Le groupe AFD a été autorisé à intervenir au Liban au premier semestre 1999, à la suite de l’intégration du pays dans la Zone de Solidarité Prioritaire de la France (zone géographique dans laquelle la France a mis en place une coopération étroite). L’AFD est représenté localement par l'agence ouverte à Beyrouth en juin 1999.

À la une

Construction d'un système d'assainissement des eaux usées dans le Kesrouan

12/11/2012

Combler le déficit de collecte et de traitement des eaux usées constitue à la fois une urgence environnementale et sanitaire et un défi de premier ordre pour le Liban. À cet effet, le Gouvernement libanais et l’AFD ont signé le 12 octobre dernier une convention de financement pour le développement d’un système intégré d’assainissement dans le Kesrouan.

Éviter un désastre écologique et sanitaire latent

Le manque effectif d’assainissement est une préoccupation majeure au Liban. Seulement 8% du volume des eaux usées collectées sont traités et la quasi-totalité de la charge polluante, soit environ 300 millions m3/an, se déverse sans traitement dans la mer Méditerranée. Le rejet des eaux usées non traitées entraîne de surcroît une pollution des nappes souterraines et des eaux de surface. L’assainissement, négligé dans la période de reconstruction post-guerre civile et accusant des retards d’investissement importants, est désormais une priorité sectorielle.

La convention de financement du projet porte sur un prêt de 70 M€. L’AFD interviendra sur ce projet en cofinancement avec la Banque européenne d’investissement (BEI), qui accorde un prêt de 70 M€, et la Commission européenne, par une subvention de 10 M€ dans le cadre de la Facilité d’Investissement du Voisinage. 


Assurer l'approvisionnement sécurisé en eau et la protection de l'écosystème libanais et méditerranéen

Le projet prévoit la construction de deux stations d’épuration, de deux émissaires longs en mer avec diffuseurs et des intercepteurs côtiers pour le transfert des eaux usées collectées vers les stations d’épuration. Il permettra de répondre à l’urgence environnementale actuelle dans le Caza de Kesrouan, zone de percolation des eaux de la source de Jeita (qui assure 60% de l’approvisionnement en eau de Beyrouth) et l’un des principaux bassins industriels et touristiques du pays.

Les impacts économiques et sociaux du projet porteront sur l’amélioration des conditions sanitaires et la protection de la qualité de l'eau des sources, avec un effet sur la réduction des maladies hydriques. Le projet aura un impact significatif sur l’environnement par la protection de la ressource en eau du massif karstique du Kesrouan, l’élimination des rejets directs d’effluents en mer Méditerranée grâce aux réseaux de collecte côtiers et l’amélioration de l’état environnemental des cours d’eau.
Par ailleurs, une assistance technique à l’Etablissement des Eaux de Beyrouth et du Mont Liban, établissement public chargé de la gestion des services de l’eau dans la région, contribuera à un renforcement de ses capacités.

 

Encourager la consolidation du cadre réglementaire et institutionnel de gestion durable de l'eau

Enfin, le projet produira un effet de levier sur la réforme institutionnelle en encourageant l’adoption du code de l’eau, dont la rédaction a bénéficié d’un financement de la coopération française. En effet, l’introduction de principes financiers et la consolidation du dispositif de régulation régissant les services de l’eau et de l’assainissement permettra une meilleure gestion des ressources. En raison de ces impacts attendus, le projet d’assainissement dans le Kesrouan renforcera l’inscription du Liban dans une trajectoire de développement durable.



L’emploi au Sud de la Méditerranée : une priorité renouvelée après les printemps arabes

15/10/2012

Sous l’égide du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI) et en collaboration avec d’autres bailleurs de fonds, l’AFD a organisé du 1er au 3 octobre, au Caire, un atelier sur les politiques actives d’emploi en Égypte. Partage de connaissances, coordination entre bailleurs, mobilisation des autorités nationales et préparation de nouveaux programmes ont marqué ce rendez-vous.

