Le groupe AFD a été autorisé à intervenir au Liban au premier semestre 1999, à la suite de l’intégration du pays dans la Zone de Solidarité Prioritaire de la France (zone géographique dans laquelle la France a mis en place une coopération étroite). L’AFD est représenté localement par l'agence ouverte à Beyrouth en juin 1999.

À la une

34 pays venant 3 continents se réunissent autour du premier plan international de sauvegarde de la biodiversité de bassin méditerranéen

03/10/2010

Le premier plan international destiné à préserver la biodiversité exceptionnelle du bassin méditerranéen est lancé aujourd’hui à Paris à l’Agence Française de Développement. Ce plan qui s’étale sur cinq ans a pour objectif de protéger au mieux les écosystèmes, notamment terrestres, en ciblant ses actions sur les régions les plus  importantes et les plus menacées en matière de biodiversité.

Il a été élaboré par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF) – un partenariat qui regroupe la Banque mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’Agence française de développement (AFD), le gouvernement japonais, la John D. and Catherine T. MacArthur Foundation et Conservation International. Le projet a également été financé par la Fondation Mava et la Fondation Prince Albert II de Monaco. Une première tranche de 10M$US est mis à disposition pour les 5 prochaines années pour la conservation de la biodiversité.

Près d’un demi-milliard d’êtres humains vivent autour du bassin méditerranéen et plus de 220 millions de touristes viennent chaque année visiter la région. Il est crucial de réduire les menaces qui pèsent sur l’écosystème méditerranéen. De nouvelles approches sont aussi nécessaires pour que la région continue à tirer parti des services rendus par les écosystèmes et de la biodiversité car ils jouent un rôle essentiel, depuis des millénaires, dans le développement des  civilisations méditerranéennes.

Il est nécessaire de  maîtriser l’usage de l’eau douce – dont la présence est limitée dans la région – et de  veiller à ce que le tourisme apporte des atouts économiques sans pour autant détruire les écosystèmes qui  font de la Méditerranée une zone de tourisme privilégiée.
Pour Gilles Kleitz, chef de projet à l’Agence française de développement (AFD), « Des dizaines de millions de personnes, dans l’Union européenne  ou en  dehors, dépendent de l’écosystème du bassin méditerranéen, soit directement, par le biais de l’agriculture, du tourisme, de la pêche, de la sylviculture, soit indirectement, par l’apport en eau douce, le contrôle des insectes, la pollinisation... Nous nous devons de veille  à la restauration et à la préservation  de cette région naturellement  riche et fragile pour le bien des générations futures.»

Le plan s’articule autour d’un rapport de 251 pages appelé Profil d’écosystème qui identifie les zones clés de la biodiversité, les menaces auxquelles elles font face et les mesures nécessaires. Ce rapport a été constitué avec l’appui de groupes issus de la société civile. Le CEPF accordera des subventions aux associations locales qui se mobiliseront sur des projets de protection de la nature. 

Pour John Watkin, directeur des subventions du CEPF qui a encadré le projet, « La place extraordinaire qu’occupe le bassin méditerranéen dans l’histoire de l’humanité et son rôle de carrefour entre les cultures européennes, moyen-orientales et nord-africaines a été rendu possible grâce à  la richesse incroyable de son écosystème :  ses ressources maritimes, la fertilité de ses terres et l’abondante variété de plantes, mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et invertébrés que l’on peut y trouver. Cet écosystème  demeure crucial aujourd’hui  pour le développement économique et social de la région.  LeCEPF a élaboré ce plan pour veiller à ce que cet écosystème continue d’apporter à l’homme ses bienfaits pour les millénaires à venir ».
Le rapport répertorie plus de 1567 zones clés de  biodiversité (Key Biodiversity Areas: KBA) dans la région. Le  financement ciblera les pays situés hors des frontieres de l’UE qui ont un accès plus limité à d’autres sources de financement pour la protection de la biodiversité. Six régions ont été définies comme prioritaires.

