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L’Union Européenne délègue 75 M€ de fonds à l'AFD pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes des migrations au Sahel

21/09/2016

L'AFD a signé avec l’Union européenne cinq conventions de financement d’un montant total de 75 M€, pour des actions d’urgence destinées à lutter contre les migrations irrégulières et les causes profondes de celles-ci, conformément aux engagements pris par la France au sommet de la Valette en novembre 2015.

"Face aux enjeux globaux du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, l’AFD et l’Union européenne œuvrent de concert, dans la dynamique d’intégration d’une Europe premier pourvoyeur mondial d’aide publique au développement", souligne Rémy Rioux, Directeur Général de l’AFD.

Des projets qui répondent aux enjeux majeurs du Sahel et de la zone Lac Tchad



Deux des cinq projets visent ainsi en priorité la stabilité et la sécurité des pays soutenus, avec un accent spécifique sur le renforcement des capacités de résilience des populations face aux crises :

  • Programme national de développement participatif au Cameroun (10 M€) :

Le projet améliorera les opportunités et les conditions de vie des populations rurales des 329 communes rurales du Cameroun par le développement de l’offre en services socio-économiques de base

  • Projet Sécurité Humaine et développement au Nord Mali (13 M€) :

Le projet soutiendra la réalisation d’infrastructures locales à mise en œuvre simple et rapide, destinées à répondre aux besoins les plus urgents exprimés par les populations des régions du Nord du Mali. -    Le projet contribuera ainsi à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Et trois d’entre eux répondent aux enjeux de migrations au Sahel, en ciblant en particulier le développement de programmes économiques créateurs d’opportunités d’emplois pour les jeunes :

  • Projet d’appui aux filières agricoles dans les régions de Tahoua et Agadez au Niger, zones de transit des migrants (30 M€) :

Le projet réalisera des aménagements et des infrastructures destinés à la préservation des ressources naturelles ainsi qu’à la protection et à l’accroissement des disponibilités en terres et en eau pour l’agriculture dans un contexte fortement marqué par les effets des changements climatiques

  • Projet d’appui aux initiatives de la diaspora malienne en France et en Espagne (6 M€) :

Le projet accompagnera l’investissement productif au Mali de la diaspora malienne, à accroître leurs impacts sur l’emploi, dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de migration (PONAM) du Mali

  • Projet d'appui au renforcement de la compétitivité des entreprises et de l’employabilité dans les zones de départ au Sénégal (16 M€) :

Le projet proposera une mise à niveau d'entreprises dans des secteurs à fort potentiel, tels que l'agro-alimentaire en Casamance, l'horticulture  dans la région de Louga, ou encore le secteur de la sous-traitance dans les zones minières de Kedougou et Matam


Deux nouveaux projets devraient être signés d’ici fin octobre sur ces deux thématiques prioritaires, un projet de formation professionnelle pour les jeunes tchadiens  (10,3 M€) et un projet dans le domaine de la gouvernance au Niger (6 M€). Les 5 projets s’inscrivent pleinement dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action pour un engagement renouvelé de l’AFD au Sahel, adopté fin 2015.

 


Des fonds délégués qui renforcent le partenariat de l’AFD avec l’Union européenne

En 2013, avec 56 milliards d’euros, l’Union européenne (institutions de l’UE et États membres) était le premier pourvoyeur mondial d’aide publique au développement.
 
Entre 2008 et 2015, l’Union européenne a délégué 904 M€ à l’AFD pour financer des projets dans les pays où elle intervient, dont 409 M€ en Afrique subsaharienne (soit 67 projets).

Via le Fonds Fiduciaire d’Urgence européen en 2016, l’AFD mettra en œuvre sept nouveaux projets pour un montant total de 91,3 M€.

Un fonds européen en faveur de la stabilité et pour lutter contre les migrations irrégulières

En réponse à l'ampleur sans précédent de la crise migratoire, l’UE a créé lors du Sommet de La Valette du 11 novembre 2015, le Fonds Fiduciaire d’urgence de l’Union européenne en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique, aussi appelé Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique (FFU). Adossé au plan d’action de La Valette adopté par les dirigeants africains et européens, le FFU est destiné à venir en aide aux pays d’Afrique les plus fragiles et les plus affectés par la situation migratoire. Son objectif principal est de renforcer la stabilité régionale afin de répondre aux défis de la migration irrégulière et des déplacements forcés, ainsi que faciliter la gestion de la migration.

