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La stratégie de l'AFD en Méditerranée et Moyen-Orient 2015-2018

Pour répondre aux grands enjeux de développement de cette région, l’année 2015 est marquée par l’adoption d’un nouveau document de stratégie " le Cadre d’Intervention Régional 2015-2018 (CIR)" :

3 Finalités et 7 Objectifs pour guider les activités de l'AFD

 

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Résumé


L'Agence française de développement intervient depuis 22 ans dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM).

La dynamique régionale de soulèvements sociaux, un temps appelée « printemps arabes », est aujourd’hui interprétée comme un moment historique de la difficile construction des Etats nations. Des sous-ensembles géographiques de type « Maghreb » ou « Machrek » sont difficiles à établir car les interconnexions naissantes (dynamique saharo-sahéliennes) et le déversement toujours possible des tensions et conflits d’un pays à l’autre contribuent plutôt à une fluidité de la région.

Les enjeux de développement sont avant tout sociaux. L’amélioration de l’employabilité de tous, diplômés chômeurs mais aussi jeunes quittant le système scolaire est devenue la question sociale à traiter en priorité. S’y ajoute le constat selon lequel trois femmes sur quatre, en âge de travailler, sont inactives. Les conflits, les tensions identitaires et les déplacements forcés ne font qu’exacerber l’enjeu de cohésion sociale.

Ils sont ensuite environnementaux : la qualité de vie en Afrique du Nord et Moyen Orient (ANMO) sera fortement dépendante de la capacité des acteurs publics et privés à lutter contre les pollutions, gérer la rareté des ressources naturelles (eau, sol, couvert forestier) et réparer les effets de la vulnérabilité devant le changement climatique (manque de pluie, remontée des eaux en zone côtière, érosion des sols).

Les sociétés des PSEM sont donc aujourd’hui fragilisées par le manque d’emplois et des modèles de développement qui pour être durables, devront à l’échelle de chaque territoire, réparer les inégalités d’accès aux opportunités économiques et gérer la rareté du capital naturel.

La région a les moyens de renouer avec la croissance. Ces pays commencent à engager les réformes relatives au coût de l’énergie et au rééquilibrage de leurs échanges agricoles. Deux pays se détachent, la Turquie, seul émergent de la zone et le Maroc, engagé sur le long terme dans l’ouverture à l’international, la modernisation et la diversification de son économie.

Alors que le partenariat de Deauville laissait espérer une mobilisation forte de l’Occident, l’Europe a connu des difficultés à renouveler sa politique de voisinage ; celle-ci s’articule désormais autour de partenariats différenciés et non plus autour d’une vision partagée de l’intégration régionale. Si la politique de voisinage débouche sur des accords d’association (à portée d’abord commerciale), elle n’a pas vocation à offrir de perspective d’adhésion. Seule la Turquie, engagée depuis 2004 dans un processus d’adhésion, continue un lent travail de rapprochement de ses normes avec celles de l’Europe.

Le partenariat de Deauville a par contre permis l’introduction d’un nouvel acteur spécialisé dans le financement du secteur privé, la BERD, et rendu visible la puissance financière des pays du Golfe. Face à la nécessité de ne pas seulement financer la paix sociale, mais aussi de réformer en profondeur leurs politiques économiques, les PSEM ont pour certains accepté le soutien du FMI.

Les orientations opérationnelles de l’AFD dans les PSEM répondent à trois finalités :

  • Promouvoir une croissance durable créatrice d’emplois  : trois objectifs principaux contribuent à une croissance créatrice d’emplois : i) des entreprises qui créent de la valeur ajoutée et des emplois décents, ii)  un meilleur accès des femmes au marché du travail en vue de bénéficier pleinement du dividende démographique, iii) des territoires attractifs i.e. proposant des niveaux d’équipements et de services, mais aussi des débouchés commerciaux (localement ou à l’export) propices au développement de la production.
  • Gérer un capital naturel contraint et s’adapter aux dérèglements climatiques : à cette seconde finalité de développement se rattachent deux objectifs, le premier - la sécurité énergétique des pays -  participant directement à la réduction des gaz à effet de serre, le second - la gestion de la rareté du capital naturel - relevant davantage d’une stratégie d’adaptation aux conséquences des dérèglements climatiques (manque de pluie/érosion des sols) sur la disponibilité en eau et en sols arables.
  • Renforcer la cohésion sociale : dans tous les PSEM, la question sociale est posée i) de manière générale par le chômage de masse mais aussi, ii) plus nouvellement et dans certains pays, par les migrations et les déplacements forcés de populations.

Les bénéficiaires principaux des trois finalités seront surtout les jeunes en tant que « classe d’âge » (promouvoir l’emploi et la croissance demeure la clef des évolutions de la région entrée dans la période de bénéfice possible du « dividende démographique »), en tant que « génération » (la gestion de la rareté des ressources naturelles ménage l’avenir des générations à venir, en milieu rural notamment), et en tant qu’« individus apprenants » (les mouvements sociaux de 2011 nous rappellent que la jeunesse est aussi « la voix » par laquelle s’expriment les nouvelles exigences sociales – opportunités et dignité).

L’action de l’AFD a été complexifiée par la désorganisation des services publics dans les pays touchés par les soulèvements, tandis qu’émergeaient de nouveaux acteurs, responsables syndicaux, élus locaux, responsables d’entreprises, collectifs…. De manière générale les bénéficiaires de nos interventions sont de moins en moins les récipiendaires passifs des actions de développement promues par les Etats, mais de plus en plus les acteurs de leur développement, des « parties prenantes ».

L’AFD élargira donc sa palette de produits financiers pour répondre aux demandes exprimées par ces acteurs, tandis qu’elle concentrera sa production de connaissances sur trois thématiques (croissance, emploi et productivité/ cohésion sociale et genre/ climat) et deux partenaires principaux, le CMI et le Plan bleu.

Ce document commence par identifier les principaux enjeux structurels de développement des pays au sud et à l’est de la Méditerranée, et les enjeux dans cette région pour la France et l’Europe. Puis, dressant un bilan des actions du groupe AFD au cours des années 2011 - 2014, il présente les finalités et objectifs du groupe pour la période 2015-2018, ainsi que les modalités d’intervention les plus adaptées pour atteindre ces objectifs.
 

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Mise à jour en juin 2016

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