Pour Güven Eken de Doğa Derneği, l’ONG turque  qui a conduit l’étude pour le CEPF: « Le bassin méditerranéen a une importance majeure, du point de vue environnemental et social. Cette zone sensible de la biodiversité, la deuxième en termes de taille, est l’une des plus riches au monde. Mais il est aussi très complexe d’y travailler, car elle rassemble 34 pays dont les langues, les alphabets, les cultures et les religions diffèrent. La région  est gravement menacée, car 5 % seulement de son écosystème originel subsiste. En effet,  la promotion immobilière des zones côtières à des fins touristiques et l’extraction de l’eau à des fins agricoles ont des répercussions particulièrement néfastes dans la zone. Celle-ci a déjà connu beaucoup de dégâts mais nous avons enfin une stratégie qui transcende les frontières nationales  pour protéger la région. »

Les six zones prioritaires identifiées par le CEPF sont :

1. la péninsule  Cyrénaïque (Égypte et Libye) : 3 037 789 hectares de régions humides ou désertiques, comptant 11 zones clés de  biodiversité (KBA) et abritant plus de 100 espèces de plantes endémiques. Des espèces animales particulières y vivent également, comme la tortue égyptienne (Testudo kleinmanni), en danger d’extinction. L’écosystème local subit de nombreuses menaces comme le développement non durable du tourisme, la conversion des zones côtières en zones d’habitations, les pratiques de chasse non durables, l’expansion agricole, la production de charbon pour les zones urbaines avoisinantes et la construction intensive de routes.

2. les montagnes, plateaux et zones humides du Tell algérien et de Tunisie : Cette région très diverse, d’une superficie de 13 405 573 hectares, compte 75 zones clés de biodiversité, dont moins de 1 % sont protégées. Recouvrant une vaste région allant de la mer aux zones de montagne en passant par les forêts de chênes-lièges, elle abrite le mouflon a manchettes (Ammotragus lervia), le serval (Felis serval), ainsi que les dernières populations sauvages du seul primate méditerranéen : le magot (Macaca sylvanus). Le développement non durable du tourisme et la pollution de l’eau menacent l’écosystème de cette région.

3. les montagnes de l’Atlas (Maroc) : C’est dans cette région d’une superficie de 12 812 888 hectares qui compte 30 zones clés de biodiversité que les fleuves les plus importants du Maghreb prennent leur source. On y rencontre une multitude d’espèces uniques, notamment 237 plantes à fruits endémiques, le cèdre d’Atlas (Cedrus atlantica), la Vipère « latastei » ou encore l’antilope à nez tacheté (Addax nasomaculatus), en grave danger d’extinction et réintroduite dans la région. Les montagnes abritent également l’une des trois colonies restantes d’ibis chauve (Geronticus eremita). La région doit faire face à plusieurs menaces : d’abord la surexploitation des plantes, la région étant particulièrement riche en fleurs à oignon, ensuite la gestion non durable de l’eau, avec la construction de digues pour l’irrigation et le stockage de l’eau et enfin une une intensification de l’agriculture et un pâturage intensif qui entraînent l’érosion des sols.

4. la vallée de l’Oronte et les montagnes du Liban (Liban, Syrie, Turquie) : d’une superficie de 2631 528 hectares et comptant 40 zones clés de biodiversité, ce corridor abrite des bassins hydrographiques et des habitats naturels essentiels, qui s’échelonnent du niveau de la mer à des sommets enneigés à 3 000 m d’altitude. Il fournit la quasi-totalité de l’eau aux populations du Liban, eau qui se déverse également vers la Syrie avoisinante. Il abrite 31 espèces jugées menacées dans le monde, ainsi que de nombreux poissons, lézards et serpents endémiques, notamment la vipère libannaise (Montivipera bornmuelleri), elle aussi menacée. La région d’Akkar/du Hermel, qui se distingue par ses forêts anciennes, représente un point d’entrée pour les oiseaux migrateurs venus d’Europe. La construction d’infrastructures résidentielles, l’urbanisation, la chasse illicite et l’intensification de l’agriculture constituent les principales menaces de ce corridor naturel.

