L'AFD en Méditerranée et Moyen-Orient
L’AFD a démarré ses activités dans le pourtour de la Méditerranée en Algérie en 1962. De 1990 à 2010, l’Agence ouvre des agences en Tunisie, au Maroc, en Palestine, au Liban, en Turquie, en Jordanie, en Egypte, en Syrie et en Irak.
En 2011, la région connaît des mouvements révolutionnaires et sociaux ,
les « Printemps arabes ». L’AFD apporte une réponse ciblée sur les enjeux de développement des pays du sud et de l’est de la méditerranée, confrontés à une brusque dégradation de leur situation financière et économique dans un contexte politique et social profondément renouvelé. Sa contribution à la mise en œuvre du «
Partenariat de Deauville
», lancé par le Président de la République lors du Sommet du G8 en est l’illustration.
Début 2012, l’AFD adopte une nouvelle stratégie d’intervention définie par trois priorités :
- Promouvoir une croissance riche en emplois
- Renforcer la cohésion sociale et territoriale
- Améliorer la qualité de vie des populations
L’année 2012 est aussi marquée par le renforcement de notre partenariat avec l’Union européenne et notre volonté de travailler avec de nouveaux acteurs comme la banque islamique de développement sur le sujet de la micro-finance, la JICA sur le sujet des modèles de croissance inclusive, ou bien encore le CMI (Centre de Marseille pour l’intégration de la méditerranée) avec le programme « emploi-formation professionnelle » en faveur de la jeunesse arabe.
A la une
Lancement du programme Tounes Tekhdem !
Mercy Corps Tunisie et le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi signent, le 9 mai 2013, en présence des ambassadeurs de France et de Grande Bretagne, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un programme de trois ans destiné à améliorer l’employabilité et l’entreprenariat des jeunes dans quatre gouvernorats du sud de la Tunisie (Gafsa, Kasserine, Médenine, Tataouine). Les deux agences du Ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi (MFPE), l’ANETI et l’ATFP, sont également parties prenantes de cet accord.
Le financement de ce programme est assuré par l’Agence Française de Développement (AFD) et par la Coopération Britannique (à travers leur département chargé du développement international, DFID).
Un atelier de présentation du programme Tounes Tekhdem ! et de l’étude conduite récemment par Mercy Corps sur les Perceptions des Jeunes et des Employeurs sur la Situation de l’Emploi, de l’Entrepreneuriat et de l’Inclusion financière, réalisée dans les quatre gouvernorats, suivra la signature.
Le programme Tounes Tekhdem ! a pour objectif d’améliorer les capacité des femmes et des jeunes à devenir des entrepreneurs et à améliorer leurs compétences pour mieux répondre au marché du travail. En se concentrant sur le renforcement du système local de services d'appui aux entrepreneurs (services financier et de développement commercial), Mercy Corps vise l'amélioration des opportunités d'initiative d'entrepreneur, notamment dans les gouvernorats de Gafsa, Kasserine, Tataouine et Médenine. Le projet Tounes Tekhdem ! ciblera 3 500 jeunes bénéficiaires par des activités d'éducation financière, par l'appui à la création d’entreprise et le développement d’esprit entrepreneurial chez les jeunes, et par des activités visant l'amélioration de l'employabilité des jeunes. Le projet appuiera également la création et le développement d'entreprises par 125 jeunes.
Au centre : Mr François GOUYETTE, ambassadeur de France en Tunisie et Mr Nawfel JEMMALI, Ministre de la Formation Professionnelle et de l'emploi
Economie sociale et solidaire en Méditerranée
Les 3, 4 et 5 mai 2013, s'est tenue à Tunis la première conférence MedESS à l’initiative des dirigeants de la MACIF et du Crédit Coopératif. Intitulée 'le printemps de l'engagement solidaire", cette conférence a réuni des représentants d'entreprises, d'associations, de coopératives, de mutuelles, et de l’Etat localisés dans plusieurs pays méditerranéens et venus découvrir et partager leurs expériences en matière d'Economie Sociale et Solidaire (ESS). Cet événement avait pour objectif le lancement d’un mouvement en faveur de l’ESS en Méditerranée par la multiplication des initiatives, en vue de la reconnaissance institutionnelle du secteur, pour un changement d’échelle et d’accroissement du poids économique et de l’influence sociale de l’ESS.