L’emploi : un immense défi, au cœur des printemps arabes

L’emploi figure parmi les défis les plus exigeants pour les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM), où les moins de 15 ans représentent 30 % de la population. 30 à 40 million d’emplois devront être créés sur les 20 années à venir pour maintenir un taux actuel d’emploi déjà modeste.

En effet la création d’emplois par le secteur privé est demeurée faible malgré les taux de croissance élevés enregistrés par les PSEM sur les dernières années. En raison des contraintes budgétaires qui se resserrent, les diplômés de l’enseignement supérieur qui sont toujours plus nombreux et dont les qualifications ne correspondent pas, en général, aux besoins du marché du travail, ne peuvent plus compter comme auparavant sur les recrutements du secteur public pour trouver un emploi. Les jeunes et les femmes sont particulièrement concernés par le chômage.

La persistance de taux de chômage élevés et d’une offre d’emplois limitée, alors que les filets de sécurité sociaux habituels étaient malmenés par la hausse des prix des produits de première nécessité et les contraintes budgétaires, a été l'une des causes premières du Printemps arabe. Les populations souhaitent aujourd’hui non seulement des emplois décents en termes de rémunération et de sécurité, mais aussi des systèmes d’assurance sociale couvrant les risques de chômage, de maladie ou d'invalidité, ainsi que des systèmes de retraite. Par ailleurs, il y a un besoin de programmes de formation pouvant aider les demandeurs d’emploi à trouver du travail et à améliorer leurs possibilités de revenu.
L’emploi a ainsi été mis en avant par le Printemps arabe comme une toute première priorité.

Le partenariat AFD-CMI sur l’emploi et la protection sociale : une capacité de réponse rapide

Le Centre de Marseille pour l'lntégration en Méditerranée (CMl) est une plateforme de réflexion et d’échanges qui réunit des partenaires du bassin méditerranéen, du Nord (France, Banque mondiale , Banque européenne d’investissement , coopération allemande / GIZ) et du Sud (Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie, Liban) autour de la formulation de politiques publiques dans des domaines cruciaux pour le développement de la région.

Au sein du CMI, L’AFD est chef de file de trois programmes portant sur la gestion des ressources en eau (avec le Plan Bleu), les transports urbains, et l’emploi et la protection sociale. 
Le CMI a pris en compte les préoccupations des printemps arabes sur l’emploi à travers une réponse rapide, renouvelée et coordonnée.

À la suite d’un premier atelier tenu à Tunis dès juin 2011 à la demande des autorités nationales sur les mesures sociales d’urgence, un nouveau programme du CMI sur l’emploi et la protection sociale a été approuvé conjointement avec les partenaires du Sud en novembre 2011. Ce nouveau programme, répondant aux demandes qui s’étaient exprimées, a pour objectif l’élaboration de politiques actives d’emploi, qui comprennent différents aspects comprenant la promotion des PME ou de l’auto-emploi, la formation professionnelle, les programmes de travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre,  l’information et le fonctionnement du marché du travail, et des instruments spécifiques d’accès à l’emploi comme des centres spécialisés, des programmes d’incitation et des réseaux sociaux. Sont ainsi abordés les deux côtés “offre” et “demande” du marché du travail, de même que le fonctionnement du marché lui-même et des mesures ciblées en faveur des jeunes, des femmes et des catégories vulnérables de demandeurs d’emploi.

Le programme regroupe l’AFD, la Banque mondiale, l’ Organisation internationale du travail  (OIT), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union Européenne. Il implique de nombreux experts et praticiens de la région Méditerranée et s’articule avec le portefeuille de projets des bailleurs de fonds dans les secteurs du financement des PME, du microcrédit, de la formation professionnelle ou des travaux à haute intensité de main-d’œuvre. Il comprend 4 composantes :

- recherches ciblées et collecte de données ;
- mise en place d’une e-communauté de pratiques, lancée en octobre 2011 ;
- projets pilotes pour tester ou démontrer certaines options, actuellement en cours de préparation ;
- ateliers nationaux.

