Menu gauche
Contenu
Aménagement et protection des massifs forestiers de la province d’Ifrane
Aménagement et protection des massifs forestiers de la province d’Ifrane
Les forêts marocaines connaissent une surexploitation qui diminue leur capacité productive, affecte leur rôle primordial de régulation du régime des eaux et menace leur patrimoine de biodiversité particulièrement riche. Dans la province d’Ifrane (moyen Atlas), qui abrite la plus belle cédraie du Bassin Méditerranéen, en même temps que la plus importante population mondiale de singes magots, la forêt est soumise à des pressions humaines croissantes et incontrôlées (coupe illégale du bois, surpâturage des troupeaux ovins) qui sont une menace directe pour le renouvellement des ressources et pour les équilibres écologiques.
Les autorités marocaines ont décidé de réagir en lançant un nouveau Plan Forestier National du Maroc, qui refonde les concepts et méthodes de gestion de la forêt, en rupture avec les pratiques exclusivement conservatrices ayant prévalu jusqu’ici. La nouvelle politique forestière, faisant une large place aux usagers et aux collectivités locales, encourage une approche participative basée sur la réalisation de plans d’aménagement intégrés prenant en compte les diverses composantes de l’exploitation forestière. Le projet d’aménagement et de protection des massifs forestiers de la province d’Ifrane s’inscrit dans cette démarche et constitue un des projets pilotes pour la mise en œuvre du Plan Forestier National.
L’AFD a souhaité apporter son soutien à ce projet original, en partenariat avec le FFEM, l’Etat marocain, les collectivités locales ainsi que les usagers.
Objectifs
Le projet doit contribuer à la conservation, à la bonne gestion et à la mise en valeur des massifs agro-forestiers de la province d’Ifrane, qui constituent une ressource économique des collectivités locales et des populations, et jouent un rôle fondamental dans la protection des sols, la régulation des eaux et la préservation de la biodiversité.
Descriptif du projet
Les activités sont organisées en 4 composantes qui sont mises en œuvre de manière intégrée dans quatre zones d’intervention comprenant à la fois des espaces forestiers, des parcours d’élevage et des zones agricoles :
- « Forêt et bois de chauffe » vise une gestion concertée du domaine forestier par l’élaboration de plans d’aménagement en liaison étroite avec les usagers. Elle comprend des opérations sylvicoles, des infrastructures forestières, et des actions de recherche-développement, notamment autour de la problématique du bois de chauffe.
- « Parcours pastoraux » prévoit, outre l’aménagement de pâturages extensifs, des mesures d’intensification de la production (suivi sanitaire et alimentaire des troupeaux).
- « Gestion de la biodiversité » repose sur la mise en place d’un parc national au sein de la zone du projet, la réalisation d’études sur la biodiversité et le développement de l’écotourisme.
- « Activités agricoles » (les usagers de la forêt et des parcours sont aussi des agriculteurs) comprend la réalisation de pistes, de périmètres irrigués, d’aménagements en zones de cultures pluviales et des actions de développement agricole comme la promotion de l’arboriculture fruitière.
Impacts
Le parc d’Ifrane a vu le jour au cours du projet (création en 2004, décision du doublement de sa superficie en 2008). Il s’est doté de moyens physiques (programme d’infrastructures, équipement), de moyens humains (formation et professionnalisation de l’équipe en charge du suivi du projet, qui constitue le noyau de la future Direction du parc) et enfin d’organes de concertation.
L’implication active de la population avoisinante est un des points les plus intéressants du projet. Cette participation a permis de déboucher sur des contrats entre l’administration et les associations d’usagers qui engagent les deux parties, entrainant ainsi un meilleur respect des zones à préserver.
Les usagers de la forêt bénéficient d’une amélioration de leurs conditions de vie grâce aux infrastructures de base, pistes ou points d’eau réalisés dans le cadre du projet.
Des progrès concrets en écotourisme (aménagement des sites, sentiers, associations de « gîteurs », certification « clé verte » lancée, sites web, partenariats,…) ainsi que l’appui aux coopératives et aux associations dans leurs initiatives de valorisation des produits locaux sont prometteurs.
Dates et montants
Démarrage : 2001
Financement : 9,0 M€ pour l’AFD en prêt, et 2,288 M€ pour le FFEM en subvention, en cofinancement avec l’Etat marocain, les communautés rurales et les usagers.

![English [English]](/jsp/jahia/engines/images/flags/en_off.gif)