Les objectifs de ce fonds sont les suivants :

  • Etablir des programmes économiques pour créer de l'emploi, avec un accent sur les jeunes et les femmes ainsi que sur la formation technique et professionnelle et la création de PME ;
  • Améliorer la capacité de résilience des populations locales et l'accès aux services de base, avec un accent sur les plus vulnérables, les réfugiés et les déplacés ;
  • Contribuer à la lutte contre le trafic et la traite des êtres humains et une gestion améliorée des frontières ;
  • Construire une meilleure gouvernance, surtout en termes de prévention des conflits et d'amélioration de l'Etat de droit.

23 pays sont éligibles dont 9 pour la région du Sahel et du Lac Tchad : le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria et le Sénégal. Les pays voisins sont également éligibles dans le cas de projets présentant une dimension régionale et ayant pour but de gérer les flux migratoires régionaux et les défis qui y sont liés.

La dotation initiale du fonds s’élève à un total de 1,88 Md€ dont 1,8 Md€ proviennent  des contributions financières de la Commission Européenne. Le reste est financé par les contributions des Etats Membres de l’UE ainsi que d’autres donateurs. Toutes fenêtres confondues, environ 900 M€ ont été à ce jour octroyés par le FFU à des agences d’exécution/coopération d’Etats membres ainsi qu’à des ONG, dont 541 M€ pour le Sahel et la zone Lac Tchad. Un nouvel abondement du Fonds est en préparation à hauteur de 500 M€.

 


Description des projets



Niger - Projet d’appui aux filières agricoles dans les régions de Tahoua et Agadez

Le coût total du projet est de 67 M€, financés par un prêt de 30 M€ et une subvention de 7 M€ de l’AFD à l’Etat du Niger et par l’UE (FFU) pour 30 M€.

Dans les régions d’Agadez et de Tahoua, le projet appuiera le développement d’une agriculture durable et intensive en main d’œuvre reposant sur des exploitations familiales plus performantes (rendement, qualité, gestion…) et dont l’activité est orientée vers le marché. Les jeunes issus de ces régions dites « de transit » migrent en saison sèche vers la Libye et l’Algérie, certains tentés d’aller vers l’Europe en suivant le mouvement des migrants ouest-africains (ghanéens, nigérians, etc.). Pour cela, le projet réalisera des aménagements et des infrastructures destinés à la préservation des ressources naturelles ainsi qu’à la protection et à l’accroissement des disponibilités en terres et en eau pour l’agriculture dans un contexte fortement marqué par les effets des changements climatiques. Il financera également le développement d’équipements destinés à mieux valoriser la production, en favorisant notamment les conditions d’accès au marché, et renforcera l’accès des producteurs agricoles et des autres acteurs des filières à des services financiers et non financiers adaptés.

Mali - Sécurité Humaine et développement au Nord Mali, phase 2

Le coût total du projet est de 19 M€, financés par l’Etat malien pour 1M€, par une subvention de 5 M€ de l’AFD et par l’UE (FFU) pour 13 M€.

Le projet Sécurité et Développement au Nord du Mali – phase 2 (SDNM 2) vise à contribuer à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, en soutenant  la réalisation d’infrastructures locales à mise en œuvre simple et rapide, destinées à répondre aux besoins les plus urgents exprimés par les populations des régions du Nord du Mali.

Il prend la suite du projet SDNM 1, actuellement en cours de réalisation, qui a été mis en œuvre aussitôt après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali dans la région de Kidal. D’un montant de 1 M€ (750 k€ de l’AFD et 250 k€ de l’Etat malien), le SDNM 1 a été mis en œuvre en un an (juillet 2015 - juillet 2016), et aura permis la réalisation d’un programme d’investissements (ouvrages hydrauliques, infrastructures sociales, énergie…) identifiés comme prioritaires par les populations.

Le projet SDNM 2 s’inscrit dans la continuité du projet SDNM 1 tout en étendant son champ géographique initial, la région de Kidal, à cinq autres régions : Tombouctou, Gao, Ménaka et Taoudéni (ces deux dernières ayant été créées récemment), et la partie de la région de Mopti située en zone rouge au moment de l’instruction du projet (cercles de Douentza, Koro, Bankass, Bandiagara, Youwarou et Ténenkou).

