Climat

Le changement climatique complique les efforts de réduction de la pauvreté, en causant des dommages de plus en plus fréquents et graves dans des zones économiquement précaires, et en introduisant la nécessité d’une trajectoire de développement sobre en carbone.

Actualités

"La Chine est un véritable laboratoire à grande vitesse dans la lutte contre le changement climatique"

12/12/2011

Avec un objectif principal d’accompagner la Chine dans sa transition vers une économie plus économe en ressources naturelles et plus sobre en gaz à effet de serre, l'agence AFD privilégie les projets innovants qu'elle pourrait répliquer sur d'autres territoires - africains, notamment. Interview de Sandrine Boucher, directrice de l’agence AFD de Pekin.

Quel est l’objectif de la présence de l'AFD en Chine ?
Notre objectif premier est d’accompagner la Chine dans sa transition vers une économie plus économe en ressources naturelles et plus sobre en gaz à effet de serre.
Depuis l’ouverture de l’agence à Pékin en 2004, nous avons financé 17 projets contribuant à la lutte contre le changement climatique et au développement durable.
Il s’agit de l’axe de coopération franco-chinois majeur retenu lors de la visite du Président Sarkozy en Chine en novembre 2007, puis décliné par la suite dans plusieurs accords conclus entre le ministère français de l’Ecologie et ses partenaires chinois.
Au travers des projets que nous finançons, nous cherchons également à favoriser l’émergence de partenariats franco-chinois permettant de mettre en valeur l’expertise et les acteurs français de la filière verte.
Enfin, nous privilégions des opérations innovantes, porteuses de changement et intégrant des techniques et bonnes pratiques qui pourront ensuite être répliquées, non seulement sur le territoire chinois mais également dans d’autres pays confrontés à des enjeux similaires.


Pouvez-vous nous donner quelques exemples de projets que l'AFD accompagne en Chine ?
Notre coopération autour du projet « carbone rural » vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en milieu rural au moyen de la finance carbone. Il s’agit précisément de projets de construction de biodigesteurs et de programme de reforestation dans deux des provinces les plus pauvres de Chine, le Yunnan et le Sichuan.
Ce programme a permis le développement d’une méthodologie dédiée à la replantation du bambou et à la valorisation du méthane au moyen de biodigesteurs individuels.
L’un de nos principaux objectifs partagé est de capitaliser sur l’expérience et le savoir-faire acquis afin d’étudier le potentiel de réplication de cette initiative en Afrique subsaharienne.
Le projet de reconstruction post-séisme de Sichuan est une opération  particulièrement emblématique. Ce programme fait suite au terrible tremblement de terre de magnitude 8 sur l'échelle de Richter qui a frappé la Chine en 2008. Pour accompagner les efforts de la province du Sichuan la plus touchée par le séisme, l’AFD a fourni un prêt de 200 millions de dollars US pour contribuer au financement des travaux de reconstruction, aux côtés de la Banque Mondiale, de la Banque Asiatique de Développement et la Banque Européenne d’Investissement.
Notre programme comportait deux composantes principales : un volet « biogaz », désormais achevé, a permis l’installation d’environ 100 000 unités de biodigesteurs en zone rurale, avec des couvercles en PVC utilisés pour la première fois sur un programme à grande échelle.
Cette nouvelle technique permet d’améliorer nettement l’efficacité des biodigesteurs tout en allongeant leur durée de vie. Ces équipements fournissent suffisamment de gaz à une famille pour la préparation quotidienne des repas.
Le concours de l’AFD a également servi à la reconstruction des infrastructures de base - eau, assainissement, traitement des déchets, voiries et ponts - et à la réalisation d’un guide pratique de construction à destination des villageois touchés par le séisme. Le guide, intégrant des mesures d’efficacité énergétique et de résistance parasismique, a été élaboré dans le cadre d’un partenariat franco-chinois associant un cabinet d’architecture français et l’Institut chinois de design Xinan.