Les participants ont souligné, en se faisant les porte parole de nombreux projets, combien l’ESS pouvait sur le champ du Sud Méditerranée offrir des solutions à la crise, au développement local, à l’emploi, et à l’autonomie des acteurs, notamment, les jeunes et les femmes, tout en portant des principes de solidarité, d’intérêt général et de respect de l’environnement. La promotion des entreprises et activités sociales est un chantier innovant qui peut entrainer de nombreuses énergies créatives.
L'Agence Française de Développement était présente. Elle est intéressée aux modalités de contribution à ce secteur en plein développement, et dont les opportunités sont réelles pour répondre aux grands enjeux de la région : chômage des jeunes, déséquilibres agricoles, fragilités environnementales, stabilité sociale, etc. Henry de Cazotte, Directeur au siège, et Audrey Séon (Agence) ont assisté aux débats, sont intervenus au cours de l’atelier « Produire autrement » et ont noué de nombreux contacts, potentiellement fructueux. Au moment où l’AFD et Proparco réfléchissent à leur stratégie respective d’appui à l’ESS, le contact avec de nombreux partenaires du Nord et du Sud lors de MedESS 2013 a validé l’idée que ce secteur était un élément porteur des priorités d’inclusion économique et sociale de l’AFD.
Ces journées ont été conclues par des prises d’engagements, portant sur la poursuite de la mise en réseau des acteurs méditerranéens de l’ESS, et sur l’essaimage et le lancement de nouvelles initiatives, notamment au Maghreb. Pour l’AFD plusieurs dossiers concrets seront étudiés en vue de participer à cette dynamique.
Plus d’information sur le site www.medess.org/
« La création d’emplois, ce n’est pas comme le café instantané... »
L’emploi des jeunes est un défi majeur pour les pays de la zone Méditerranée. Mais les solutions peinent à émerger tant les problèmes auxquels font face les gouvernements de ces pays sont intriqués et les moyens d’action souvent insuffisants, nous explique Emmanuel Comolet, économiste spécialiste de la région à l’AFD.
Comment l’AFD peut-elle agir pour améliorer la situation de l’emploi dans la zone Méditerranée ?
Deux ans après le début des révolutions arabes, la situation de l’emploi demeure un enjeu fondamental, à la fois symptôme et résultat du contrat économique, social et politique en cours de refondation dans nombre de pays du sud de la Méditerranée.
En effet, les taux de chômage importants, notamment chez les jeunes, ont largement contribué aux demandes de changements politiques et économiques de nombreux pays du pourtour méditerranéen.
L’AFD s’efforce donc, dans son double rôle de banque et d’agence de développement, de répondre à ces enjeux économiques et sociaux, en utilisant l’ensemble des instruments à sa disposition et à celle de ses partenaires, européens notamment
Ainsi, l’AFD finance des projets de soutien à l’emploi (de réinsertion, d’aide à l’emploi, de création d’entreprises) et de formation professionnelle favorisant l’employabilité des jeunes, et elle participe aux réflexions sur les politiques publiques liées aux questions d’emploi (notamment à travers des partenariats, l’organisation de conférences, d’ateliers, etc.).
Elle le fait par des prêts et des subventions aux Etats, à des centres de formation professionnelle, par de l’appui au renforcement des compétences de ses partenaires, par le soutien d’ONG mettant en place des dispositifs d’insertion des jeunes, etc.
Maroc, formation génie mécanique
Quels sont les principaux projets de l’AFD en termes d’emploi et/ou de formation dans la région ?