L’atelier du Caire : une nouvelle étape pour inspirer les politiques publiques et les projets

Après l’atelier de Tunis, un deuxième atelier a été organisé au Caire, du 1er au 3 octobre 2012, en appui aux efforts du gouvernement égyptien pour identifier des solutions opérationnelles afin de promouvoir une reprise de la croissance qui soit créatrice d’emplois.

L’objectif de l’atelier était de partager, avec un large éventail de partenaires égyptiens, les nombreux outils et pratiques mis en œuvre localement ou sur le plan international pour traiter le chômage et favoriser l’emploi, notamment dans les pays ayant vécu une transition similaire, afin d’appuyer l’identification de politiques actives d’emploi adaptées au contexte égyptien.

L’atelier, accueilli par l’Université du Caire, a été organisé sous l’égide du CMI par les autorités égyptiennes et l’AFD en collaboration avec les partenaires du programme. Le PNUD , le Japon et la GIZ ont été également invités à prendre part aux discussions.

Deux rapports préparatoires avaient été confiés à des consultants de la région et d’Égypte ; le premier « Expertise sur les politiques de promotion de l’emploi des jeunes en Méditerranée » au cabinet ET Maghreb et le second sur « Politiques actives d’emploi, un état des lieux des initiatives existantes en Égypte » au Dr Mona Amer.

L’atelier a été ouvert par S.E. Khaled El Azhari, ministre de l’Emploi et des Migrations. Le ministre a rappelé le besoin de coordination et d’intégration de l’action publique, sachant que 11 ministères différents sont impliqués dans les politiques d’emploi, et il a souligné l’opportunité que représentait l’atelier pour faire naître de nouvelles idées et développer des programmes dans un cadre de coopération internationale, terminant par une note d’espoir : « ne me demandez pas comment nourrir un millier de bouches mais dites-moi plutôt comment tirer parti d’un millier de mains ! ».

Les travaux de l’atelier ont porté sur quatre thèmes principaux : augmenter l’offre d’emplois ; renforcer l’éducation technique et la formation professionnelle ; améliorer l’information et le fonctionnement du marché du travail, et accompagner l’accès à l’emploi pour les jeunes et les femmes.

Les sessions ont combiné des présentations par des chercheurs, experts, praticiens et partenaires au développement, qui ont été discutées par les 60 participants issus des ministères et organismes publics, du secteur privé, des milieux de la recherche et de la société civile, ainsi que des experts et praticiens internationaux et égyptiens. L’expérience française des « Écoles de la seconde chance » (accès à l’emploi pour des jeunes exclus du système scolaire) et de « France Initiative » (financement et accompagnement à la création de PME) a notamment été valorisée. À chaque session, les informations et réflexions relatives à la situation en Égypte ont été présentées et débattues.

L’atelier a rencontré les attentes des organisateurs et participants en offrant un accès direct à une large base de connaissances et de bonnes pratiques, apportant ainsi un renforcement de capacités à travers un réseau d’expertise et un appui multipartenarial ; il a permis la coordination entre bailleurs de fonds en même temps que la mobilisation des autorités égyptiennes ; et il a enfin permis d’alimenter le dialogue stratégique avec le gouvernement égyptien pour la préparation des interventions des bailleurs de fonds dans le secteur de l’emploi et de la protection sociale.

La session de synthèse a mis en relief le besoin de rationaliser le cadre institutionnel existant en Égypte pour gagner en efficacité et passer d’une somme de projets menés séparément à des programmes intégrés mettant en œuvre l’ensemble des instruments de politique publique que sont les réglementations, les mesures financières et fiscales, les réformes institutionnelles, les investissements publics, la recherche, la formation et les outils d’information et de communication. Les recommandations ont porté également sur la nécessité d’instaurer un suivi-évaluation, avec des indicateurs mesurables, et de réaliser des évaluations d’impact. Les mots clés de cette session, qui ont résumé les conclusions de l'atelier, ont été « ne pas ajouter mais simplifier, ne pas seulement augmenter mais transformer ».

