Appui à la sécurité alimentaire dans le département du Sud

Dans les années 1980, la production agricole haïtienne représentait près de 80 % de la disponibilité alimentaire du pays. En 2013, 48 % des denrées alimentaires sont issus de la production agricole nationale tandis que les importations et l’aide alimentaire représentent, respectivement, 44 % et 8 %. 

Les plans d’ajustement structurel menés en Haïti dans les années 1990 ont participé à la déstabilisation de l’agriculture haïtienne. À la suite de la suppression des barrières douanières, de nombreux produits importés sont arrivés sur les marchés locaux, concurrençant alors les produits nationaux.
 
Aujourd’hui, l’agriculture familiale haïtienne fait face à de nombreuses difficultés. Le crédit agricole est peu développé ; sans financements, les producteurs n’ont pas les moyens d’acheter ou de réparer leurs équipements : charrues pour le labourage, moulins pour la transformation des céréales, etc. L’accès aux technologies, aux conseils et à la formation est limité, il est alors difficile de faire évoluer les exploitations vers des modes de production plus adaptés. Les infrastructures telles que les systèmes d’irrigation et les équipements de stockage sont dégradés, ce qui occasionne des pertes de rendement. L’agriculture familiale haïtienne est de ce fait peu compétitive face aux importations et la valeur ajoutée créée reste relativement faible sur la plupart des filières vivrières.
 
Le gouvernement haïtien met actuellement en œuvre son Programme triennal de relance agricole (PTRA) 2013-2016. Schéma directeur pour le développement agricole du pays, il vise notamment à «accroître la productivité agricole en vue de l’augmentation des revenus des exploitations agricoles familiales et de l’autosuffisance alimentaire de son niveau actuel de 50 % à un niveau de 60 % ».

Objectifs

Le projet SECAL, mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) a pour objectif d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti. Plusieurs filières prioritaires ont été ciblées : les filières maïs, haricots et la filière avicole dans le département du Sud et la filière banane plantain dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite.
 
Le but est d’augmenter et d’améliorer la production, la conservation, la transformation et la commercialisation de ces produits agricoles afin :
  • d’améliorer la sécurité alimentaire par l’accroissement des productions agricoles ;
  • de réduire la pauvreté en milieu rural par une meilleure redistribution de la valeur ajoutée.
 
Le projet SECAL a été construit autour de quatre composantes : 
  1. Le renforcement des filières végétales et animales ; 
  2. Le développement de la recherche agricole ;
  3. Le renforcement des capacités du Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural ;
  4. Le soutien à la politique d’achats locaux et au programme de cantines scolaires.
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Évolution du projet

 
Le projet SECAL a effectivement démarré en février 2013. La direction départementale Agricole du Sud (DDAS), qui pilote le projet a été renforcée. Plusieurs ingénieurs ainsi qu’un coordonnateur et une administratrice ont été recrutés afin d’appuyer le personnel de la DDAS.
 
 
       AFD - E. Chavallard
                         
Dans le département du Sud, la dégradation continue des bassins versants et des infrastructures hydrauliques limite considérablement les volumes d’eau disponibles pour les agriculteurs présents dans la plaine des Cayes. Dans le cadre de la composante « Renforcement des filières maïs et haricot », les périmètres irrigués d’Avezac seront réhabilités ; Ces travaux d’un montant total de 2,4 millions d'euros prendront fin en décembre 2014 et permettront d’irriguer 1500 hectares supplémentaires de terres agricoles.
 
Les associations d’irrigants bénéficient aussi de l’appui d’un cabinet d’expertise haïtien ; l’objectif est ici de renforcer ces associations afin qu’elles assurent sur le long terme l’entretien des systèmes d’irrigation.
 
Près de 800 producteurs de maïs ont été accompagnés sur trois campagnes agricoles grâce à la distribution de subventions pour l’achat de semences et d’engrais. Ces producteurs sont appuyés par une ONG haïtienne qui les oriente et les conseille dans leurs choix techniques.
 
L’appui aux aviculteurs commencera dès le début de l’année 2015. D’autres activités telles que le développement du crédit agricole, la recherche ou encore le conseil aux transformateurs et commerçantes seront lancées dans le courant de l’année prochaine.
 
 
AFD - E. Chavallard
 

Financement

 
L’amélioration de la sécurité alimentaire, le soutien aux exploitations familiales et le renforcement des filières font partie des axes d’intervention prioritaire de l’AFD.  Le projet SECAL, d’un montant total de 16,2 millions d'euros est financé par l’Union européenne (5 millions d'euros) ainsi que par l’AFD et le ministère des Affaires étrangères (11,2 millions d'euros).

 

drapeau union europeenne

Ce projet est réalisé avec la participation financière de l’Union européenne . Les opinions exprimées dans sur cette page ne doivent cependant pas être considérées comme reflétant la position officielle de l’Union européenne.

11/08/2014
Mise à jour en avril 2017

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