Contexte et stratégie

Contexte et stratégie

En zone rurale, la proportion de la population dépourvue de points d’eau améliorés est plus de cinq fois plus importante qu’en zone urbaine. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique subsaharienne, où le taux de couverture est seulement de 58 % pour l’eau potable. Les enjeux sont avant tout sanitaires : l’OMS estime ainsi que 4000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour d’une diarrhée qui résulte d’un assainissement non satisfaisant, d’une eau polluée ou d’une hygiène insuffisante, ce qui en fait la seconde cause de mortalité infantile dans le monde après la pneumonie.

 
L’objectif d’accès à l’eau potable inscrit dans l’action des Objectifs du millénaire pour le Développement (89 % de la population utilisant une source d’eau de boisson améliorée) est sur le point d’être globalement atteint. Mais ceci ne saurait être considéré comme une fin en soi, plutôt comme une étape. La réalisation globale de l’objectif cache de fortes disparités : d’une part entre villes et zones rurales (couverture respectives de 96 % et 78 %), d’autre part entre régions du monde, puisque l’Afrique subsaharienne n’atteindra pas cet OMD.
 
L’universalité et la pérennité d’un service d’eau peuvent être compromises par de nombreux facteurs autres que le manque d’investissement en infrastructures, notamment des coûts de fonctionnement mal maîtrisés, ou une inadaptation aux besoins ou moyens financiers des usagers.
Pour permettre un accès à l’eau pour tous, l’AFD soutiendra des objectifs complémentaires :
- la réduction des coûts de fonctionnement,
- l’accès au plus grand nombre, avec une priorité mise sur les écoles, les centres de santé et les marchés
- l’amélioration de la gestion des abonnés (facturation et recouvrement)
 
Plusieurs leviers peuvent être actionnés simultanément pour atteindre ces objectifs :
- la sensibilisation des populations (et des administrations utilisatrices du service) aux conséquences du gaspillage et du non paiement de l’eau
- la réduction des pertes dans les réseaux
- l’efficience énergétique des installations
- le renforcement de capacités des opérateurs
- des stratégies tarifaires adaptées qui s’appuient sur une bonne connaissance de la demande (enquêtes ménages) et sur des péréquations financières qui cumulent des buts sociaux et de réduction du gaspillage (par exemple un coût fixe d’accès au service puis des tarifs croissants avec la consommation),
- le soutien à des approches alternatives (par exemple les initiatives informelles de petits acteurs privés) qui peuvent constituer des substituts ou des compléments utiles face à des services publics défaillants.