5.  les Balkans du sud-ouest (Albanie, Macédoine, Grèce, Monténégro, Serbie) : La région  s’étend sur une superficie de 5 713 629 hectares et compte 42  zones clés de biodiversité.  Les lacs, montagnes et littoraux des Balkans du sud-est entourent les dernières grandes étendues de régions côtières préservées  de la zone Europe-Méditerranée. Ce corridor recèle d’importants réseaux d’eau douce, comme le lac d’Ohrid, un site classé au patrimoine mondial, et le lac voisin de Prespa. Ces sites abritent une variété d’espèces endémiques, notamment la grenouille d’Albanie (Pelophylax shqipericus), une espèce menacée, le poisson Belvica (Salmo ohridanus), la truite « Salmo Letnica », ainsi que divers mollusques, crustacés et plantes endémiques. La chasse, la surpêche et la destruction des habitats naturels côtiers sont à l’origine  de répercussions néfastes.

6. les montagnes du Taurus (Turquie) : D’une superficie de 11 724 896 hectares et comptant 70 zones clés de biodiversité, cette région recense pratiquement tous les habitats naturels que l’on peut trouver en Méditerranée – allant de la garrigue aux forêts, des régions humides  aux régions montagneuses. Les eaux abritent un grand nombre d’espèces animales, dont le phoque-moine marin (Monachus monachus). Les montagnes abritent les peuplements les plus intacts de cèdres du Liban (Cedrus libani). La construction d’habitations, le développement touristique, les incendies de forêts, les digues, l’usage non durable de l’eau potable, l’agriculture, l’aquaculture et la construction de routes menacent en grande partie cette région.
Une conférence aura lieu le 29 septembre 2010 à 16h30

En présence de :
- Jennifer Morris, senior vice présidente, Division du financement des écosystèmes, Conservation international
- John Watkin, directeur de projets, CEPF
- Gilles Kleitz, chef de projet, AFD
- Güven Eken, Président, Doğa Derneği
A l’Agence Française de Développement, 5 rue Roland Barthes, 75012 Paris (métro Gare de Lyon)

Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter :

Rob McNeil
Directeur des médias, Conservation International
rmcneil@conservation.org
Patricia Yakabe Malentaqui
Directeur des médias internationaux, Conservation International :
pmalentaqui@conservation.org
Laure Weisgerber
Service de Presse, Agence Française de Développement
weisgerberl@afd.fr 



L’AFD déploie plus de 450 millions d’euros en faveur du développement durable

29/09/2010

Reconstruction de l’hôpital et de quartiers de Port-au-Prince, soutien des PME à Madagascar, développement urbain au Vietnam, transport au Maroc. Ces nouveaux projets, adoptés lors du Conseil d’administration du 30 septembre 2010, seront financés par l'AFD.

Haïti : reconstruction de l’hôpital de Port-au-Prince

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 13 millions d’euros à la République d’Haïti pour la reconstruction de l’Hôpital Universitaire d’Etat d’Haïti (HUEH) à Port-au-Prince. 

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,3 a secoué la région de Port-au-Prince pendant 35 secondes, en faisant 250 000 morts et 400 000 blessés. L’impact du séisme sur les infrastructures a été très important. Plus de 1 300 établissements d’éducation et plus de 50 hôpitaux et centres de santé se sont effondrés ou sont devenus inutilisables. Face à ce drame, la France, a proposé son aide pour la reconstruction de l’HUEH, structure pavillonnaire de 700 lits, situé au centre de Port-au-Prince.
 

Haïti : reconstruction de quartiers à Port-au-Prince

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 6,46 millions d’euros à la République d’Haïti pour la première phase du projet d’Aménagement Intégré des Quartiers Informels de Port-au-Prince.

Avant le séisme du 12 janvier 2010, plus d’un million d’habitants de la zone métropolitaine de Port-au-Prince vivaient dans des quartiers précaires. Une grande partie de ces habitants sont aujourd’hui sans abri. L’AFD a identifié deux territoires pour réaliser un projet de rénovation urbaine, les quartiers de Martissant et de Baillergeau, répondant à des critères à la fois d’urgence et pouvant avoir une fonction démonstrative.