 

 


Autre projet phare, notre coopération en matière de développement rural durable qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre au moyen de la finance carbone. Outre les biodigesteurs, un programme de reforestation est mené dans deux des provinces les plus pauvres de Chine, le Yunnan et le Sichuan. Cette opération,soutenue par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et réalisée avec l’agence officielle en charge de l’Agenda 21 chinois (ACCA21) qui dépend du ministère chinois des Sciences et technologies, a permis le développement d’une méthodologie dédiée à la replantation du bambou et à la valorisation du méthane issu des biodigesteurs individuels.
L’un de nos principaux objectifs avec l’ACCA21 est de capitaliser sur l’expérience et le savoir-faire acquis dans cette initiative afin d’étudier son potentiel de réplication dans d’autres pays en développement, en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne.
L’AFD mène également des coopérations en matière de développement urbain durable. Les efforts de la Chine en la matière seront déterminants pour l’avenir du climat. On évalue en effet à 200 à 300 millions le nombre de nouveaux urbains chinois dans les 25 années à venir. Or il n’existe pas à ce jour de modèle de ville sobre en carbone. Un tel rythme de construction des villes, à une telle échelle, est unique dans l’histoire de l’humanité. Pour participer à cette dynamique, l’AFD finance ainsi dans la métropole de Wuhan au centre de la Chine un programme pilote de réhabilitation thermique de bâtiments publics.
Ce projet qui entraînera des économies d’énergie et la réduction des émissions de CO2 de 30 bâtiments publics, répond à une logique innovante  en Chine, celle de contrat de performance énergétique. Le principe en est le suivant : la réduction de la facture énergétique permettra au bénéficiaire du projet de rembourser le prêt de l’AFD. Un tel mécanisme peut ensuite être répliqué dans d’autres quartiers et d’autres villes où les besoins en matière de rénovation sont également très importants.

Quel bilan tirez-vous de ces projets et quelles sont les perspectives  pour l’AFD en Chine ?
Sur une période relativement courte, nous avons réussi à bâtir un partenariat de qualité avec la Chine, tant au niveau central avec nos partenaires dans les ministères qu’au niveau local avec les provinces et les municipalités où nous intervenons.
Notre action a permis de valoriser le savoir faire et l’expertise française qui sont particulièrement appréciés. Ce dialogue constructif sur des projets concrets et innovants a permis d’établir une relation de confiance avec la Chine.
Il favorise l’adoption sur le terrain de pratiques et solutions techniques qui visent à limiter sa consommation en énergie, maîtriser son expansion urbaine, préserver ses ressources naturelles et sa biodiversité. Aider la Chine à répondre à ses défis environnementaux et adopter une trajectoire de croissance sobre en carbone, c’est contribuer à la préservation des équilibres mondiaux.  
Enfin, la Chine constitue actuellement un véritable laboratoire à grande vitesse dans la lutte contre le changement climatique et le développement durable. L’accompagner dans cette démarche nous permet d’élaborer de nouveaux modèles de développement propre dont nous pourrons tirer les enseignements. Ceci éclaire notre coopération internationale dans d’autres géographies.  

L'AFD développe son action pour le développement et contre le réchauffement climatique : 50 % de ses financements iront vers des projets "climat"

30/11/2011

Dans le cadre de son plan d’actions 2012-2016, l'AFD envisage de poursuivre un positionnement ambitieux en tant que financeur majeur de la lutte contre le changement climatique en établissant une stratégie et une identité « climat ».

Une stratégie construite autour de trois piliers structurants :

  1. un objectif d’engagement financier pérenne et ambitieux en faveur du climat représentant 5 0% des octrois de l’AFD dans les Etats étrangers et 30% des octrois de PROPARCO
  2. une mesure systématique de l’empreinte carbone des projets financés selon une méthodologie robuste
  3. une politique de sélectivité des projets au regard de leur impact sur le climat, tenant compte du niveau de développement des pays concernés.

L'adoption d'un modèle de développement sobre en énergies fossiles doit être le grand défi à relever par les pays émergents : l'AFD s'engage à leurs côtés

La lutte contre le changement climatique et le développement économique et social sont intrinsèquement liés : l’accélération du réchauffement climatique entravera durablement le développement. Réciproquement, le développement s’accompagne d’une augmentation rapide de la consommation de ressources naturelles et d’énergies fossiles.

 

L’adoption par les pays en développement, notamment les pays émergents, de modes de développement sobres en énergie fossile contribuera à un développement plus durable et à la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial. En parallèle, il apparaît crucial d’accompagner les pays les plus pauvres et les plus fragiles pour qu’ils puissent adapter leurs économies aux effets déjà présents de ce changement climatique.