Depuis plusieurs années, la Tunisie et le Maroc ont mis en place un programme de mise à niveau de la formation et de l’emploi qui a bénéficié d’un appui financier et technique de l’AFD et d’autres bailleurs de fonds. Ces programmes s’appuient systématiquement sur un partenariat avec les branches professionnelles et ont contribué à la création ou à la restructuration de nombreux centres de formation professionnelle.
Aussi, dans le cadre du plan national de développement palestinien, l’AFD soutien le secteur privé via une subvention visant à renforcer la compétitivité des entreprises et à développer le marché local.
Par ailleurs, l’AFD anime avec le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI), à la demande des autorités des pays concernés et en concertation avec l’ensemble des acteurs compétents du nord et du sud, une série d’ateliers de travail sur les politiques d’emploi et de formation.
Les deux premières rencontres de ce programme ont eu lieu en Tunisie (en 2011) et en Egypte (en 2012) et deux autres sont prévues pour 2013 et 2014 (notamment au Liban).
Egypte © Didier Gentilhomme
Ces projets portent-ils leurs fruits ? Quels sont les freins à la réussite de ces projets ?
On ne peut que rester humble face aux résultats. Les pays de la région doivent s’inventer un avenir économique et poursuivre leur transition politique. La création d’emploi, de même que la démocratie, n’étant pas du café instantané, les transitions pourraient durer encore plusieurs années.
Le retour à une croissance forte et créatrice d’emplois, dans un contexte de taux d’activité très faibles (en deçà de 50% des personnes en âge de travailler le font) et de situations économiques dégradées, passe par l’implication d’acteurs internationaux déjà nombreux, au sein desquels la France et l’AFD ont un rôle à jouer.
Si la recomposition politique semble réussie dans certains pays, dans d’autres, elle reste chaotique, impliquant de l’inertie dans la prise de décision et des atermoiements dans l’affirmation d’une vision économique (sur le rôle de l’Etat et des subventions, les filières à privilégier, l’insertion dans l’économie internationale).
L'AFD, PROPARCO et l'IPEMED renouvellent leur partenariat au service du rapprochement, par l’économie, des pays des deux rives de la Méditerranée
L'Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen (IPEMED), l’AFD et PROPARCO ont signé ce jour une convention pluriannuelle de partenariat, par laquelle ils réaffirment leur engagement en faveur du rapprochement des économies des pays du pourtour méditerranéen, par l’émergence et l’identification d’intérêts économiques communs et leur réalisation concrète.
Partageant une même vision et soucieux de conjuguer leurs efforts pour promouvoir la création d’un espace méditerranéen intégré et solidaire, IPEMED, l’AFD et PROPARCO ont choisi en 2013 de consolider leur coopération dans les domaines suivants :
- Favoriser et développer les échanges entre les entreprises du Nord, du Sud et de l’Est de la région ;
- Poursuivre et promouvoir les travaux initiés par IPEMED relatifs aux systèmes productifs en Méditerranée ;
- Elargir leur collaboration sur l’économie inclusive, sociale et solidaire, les TIC, la communauté euro-méditerranéenne de l’énergie, ainsi que sur la coopération décentralisée notamment au Maghreb.
Plus généralement, par cet accord, IPEMED, l’AFD et PROPARCO s’engagent à initier des actions conjointes, à mobiliser leurs réseaux et à partager leur savoir faire pour sensibiliser les décideurs politiques et économiques de la région à la nécessité du rapprochement des pays des deux rives de la Méditerranée.
Dans ce cadre, l’AFD et PROPARCO deviennent membres bienfaiteurs d’IPEMED.