Le projet comporte trois composantes. La rénovation urbaine des quartiers, qui sera réalisée dans une approche globale (logements, accessibilité et circulation, réseaux, gestion des déchets, environnement, espaces publics, vie associative…), avec des actions de réhabilitation des logements, sous la forme d’auto-construction encadrée, ainsi que de sécurisation foncière des habitations. En partenariat avec les villes de Paris et de Montréal, il apportera un appui à la municipalité de Port-au-Prince en permettant de reconstruire l’administration municipale et en la dotant des outils nécessaires à son développement. Il apportera enfin un appui au Comité Interministériel à l’Aménagement du Territoire, chargé par le gouvernement haïtien d’aider les autorités à élaborer des stratégies d’aménagement du territoire.
 

Haïti : aide budgétaire

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 15 millions d’euros à la République d’Haïti pour le règlement de ses dépenses budgétaire, dont 5 millions d’euros seront versés via le Fonds multi-bailleurs pour la Reconstruction Haïti (FRH), administré par la Banque mondiale.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, avec un PIB par tête d’environ 700 dollars. Depuis 2004, les gouvernements successifs ont mené des politiques économiques prudentes, dans le cadre d’accords avec le FMI. L’activité économique avait montré des signes encourageants, mais ce début de reprise a été brutalement interrompu en 2008 par plusieurs chocs exogènes (hausse du prix de l’énergie, crise des prix alimentaires, cyclones). Le 12 janvier 2010, Haïti a connu l’une des plus sévères catastrophes naturelles de son histoire, avec un tremblement de terre qui a provoqué la destruction quasi-intégrale du centre ville de Port-au-Prince et de quatre villes avoisinantes et la perte d’environ 250 000 vies humaines. Le pays se trouve aujourd’hui dans une situation de précarité extrême, le PIB devant se contracter de 8,5% en 2010, et les soutiens budgétaires sont indispensables. Pour participer à la reconstruction d’Haïti, outre l’annulation de la dette bilatérale (56 millions d’euros), la France apportera 40 millions d’euros sous forme d’aide budgétaire pour les années 2010 et 2011. En avril, une première aide budgétaire de 5 millions d’euros avait été approuvée par l’AFD.
 

Madagascar : garantie ARIZ II à la BOAM pour le financement des PME

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une dotation visant à garantir des concours consentis par la Bank of Africa Madagascar (BOAM). L’enveloppe des garanties susceptibles d’être accordées est d’un montant maximal de 15 milliards d’Ariaris (contrevaleur plafonnée à 6 millions d’euros).

Le mécanisme ARIZ est une assurance pour le risque de financement de l’investissement privé. Avec la garantie partielle de portefeuille, le nouveau dispositif ARIZ II permet aux banques de développer leur activité de prêts en faveur des PME. Ce concours vise à appuyer la croissance économique et à favoriser le développement du secteur privé et des échanges commerciaux dans le pays et permettent le maintien et la création d’emplois. Deux garanties de portefeuille ont déjà été mises en place à Madagascar avec la MCB et la BFV-SG.
 

Vietnam : infrastructures urbaines à Da Nang et Can Tho

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un financement de 20,5 millions d’euros (prêt de 20 millions d’euros et subvention de 500.000 euros) à la République du Vietnam pour le financement de programmes prioritaires d’infrastructures et d’équipements urbains à Da Nang et Can Tho.

Au Vietnam, l’urbanisation ne se limite pas aux mégapoles d’Hanoï et d’Ho Chi Minh Ville mais touche également des villes des zones urbaines des deux deltas (Mékong et Fleuve Rouge), du centre et du sud-est. Le concours sera affecté au fonds d’investissement et de développement local des villes de Da Nang et Can Tho, qui se sont affirmées comme des moteurs importants du développement socio-économique du pays. Il permettra de financer des infrastructures environnementales urbaines (traitement des déchets, assainissement et drainage, adduction en eau potable…) et l’intégration à la ville des populations vulnérables (logement des personnes modestes, formation professionnelle).
 

Ghana : aide budgétaire globale 

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 21,687 millions d’euros à la République du Ghana pour contribuer au financement de son budget.

Le Ghana a enregistré des performances économiques soutenues au cours des dernières années, avec une croissance annuelle moyenne du PIB de plus de 6% entre 2004 et 2008. La mise en œuvre de politiques volontaristes par les autorités ghanéennes s’est traduite par d’importants progrès en termes d’indicateurs économiques et sociaux. En dépit de ces avancées, les enjeux de développement restent considérables, notamment pour davantage équilibrer le développement entre les différents groupes sociaux-économiques ainsi que dans l’ensemble du territoire.