Mali - Projet d’appui aux initiatives de la diaspora malienne

Le coût total du projet est de 8,2 M€, financés par une subvention de 2,2 M€ de l’AFD et par l’UE (FFU) pour 6 M€.

Le projet vise à promouvoir les initiatives collectives de développement dans les zones d'origine (généralement à travers des associations de migrants dans les pays d’immigration) et à accompagner l’investissement productif au Mali de la diaspora malienne, à accroître leurs impacts sur l’emploi et à participer à  la mise en œuvre de la politique nationale de Migration du Mali. Il consolidera les résultats des programmes bilatéraux franco-maliens et européo-maliens « migration et développement » mis en œuvre depuis 2002 et qui ont mobilisé la diaspora malienne établie en France et en Espagne, pour contribuer au développement économique et social de leurs régions d’origine.

Ce projet a déjà démarré avec un financement en subvention de 2,2 M€, actuellement mis en œuvre par l’AFD sous l'intitulé "programme Mobilité Migration Développement" et destiné à appuyer les investissements et les transferts de normes de la diaspora malienne de France.

Sénégal - Projet d'appui au renforcement de la compétitivité des entreprises et de l’employabilité dans les zones de départ au Sénégal

Le coût total du projet est de 40,2 M€, financés par une subvention de 200 k€ de l’AFD (guichet ONG) et par l’UE (FFU) pour 40 M€.

Ce programme d'appui au développement local et à l'employabilité vise la promotion de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes dans les zones de départ de migrants.

Il vise à agir à la fois sur la demande et sur l'offre sur le marché de l'emploi en proposant une mise à niveau d'entreprises dans des secteurs à fort potentiel, tels que l'agro-alimentaire en Casamance, l'horticulture  dans la région de Louga, ou encore le secteur de la sous-traitance dans les zones minières de Kedougou et Matam, tout en professionnalisant la main d'œuvre employable sur ces mêmes filières et régions. Il contribuera en outre à renforcer l’employabilité des jeunes sans qualification dans le secteur artisanal (les corps de métiers pré-identifiés sont la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la couture-habillement, la mécanique auto, la cordonnerie et la transformation agricole) grâce à l’amélioration de la formation par apprentissage au sein des ateliers artisanaux, dans les régions de Dakar, Diourbel, Thiès et Saint-Louis.

L'action sera complétée par un important plan de communication pour promouvoir le "Réussir au Sénégal" et déconstruire les "imaginaires migratoires", ciblant les potentiels candidats au départ à travers des cas concrets et des médias adaptés.

Cameroun - Programme national de développement participatif au Cameroun

Le coût total du projet est de 10 M€, entièrement financés par l’UE (FFU) pour 6 M€.

Les régions historiquement marginalisées du Septentrion  camerounais, et en particulier de l’Extrême Nord, sont profondément affectées par la crise liée aux attaques de Boko Haram. Les jeunes de ces territoires qui connaissent des taux de natalité élevés ont vu leurs principales activités économiques (commerce transfrontalier, moto-taxis, activités liées au tourisme, élevage/agriculture, etc.) brutalement interrompues par l’insécurité. Faute de perspectives d’insertion économique et sociale, ils optent de plus en plus pour la migration (vers les grandes villes du pays, la sous-région ou l’Europe) ou des activités criminelles (coupeurs de route, kidnapping, combat dans les rangs de Boko Haram).

Le Programme National de Développement Participatif (PNDP) s’inscrit dans la politique de décentralisation du Gouvernement camerounais et après 10 ans de mise en œuvre, il est aujourd’hui perçu par les communes comme un outil ayant fait ses preuves d’efficacité pour développer leurs projets prioritaires. Il a pour objectif d’améliorer les opportunités et les conditions de vie des populations rurales des 329 communes rurales du Cameroun par le développement de l’offre en services socio-économiques de base et le renforcement du processus de décentralisation, afin d’accroître les capacités des communes dans leur mission de promotion du développement local et de planification. Face au risque de perte de légitimité des pouvoirs publics dans des zones historiquement marginalisées, ce programme public bien connu de la population est l’un des seuls à montrer des autorités publiques au service de leurs citoyens, en particulier dans les régions du Septentrion.

 

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