Un protocole d’accord liait déjà IPEMED et l’AFD depuis 2007.
|
PROPARCO, institution financière de développement, est détenue par l’Agence Française de Développement (AFD) et des actionnaires privés du Nord et du Sud. Sa mission est de catalyser l’investissement privé dans les pays émergents et en développement en faveur de la croissance, du développement durable et de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. PROPARCO compte parmi les principales institutions financières bilatérales de développement dans le monde. Elle intervient sur quatre continents, allant des grands pays émergents aux pays les plus pauvres, en particulier en Afrique, avec un haut niveau d’exigence en matière de responsabilité sociale et environnementale. www.PROPARCO.fr |
|
L'Institut de Prospective Économique du monde Méditerranéen (IPEMED) est une association reconnue d'intérêt général, dont la mission est de rapprocher, par l'économie, les pays des deux rives de la Méditerranée. Essentiellement financé par de grandes entreprises publiques et privées méditerranéennes qui partagent ses valeurs, il œuvre à la prise de conscience d'un avenir commun et d'une convergence d'intérêts entre les pays du Nord, du Sud et de l’Est de la Méditerranée. Il a pour valeurs l'indépendance politique et la parité Nord-Sud dans sa gouvernance comme dans l'organisation de ses travaux. Il donne la priorité à l'économie, privilégie une approche opérationnelle des projets et travaille dans la durée. IPEMED est présidé par Radhi Meddeb et dirigé par Jean-Louis Guigou, qui en est le fondateur. www.ipemed.coop |
Un modèle innovant d’insertion professionnelle de la jeunesse en Méditerranée
Comment améliorer l’insertion économique et sociale des jeunes, en région Méditerranée ? C’est à ce défi que tente de répondre le réseau Nouvelle Chance (MedNC), destiné à des jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et des jeunes diplômés au chômage. Le premier centre Nouvelle Chance, à Khouribga, au Maroc, devrait accueillir mille jeunes en 2013.
Lancé à l’initiative de l’Office de Coopération Economique pour la Méditerranée et l’Orient (
OCEMO
), en partenariat avec l’
Ecole de la Deuxième chance de Marseille
, il est soutenu par l’AFD.
Le taux de chômage des jeunes le plus élevé du monde
Dans les
pays méditerranéens
, les jeunes recherchent de plus en plus d’emplois qualifiés. En Tunisie, parmi les nouveaux entrants sur le marché du travail, les diplômés universitaires sont en effet majoritaires. Paradoxalement, le marché du travail évolue lentement et le schéma ancien d’une spécialisation en travail peu qualifié reste plus qu’actuel.
D’où un taux de chômage élevé pour la jeunesse (le plus élevé du monde), marqué par deux caractéristiques :
- il touche plus particulièrement les jeunes diplômés du supérieur et les « drops out » (les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification)
- il est de longue durée.
Ces deux particularités entraînent un phénomène d’exclusion sociale durable des jeunes, notamment des plus diplômés pour lesquels la file d’attente pour accéder à un travail correspondant à leurs qualifications et compétences est très longue.
Des diplômes inadaptés aux futurs emplois
Ces derniers, encore fortement attirés par les emplois publics (et la prime salariale et de stabilité qui les accompagne), se tournent vers des formations peu spécialisées préparant à des concours de recrutement généralistes. Or, les emplois à venir se trouveront davantage dans le développement du secteur privé que dans le secteur public.
Les jeunes adultes sans qualification et sans aucun soutien social public (la très grande partie n’est pas considérée comme au chômage et donc pas répertoriée) doivent quant à eux retrouver un cadre de réinsertion par la formation, le soutien social et la connivence avec les réseaux d’entreprises dont bénéficient les enfants de l’élite.
Un changement de mentalité s’impose
Un changement de mentalité s’impose afin de replacer la culture managériale de base comme un élément de culture générale et non plus comme un enseignement réservé aux formations spécialisées.
Il semble donc urgent pour les pays de :
- Réajuster l’approche diplômante classique vers davantage de qualité ;
- Développer une approche orientée vers des compétences plus ciblées permettant notamment d’acquérir un socle de connaissances de base en création et gestion d’entreprise.
Les écoles de la seconde chance du réseau MedNC : un modèle innovant
Ce projet a pour objectif d’adapter le modèle des écoles de la deuxième chance, d’inspiration européenne, au contexte des pays arabes : en dotant les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et les jeunes diplômés au chômage d’un socle de compétences de base et d’un parcours pédagogique avec une expérience en entreprise,
Piloté par l’OCEMO en partenariat avec l’Ecole de la Deuxième chance de Marseille et soutenu par l’AFD, il vise à développer un réseau de dispositifs labellisés « nouvelle chance » destinés à la fois aux jeunes qui ont quitté le système scolaire sans diplôme (les drops out) et aux jeunes diplômés au chômage.