La négociation mondiale sur le changement climatique devrait conduire à des engagements partagés en matière de réduction ou de modification des trajectoires d’émissions susceptibles de structurer en profondeur les politiques de développement des pays ainsi qu’à la mise en place de fonds importants dédiés spécifiquement au financement d'actions de lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.

La question de l’incidence des financements climat pour l’AFD se pose à la fois comme une opportunité de ressources et d’activités nouvelles en accompagnement des programmes de développement et d’investissement des pays, comme un enjeu d’intégration entre climat et  développement ainsi que comme une possibilité de soutien aux positions françaises, à la fois par les montants de financements accordés et le développement d’une expertise au sein de l’AFD.

►Télécharger notre cadre d'intervention transversale Climat

►Télécharger le résumé de notre cadre d'intervention transversale Climat

 

Le bilan de l'année 2010 : 2,8 milliards d'euros octroyés sur des projets « climat »

L’AFD est aujourd’hui un acteur majeur et innovant du financement climat au niveau international à la fois en terme quantitatif, avec près de 2.8 Md€ octroyés en 2010 sur des projets « climat » représentant 40% des octrois annuels du groupe AFD et environ 10% des financements publics internationaux climat en faveur des pays en développement, ainsi qu’en termes qualitatifs en ce qui concerne les méthodes et instruments de financement utilisés. L’AFD dispose ainsi d’avantages comparatifs importants du fait de la masse critique de ses interventions, d’outils souples et diversifiés, d’une connaissance du terrain et d’une expérience reconnues.

L’AFD envisage dans le cadre de son plan d’actions 2012-2016 de poursuivre un positionnement ambitieux en tant que financeur majeur de la lutte contre le changement climatique au niveau international.

 

Ce positionnement s’appuie sur deux grands objectifs :

 

  • positionner l’AFD comme l’acteur pivot de la mise en œuvre des engagements français vis-à-vis des pays en développement en matière de lutte contre le changement climatique. Ce positionnement vise à lui conférer en particulier un mandat de mise en œuvre privilégié des engagements financiers français bilatéraux en matière de climat dans le cadre d’une action large mais différenciée par grande zone géographique et qui tient compte des problématiques de développement des pays.

 

  • positionner l’AFD comme un acteur à part entière de l’architecture financière internationale climat au travers en particulier de la possibilité de mettre en œuvre des ressources ou mandats internationaux et européens « climat » et d’accéder directement aux fonds thématiques internationaux et européens et en particulier au « Fonds vert climat ».

Un bus à haut niveau de services pour désengorger la ville de Lagos

25/11/2011

Avec ses quinze millions d'habitants, Lagos est la ville la plus peuplée d’Afrique subsaharienne. Pour lutter contre la congestion de la ville, qui affecte autant la qualité de vie de ses habitants que l'économie, l’Etat de Lagos a entrepris le lancement du Bus à Haut Niveau de service. C'est le premier exemple opérationnel d’une approche intégrée et cohérente d’amélioration des transports publics en Afrique sub-saharienne.

A l’occasion de la visite du Président Goodluck Jonathan, Henri de Raincourt, ministre de la Coopération, Ngozi Onkonjo-Iweala, ministre des Finances nigerian et Didier Mercier, directeur général adjoint de l'AFD, ont signé, le 25 novembre, la première convention de financement entre l’Etat nigérian et l’AFD. D’un montant de 100 M$, ce prêt permettra la construction d’une ligne de bus rapide désengorgeant la ville de Lagos.

Ville côtière au sud ouest du pays, Lagos est aujourd’hui la ville la plus peuplée d’Afrique subsaharienne avec plus de 15 millions d’habitants et un taux de croissance annuelle de 6 %. Son réseau d’infrastructures et ses services de transport sont ceux d’une ville de 6 millions d’habitants environ, soit sa population des années 80. La congestion urbaine y est devenue un enjeu majeur, affectant tant les coûts de production et de distribution des produits, que la qualité de vie de ses habitants.

 

Premier exemple opérationnel d’une approche intégrée et cohérente d’amélioration des transports publics en Afrique sub-saharienne.

Pour remédier à cette situation, l’Etat de Lagos a entrepris dès 1992 une vaste réflexion sectorielle et institutionnelle. En mars 2008, son action a conduit au lancement du Bus Rapid Transit (BRT)-Lite. Ce système qui prévoit la création d’un service de bus rapides sur voies dédiées est le premier exemple opérationnel d’une approche intégrée et cohérente d’amélioration des transports publics en Afrique sub-saharienne.

