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Structuration du secteur de la microfinance haïtien
Dans un pays de 8 millions d’habitants, dont 76% vivent sous le seuil de pauvreté et où environ 80% de la population active est dans le secteur informel, le secteur de la microfinance s’est développé pour pallier les carences du secteur bancaire qui peine à assurer le financement d’une économie de plus en plus informelle.
Si les premières expériences en matière de microfinance en Haïti datent des années cinquante pour le secteur coopératif et du début des années 1990 pour les structures non coopératives, la plupart des institutions actuelles ont vu le jour au cours des années 1990, notamment avec l’entrée des banques commerciales dans le secteur, via la création de filiales ou de départements dédiés.
Le secteur connaît une forte expansion depuis une dizaine d’années mais l’offre demeure bien en deçà des besoins. La demande potentielle en services financiers est estimée à 10 fois l’offre actuelle. De plus, l’offre est concentrée en milieu urbain et la gamme de produits est limitée, marquée par une prépondérance des prêts à court terme finançant les activités de commerce, laissant le secteur productif (agriculture, artisanat) sans accès aux financements.
Le degré d’autonomie et le niveau de professionnalisation des institutions et structures qui interviennent dans le secteur de la microfinance en Haïti varie sensiblement d’une institution à l’autre. Si certaines institutions (filiales de banques, certaines associations ou fondations) se distinguent par leur solidité institutionnelle, leurs efforts d’innovation et leur professionnalisme, les besoins de renforcement des capacités de nombreuses autres institutions sont grands.
Objectifs et contenu du projet
L’objet du présent projet est :
- D’apporter un soutien financier à l’ANIMH pour le financement de ses activités, à savoir des dépenses d’investissement et de fonctionnement de l’association ainsi que d’expertise externe (pour lui permettre de favoriser la consolidation et la professionnalisation du secteur de la microfinance haïtien
- D’apporter un appui à la Banque Centrale (Banque de la République d’Haïti) consistant en un financement d’assistance technique et d’expertises externes pour appuyer la Banque dans la définition d’une réglementation spécifique à la microfinance et la mise en place d’une cellule de supervision du secteur compétente.
Le cadre réglementaire et de supervision
Le cadre légal et réglementaire des activités de microfinance est embryonnaire et inadapté. Il n’existe aucune réglementation synthétique et aucun statut particulier pour les institutions de microfinance (banque de développement, institution financière spécialisée) ni mesures fiscales propres. Chaque type d’institution, au regard de son statut juridique, se voit soumis à des règles spécifiques. Parmi toutes les catégories d'IMF, seules les filiales de microcrédit des banques commerciales, et depuis 2002 les coopératives, sont agréées par la Banque Centrale comme établissements financiers et censées être supervisées par cette dernière. Toutes les autres institutions de microfinance, ayant pour la plupart un statut d’association ou de fondation, qui représentent environ 30% de l’encours de crédit, ne sont soumises à aucune réglementation spécifique ni contrôle de la BRH.
L'ANIMH
L’Association Nationale des Institutions de Microfinance d’Haïti a été créée en novembre 2002, avec le soutien du projet DAI/FINNET (projet d’appui technique au secteur financé par l’USAID) comme place de concertation des institutions de microfinance non coopératives. Elle compte aujourd’hui 18 membres, dont les institutions leaders du secteur non coopératif de la micro finance. La mission de l’ANIMH est de contribuer au développement du secteur de la microfinance haïtien et de favoriser la professionnalisation des institutions.
Principaux effets attendus
Ce projet vise la mise en place d’un cadre propice au développement du secteur de la microfinance en Haïti et par ce biais à la structuration du secteur. Les actions engagées, tant au niveau des IMF en termes de renforcement des capacités, qu’au niveau de la mise en place d’un cadre légal et réglementaire adapté, devraient permettre de contribuer au développement d’une offre pérenne de produits et services financiers pour les populations traditionnellement exclues des circuits financiers et ainsi contribuer de manière durable à l’amélioration de la situation socio-économique du pays.
Coût et financement
Le montant total du financement de l’AFD est de 2 millions d’euros sous forme de subvention, dont un million d’euros octroyé à l’Association Nationale des Institutions de Microfinance d’Haïti (ANIMH) et un million à la Banque de la République d’Haïti (BRH).