Il a pour objectif de proposer une réponse à l’ampleur du défi économique et social que représente le chômage des jeunes dans la région Méditerranée.
Ce réseau, porté par les dynamiques internes aux différents pays, se développe à ce jour avec cinq pays partenaires (Maroc, Algérie, Tunisie, Liban, Jordanie).
L’enjeu du projet MedNC est d’utiliser les acquis de l’école de la deuxième chance de Marseille et son centre de recherche pédagogique, ceux des réseaux méditerranéens d’écoles d’ingénieurs et de management (
RMEI-RMEM
), tous membres de l’OCEMO. Il s’agit de développer, en Méditerranée, un réseau de dispositifs labélisés « nouvelle chance » opérationnellement mis en place par des associations « nouvelle chance » appuyées par de grandes entreprises et/ou les pouvoirs publics.
La combinaison de l’alternance en entreprise, du suivi individualisé et d’un soutien social
Un dispositif labellisé Nouvelle Chance (école ou simple salle de classe dans un établissement déjà existant) propose notamment aux drop-outs et aux jeunes diplômés au chômage :
- Un modèle pédagogique innovant qui allie alternance en entreprise, suivi individualisé et soutien social sur la base des principes qui fondent les écoles de la deuxième chance ;
- Un socle de compétences de base notamment en création et gestion de petites entreprises (réalisation d’un business plan, recherche de financement, etc.) ;
- Un appui à la création d’activités/ d’entreprises par les étudiants des écoles d’ingénieurs et de management membres du RMEI-RMEM, dans le cadre du projet « JEY – Jeunes Entrepreneurs- Entrepreneurship for Youth », projet co-piloté par le Réseau Méditerranéen des Ecoles d’Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) et l’OCEMO.
Impacts
Le premier centre Nouvelle Chance situé à Khouribga au Maroc devrait accueillir 1000 jeunes en 2013.
Etat d’avancement (janvier 2013)
Phase de construction et développement du réseau : 2013/2015
Création officielle du réseau MedNC : le 19 octobre 2012
Le 6 avril 2012, une convention entre l’E2C Marseille, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) et l’OCEMO a été signée en vue de l’installation par l’OCP (via son programme OCP Skills) de plusieurs centres labellisés « Nouvelle Chance » dans les villes minières d’El Jadida, Khouribga et Safi.
A l’occasion de la Semaine Economique de la Méditerranée qui s’est tenue en octobre 2012 à Marseille, un MoU multilatéral concrétisant et officialisant la création du réseau MedNC a été signé le 19 octobre par les partenaires suivants :
o Maroc : L’Association New Chance,
o Liban : La Fondation Nouvel Horizon,
o Tunisie : L’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises,
o Algérie : Le Management Development International Institute,
o L’OCEMO (Office de Coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient)
o L’Ecole de la Deuxième Chance de Marseille
o Le Réseau Méditerranéen des Ecoles d'Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) représenté par Euromed Management
Le ministère de l’Education jordanien est également impliqué dans ce projet. Au sein du réseau, la Jordanie est représentée par Dr. Abdalla Ababneh, Président du National Center for Human Resources Development, et est à date membre associé du réseau.
En 2012, trois associations Nouvelle Chance ont été créées :
- Association Nouvelle Chance au Maroc, présidée par M. Chafiki (Directeur des Etudes et des Prévisions Financières, ministère de l’Economie et des Finances – MAROC) ;
- Association Nouvel Horizon au Liban, présidée par M. Bifani (Directeur Général du ministère des Finances libanais- membre du conseil d’administration de la Banque Centrale au Liban) ;
- Association Nouvelle Chance en Tunisie, présidée par M. Ben Kahla (Directeur de l’Institut supérieur de comptabilité et d'administration des entreprises) .
