Menu gauche
Contenu
Renforcement des capacités
Le Développement des compétences, un impératif pour un pays émergent….
La Tunisie, pays méditerranéen en émergence, s’est engagée dans des politiques de réformes sur longue période, basées sur la libéralisation, effective depuis 2008 pour les échanges industriels et encore en négociation pour les échanges agricoles et les services. En termes macro-économique, le pays bénéficie de « fondamentaux » bien orientés, avec une croissance vigoureuse (5% sur 15 ans) et résiliente (3% en 2009, 4,5% projetés en 2010), un PIB par tête de 3900 USD et une tertiarisation avancée du PIB (40% de services marchands).
La Tunisie a en particulier misé sur le développement des compétences pour favoriser sa convergence économique avec l’UE. La valorisation de l’éducation et de la formation est un effort de long terme du pays. Sur moyenne période, environ 25% du budget de l’Etat et 7% du PIB sont consacrés à l’éducation, la formation et l’enseignement supérieur. Les derniers plans de développement quinquennaux (le XI plan a été lancé en 2007), sont ainsi axés sur un objectif de construction de la « société du savoir ».
…qui reste un défi pour les années à venir.
Le programme de Mise à Niveau de la Formation Professionnelle a été pionnier dans la région. Le secteur de la formation professionnelle a engagé une vaste réforme depuis 1996, baptisée Programme National de Mise à Niveau de la Formation Professionnelle et de l’Emploi - MANFORME, ayant pour objectif de rendre le système efficace et adapté aux besoins des entreprises, par l’amélioration de l’employabilité des nouveaux entrants et l’adaptation des compétences à l’évolution des technologies.
Cependant, Le système éducatif tunisien, y compris la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, est en face d’un défi, celui de l’emploi, avec un risque d’accroissement du chômage, qui touche particulièrement les entrants sur le marché du travail. L’important degré d’ouverture expose le pays aux retournements de conjoncture, notamment en Europe, comme c’est le cas avec la crise actuelle.
La Tunisie se trouve alors confrontée au double défi [i] de sa transition démographique –achevée au niveau de la fécondité, avec un indice de 2 enfant/femme en 2008, mais pas au niveau des cohortes générationnelles précédentes qui continuent à affluer – et [ii] des capacités d’absorption, sur son marché du travail, de jeunes tunisiens ayant bénéficié de politiques très volontaristes, d’accès à l’éducation supérieure (90 000 étudiants en 1990, 350 000 aujourd’hui, qui devraient culminer à 500 000 vers 2014). Ce double défi est aujourd’hui rendu plus crucial encore, dans le contexte de crise, ainsi que par un système universitaire insuffisamment professionnalisant pour pouvoir répondre le plus efficacement aux nouveaux enjeux du marché du travail.
L’action de l’AFD favorise le lien entre le monde de l’enseignement et celui de l’entreprise…
Dans se contexte, l’AFD intervient dans l’objectif de soutenir la Tunisie dans ses efforts de convergence économique avec l’Europe. Cet objectif passe notamment par des actions dans le domaine du renforcement des capacités et des compétences.
Il s’agit de soutenir et renforcer l’offre de formation en Tunisie, car elle touche à la compétitivité de l’économie, mais aussi à l’employabilité des apprenants et étudiants et leur insertion dans l’économie. Les activités de l’AFD dans ce domaine concernent non seulement la formation professionnelle, secteur dans lequel elle est investie depuis 1996 pour son compte et pour le compte du Ministère français de l’immigration, de l’intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire (MIIINDS), mais aussi l’enseignement supérieur public et privé et les mécanismes ciblé sur la recherche développement et l’innovation (pôles de compétitivité et clusters d’entreprises). L’esprit des interventions de l’AFD est de favoriser les synergies entre le monde de l’enseignement au sens large et celui de l’entreprise, afin d’améliorer l’employabilité des jeunes diplômés, en articulant les actions autour de trois principes : (i) systématiser l’approche par les compétences, (ii) favoriser l’alternance afin d’optimiser l’utilisation du dispositif et l’insertion, (iii) soutenir le partenariat avec les branches professionnelles.
Des interventions concrètes.
Concrètement, l’AFD a mis en place 3 prêts successifs à taux d’intérêts bonifiés depuis 1997 au profit du Ministère en charge de la formation professionnelle, pour un total de 73M€ d’engagement. A l’issue du 3ème concours financier, qui s’achève au premier semestre 2010, l’AFD aura financé la création ou la restructuration de 24 centres de formation professionnelle dans tous les secteurs d’activité (tourisme, agriculture, industrie, bâtiment, logistique,…), représentant un flux annuel de l’ordre de 13 000 apprenants. Les interventions de l’AFD, selon une approche projet, concernent l’investissement matériel et immatériel (ingénierie de formation, formation de formateurs et implantation de la réforme au sein des centres), ainsi que le renforcement du dispositif institutionnel.
Deux subventions successives (sur fonds délégués du Ministère des Affaires Etrangères puis 1M€ sur enveloppe AFD) accompagnent la réforme à travers le soutien aux branches professionnelles tunisiennes en appuyant leur partenariat avec le Ministère de l’Education et de la Formation d’une part et avec leurs homologues français d’autre part.
Par ailleurs, dans le cadre de l’accord de gestion concertée des migrations et du développement solidaire, le MIIINDS s’est engagé à financer des projets dans le domaine de la formation professionnelle, pour un montant total de 30M€ de subvention sur la période 2008-2011. L’AFD a été désignée par le MIIINDS et la Tunisie comme opérateur financier pour la mise en œuvre de projets de création et de restructuration de 4 centres de formation spécialisés dans des secteurs en mutation technologique et « en demande » (bâtiment et travaux publics, soudure et construction métallique, industrie appliquée à l’aéronautique), pour un montant du total de 17,8M€. Ces centres représenteront une capacité de l’ordre de 3000 apprenants. Les métiers liés aux nouvelles normes environnementales en matière de construction seront privilégiés.
Dans le secteur de l’enseignement supérieur professionnalisant, l’AFD instruit en 2010 le financement de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Bizerte-ENIB (15M€). Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement de la capacité de formations d’ingénieurs sur le territoire tunisien pour passer de 4500 à 7000 diplômés par an d’ici à 2012. L’objectif de l’ENIB est de former des ingénieurs polyvalents dotés d’une solide formation scientifique et technique, en lien direct avec les secteurs économiques. A terme 1200 étudiants seront accueillis dans cette école.
Au total, des projets pour un montant total de plus de 105M€ qui depuis 15 ans ont été ou sont mis en place par l’AFD en Tunisie dans le secteur de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur professionnalisant.
Enfin, l’AFD participe dans le domaine des compétences comme pour l’ensemble de ses activités, à la production et la capitalisation des connaissances. L’AFD conduit ou finance notamment des études (étude comparative sur l’enseignement supérieur privé en Méditerranée – en cours de publication, évaluations de politique publique, études sur l’insertion des jeunes et le coût de l’insertion – en cours de lancement).