Les partenaires au développement, et en particulier l’agence de l’AFD au Caire, vont effectuer un suivi de l’atelier en poursuivant le dialogue stratégique avec les autorités égyptiennes pour préparer de nouveaux projets. Le CMI prévoit de tenir deux nouveaux ateliers sur l’emploi en 2013 dans deux pays différents.

Cet atelier, fruit d’un travail d’équipe entre le département Méditerranée, la division Education et Formation, l’agence du Caire et le CMI, illustre la valeur ajoutée du partenariat avec le CMI en termes de réseautage, de partage d’information et d’expertise, de coordination et mobilisation de tous les partenaires et de ciblage des opérations.

 



Conférence sur la microfinance islamique, à Djeddah, co-organisée avec la Banque islamique de développement, les 30 avril et 1er juin

11/05/2012

L'AFD et la Banque islamique de développement, ont organisé à Djeddah (Arabie Saoudite), une conférence internationale sur la microfinance islamique, conjointement avec le CGAP (réseau animé par la Banque mondiale sur la microfinance). Rassemblant des acteurs majeurs de la microfinance islamique, cette conférence a permis de dresser un état des lieux des pratiques et produits de ce mode de financement en plein essor.

 

Un mode de financement de l'économie en plein essor

Les travaux de la conférence ont permis de dresser un état des lieux des pratiques, produits et volumes relatifs à ce mode de financement en plein essor, possédant un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars avec un taux de croissance annuel de 30%. Ils ont également permis de valoriser les résultats d'une étude copilotée par le CGAP et l'AFD. Cette conférence s'inscrit dans le cadre de l'accord de partenariat signé en janvier dernier entre l'AFD et la Banque islamique de développement (BisD). 

Les échanges, denses et animés, ont mis en lumière les forces et faiblesses de ces outils de plus en plus demandés dans nombre de pays d'intervention de l'Agence et de mieux cerner les besoins des bénéficiaires, des institutions financières et des banques centrales dont le rôle s'avère primordial en matière de cadre réglementaire et de régulation.

 

Une multitude d'expériences innovantes sur le terrain

Plusieurs constats se sont dégagés : l'existence d'une forte demande pour ce type de produits financiers, notamment de la part des plus pauvres ; la prolifération d'expériences innovantes sur le terrain, souvent mal répertoriées ; la nécessité de lancer des exercices d'étalonnage pour constituer des référentiels techniques, financiers et institutionnels.

 

Une plate forme de connaissances sur le web 

Il a été acté que les différents bailleurs et institutions intéressés, dont la BIsD et l'AFD, accompagnent cette dynamique en promouvant la mise en place d'outils d'informations et d'échanges tels qu'une plate forme de connaissances adossée à un site web dédié et la tenue d'une conférence annuelle. Invitation a été lancée pour que la prochaine se tienne à Paris dans les locaux de l'Agence.

En marge de cette conférence, un entretien bilatéral entre le directeur général de l'AFD, M. Zerah, et le Président de la BIsD, M. Ali, et des rencontres entre les services opérationnels respectifs ont permis de préciser les pistes concrètes de mise en œuvre de l'accord, notamment la possibilité d'un échange de personnels et de premières opérations en cofinancement en Méditerranée.

 

Des choix stratégiques compatibles et des géographies communes

La BIsD et l’AFD ont, en effet, de nombreuses géographies d’intervention communes, dans le bassin méditerranéen, en Afrique sub-saharienne ou encore en Asie centrale et du sud-est. Par ailleurs, le choix de secteurs prioritaires de la BIsD tel que les infrastructures (énergie, transports, urbain), l’agriculture, l’éducation et la santé est parfaitement compatible avec les orientations stratégiques de l’Agence.

Plus généralement, ce partenariat permettra à l’Agence d’amorcer une coordination plus poussée avec ce bailleur majeur dans le paysage des bailleurs arabes et islamiques, et de mieux comprendre le cycle du projet de la Banque (assez similaire entre les différents bailleurs du Golfe).