Le 12 décembre 2012, une convention de partenariat stratégique et financier entre l’OCEMO et l’AFD a été signée officialisant le soutien de l’AFD à ce projet.
Le premier Centre Nouvelle Chance ouvrira officiellement en avril 2013 à Khouribga, au Maroc.
Ce centre est financé et mis en place par l’Office Chérifien des Phosphates avec le soutien technique de l’E2C de Marseille et de l’association New Chance Maroc.
L’efficacité énergétique : la première source locale d’énergie
Dans un contexte de dépendance quasi-totale de l’Autorité palestinienne pour son approvisionnement électrique et en produits pétroliers, l’efficacité énergétique est vue comme un « gisement énergétique », au même titre que les énergies renouvelables. Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs. Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé le 24 janvier dernier, à Ramallah. Puis une délégation palestinienne, menée par le ministre palestinien de l’Energie, s'est rendue à Lyon pour présenter l'« l’Initiative Solaire Palestinienne » au Salon des énergies renouvelables.
Entre enjeux financiers et maîtrise de l’énergie
L’efficacité énergétique est devenue une priorité pour l’Autorité palestinienne depuis quelques années. Vue tout d’abord comme un levier d’action principal pour permettre la réalisation d’économies, elle a désormais une place centrale dans la politique énergétique menée par l’Autorité palestinienne de l’énergie (PEA).
L’Autorité palestinienne a en effet accumulé de lourdes dettes dans le secteur énergétique car elle essuie celles des sociétés de distribution et des municipalités (dû à des impayés de la par de ces dernières) auprès du fournisseur israélien. Ce phénomène, appelé net lending* est un des enjeux majeurs pour l’Autorité palestinienne car il est estimé à près de 300 M$ pour 2012, dont au moins 40% dus à la facture électrique.
Au-delà de ces aspects économiques, PEA a pris conscience de la nécessité de maîtriser la demande énergétique palestinienne vis à vis de l'extérieur et donc de renforcer ses ressources propres. Au premier rang de ces ressources, se retrouve bien entendu l'énergie solaire, notamment chez les particuliers (chauffe-eau solaire, par exemple).
Un potentiel important identifié dans différents secteurs économiques
La maîtrise de la demande passe également par les mesures d'efficacité énergétique.
Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 et actuellement en cours de finalisation, a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs (bâtiments publics, industries…) grâce à la mise en place d’une structure qualifiée au sein de PEA pour mener à bien la batterie d’audits nécessaire à ce premier diagnostic national.
Les Territoires palestiniens font partie des pays du Moyen-Orient les plus volontaristes sur ces questions et a d’ailleurs signé en 2012, sous l’impulsion de la Ligue arabe, un plan national d’efficacité énergétique qui fixe un objectif de réduction de la consommation énergétique à 5% d’ici 2020.
Le potentiel identifié est assez conséquent, avec une moyenne de 18% pour le public et sur le secteur de l’industrie.
Formation à l'éfficacité énergétique
Les économies réalisées permettent, en outre, une meilleure gestion des sociétés de distribution, une anticipation de l’accroissement de la demande des années à venir et donc l'amélioration de la qualité de service.
Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé par l’équipe efficacité énergétique, le 24 janvier dernier, à Ramallah.
Frédéric Desagneaux , le Consul Général de France, en compagnie du Dr Omar Kittaneh, Président de l’Autorité Palestinienne de l’Energie, en ont fait l’ouverture, rappelant l’importance de ces questions tant au niveau national que dans le contexte environnemental international.
Frédéric Desagneaux a réitéré à cette occasion le soutien de la France à l’Autorité palestinienne sur cette question majeure, en annonçant l’instruction en cours d’une seconde phase qui vise à mettre en œuvre à plus grande échelle les mesures identifiées lors de la phase 1.
