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Intervention de l’AFD au séminaire sur la coopération pour le développement des infrastructures en Afrique, Pékin

03/12/2012

 L’agence AFD de Pékin a été invitée à intervenir dans le cadre d’un séminaire sur la coopération pour le développement des infrastructures en Afrique co-organisé par le Ministère du Commerce chinois (Mofcom) et la Banque  Mondiale.  Ce séminaire avait pour objectif de partager les expériences en matière de développement des infrastructures de transport et de télécommunication en Afrique. Il a rassemblé des officiels de 19 pays africains, des représentants du PNUD, de  la SFI , du DFID et de  la Development Bank  of South Africa (DBSA) ainsi que des représentants d’institutions et de banques chinoises telles que  la China Eximbank  et  la China Development  Bank. 

Le directeur du Département des aides à l’Etranger du Mofcom est intervenu en ouverture du séminaire pour souligner l’ampleur des besoins et encourager une coopération renforcée afin d’accompagner le développement des infrastructures en Afrique. Sandrine Boucher, directrice de l’agence de Pékin, a présenté les activités de l’AFD en Afrique, en particulier les projets d’infrastructures de transport réalisés sur le continent. Elle a commenté sur les principales leçons tirées de l’expérience de l’AFD pour assurer la réussite de ces projets et mis l’accent sur l’importance de la dimension régionale des programmes d’infrastructures de transport. Le partenariat entre l’AFD et la DBSA notamment au travers de la création d’un fonds de préparation de projets a également été signalé pour illustrer l’importance d’apporter les ressources requises pour réaliser des études de faisabilité de qualité. 

Cette rencontre a été l’occasion d’initier un dialogue entre les autorités chinoises, les représentants des ministères techniques de plusieurs pays africains et les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux sur les enjeux et les perspectives de développement des infrastructures en Afrique. Elle marque également tout l’intérêt que porte la Chine à échanger avec les autres partenaires de développement sur les pratiques en matière de pilotage et d’exécution des projets d’infrastructures, les moyens d’assurer la soutenabilité des projets sur le plan économique, environnemental et social et les modalités d’accompagnement les plus efficaces pour permettre aux partenaires africains de relever les défis majeurs auxquels ils sont confrontés.



Reconstruction du Sichuan : un rappel de l'engagement français pour une croissance verte

29/10/2012

La cérémonie de clôture du programme de reconstruction post-séisme financé par l’AFD s'est déroulée à Chengdu le11 octobre dernier. L'occasion de faire le bilan de l'action engagée, et de découvrir des réalisations à la hauteur de la mobilisation internationale, notamment française. Cette cérémonie a été concomitante à la venue en Chine, dans le cadre d'un voyage d'étude, des sénateurs Yvon Collin et Jean-Claude Peyronnet, respectivement vice-président de la commission des Finances et vice-président de la commission des Affaires étrangères du Sénat.


La reconstruction verte du Sichuan en images

Découvrez dans ce documentaire de 11 minutes "La reconstruction verte du Sichuan : agir ensemble pour un avenir durable"  les 100 000 biodigesteurs domestiques qui recyclent les déjections animales pour en faire du gaz, le guide pédagogique pour aider les Chinois à construire des maisons économes en énergie...

En fin d'article, lisez les propos du sénateur Jean-Claude Peyronnet (Haute-Vienne), dans lequel ce dernier, de retour d'un voyage d'étude en Chine, apporte un éclairage sur les motivations de la France à s'engager sur les chantiers de développement en Chine, sur la forte portée sociale, économique et environnementale du programme de reconstruction du Sichuan, et témoigne des sentiments très positifs que suscite la coopération bilatérale franco-chinoise  [voir en fin d'article]. 