Présente dans le pays depuis 2008, l’AFD a fait du développement urbain une de ses priorités opérationnelles dans le pays, en lien avec les autorités nigérianes. La convention de financement signée aujourd’hui consiste en un prêt de 100 millions de dollars à l’Etat fédéral, rétrocédé à l’Etat fédéré de Lagos. Il s’intègre dans le second Projet de transports urbains à Lagos (LUTP II), d’un montant de 329,5 millions de dollars cofinancé par la Banque mondiale et le Fonds mondial pour l’environnement. Le financement de l’AFD portera sur l’un des deux corridors envisagés, à savoir celui reliant sur 22 km les localités d’Oshodi, Mile 12 et Ikorodu. Ce tronçon, reliant le centre de Lagos au nord Est de l’Etat, est considéré comme prioritaire par les autorités locales.

Considéré internationalement comme un succès, le projet de transports urbains apporte une contribution significative au schéma de développement de la ville durable en Afrique sub saharienne.

Les enjeux de la Conférence de Durban sur le climat

16/11/2011

La 17ème Conférence des Parties sur le Climat (COP 17) se tient à Durban (Afrique du sud) du 28 novembre au 9 décembre 2011. L'occasion de faire un bref rappel historique des négociations internationales sur le climat. Et de faire un éclairage sur les enjeux de la conférence de Durban.

Un bref historique des COP

La Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) a été négociée et signée à Rio, lors du sommet de la Terre en 1992. Son objectif est de « stabiliser la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du climat ». Depuis 1995, la Conférence des Parties (COP), qui est l’organe de décision de la CCNUCC rassemblant des représentants de chaque pays signataire de la convention, se réunit chaque année afin de prendre de nouvelles décisions pour atteindre l’objectif déterminé.
Le Protocole de Kyoto, négocié lors de la COP 3 en 1997 et entré en vigueur en 2005, renforce cette Convention en fixant des objectifs de réduction des émissions de 6 GES de -5% par rapport à 1990. Ce protocole engage 39 pays (développés ou en transition) sur la période 2008-2012.

La COP 17 s’inscrit dans un cycle de négociation ouvert lors de la COP 15, à Copenhague :

Avant la COP 15
Depuis 1995, la prise de conscience collective de l’existence d’un réchauffement planétaire dû à l’émission de GES a été progressive. Si l’ensemble des pays reconnait la nécessité de limiter nos émissions de GES, les questions portent désormais sur la manière d’y parvenir. Plusieurs enjeux majeurs apparaissent : l’intégration des Etats-Unis et de la Chine, premiers émetteurs mondiaux, à cette démarche de réduction des émissions, la fixation d’objectifs aux pays émergents et en développement, tout en reconnaissant leur droit au développement et le principe de responsabilités communes mais différenciées. La nécessité de mettre en place des objectifs plus ambitieux est partagée, afin d’effectivement limiter les effets des émissions de GES. La communauté scientifique préconise, pour ne pas dépasser une augmentation de la température du globe de 2°C par rapport au  niveau préindustriel, une réduction des émissions de 50% en 2050 par rapport au niveau de 1990. Pour l’instant, aucun pays ne s’y est engagé.

La COP 15 à Copenhague
L’enthousiasme initial suscité par la COP 15 à Copenhague (47 000 inscrits, 119 chefs d’états présents) a laissé place à une perte de confiance dans le processus de négociation de type onusien. En effet, l’accord de Copenhague n’est pas un accord au sens formel du terme, mais plutôt un texte dont l’UNFCC a pris note et qui a été reconnu par 139 pays (sur 194). L’accord fait état d’avancées concernant le changement climatique dans plusieurs domaines, notamment en matière de finance (Fast Start, Fonds Vert), de lutte contre la déforestation (REDD+) ou encore de reconnaissance que l’élévation de température devrait être limitée à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Cependant il reste des lacunes à combler telles que l’adoption d’objectifs contraignants et ambitieux en termes de réductions d’émissions et notamment de la part des pays développés et des « grands » émetteurs émergeants.