Ouverture de l’atelier par la Responsable Communication
de l’équipe Efficacité Energétique du PEA
Des outils financiers innovants pour une mise en œuvre pérenne
En effet, forte des résultats des premiers audits, l’équipe efficacité énergétique de PEA, en collaboration avec l’Agence AFD de Jérusalem, a défini de nouveaux mécanismes de financement. En partenariat avec les secteurs public et privé, ces outils financiers, visent à favoriser une démarche d’investissement de long terme au profit de l’efficacité énergétique.
Cet atelier a permis à l’équipe de présenter à une large communauté d’acteurs économiques (ministères, universités, industries, banques, distributeurs d’électricité, organismes publics, …) les modalités de ces outils financiers, incitation à l’investissement.
Dans le secteur public, la mise en place d’un fonds réabondé par les institutions bénéficiaires sur la base d’une partie des économies réalisées (« fonds revolving »), offrira au ministère des Finances à la fois l’investissement initial nécessaire (porté par l’AFD) et l’autonomie budgétaire pour continuer à investir sur l’ensemble du parc immobilier. En premier lieu sont ciblés les hôpitaux et les écoles où les sources d’économies les plus importantes ont été identifiées.
Dans le secteur privé, si les entreprises sont conscientes du gisement d’économies que représente l’efficacité énergétique, rares sont celles qui investissent, faute de liquidités.
Afin de tester l’intérêt des entreprises, il est proposé de mettre en place une subvention à l’investissement d’un montant équivalent à une baisse du taux d’intérêt d’un prêt contracté par l’entreprise auprès de banques partenaires (équivalent d’un prêt à taux 0).
Les modalités de ces deux mécanismes financiers novateurs sont actuellement en test sur deux projets pilotes avant d’être déployés plus largement lors du second programme.
Présentation des effets économiques du programme
Il est attendu que ce projet puisse créer une émulation au profit de l’efficacité énergétique, incitation à l’investissement, et pourquoi pas à terme création d’un nouveau marché, de façon à aider l’Autorité Palestinienne à répondre à ses objectifs nationaux en termes de réduction de la consommation énergétique.
De g. à d. Hervé Conan (Directeur de l’Agence de Jérusalem), Dr. Omar Kittaneh (Président de PEA), Frédéric Desagneaux (Consul Général de France à Jérusalem)
Un renforcement des liens franco-palestiniens
A l’occasion du salon des énergies renouvelables qui s’est tenu à Lyon du 18 au 21 février dernier, une délégation composée du ministre palestinien de l’Energie et des spécialistes locaux des énergies renouvelables et efficacité énergétique ont été accueillis par la Région Rhônes-Alpes pour assister au salon.
Cette mission a été l’occasion pour la délégation de présenter « l’Initiative Solaire Palestinienne » et les projets décrits ci-dessus dans le domaine de l’efficacité énergétique devant un parterre d’experts français et d’initier des échanges d’expertise et future coopération. Les premières pistes concernent aussi bien le secteur de la formation en partenariat avec l’Institut National de l’Energie Solaire (INES), que le développement des relations économiques interentreprises, avec le soutien de la Mission Economique de Jérusalem.
Visite de la délégation à l’INES. De gauche à droite :
Mme Fiorini Bériot ( Directrice de la Direction Europe, Région Rhône-Alpes), M. Honoré (Chef de projet secteur transport et énergie durables, AFD), M. Joly (Directeur général, INES), Dr. O. Kittaneh (Ministre de l’énergie, PEA), M. Schaffer (Directeur du département formation, INES), Eng. Mobayyed (Directeur de l’unité efficacité énergétique, PEA), M. Abu Ata (conseiller juridique, BMIP), Eng. Abu Ghosh (Directeur de l’unité projet, PEA)
* net lending : il se définit comme l’ensemble des dépenses supportées par l’Autorité Palestinienne au nom d’autres entités (ici les compagnies de distribution d’électricité ou les municipalités), se traduisant par sous la forme d’une dette de ces entités auprès de l’Etat Palestinien.

![English [English]](/jsp/jahia/engines/images/flags/en_off.gif)