 

 

Infrastructures, assainissement et biogaz : les principaux volets du programme de reconstruction du Sichuan

Le programme aussitôt mis en œuvre par l’AFD au Sichuan, au lendemain du tremblement de terre qui avait frappé la Chine en mai 2008, comprend deux volets : d'une part, la reconstruction d’infrastructures, à hauteur de 150 millions USD, qui ont permis de réhabiliter 67 kilomètres de routes et dix ponts, des réseaux d’eau et d’assainissement (précisément, trois stations de production d'eau potable et trois stations de traitement des eaux usées), des sites de collecte des déchets, de voiries rurales et l’aménagement des berges de deux rivières ; d'autre part, de reconstruire plus de 100 000 biodigesteurs ruraux pour un montant de 50 millions USD.

Du gaz issu des déjections animales

Ces biodigesteurs permettent, à partir de la fermentation de déjections animales, de produire du méthane. Ce gaz passe ensuite par des tubes pour alimenter la cuisine et les lampes à gaz. Les avantages sont nombreux : la production d'une énergie renouvelable et propre, en remplacement du bois et du charbon, qui évite une forte pollution de l'air, et l'utilisation des résidus de la fermentation comme engrais de qualité.

Un guide pédagogique pour une plus grande efficacité énergétique

Le programme a également permis la réalisation et la diffusion large d’un « guide pédagogique pour la construction des maisons rurales » mettant l’accent sur les normes parasismiques et l’efficacité énergétique. Ce guide, qui a été réalisé par une équipe franco-chinoise, le Cabinet d’architecture AP3 et l’Institut Xi’nan, a également été soutenu par le ministère du Logement et du Développement urbain et rural (MOHURD) et la Commission de Construction du Sichuan.

L'un des 100 000 biodigesteurs individuels (crédit AFD).
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Une cérémonie qui met en lumière l'engagement français pour la promotion des bonnes pratiques environnementales et sociales 

La cérémonie de clôture du 11 octobre a rassemblé 150 participants, essentiellement des représentants des différentes autorités locales ayant bénéficié du programme financé par l’AFD, ainsi que des partenaires chinois ayant pris part au programme, mais également des entreprises et ONG françaises ayant participé au projet : Veolia Water Solutions and Technologies, dont la technologie MultifloTM équipe la nouvelle station de production d’eau potable de Deyang (seconde ville du Sichuan), ainsi que le Bureau Veritas et l’ONG française Initiative Développement dont les contributions ont favorisé l’introduction de meilleures pratiques internationales, notamment dans les domaines environnemental et social. 

 
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Grégory Clémente et Yves Guicquéro, respectivement directeur et directeur adjoint du Département Asie de l’AFD, ainsi que Liu Yuan, directrice générale adjointe de la Commission de Réforme et de Développement (DRC) du Sichuan, étaient présents. La cérémonie était présidée par Sandrine Boucher, directrice de l’agence de Pékin de l'AFD et par Yang Xin, directrice adjointe du bureau du fonds et de l’investissement de la DRC du Sichuan.

L'AFD, seul bailleur national actif pour la reconstruction du Sichuan

Dans son discours, Emmanuel Rousseau, consul général de France à Chengdu, a rappelé que la contribution de l’AFD, au nom de la France, avait fait l’objet d’un accord en 2008, quelques mois seulement après la catastrophe, et que l’AFD avait alors été le seul bailleur de fonds national à figurer aux côtés de quatre autres bailleurs multilatéraux ( la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, la Banque européenne d’investissement et le Fonds international de développement agricole).

Les participants ont pu visualiser le projet grâce à la projection d’un court film présentant le programme, ses principaux acteurs et les résultats obtenus, et à travers une exposition de photographies axée sur les trois composantes du programme (infrastructures, guide de reconstruction, biodigesteurs individuels ruraux). 

