pêche et aquaculture

Accompagner le secteur de la pêche et de l'aquaculture

Dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture : vers une gestion des écosystèmes

L’expérience de l’AFD en matière d’appui au développement et à la gestion des pêches est ancienne, avec des projets portant sur des domaines variés : financement du secteur privé, observatoires économiques, mise aux normes sanitaires, surveillance, appui aux organisations professionnelles, plans d’aménagement, sites de débarquement pour la pêche artisanale.

Au cours des dernières années, les opérations soutenues par l’AFD dans ce secteur rejoignent les préoccupations de la communauté internationale, notamment ONG et scientifiques, quant aux risques de surexploitation de la ressource. L’AFD, sans exclure un appui aux capacités de production et de transformation, place en priorité de ses interventions la conservation, la gestion durable, la valorisation et l’optimisation des revenus tirés d’une ressource de plus en plus limitée. 

Le CRISP : le défi des partenariats multiples à l’échelle d’un continent maritime

Le programme CRISP (Initiatives Corail pour le Pacifique) est financé par l’AFD, le FFEM ///et d’autres partenaires pour un montant total de plus de 10 millions d’Euros. Basé à Nouméa, il intervient dans une dizaine de petits Etats insulaires et dans les collectivités d’Outre-mer du Pacifique. Depuis 2004, il a contribué à rendre visible l’intervention de la France dans ce vaste continent maritime.

Le CRISP comprend trois composantes sous la responsabilité d’un ou plusieurs maîtres d’ouvrage. CI, WWF, l'UICN et des partenaires locaux sont chargés de la mise en place d’aires marines protégées et d’opérations pilotes de protection des bassins versants avec l’appui de l’IRD notamment.

Le projet CRISP doit aussi permettre une capitalisation des connaissances sur les récifs coralliens et la mise au point de modèles de protection, de gestion durable et de développement d’activités économiques à partir de ces écosystèmes. La composante, « coordination, capitalisation, communication et vulgarisation », est cofinancée par la fondation des Nations Unies. Ce montage a donné lieu à la signature de cinq conventions différentes.

Ce projet qui mobilise toute la gamme de compétences offertes par les différents partenaires est animé par une cellule de coordination basée au Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) à Nouméa.

Pour en savoir plus : www.crisponline.net

La pêche et l’aquaculture : de l’appui aux unités productives à la gestion écosystémique

Une évolution historique des appuis de l’AFD est marquée au regard de l’exploitation et de la gestion des ressources halieutiques. Parmi les projets « pêche et aquaculture » financés par l’AFD, trois types de projets se sont succédé : les projets d’appui à l’industrie productive, les projets de gestion durable des ressources, les projets de gestion écosystémique des pêches.

Le secteur de la pêche a d’abord fait l’objet de projets visant le développement d’une activité qui, dans certains pays, était considérée à la fois comme la base de la sécurité alimentaire (principale source en protéine des populations) et comme un outil de développement économique majeur. Jusqu’au début des années 2000, les projets pêche étaient surtout tournés vers l’appui à une industrie productive (financement de bateaux de surveillance, de chalutiers, appui aux organisations de pêcheurs…). A partir des années 1990 ont émergé des projets de « deuxième génération » intégrant plus directement les enjeux de gestion durable des ressources. De fait, en 1997 un projet de gestion durable de la pêche voit le jour : le projet de gestion durable de la ressource crevettière malgache.

L’année 2007 est marquée par une évolution majeure avec le projet d’appui pour le développement d’initiatives de cogestion et l’intégration des aires marines protégées dans l’aménagement des pêches en Afrique de l’Ouest. C’est le premier projet qui est mené à une échelle régionale. Désormais, les activités de l’AFD prennent en compte explicitement les écosystèmes. La Commission sous-régionale des pêches s’est dotée d’un plan d’action stratégique pour 2002-2010 qui a pour but de « faciliter et impulser la gestion durable des pêcheries d’intérêt commun » et de « promouvoir la conservation et la protection des ressources halieutiques et des écosystèmes marins et côtiers ». Le projet s’attache à concilier l’exploitation des ressources halieutiques et la préservation de la biodiversité marine. Il prend en compte les écosystèmes marins de la sous-région et apporte un appui à la gestion de la pêche au sein de ces écosystèmes, tout en soutenant l’élaboration de plans d’aménagement des pêches intégrant les aires marines protégées et la cogestion entre les Etats et les organisations professionnelles.

Avec la mise en place de ces projets, l’AFD a étendu son expertise halieutique déjà reconnue au domaine de la biodiversité marine, au service des politiques publiques des pays du Sud, gagnant ainsi en cohérence dans la gouvernance d’un bien public mondial.