Valorisation du patrimoine et développement urbain à Tyr et Tripoli

19/03/2012

L'AFD a signé, pour le compte du Conseil de développement et de reconstruction libanais, un prêt destiné à financer la deuxième phase du programme de valorisation du patrimoine et de développement urbain à Tyr et Tripoli. Cet acte souligne la volonté de l'AFD et des autorités libanaises d'oeuvrer à la revitalisation économique des centres historiques et constitue aussi une opportunité de mettre en valeur un patrimoine historique commun, vecteur de cohésion sociale.

Valorisation du patrimoine, attractivité touristique et cohésion sociale au coeur du programme

La convention, signée le 15 décembre 2011 entre le Conseil de développement et de reconstruction et l’AFD, en présence de l'ambassadeur de France, Denis Pietton, a porté sur un prêt concessionnel de 21 M€.  

l'AFD a octroyé un prêt concessionnel de 12 M € à la première phase du programme, co-financé avec la Banque mondiale et la coopération italienne et couvrant cinq villes historiques du Liban. Le financement de l’Agence a concerné les villes de Tyr et de Tripoli, en raison de la prédominance des enjeux sociaux.

A Tyr, la première phase du programme a concerné l’aménagement du port de pêche. La seconde phase permettra de réhabiliter les souks, d’étendre la promenade côtière qui relie le port de pêche au port archéologique, et de restaurer un caravansérail qui deviendra un centre artisanal ainsi qu’une ancienne tour d’observation, qui hébergera l’office du tourisme.

 

La citadelle de Tripoli.   

A Tripoli, la première phase du programme a été principalement destinée à l’aménagement de la Citadelle Saint-Gilles, monument structurant le cœur historique, ainsi qu’à la construction d’une plateforme sur le fleuve Abou Ali, qui a permis de redonner une unité au centre ville.

La seconde phase permettra de réhabiliter les souks, d’harmoniser les façades des bâtiments qui longent le fleuve, et de restaurer deux caravansérails, un hammam historique et des habitations traditionnelles, notamment celles situées au pied de la Citadelle. Par ailleurs, les conditions de mobilité dans le centre ville seront également améliorées, notamment par la construction de zones piétonnes et l’aménagement des espaces publics. 

Impacts attendus

Le principal effet attendu de ce programme, d'ores et déjà perceptible, est la revitalisation des centres historiques, tant d’un point de vue économique, par le développement du tourisme, que social, par la mise en valeur d’un patrimoine historique commun, vecteur de cohésion. Il est, pour cette raison, fortement soutenu par les élus locaux et par les populations concernées.
 

Un exemple d'aménagement d'espace public : les quatre étapes de la plateforme de Tripoli  
(photos M. Mihoub Mezouaghi, AFD)

 

La plateforme de Tripoli achevée



Que fait l'AFD en matière de lutte contre la faim ?

23/06/2011

Volatilité des marchés agricoles et prévention des crises alimentaires sont au cœur des priorités de la présidence française pour le « G20 agriculture » qui a réuni pour la première fois, à Paris, les ministres de l'agriculture des pays du G20.

A cette occasion, décryptage des enjeux de la lutte contre l'insécurité alimentaire et précisions sur les objectifs et les actions menées par l'AFD dans le domaine.

Décryptage avec ce dossier spécial « Sécurité alimentaire » au lendemain du "G20 agricole" qui a réuni pour la première fois, à Paris, les ministres de l'agriculture des pays du G20.

  L'éradication de la faim n'est pas une utopie. Des solutions existent. Abolir la faim dans le monde « maintenant », tribune du Pr Ismaïl Serageldin et Dov Zerah

► 3 questions à Jean-Luc François, directeur de la division Développement agricole et rural

Focus sur le Ghana, un pays pour qui l'agriculture est au coeur des priorités


 

 "Moderniser les process agricoles mais également notre façon de penser le monde"

3 questions à Jean-Luc François

Jean-Luc François est responsable de la division Développement agricole et rural à l'AFD

Qu’entend par sécurité alimentaire ?