 

 
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Jean-Claude Peyronnet, sénateur de Haute-Vienne, vice-président de la commission des Affaires étrangères, à propos de son voyage d'étude :

"Lors de ce voyage, j’ai vu les nombreuses possibilités qui se présentent à l'expertise française dans les domaines de l'eau et de l'assainissement, de la mise en place de systèmes énergétiques qui préservent l'environnement et dans les infrastructures en général. En outre, l’AFD, très réactive et opérationnelle, accompagne la prise de conscience des Chinois de la nécessité de défendre l’environnement dans le développement, surtout dans le domaine de la croissance urbaine, qui est un sujet qui les préoccupe beaucoup.

Les projets que mène l’AFD en Chine, s’ils sont petits à l’échelle du pays, sont autant d’exemples à suivre et à reproduire ailleurs en Chine. Il y a un fort effet pédagogique à en attendre et auquel les Chinois sont très attachés. Ils sont d’ailleurs fiers de l’aide bilatérale, à égalité, fournie par la France.
"

 

 
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"Une compagnie pétrolière chinoise face à l’enjeu environnemental au Tchad" : la Chine en Afrique, au delà des idées reçues

13/06/2012

Présence chinoise en Afrique, pétrole, environnement... Aucun des thèmes abordés lors de la conférence de présentation de l'étude de deux chercheurs du Cirad, Geert Van Vliet et Géraud Maugrin, ne laisse indifférent. Synthèse de ce qui s'est dit le 13 juin dernier, à l'AFD, devant une salle comble.

La Chine en Afrique : un acteur finalement méconnu

La conférence de présentation de l’étude a été l’occasion de découvrir les progrès et lacunes observés en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE), et donc d’impact(s) qui s’inscrivent dans le contexte plus global de l’action chinoise en Afrique, désormais désignée sous le vocable de "Chinafrique".

Après une présentation appuyée du cadre théorique et méthodologique de l’étude, et de sa problématique, les deux intervenants ont partagé des constats, parfois surprenants, puisqu’à rebours des perceptions usuelles.

Le premier constat général a été celui de la relative méconnaissance par l’Occident des grandes entreprises étrangères non-occidentales et de leur fonctionnement, notamment en termes de processus de régulation environnementale transfrontalière, a fortiori quand celles-ci proviennent de pays émergents et opèrent dans le secteur extractif des pays les moins avancés (PMA), en l'occurrence le Tchad.

Une perception généralement  biaisée par des référentiels occidentaux voulus par trop « universels » et oblitérée par une vision indéfinie qui hésite à considérer les investisseurs chinois comme des partenaires du développement ou comme les vecteurs d’un « nouvel impérialisme déguisé » en Afrique.

Il s'agit d'une des ambigüités se trouvant d’ailleurs au cœur du mot-valise "coopétition" (associant "coopération" et "compétition") souvent employé pour définir les rapports complexes qui lient Pékin aux chancelleries européennes et l’appréciation qui est faite de l’action chinoise dans les pays du sud.

 

Le projet Rônier au Tchad : un cas d’étude emblématique

Le choix du Tchad et du projet "Rônier" mis en place par la China National Petroleum Coroporation (CNPC) comme terrain de recherche, est loin d'être anodin. Il est même édifiant à plus d'un titre, au regard des caractéristiques socio-politiques de cet Etat, du contexte régional (ses relations tendues avec le voisin soudanais, la rébellion interne à laquelle son gouvernement fait face, la crise du Darfour), de son classement dans le rang dit de « basse-gouvernabilité », et enfin, de son niveau d’exigence sociale et environnementale présumé  "faible".

Ce dernier aspect constituerait a priori, et dans la conscience collective, un élément fixateur à l’implantation d’entreprises chinoises souvent jugées, à tort ou à raison, peu regardantes sur les normes et standards sociaux et environnementaux.

Les choses sont pourtant loin d’être aussi simples, comme ont voulu le démontrer les auteurs dans leur présentation, car l’action chinoise a évolué et continue d’évoluer rapidement, à la faveur de notables progrès sociaux observés en Chine.