La COP 16 à Cancún
Elle avait pour ambition de redonner confiance dans le processus de négociation par consensus, et d’obtenir ainsi un accord ambitieux reconnu par l’ensemble des pays négociateurs. La présidence mexicaine de la COP 16 a été unanimement saluée pour sa capacité d’intégration et d’organisation des débats. Cancún a rempli ses objectifs tant sur la forme, en aboutissant à un accord qui fut soutenu par 193 pays, (seule la Bolivie s’y étant opposée), que sur le fond en prenant acte, par effet de cliquet, de diverses avancées de la COP 15 (Fonds Vert, REDD+ notamment). Il conforte à la fois le rôle de la science en reconnaissant l’objectif des 2°C mais aussi les fonctions du protocole de Kyoto (Mécanismes de Développement Propre, MDP), sans cependant prendre de décisions sur la 2ème période d’engagement du protocole de Kyoto pour 2012-2017.
 
La COP 17 à Durban
Les objectifs clés de la COP 17 devraient être les suivants, en lien avec les négociations des années passées :

-    Des progrès dans la négociation d’une seconde période du protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012. Plusieurs sujets techniques sont également liés à ce dossier : le marché carbone, le système MRV (mesure/rapport/vérification), les règles de comptabilisation…
-    Des solutions pour la finance climat, suite notamment aux travaux, d’une part, du comité transitoire chargé d’identifier des architectures possibles pour le Fonds Vert, dont Manuel Trevor, ancien ministre des finances sud africain et actuellement ministre du plan, est un des 3 co-présidents et, d’autre part, du comité technique, auquel participe l’AFD.
-    Des résultats tangibles sur le sujet de l’adaptation, ensemble d’initiatives visant à réduire la vulnérabilité aux conséquences du changement climatique. Cette thématique est fortement mise en avant par le groupe de négociation africain, auquel participe l’Afrique du Sud.

La présidence de la COP 17 sera assurée par la Ministre sud-africaine des Relations Internationales et de la Coopération (DIRCO), Ms Maite Nkoana-Mashabane, tandis que la Ministre des Affaires Environnementales (DEA), Edna Molewa, sera chargée de représenter la délégation sud africaine et donc de défendre la position du pays durant les négociations.

L’Afrique du Sud a toutefois l’ambition d’obtenir des engagements et accords politiques à l’issue de la conférence, ainsi que des applications opérationnelles des résultats institutionnels obtenus durant la COP 16 de Cancún. L’Afrique du Sud souhaite notamment réaliser ces ambitions politiques à l’échelle de l’Afrique, et travaille donc avec les autres états du continent pour essayer de faire émerger une idée de « COP Africaine ».

Par ailleurs, les ministères sud africains en charge souhaitent organiser une conférence modèle : réalisation d’un bilan carbone de l’évènement, transports verts, électricité provenant d’énergies renouvelables sont des exemples de projets visant à réduire le bilan carbone de la COP elle-même et à monter des projets à long terme pour et par la municipalité de Durban et l’Afrique du Sud.
De plus une importante campagne de mobilisation et de communication grande échelle autour du changement climatique est organisée, afin de développer une « conscience nationale climatique » et d’inclure chaque sud africain dans le processus des négociations.
Ainsi, pour le gouvernement sud africain, la COP 17 se doit d’être verte, inclusive, porteuse d’intégration sociale et devra laisser une trace visible à long terme à Durban et en Afrique du Sud.
 
La position de différents groupes de négociation

La COP 17 devra être l’aboutissement des négociations sur le climat qui ont eu lieu depuis la COP de Copenhague mais devra aussi poser les bases de la suite du processus de dialogue sur le changement climatique. Or il existe encore des divergences entre les positions des différents pays et blocs de négociation sur les sujets qui seront clés pour Durban. Dans ce processus de discussion, l’Afrique du Sud souhaite mobiliser les pays africain autour d’une position commune sur le climat afin de faire peser le continent dans les débats de Durban.
L’aboutissement à un consensus, comme lors de Cancún, reste l’enjeu majeur de la COP 17.

