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Le changement climatique : une prise de conscience internationale
La réalité du changement climatique fait aujourd’hui consensus au sein de la communauté scientifique : selon le 4ème rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) les émissions de Gaz à effet de serre (GES), principalement dues à l’utilisation croissante d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et à la déforestation, sont à l’origine des perturbations du système climatique. Bien que de nombreuses incertitudes demeurent sur la rapidité, l’amplitude et la répartition géographique des effets du changement climatique, ses conséquences auront des impacts majeurs sur nos sociétés, en bouleversant les écosystèmes, la répartition de la population, la disponibilité des ressources naturelles et nos modes de vie.
Changement climatique et développement
Les pays en développement (PED), déjà fragiles car manquant de ressources financières et d’institutions fortes, sont d’autant plus vulnérables face à ces mutations qu’ils dépendent fortement de leurs ressources naturelles et que leur situation géographique les expose plus rapidement et directement aux effets du changement climatique. Selon le Rapport sur le Développement dans le Monde 2010 de la Banque Mondiale, qui se penche sur la question du lien entre lutte contre le changement climatique et lutte contre la pauvreté, les impacts de la variation du climat se font déjà sentir dans certaines régions fragiles, freinant ainsi leur trajectoire de développement.
Face à l’ampleur de la menace que fait peser le changement climatique, il est donc nécessaire de mettre en place une réponse qui soit à la fois :
- globale, parce que toute tonne de GES émise contribue au réchauffement global, quelle que soit son origine géographique ;
- d’ampleur, puisque les scientifiques recommandent une stabilisation des émissions mondiales d’ici 2015 et une division par deux de ces émissions d’ici 2050 ;
- concertée, afin que les efforts soient répartis équitablement et de manière efficiente entre les pays ;
- rapide, car des actions précoces seront plus efficaces et moins coûteuses.
La réaction de la communauté internationale
Sous l’égide des Nations Unies, la réponse internationale s’est organisée en 1992 avec la signature de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ( CCNUCC). Pilier de la coopération internationale sur le climat, son objectif est de stabiliser la concentration de GES dans l’atmosphère à un niveau jugé acceptable pour l’avenir, afin de ne pas compromettre le développement des sociétés futures et de rendre possible un développement économique durable au niveau mondial. Le Protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005, renforce cette Convention en fixant des objectifs de réductions d’émissions pour les pays industrialisés.
La réponse internationale face aux changements climatiques repose sur le principe du partage de l’effort entre pays « sur la base de l’équité, des responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives […] ». Ce principe implique que l’on tienne compte de la situation fragile et des besoins d’assistance technique et financière des pays en développement, en particulier de ceux qui sont très vulnérables aux conséquences négatives du changement climatique.
De plus, avec la prise de conscience que les actions seules des pays industrialisés ne suffiront pas à éviter l’accélération des changements climatiques, est apparue la nécessité d’inciter les pays émergents et en développement à prendre une part dans cette lutte. Le nouvel accord devra donc également établir dans quelle mesure et avec quel soutien du Nord les pays du Sud pourront contribuer à l’effort collectif de changement de cap.
C’est ainsi que du 7 au 18 décembre 2009, Copenhague a accueilli le Sommet de l’ONU sur le climat (COP15). Confrontés à l’urgence du changement climatique, les dirigeants du monde entier se sont rassemblés autour d’un texte politique (« L’accord de Copenhague ») destiné à préparer, à terme, l’avènement d’un accord global international donnant suite au protocole de Kyoto, qui expire fin 2012. Ce nouvel accord devra notamment établir dans quelle mesure et avec quel soutien financier du Nord les pays du Sud pourront contribuer à l’effort collectif de changement de cap.
Un an après Copenhague, la COP 16 se tient à Cancún, au Mexique, du 29 Novembre au 10 Décembre 2010. Elle devrait permettre de progresser notamment sur le dossier du financement et de la mise en place du fonds vert proposé dans l’accord de Copenhague. Une « note de décryptage », réalisée par l'Institut de l'Energie et de l'Environnement de la Francophonie (IEPF) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), présente l’état des négociations sur le climat.