Ce concours est accordé dans le cadre du Contrat de Développement et de Désendettement (CDD) signé en février 2008 entre le Ghana et la France pour la période 2008-2013. Il participe au programme d’appui budgétaire global multi-bailleurs.
 

Maroc : ligne à grande vitesse ferroviaire

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 220 millions d’euros à l’Office National des Chemins de Fer Marocain (ONCF) pour la réalisation de la première Ligne à Grande Vitesse (LGV) au Maroc.

Le projet de LGV, d’une distance de 200 km, permettra de relier Tanger et la ville de Kénitra, à proximité des centres politiques et économiques du pays. D’un coût de 1,8 milliard d’euros, sa mise en service est prévue pour fin 2015. L’ONCF, établissement public sous tutelle du ministère des transports marocain, bénéficie de l’appui de l’ingénierie française et le matériel sera livré par Alstom. Les questions environnementales et sociales du projet ont fait l’objet d’une attention particulière et l’ONCF développera des actions propres à valoriser ses effets positifs, économiques et urbains. Cette LGV constituera un outil puissant d’aménagement du territoire dans le nord du pays.
 

Turquie : investissements énergétique des PME

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 100 millions d’euros à Turkiye Halk Bankasi (Halkbank) pour le financement d’investissements d’efficacité énergétique des PME. 

La croissance turque repose sur une consommation élevée d’énergies fossiles. Dans un contexte de renchérissement de ces ressources et de limitation des émissions de gaz à effet de serre, cette situation expose les PME turques à des risques de dégradation économique. De nombreux freins, techniques et financiers, tiennent les PME à l’écart des investissements d’efficacité énergétique, alors que le développement des énergies renouvelables peut constituer par ailleurs une contribution significative à la réduction de l’emprunte carbone du pays. Grâce à son expérience dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises, la Halkbank, septième banque commerciale turque, devrait faciliter la réalisation de ces investissements.
 

Pays de l’UEMOA : extension de la couverture du risque maladie

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 5,4 millions d’euros à la Commission de l’UEMOA pour soutenir l’extension de la couverture du risque maladie dans les Etats membres de l’Union. 

L’accès financier aux services de santé est difficile pour une grande partie de la population des pays du Sud et explique en partie des niveaux très bas de fréquentation des structures sanitaires publiques. Dans les Etats membres de l’UEMOA, la gratuité de certaines prestations de santé s’est développée ces cinq dernières années et une réflexion a été lancée sur des stratégies nationales de couverture du risque maladie.

Le projet accompagnera les Etats membres de l’UEMOA dans la conception et la mise en œuvre de leurs stratégies nationales d’extension de la couverture du risque maladie. En  permettant d’augmenter le nombre de personnes disposant d’une telle couverture, il aura des effets économiques (solvabilité de la demande de soins, ce qui dynamisera le secteur de la santé) et sociaux très importants.
 

Autorité palestinienne : station d’épuration à Gaza

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 4 millions d’euros à l’Autorité palestinienne pour la construction d’une station d’épuration régionale dans le nord de la bande de Gaza.

La station d’épuration de Beit Lahia reçoit les eaux usées des 250 000 habitants des municipalités de Jabalia, Um Al Nasser et Beit Hanoun. Construite par les israéliens en 1977, cette station fonctionne aujourd’hui à plus de quatre fois sa capacité nominale. Faute d’exutoire, ses effluents se sont répandus sur les terrains alentour et ont formé un lac, qui a couvert jusqu’à une superficie de 35 ha en 2009. A la demande de l’Autorité palestinienne, l’AFD, la Banque mondiale, les coopérations belges et suédoises et la Commission européenne ont mobilisé en 2005 un financement de 46 millions de dollars pour la réalisation d’un projet en deux phases, dont la première prévoyait la réalisation d’une station de pompage à Beit Lahia.

Le projet vise à mettre en œuvre la phase B du projet, avec la construction à Jabalia d’une station de traitement biologique d’une capacité de 35 600 m3/j. Cette station doit permettre de couvrir l’ensemble des besoins de la zone nord de la bande de Gaza à l’horion 2015 et de mettre en place un système de récupération agricole des eaux usées traitées. Ses impacts seront significativement positifs en matière d’amélioration des conditions de santé publique et de protection de la ressource.
 