Concernant une éventuelle seconde partie du protocole de Kyoto, soutenue essentiellement par l’Union européenne, le débat est concentré sur l’engagement des pays en voie de développement ainsi que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui, jusqu’alors, n’avaient pas d’objectifs contraignants.
L’UE souhaite que les objectifs de chaque pays soient ambitieux, que les grandes économies s’engagent vers des objectifs contraignants et que les réductions effectives d’émission de GES soient auditées de manière plus complète.
Les Etats-Unis sont peu enclins à s’engager sur cette deuxième phase, et s’y refuseraient si des objectifs contraignants ne sont pas adoptés par l’ensemble des pays, quel que soit leur critère de développement.
Le Japon, le Canada et la Russie se sont prononcés en défaveur d’une seconde partie du protocole de Kyoto, mais proposent des solutions alternatives qui pourraient satisfaire un plus grand nombre. Le groupe des BASIC (BRICS moins Russie) réclame de la part des pays développés des engagements à la fois contraignants et plus ambitieux que jusqu’ici.
L’Australie ainsi que la Nouvelle-Zélande ont une position qui se rapproche de celle de l’UE, voulant inclure les grandes économies au sein d’un accord mondial.

Au sujet de la finance climat, deux positions majeures se dessinent.

La vision des pays du G77 (coalition de 130 pays en voie de développement défendant leurs intérêts à l’ONU) est celle d’un Fonds Vert contrôlé par la COP, dont le financement serait public et qui fonctionnerait essentiellement sous forme de dons prioritairement alloué au PMA (Pays les Moins Avancés).

De l’autre côté les pays développés défendent un Fonds Vert plus indépendant de la COP, avec une plus grande part de financements privés, notamment pour alléger les pressions budgétaires déjà existantes. Le mode opératoire du futur Fonds Vert fait l’objet des travaux d’un « comité transitoire » qui devra rendre ses conclusions lors de la COP 17 à Durban.

Deux grandes options sont possibles : une structure de fond multilatéral d’un côté (type Banque Mondiale du climat) et un modèle qui s’appuierait sur les structures déjà existantes (bailleurs bilatéraux, multilatéraux etc..).

Enfin l’Afrique souhaite placer la question de l’adaptation au centre des débats. Les représentants des pays africains, Afrique du Sud en tête, estiment que cette thématique est très souvent oubliée, pénalisant ainsi le continent, qui est en effet vulnérable aux catastrophes naturelles liées aux changements climatiques. La thématique de l’adaptation relevant du très long terme, la progression dans ce domaine est plus lente et contrairement aux actions de mitigation, l’intérêt du secteur privé est faible, du fait d’une rentabilité moindre des actions entreprises.
Les négociations devront donc prolonger les accords de Cancún, qui portaient sur la mise en place d’un cadre pour l’adaptation visant à améliorer les connaissances des besoins futurs dans ce domaine ainsi qu’à faciliter la mise en place de plans d’adaptations.

Brésil : Un bus à haut niveau de services pour préserver l'environnement à Curitiba

19/07/2011

L’AFD a signé une convention avec la ville de Curitiba (Brésil), le 19 juillet, pour le financement d'une nouvelle ligne de bus rapide. D’un montant de 36,15 millions d’euros, ce financement s’inscrit dans le programme de développement des transports collectifs et de préservation de la biodiversité de la municipalité brésilienne.

Le projet vise à construire une ligne de  bus rapides à haut niveau de services (BHNS ou BRT, Bus Rapid Transit), le long de la linha verde, une ancienne autoroute requalifiée en « boulevard urbain ». Il permettra de préserver un corridor écologique au cœur de l’agglomération, sur les rives du Barigüi, en réaménageant des espaces naturels et en réintégrant la flore locale.

Un bus à haut niveau de service (BHNS), ou service rapide par bus (SRB) (parfois désigné par le sigle anglais BRT, bus rapid transit), est une ligne de bus conçue et exploitée dans le but de garantir un service proche de ce que peuvent offrir d'autres systèmes de transports en commun tels que les tramways ou les métros mais à un coût moindre.

On peut caractériser un BHNS par : une haute fréquence de passage ; un temps de trajet garanti et des passages réguliers ; une vitesse relativement élevée ; une amplitude horaire de fonctionnement étendue ; un système d'information de qualité : temps de parcours, attente, fréquence, etc.

Ces caractéristiques nécessitent des équipements et des aménagements particuliers par rapport aux ligne de bus classiques : des aménagements de voirie ponctuels ou sur l'intégralité du parcours avec souvent une circulation en site dédié ; la mise en place de priorités aux feux ; une plus grande visibilité que les lignes classiques via, par exemple, la signalétique et le design des arrêts et du matériel roulant.

L'aménagement d'une ligne BHNS, même en site propre intégral, nécessite en effet un investissement bien moins lourd que la construction d'une ligne ferrée et offre des possibilités de réaménagement plus souples.