L'on pourrait citer parmi ceux-ci, l’émergence d’un débat sur la régulation environnementale qui accompagne la consolidation du secteur pétrolier chinois, l’adoption d’un arsenal de règles mises en place dès la fin de la décennie 90, ou encore plus récemment, une certaine mobilisation populaire, en tous cas plus importante que par le passé, sur les enjeux de l’énergie et de la croissance verte.

L’intégration de la Chine dans l’OMC et la BAD est susceptible d'avoir pour effet d’infléchir progressivement ses cadres et ses méthodes, comme les deux intervenants l'ont suggéré.

Un semblant d’éveil dont il est encore trop tôt pour clairement déterminer s’il s’agit de "green washing" ("rendre vert ce qui ne l’est pas") ou de prémices de l’avènement d’une véritable économie verte en gestation dans l'Empire du milieu.

Des résultats surprenants...

Pour comprendre le système pétrolier chinois, la démarche du groupe d’étude a consisté à prendre en considération l’ensemble du cycle (à la fois la phase de construction, de production et les dynamiques sociales actuelles et à long terme), à procéder à une analyse des interactions entre les organisations mais aussi au sein même de ces organisations.

Le groupe est parti de l’hypothèse que le cycle de production induit des modifications sur les comportements des acteurs et des organisations.

Se constituent alors, au gré d’accidents, de pressions et d’autres dynamiques sociales, ce que les auteurs ont nommé "des espaces de bifurcation" dans ces trajectoires productivistes capitalistes d’apparence rigide.

Leur survenue est imprévisible mais témoigne d’un environnement extérieur en constant mouvement, dont certaines transformations peuvent s’avérer positives en allant parfois et progressivement dans le sens des intérêts humains et environnementaux.

A cela s’ajoute l'expérience notable du Tchad en matière d’exploitation pétrolière, incarnée par le projet-modèle antérieur "Exxon-Doba" emmené par Exxon dès 2003 avec l’appui de la Banque Mondiale. Malgré son échec, celui-ci aura légué à son successeur sino-tchadien "Rônier" un héritage non négligeable comprenant un champ pétrolier et un oléoduc Tchad-Cameroun, mais surtout un bon capital institutionnel.

L’influence exercée par ce projet interrompu est encore tangible et aura contribué à pousser les chinois à une meilleure observance des procédures de type HSE (hygiène sécurité environnement) qui, du reste, selon Géraud Magrin, sont tout à fait comparables avec celles mise en œuvre par certaines entreprises occidentales du même type.

En dépit de l’annulation du contrat avec l’Etat tchadien, toutes les mesures de régulation antérieures et de surveillance éthique n’ont pas été toutes annulées et dégradées, ont constaté les deux chercheurs.

 

Un enthousiasme néanmoins mesuré

Le portrait relativement honorable brossé de l’entreprise CNPC au Tchad n’est pas idyllique en tout point. Dans l'absolu, la gestion environnementale chez l’entrepreneur chinois reste davantage interne que soucieuse des impacts sur l’environnement physique, la santé, le bien-être des populations, et les phénomènes de mobilité.

Dans un proche avenir, les variations de la demande internationale et l'hypothèse de l'exportation de l'excédent de production (dépassant les capacités de raffinage de Ronier) pourraient avoir un impact sur l’évolution de cette installation et des implications conséquentes en termes de capacités de production, de raffinage, de pression environnementale, de respect des normes et standards, sur lesquels planent encore de nombreuses interrogations.

Les standards de la Banque mondiale ne sont pas explicitement respectés à ce jour par la Chine et des difficultés demeurent; inhérentes d'une part (d'un point de vue institutionnel et juridique) à la complexité des dispositifs règlementaires et à la mise en œuvre d’un ensemble composite de procédures, et d'autre part,  au défaut de vigilance des autorités tchadiennes dans la gestion des finances publiques et des revenus pétroliers.

Un autre point différencie la gestion chinoise de celle de ses prédécesseurs occidentaux, à savoir un déficit d’engagement de transparence autour de sa communication, de façon à légitimer le projet et à lever les soupçons à travers des campagnes d’information et la consultation, au niveau local, de la société civile.