Liban : valorisation du patrimoine à Tyr et Tripoli

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 21 millions d’euros à la République du Liban pour la deuxième phase du programme de valorisation du patrimoine et de développement urbain, à Tyr et à Tripoli.

Le Liban dispose d’un patrimoine riche et diversifié, témoignage des nombreuses civilisations qui s’y sont développées. Malheureusement, outre les dommages subis en périodes de guerre, ce patrimoine s’est vu largement négligé pendant de nombreuses années.  Dans ce contexte, le Programme de valorisation du patrimoine et de développement urbain, initié par la Banque mondiale au début des années 2000, doit permettre la revitalisation des centres historiques, tant d’un point de vue économique que social.

Le financement concerne la deuxième phase de ce programme. A Tyr, il permettra de réhabiliter les souks qui entourent le port, d’étendre la promenade côtière et de restaurer un caravansérail, en centre artisanal, et une ancienne tour d’observation, en office du tourisme. A Tripoli, il permettra notamment de réhabiliter les souks, d’harmoniser les façades des bâtiments qui longent le fleuve et de restaurer les habitations traditionnelles.
 

Syrie : développement urbain et environnement

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un financement de 20,4 millions d’euros (prêt de 20 millions d’euros et subvention de 400.000 euros) à la République syrienne pour le financement de son programme Développement urbain et Environnement.

Le gouvernement syrien souhaite accompagner la rapide croissance urbaine et développer une politique locale d’aménagement territorial par une politique de décentralisation. L’AFD s’est associé au programme Infrastructures municipales et Environnement, porté par la Banque Européenne d’Investissement. Ce projet doit permettre de financer plusieurs projets prioritaires de développement urbain à vocation environnementale, mais également sociale ou économique, dans différentes villes ou gouvernorats (gestion des déchets, trafic et mobilité, assainissement, adduction d’eau potable, tourisme…). Le programme renforcera par ailleurs les capacités techniques et opérationnelles des gouvernorats et des municipalités et s’inscrira dans les processus de déconcentration et de décentralisation qui voient le jour en Syrie.
 

Afghanistan : relance de l’apiculture

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 3 millions d’euros à la République d’Afghanistan pour son Programme national de relance de l’apiculture.

En Afghanistan, moins de 10% le potentiel apicole est exploité, alors que le pays dispose d’un verger dont la production peut être accrue par le développement de l’apiculture. La relance d’une filière pourvoyeuse de produits à forte valeur ajoutée contribuera à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des revenus en zones rurales. Les activités s’articuleront autour de quatre composantes : la formation et l’information des acteurs publics et privés ; l’approvisionnement en intrant ; la valorisation des produits et du rôle de la ruche ; la structuration professionnelle de la filière.



Recherches n°1 | Le financement de l’enseignement supérieur en Méditerranée

06/03/2010

Cas de l'Egypte, du Liban et de la Tunisie

La transition démographique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient déplace progressivement les tensions sur les systèmes éducatifs et le marché du travail. Le taux croissant de chômage des jeunes diplômés suppose de s’interroger sur les déterminants économiques et institutionnels de leur faible employabilité.

À la lumière d’un examen des trajectoires et des défaillances des systèmes d’enseignement supérieur dans trois pays de la région (Egypte, Liban, Tunisie), ce rapport suggère des pistes de réflexion sur le soutien au secteur universitaire privé, un accès plus équitable des étudiants à l’enseignement supérieur, et plus globalement l’accompagnement des politiques publiques face aux impératifs de réforme.

Deux contributions théoriques et empiriques complètent cette réflexion stratégique et opérationnelle. La première, proposée par l’Institut de recherche sur l’éducation (Bourdon, Bydanova et Giret), s’intéresse aux rendements économiques de l’éducation pour caractériser la relation entre croissance et enseignement supérieur. La seconde, de l’École d’économie de Paris (Duchatelle, Gurgand et Lorenceau), traite des mécanismes de financement de l’enseignement supérieur et des conséquences des choix de financement opérés en termes d’efficacité et d’équité.

