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KINGO

Guatemala | Les lumières de Kingo

14/06/2017

Au Guatemala, un habitant sur dix n’a pas accès au réseau national d’électricité. Depuis près de quatre ans, une start-up guatémaltèque leur propose le kit Kingo , une solution innovante pour produire de façon autonome, et à bas coût, de l’électricité solaire. Plus de 15 000 foyers sont déjà équipés…

Des millions de personnes sont encore privées d’électricité en Amérique centrale. Elles s’éclairent à la bougie, au kérosène ou grâce à un groupe électrogène… Si ces solutions de fortune sont légion, une innovation gagne du terrain au cœur des zones les plus reculées du Guatemala : Kingo , un boîtier intelligent qui peut être installé en une vingtaine de minutes et qui permet de fournir de l’électricité par simple raccordement à un panneau solaire.

 

 

© Sarah Caroline Müller

 

 

Cette production est dite autonome - « off-grid », en anglais. « C’est la façon la plus rapide et la moins coûteuse de développer l’accès à l’électricité pour les populations rurales qui ne sont pas connectées au réseau national », précise Juan Fermin Rodriguez, directeur et co-fondateur de Kingo Energy . Une société créée en 2013 et dans laquelle Proparco , la filiale de l’AFD dédiée au financement du secteur privé, a pris une participation en 2016.


Pay-as-you-go !

L’argument financier fait mouche dans un pays où la moitié des 15 millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté – une  proportion encore plus importante au sein des populations mayas, qui vivent dans des régions isolées.

C’est d’ailleurs dans deux des départements les plus pauvres du pays, l’Alta Verapaz et le Péten, que Kingo a commencé à se déployer ; là où les taux de couverture du réseau électrique étaient les plus faibles. « En moins de deux ans, nous avons équipé plus de 15 000 foyers, ajoute Juan Fermin. Cela a permis aux familles d’améliorer leurs conditions de vie, la sécurité de leur foyer mais aussi de réduire le temps des activités domestiques et de favoriser les études des enfants. » Kingo est aujourd’hui la seule solution alternative au réseau d’électricité conventionnel proposée au Guatemala.

Le principe de cette offre ? Un capteur solaire est installé sur le toit de la maison moyennant la signature d’un contrat sans engagement de durée et le paiement d’unités de temps par une carte prépayée, un peu à la manière des recharges de téléphone portable. Une fois les codes de la carte entrés par le client, l’accès à l’électricité est débloqué.

Ce système « pay-as-you-go » n’implique pour le client ni l’achat du matériel, ni le paiement de l’installation du dispositif. Il cumule les avantages : moins cher, plus lumineux, moins dangereux et moins polluant que les lampes à kérosène ou les bougies.

Kingo ne nécessite par ailleurs aucune adaptation culturelle de la part des utilisateurs : c’est dans les petites épiceries, ou directement auprès des représentants de la société que l’on peut acheter les cartes de recharge. À l’avenir, le paiement du forfait pourra se faire par téléphone portable… Et Kingo prévoit d’équiper 2 millions de personnes en Amérique latine d’ici 2020.
 

« Tout le monde veut la lumière »

Les clients ont pour l’heure le choix entre deux offres :

  • le kit Kingo 15, qui permet d’alimenter trois ampoules (cinq heures d’éclairage par jour) et de recharger un téléphone portable pour un tarif quotidien de 6 quetzales (70 centimes d’euros) ou de 110 quetzales par mois (13 euros) ;
  • ou Kingo 100, qui délivre assez de puissance pour éclairer la pièce principale de la maison pendant cinq heures, recharger trois téléphones portables et alimenter deux équipements électriques.

Elena s’est installée il y a deux ans dans le village de Caserio El Limon dans la province du Péten. Et l’arrivée de Kingo a changé sa vie. « Avant, il fallait se lever plus tôt, entre 4 et 5 heures du matin, s’éclairer à la bougie pour préparer les repas de la journée. À présent, il est possible de s’organiser différemment, de se lever plus tard, de passer plus de temps avec la famille, et surtout, cela permet aux enfants d’étudier une heure par jour. Nous sommes désormais quinze familles à utiliser l’électricité. Tout le monde veut la lumière ! ». Elena peut désormais éclairer sa maison plus de cinq heures par jour, recharger son portable et organiser les devoirs des enfants, sécuriser la maison, tout en payant 25 % moins cher.

 

 © Sarah Caroline Müller


Notre approche est la bonne
 
L’expansion de Kingo a été rendue possible grâce à une levée de fonds auprès de plusieurs investisseurs, dont FMO, la Société financière de développement néerlandaise , et Proparco, mais aussi grâce à la baisse de 80 % du coût des installations solaires depuis 2008. Pour Juan Fermin, il est toutefois indispensable que Kingo remplisse ses engagements tout en étant rentable. « Je crois fermement que notre approche est la bonne et que nous pourrons à la fois être profitable et servir le bien public. Ce qui compte pour nous, c’est que nos équipements soient de plus en plus performants et permettent d’offrir davantage de service à nos utilisateurs

Mais le marché de la jeune entreprise ne s’arrête pas aux frontières du Péten. Grâce à une ambitieuse levée de fonds, l’entreprise espère des opérations au Honduras, au Mexique et en Colombie. 

Toutefois, dix ans après l’émergence de premières solutions off grid, aucun modèle économique n’est encore parvenu à dominer le marché. La solution Kingo pourra-t-elle faire la différence ? « Nous avons le devoir de porter notre projet au-delà du risque financier afin de réduire les écarts de pauvreté, poursuit Juan Fermin. C’est pour ça que nous avons besoin de partenaires financiers tels que Proparco pour nous accompagner. »

 

 © Sarah Caroline Müller

 

Découvrez le site officiel de Kingo

 

Et découvrez la vidéo du projet réalisée par Proparco

 

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