La CNPC se repose sur une légitimité conférée par la coopération bilatérale entre la Chine et le Tchad, tout en profitant de certains retards législatifs et de brèches juridiques de part et d'autre. L'on pourrait citer par exemple le non-vote des décrets d'application sur les IEI par l'Etat tchadien conjugé à l'absence de contrainte dans la législation chinoise sur l'application des IEI à l'étranger. Un constat qui, somme toute, se vérifie dans d’autres territoires d’Afrique riches en ressources naturelles où la Chine s’implante.

 

L'ouvrage en question : fruit d'un partenariat original

Gage d’une approche se voulant impartiale, l’étude a été menée par dix chercheurs issus de trois structures : le CIRAD, l’UIBE (University of International Business and Economics) de Beijing et le GRAMPTC (Groupe de recherche alternatives et de monitoring du projet pétrole – Tchad-Cameroun), sous la direction de Geert Van Vliet et Géraud Magrin.
Au sein de ce partenariat, trois disciplines des sciences sociales ont été principalement convoquées : l’économie politique, la géographie et les sciences politiques.

Sans jamais se départir de la somme des schémas réducteurs généralement véhiculés, les deux auteurs-directeurs de recherche s’en sont, au contraire, servis comme autant de postulats pour dépasser les idées reçues sur les entreprises chinoises et les conditions de leur implantation.

Forts d’une expertise de près d’une décennie sur la question, ils se sont attelés à une étude empirique tout au long de laquelle ils ont souhaité, avec distance, contourner l’écueil de la diabolisation de ce nouveau grand acteur économique, la Chine, et le fatalisme qui nimbe la fameuse notion de « malédiction des ressources naturelles ».

L'ouvrage "Une compagnie pétrolière chinoise face à l'enjeu environnemental au Tchad" (250 pages) sous la direction de Geert van Vliet et Géraud Magrin, est téléchargeable en cliquant sur la photo suivante :

 



Séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous en Asie

14/05/2012

Faisant suite à une première rencontre qui s’était tenue dans la province chinoise du Yunnan en mai 2011, la conférence de Phmom Penh, au Cambodge, du 26 avril a permis aux experts et opérateurs présents de partager leurs expériences et d’échanger sur les meilleures pratiques et techniques de plantation, pour une gestion durable du bambou, selon les spécificités du pays concerné.

Gestion durable des bambous et crédits carbone

Dans le cadre du projet « Carbone Rural » du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’AFD en partenariat avec l’Administrative Center for China’s Agenda 21 (ACCA21), agence d’exécution des projets de coopération internationaux dépendant du Ministère chinois des Sciences et Technologies, a organisé les 26 et 27 avril 2012 à Phnom Penh (Cambodge) un séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous.

Des experts venus de France, de Chine, d'Inde, du Vietnam et du Cambodge

Cette rencontre présidée lors de la journée d’ouverture par M. Khong Sam Nuon, secrétaire d’Etat du Ministère de l’Environnement du Cambodge, a rassemblé de nombreux experts de différents pays (Chine, Cambodge, France, Inde et Vietnam) ainsi que des représentants de plusieurs institutions internationales, notamment la FAO (Food and Agriculture Organisation), INBAR (International Network for Bamboo and Rattan), ainsi que des ONG telles que WWF et GRET, des représentants du monde académique et des consultants spécialisés (NEXUS, Carbonium).

L'expérience de la Chine reproductible ?

Ces échanges techniques ont également porté sur l’expérience de la Chine en matière de valorisation des réductions d’émissions de CO2 pour ses plantations de bambous et des méthodologies développées en matière de valorisation des crédits carbone dans le cadre des projets pilotes soutenus par le groupe de l’AFD et le FFEM en partenariat avec l’ACCA21.