La sécurité alimentaire signifie que tous mangent à leur faim. Mais il ne suffit pas de nourrir les gens pour qu’ils aient faim. Il faut augmenter leurs revenus.

 

Quels sont, d’après vous, les causes de la très grande vulnérabilité alimentaire dans laquelle vivent les pays du Sud aujourd’hui ?

Hormis des causes structurelles et locales, nous sortons d’une décennie où la doxa dans le monde des économistes du développement était : libéralisation et nouvelles technologies. Cependant – cause ou conséquence ? – la vulnérabilité aux phénomènes climatiques critiques, l’accroissement de la demande des pays émergents, au premier rang desquels la Chine, et le passage de leurs populations à des régimes carnés – beaucoup plus consommateurs de ressources naturelles – ont provoqué une réduction drastique des régions excédentaires et donc une flambée des prix. Les pays du Sud, de plus en plus dépendants de leurs importations de denrées alimentaires et où la population rurale est extrêmement pauvre, ont été particulièrement touchés par cette flambée des prix.

Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette grande vulnérabilité alimentaire.

 

Quelle est la stratégie prônée par la France et l’AFD ?

Pour répondre au défi de la faim, notre axe prioritaire est de moderniser l’agriculture des pays du Sud. Moderniser les process agricoles certes mais également notre façon de penser le monde et notre environnement. Il convient de conjuguer réponse globale et solutions locales.

La mise en place d’instances d’échanges, de régulation régionales, voire mondiale, en matière de politique agricole et de marchés des matières agricoles sont devenues une nécessité pour la majorité des acteurs du secteur.

En Afrique, par exemple, l’AFD travaille avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la mise en place d’une gestion régionale des risques pour répondre aux désordres du marché.

 

Quels sont les axes d’intervention prioritaires en matière de développement rural et agricole ?

Nous intervenons en matière de structuration des filières, d’innovation, d’assurance et de crédit agricole ainsi que dans le domaine de la formation.

Des filières agricoles plus fortes sont également un moyen de lutter contre la vulnérabilité des populations. De la production à l’exportation en passant par l’accompagnement d’opérateurs intermédiaires, l’AFD accompagne certains de nos pays partenaires dans la structuration de ces filières.

Nous avons mis au point une palette d’outils financiers accessibles aux acteurs agricoles, en mixant prêts et dons, en développant des systèmes de garanties (fonds ARIZ par exemple).

Enfin, nous participons également à la recherche que ce soit sur les impacts de la libéralisation sur les agricultures du sud, sur la volatilité des prix et des moyens de la combattre, sur l’appropriation des terres, sur les filières vivrières, etc.

L’AFD est reconnu par ses partenaires comme un bailleur de fonds qui a une vision robuste de l’agriculture. Cependant, notre activité dans un pays, dans un secteur ne dépend pas que de nous. En effet, l’AFD répond à des demandes de ses partenaires. A nous de les convaincre.

 

 

Focus sur un pays, le Ghana, pour qui l'agriculture est au coeur des priorités

 

Interview de Bruno Leclerc, directeur de l'agence AFD d'Accra (durée 7 mn)

 

 

Abolir la faim dans le monde «maintenant»

Tribune du Professseur Ismail Serageldin et Dov Zerah, parue dans les Echos le 22 juin.

"L'éradication de la faim n'est pas une utopie. Des solutions existent. A la veille du G20 agricole, c'est plus que jamais une cause d'intérêt universel. L'agriculture africaine doit redevenir une priorité de l'aide internationale. "

Lire la suite de la tribune

 

 



Publication du rapport annuel de l'AFD 2010

12/05/2011

Dov Zerah, Directeur général de l’AFD a présenté, le 12 mai 2011, le bilan 2010 de l’agence. Avec 6,8 milliards d’euros d’autorisations d’engagement, l’activité de l’AFD a continué de croître en 2010. L'agence a renforcé sa présence auprès de ses partenaires du Sud et entamé la consolidation de son modèle économique.

