée (la Direction Départementale d’Agriculture du Sud), le projet SECAL intervient sur plusieurs filières : maïs, haricots, banane plantain, en apportant un appui technique et financier à près de 800 producteurs. Des centres de stockage ont été construits. Le canal d’irrigation d’Avezac, l’un des plus anciens de la Caraïbe, a été réhabilité, portant les surfaces irriguées à près de 3 000 hectares, et un soutien est apporté aux associations d’irrigants afin de permettre une pérennité des ouvrages.
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COFINANCEMENT DES ONG

En Haïti, l'AFD soutient de nombreuses initiatives portées par des ONG françaises qui viennent en appui à et en renforcement de leurs partenaires de la société civile haïtienne.

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Transparence et redevabilité

Mise à jour en novembre 2016

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