Une initiative de valorisation des crédits carbone dans les zones rurales en Chine a, en effet, été développée dans le cadre d’un projet pilote FFEM intitulé « Carbone Rural » approuvé en juillet 2010.

Ce projet a permis de mettre en place des centres d’experts au niveau de la province du Yunnan (Yunnan Clean Development Mechanism Service Center) qui mettent en œuvre une nouvelle méthodologie de comptabilisation des crédits carbones générés par les exploitations de bambous.

Cette méthodologie, développée avec l’appui technique de l’ONG TNC (The Nature Conservancy), a permis d’aboutir à la première transaction de crédits carbone portant sur les plantations de bambous en Chine. Cette transaction  réalisée en mars 2011, s’est vue décerner le premier label Panda, standard chinois sur le marché volontaire des crédits carbone qui a été développé par le China Beijing Environment Exchange et la bourse environnementale française Bluenext.

Cette initiative chinoise exemplaire et inédite a suscité beaucoup d’intérêt des participants des autres pays présents en raison de son potentiel de réplication à terme dans d’autres pays d’Asie, voire en Afrique.

 


(Photographies de la visite de terrain au Cambodge le 27 avril 2012. Crédit AFD. TANG Yan)



Réalisation du premier projet de chauffage urbain de l’AFD

29/03/2012

L’agence de Pékin vient de célébrer, le 29 mars, l’achèvement de son premier projet de chauffage urbain par cogénération, à Jinzhong (province du Shanxi, dans le nord de la Chine). Dans le cadre de ce projet qui améliore la performance de chauffe tout en réduisant les émissions polluantes, l’AFD a permis l’émergence d’un partenariat sino-français.

Améliorer la performance énergétique et réduire les émissions polluantes

Un centre de gestion d’énergie,  premier de ce genre en Chine, a été mis en place pour optimiser la performance énergétique du réseau en fonction des besoins des consommateurs finaux.

Des économies d’énergie significatives ont déjà été atteintes (10 - 15 %), rendant possible de rentabiliser l’investissement en une seule saison de chauffe. Trois autres projets de chauffage urbain sont en cours de mise en œuvre à Taiyuan (capitale provinciale du Shanxi), Tianjin, et Jinan (capitale provinciale du Shandong).

Photo d'un skid pour le réseau de chauffage financé par l’AFD à Jinzhong. Un skid est une station d’échange de chaleur compacte et innovante sans présence humaine pendant la période de chauffe en hiver, la régulation étant automatique via un centre de contrôle à distance.

L’objectif de ces opérations est de remplacer des petites chaufferies ou d’anciens réseaux de faible efficacité par de nouveaux réseaux collectifs à haut rendement énergétique, améliorant ainsi la performance de chauffe tout en réduisant les émissions polluantes. L’adoption de technologies innovantes permettra également de réduire la consommation en énergie, en eau et l’occupation au sol des infrastructures.

Des pertes énergétiques importantes

Dans la partie Nord de la Chine, 40 % de l’énergie consommée dans le secteur des bâtiments et services est attribuable au chauffage (2005, World Energy Outlook). Ceci est en partie dû à l’inefficacité des moyens de chauffage (chaudières individuelles de faible puissance et pertes énergétiques importantes dans des réseaux vétustes).

Le gouvernement promeut donc activement le chauffage urbain collectif et centralisé et l’utilisation de centrales à cogénération comme source de chaleur. Représentant 70 % du bilan primaire de la Chine, le charbon s’impose comme la principale source de production du chauffage urbain dans le pays et particulièrement dans la province du Shanxi, grande région productrice de charbon.

 

Finalité et objectifs des projets de chauffage urbain en Chine  

  1. Découpler croissance urbaine et émissions de gaz à effet de serre dans la province du Shanxi, ainsi que nourrir les accords bilatéraux franco-chinois sur le climat et sur le développement urbain durable. 
  2. Promouvoir une réflexion sur la réforme sectorielle de nature à favoriser les innovations technologiques et la gestion efficace du réseau. 