►Télécharger le rapport annuel 2010 (PDF)

2010 : une nouvelle année de croissance au service du développement

Avec 832 millions d’euros de ressources budgétaires allouées par l’Etat, l’AFD a financé des projets à hauteur de 6,8 milliards d’euros en 2010, soit une progression de 11% par rapport à 2009. Son activité a représenté 28% de l’aide publique au développement française. L’Agence a par ailleurs reversé 104 millions d’euros de dividendes à l’Etat.

L’Afrique reste la priorité avec 2,1 milliards de financements en 2010.

Les deux tiers des financements se répartissent entre les infrastructures, le développement urbain, le secteur productif et l’agriculture

 

En 2010, les financements de l’AFD contribueront à :

  • L’amélioration du système d’alimentation en eau potable pour 33 millions de personnes
  • La scolarisation de 13,4 millions d’enfants au niveau primaire
  • La réhabilitation ou la construction de pôles de transport qui seront empruntés par 85,8 millions d’usagers par an
  • L’efficacité énergétique à travers l’économie de 5 millions de tonnes de CO2 par an
  • L’accès à l’électrification pour 3 millions de personnes
  • L’octroi de microcrédits bénéficiant à un peu plus de 700 000 personnes
  • Le soutien de projets agricoles ou d’irrigation qui bénéficieront à 1,4 millions de personnes

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

2011 : la consolidation du modèle économique

« Au cours de ces dernières années, l’AFD a connu une véritable révolution. L’Agence est devenue un acteur incontournable du développement avec une activité qui a triplé en cinq ans. Aujourd’hui une nouvelle phase s’amorce, celle de la consolidation de notre modèle. » a précisé Dov Zerah.

Dans les années à venir, l’Agence concentrera son activité dans trois zones prioritaires :

  • L’Afrique sub-saharienne : 60% des ressources allouées à l’AFD par l’Etat iront à cette région, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et des agro industries, des infrastructures, de l’éducation et de la santé.
  • Méditerranée : afin d’accompagner les évolutions récentes de la région, l’Agence renforcera ses interventions dans les pays du Bassin méditerranéen, en particulier dans le secteur productif et la formation professionnelle.
  • Pays émergents : pour inciter ces pays à s’engager vers une croissance plus respectueuse de l’environnement et plus inclusive, l’Agence les appuiera à travers des prêts très peu concessionnels.

La consolidation du modèle passe par une stabilisation du niveau d’activité de l’Agence qui devrait atteindre 8 milliards d’euros en 2013. Pour une meilleure maîtrise des risques, l’AFD s’est dotée en 2011 d’une direction des risques. Elle a par ailleurs renforcé son capital humain avec 125 recrutements en 2010.

 

"Au-delà des financements, c’est notre expertise que recherchent nos partenaires"

A travers sa production intellectuelle, l’Agence continuera aussi à peser dans les débats internationaux. Parallèlement, nous engageons un nombre croissant de partenariats avec d’autres acteurs du développement comme les ONG, les collectivités locales, les fondations privées ou encore les banques multilatérales. Ils viennent renforcer l’ampleur et l’efficacité de nos actions. Dans un monde globalisé, seules les stratégies de coopération sont gagnantes. » a précisé le Directeur général.

 

Une exposition photo à travers la France : Objectif Développement

En 2011, l’Agence célèbrera le 70e anniversaire de sa création par le général de Gaulle en 1941. A cette occasion, Une exposition itinérante et en plein air appelée Objectif Développement réalisée en partenariat avec Magnum Photos sera lancée le 21 mai prochain à Bordeaux et se déplacera durant l’année dans les grandes villes de France. Une occasion de sensibiliser les visiteurs aux enjeux Nord-Sud, de rappeler pourquoi la France s’engage en faveur du développement et de mieux faire connaître les résultats du développement.

 



 
   
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