  • Thomas MELONIO Économiste au département de la Recherche, AFD meloniot@afd.fr
  • Mihoub MEZOUAGHI Économiste au département Méditerranée et Moyen-Orient, AFD
    mezouaghim@afd.fr
  • Contributions : revues de littérature de Jean BOURDON, Lisa BYDANOVA et Jean-François GIRET, Institut de recherche sur l’éducation (IREDU) et Vanessa DUCHATELLE, Marc GURGAND et Adrien LORENCEAU, École d’économie de Paris (EEP)


Conseil d'Administration du 21 janvier 2010 : plus de 80 millions d'euros octroyés en Méditerranée

21/01/2010

Le conseil d'administration de l'AFD a approuvé le 21 janvier 2010 l’octroi d’un prêt de 37,5 millions d’euros à la République du Yémen pour soutenir son projet d’électrification rurale, d’un prêt de 25 millions d’euros à la Byblos Bank pour le lancement d’une offre de prêts étudiants, et d’un prêt de 18 millions d’euros à la banque Libano-Française SAL (BLF) pour appuyer le développement de son activité en faveur des hôpitaux privés.

Yémen : électrification rurale

Le conseil d'administration de l'AFD a approuvé le 21 janvier 2010 l’octroi d’un prêt de 37,5 millions d’euros à la République du Yémen pour soutenir son projet d’électrification rurale. La vie en milieu rural au Yémen (73% de la population) est caractérisée par un manque d’infrastructures, de services et d’équipements de base. Ainsi, seulement 20% de la population a accès à l’électricité, contre 85% pour la population urbaine. Pour redresser cette situation, le gouvernement a approuvé une stratégie d’électrification rurale (ER). Le projet vise à porter à 30% le taux d’accès à l’électricité des ménages ruraux, à mettre en place des sociétés de services locales et à développer, dans les zones isolées, des solutions d’électrification décentralisées renouvelables à travers la mise en place de systèmes solaires domestiques.


 
Liban : prêts étudiants

Le conseil d'administration de l'AFD a approuvé le 21 janvier 2010 l’octroi d’un prêt de 25 millions d’euros à la Byblos Bank pour le lancement d’une offre de prêts étudiants. L’enseignement supérieur libanais, dont la qualité est reconnue dans le monde entier, constitue un atout fort du pays et repose largement sur les universités privées. Néanmoins, le coût élevé des frais de scolarité de ces universités constitue une barrière à l’entrée importante, en particulier pour la classe moyenne. La ligne de crédit consentie à la Byblos Bank, troisième banque libanaise, sera assortie de critères d’éligibilité permettant de cibler les étudiants ne pouvant accéder à l’enseignement supérieur pour des raisons financières. Cette sélection reposera sur la collaboration étroite entre la banque et les huit universités partenaires (dont quatre francophones), lesquelles sont dotées de services d’aide sociale performants. Sur la base d’un montant moyen estimé des prêts de 40 000 dollars (soit cinq années de scolarité à 8 000 dollars), la ligne de crédit permettrait de financer 900 prêts étudiants.


 
Liban : hôpitaux privés

Le conseil d'administration de l'AFD a approuvé le 21 janvier 2010 l’octroi d’un prêt de 18 millions d’euros à la banque Libano-Française SAL (BLF) pour appuyer le développement de son activité en faveur des hôpitaux privés. Au Liban, le secteur privé est devenu le pilier de l’offre de soins et l’amélioration de la qualité des soins et de l’accès des populations devra nécessairement impliquer ce secteur dans le cadre des politiques publiques. Par ailleurs, la gestion des déchets hospitaliers (déchets à risque infectieux) ne cesse de prendre de l’ampleur. Le concours accordé à la BLF, qui intervient régulièrement dans ce secteur, sera utilisé pour le financement d’investissements des hôpitaux privés en infrastructures (neuf ou modernisation) et en équipement, ainsi que d’opérations de restructuration de la dette. Des critères d’éligibilité visant à favoriser les investissements dans les zones actuellement peu couvertes en lits hospitaliers, l’accueil des patients dépourvus d’une assurance privée et les comportements responsables en matière environnementale (notamment l’élimination des déchets) devront être respectés.



 
   
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