Contenu des projets 

A Jinzhong :

  • Suppression de 677 petites chaufferies et 8 chaufferies de quartier.
  • Construction de la première phase d’un réseau de chaleur équipé de stations d’échange de chaleur (sous-stations) et alimenté par une centrale à cogénération nouvellement construite.  Le projet devrait desservir une surface de 10 millions m2

A Taiyuan :

  • Suppression de 254 petites chaufferies.
  • Construction de trois niveaux de réseau de chauffage urbain : un réseau primaire (10 km de la centrale à une station d’isolation de pression), un réseau secondaire (44 km entre cette station d’isolation et 75 sous-stations) et une partie du réseau tertiaire (de ces sous-stations jusque chez les utilisateurs). Ce réseau sera alimenté par une centrale à cogénération et desservira une surface de 11 millions m2. Le réseau de chauffage devra fonctionner à moitié de sa capacité dès 2012 et être achevé en 2013.

A Jinan :

  • Remplacement de réseaux de vapeur (pertes énergétiques de l’ordre de 30 %) par des réseaux d’eau (pertes de l’ordre de 5%) ;
  • Isolation des tuyaux d’eau avec enfouissement direct ;
  • Installation d’un centre de contrôle automatisé associé à un centre de gestion de l’énergie.

A Tianjin :

  • Remplacement des chaufferies inefficaces par une chaufferie de grande taille ayant un rendement de l’ordre de 85 % ;
  • Construction de stations d’échange de chaleur compactes et automatisées, incluant les équipements les plus efficaces disponibles ;
  • Isolation des tuyaux d’eau avec enfouissement direct ;
  • Installation d’un centre de contrôle automatisé associé à un centre de gestion de l’énergie.
     

Assistance technique

En complément du prêt AFD destiné à l’achat d’équipements, l’assistance technique apportée dans le cadre des projets a permis d’accompagner la mise en œuvre d’un centre de gestion d’énergie à Jinzhong qui régule la livraison de chaleur en fonction de la demande réelle des consommateurs finaux et optimise la consommation d’énergie et d’eau par une gestion intelligente du réseau. A Taiyuan, l’assistance technique a permis d’améliorer le design du projet pour renforcer l’efficacité énergétique du réseau.  

 

Principaux effets attendus  

Le remplacement de petites chaudières dans la province du Shanxi (à Taiyuan et Jinzhong) doit permettre d’éviter annuellement l’émission de 400 000 teq.CO2 pour chaque projet pendant la durée de vie des réseaux, soit 25 à 30 ans, ainsi qu’une réduction significative des émissions polluantes (3 440 tonnes de SO2 et 6 150 tonnes de suie).

Ces projets ont donc un effet positif sur la santé publique et le confort de vie de la population locale. Leur caractère précurseur a par ailleurs permis de sensibiliser d’autres acteurs du secteur tels que la Banque Mondiale ou la Banque Asiatique de Développement venus constater sur place la performance des solutions retenues en vue de les répliquer en Chine.

A Jinan et Tianjin, les principaux effets du programme proviennent des gains en efficacité énergétique dus à la construction de réseaux de chaleur efficaces et au remplacement d’anciennes chaufferies obsolètes, entraînant d’importantes économies de combustible. La réduction des émissions de CO2 est estimée à 135 000 tonnes par an. En outre, la construction d’une grande chaufferie équipée de systèmes de dépollution des rejets gazeux devrait entraîner une baisse de 1 170 tonnes des émissions de SO2 et de 3 600 tonnes de suie.

"Loan provided by AFD". Cérémonie de signature du prêt consenti par l'AFD pour le projet de chauffage urbain à Jinzhong

Dans le cadre de ce projet, l’AFD a permis l’émergence d’un partenariat sino-français associant les sociétés françaises Schneider Electric et Salmson.



 
   
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