 

Avec 1,7 million d’habitants, la municipalité de Curitiba, capitale de l’Etat du Paraná, a opté depuis les années 1960 pour un plan d’urbanisme particulièrement novateur qui comprend notamment un métro de surface constitué de bus articulés se succédant chaque minute.

Aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes utilisent ces bus chaque jour. Ce système de transport très performant, avec un billet unique, est aujourd’hui relayé sur le continent latino-américain, notamment en Colombie avec le Transmilenio.

Cette première signature de l’AFD au Brésil ouvre la voie à d’autres financements en faveur de collectivités brésiliennes autour du thème de la ville durable. Conformément à son mandat dans les pays émergents, l’AFD intervient au Brésil pour financer des politiques publiques qui promeuvent une croissance plus sobre en ressources naturelles, plus économe en gaz à effet de serre et plus équitable, tout en favorisant le lien avec l’expertise française. Présente dans le pays depuis 2007, l’Agence concentre ses actions dans les secteurs du développement urbain, des transports publics, de l’énergie, de l’eau et l’assainissement.

Vidéo : "Curitiba, une ville durable"

 

Renforcement de l'alliance avec le Mexique pour le soutien du Programme Spécial de lutte contre le Changement Climatique (PECC)

07/07/2011
En reconnaissance du rôle du Mexique dans sa lutte contre le changement climatique, le gouvernement fédéral mexicain et l'AFD ont signé une convention formalisant un prêt de 300 M€ octroyé par l’AFD en appui aux efforts du gouvernement mexicain en matière de lutte contre le changement climatique, en particulier dans le secteur forestier. Cette initiative résulte du dialogue engagé depuis plus d’un an entre les deux gouvernements, depuis l’octroi par l’AFD d’un premier prêt sur les mêmes thématiques.
Les efforts du Mexique dans sa lutte contre le changement climatique lui ont permis de se positionner comme l’un des pays émergents les plus avancés sur ce thème.
Ainsi, les efforts du Mexique en matière d’atténuation du changement climatique sont en parfaite cohérence avec la mission de l’Agence Française de Développement (AFD) au Mexique, consistant à promouvoir des stratégies de « croissance verte et solidaire ». Dans ce contexte, l’AFD a approuvé et décaissé en 2010 un premier prêt budgétaire de 185 millions d’euros. Cette première opération a permis d’entamer un dialogue de haut niveau entre les deux pays, en ouvrant plusieurs champs de débat et en lançant une coopération technique destinée à renforcer les capacités du gouvernement mexicain en matière de changement climatique.
 
 
Dans l’objectif de renforcer les liens entre les deux pays et de reconnaître l’effort du Mexique dans sa lutte contre le changement climatique, le gouvernement fédéral mexicain et l’AFD ont signé une convention de financement qui formalise un second prêt. Cette fois-ci, le montant mis à la disposition du Mexique s’élève à 300 millions d’euros, ce qui renforce le positionnement de la France comme un allié bilatéral du Mexique en matière de changement climatique.
Un programme de coopération technique a été mis en œuvre avec l’appui de l’AFD en accompagnement du financement, dans les domaines suivants : gestion intégrale des ressources forestières, aménagement écologique du territoire et économie du changement climatique. Ce programme a donné des résultats encourageants, ce qui a conduit l’AFD à maintenir la stratégie lancée un an auparavant.
 
Les résultats de cette alliance, qui s’est notamment traduite par des échanges de haut niveau entre des experts des deux pays, ainsi que le renforcement de la position du Mexique sur les questions de changement climatique, confirmé lors de la Conférence des Parties sur le changement climatique à Cancún (COP16), ont pu déboucher sur l’approbation et la signature de ce second financement.
D’autre part, les résultats obtenus dans le cadre du programme de coopération technique ont permis de souligner l’importance de la gestion intégrale des forêts comme stratégie fondamentale pour la lutte contre le changement climatique – la France a dans ce domaine des expériences intéressantes à partager. Par conséquent, le secteur forestier est devenu une priorité de la coopération franco-mexicaine menée par l’AFD, et a été choisi comme le secteur qui sous-tend ce prêt.
 
Ce prêt s’inscrit dans la stratégie de l’AFD au Mexique et constitue une nouvelle avancée vers des initiatives plus larges qui permettent de soutenir les efforts du Mexique en faveur d’un développement plus durable.
 

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter: Laure Delalande

 
 
 
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