Agriculture et développement rural

La persistance des crises alimentaires dans les pays du Sud est venue souligner la nécessité d'accompagner le renforcement et la mutation du secteur agricole dans ces régions. L'AFD encourage l'introduction de technologies modernes et le développement de dispositifs institutionnels nouveaux - favorisant une plus grande structuration des filières, une meilleure coordination des acteurs, une sécurisation foncière - et des investissements.

À la une

Plan Sierra : les graines de l’espoir en République Dominicaine

15/02/2017

Depuis 2001, l’AFD finance un programme unique combinant reforestation, protection des sols et valorisation des ressources naturelles de la Cordillère centrale. Quinze ans après, la vie des habitants de la Sierra en est changée.

Dans les régions montagneuses du centre de la République Dominicaine, l’exploitation forestière, la culture sur brûlis et l’élevage intensif ont fait au 20ème  siècle des ravages : déforestation, sols érodés et appauvrissement de la ressource en eau. Là comme ailleurs, d’inévitables corollaires s’en sont suivis : exode rural et perte de l’activité économique des territoires. Dans un contexte de révolutions agraires, les gouvernements ont pris des mesures à la fin des années 60. Les terres ont été envahies informellement mais sans accompagnement effectif, une réaction était nécessaire.

Des pins et des caféiers pour récupérer les sols
Plan Sierra est un partenariat public privé né en 1979 dans la région du bassin versant du fleuve Yaque del Norte, au Nord-Ouest du pays. Initié par un groupe d’émigrés aux Etats-Unis et de notables locaux, il est soutenu depuis 2001 par l’AFD.  « Avant, explique Juan Rodríguez, un sylviculteur, on trouvait ici de nombreuses surfaces rasées car nous, les habitants qui y vivions, nous nous consacrions aux conucos (cultures familiales sur abattis-brûlis) et à la coupe illégale de bois.» « L’état d’esprit a bien changé, ajoute Victor Tolentino, l’un de ses voisins qui est lui principalement éleveur. Avec l’appui de Plan Sierra, nous avons démarré par l’ensemencement de pins. Mais, comme moi, la grande majorité des éleveurs plantent maintenant aussi des arbres. En plus d’être bénéfique sur le plan environnemental, c’est aussi une activité commerciale… Grâce à cela, nous avons apporté du confort à nos animaux et de la vie à nos campagnes !»
Pins, caféiers, arbres fruitiers... Il s’est agi de couvrir les sols pour récupérer de façon écologique le territoire. « Nous avons recherché des alternatives pour atténuer l’impact de l’élevage dans la Sierra, explique Eddy Peralta, directeur Exécutif de Plan Sierra. Et nous sommes parvenus à la mise en place de systèmes sylvopastoraux dans lesquels se combinent harmonieusement arbres, pâturages et élevage laitier. »


 

Le renouveau économique et social de la Sierra
Quinze ans plus tard, les résultats sont plutôt éloquents : de 700 litres de lait par jour, la production est passée à plus de 20 000 litres. Poussée par une forte demande, l’intensification durable par les systèmes sylvopastoraux est une grande réussite.
La Sierra dispose aujourd’hui de la pépinière la plus moderne du pays. A ce jour, le programme Plan Sierra II a permis la reforestation de plus de 7 400 hectares. 89 systèmes sylvopastoraux ont été mis en place représentant une surface totale de 329 hectares.
Après avoir connu un fort exode rural, notamment avec une émigration aux USA,  la région vit un vrai renouveau économique et social.  591 familles ont bénéficié de la création de systèmes d’adduction avec l’appui technique de Plan Sierra. 3 780 participants ont assisté à 183 activités de sensibilisation (ateliers, conférences et cours) dispensées par Plan Sierra.
 


Une approche globale de préservation environnementale
Le Plan Sierra ne se limite toutefois pas à un programme d’amélioration des pratiques agricoles. Assainissement, gestion des déchets, accès au crédit rural et même tourisme…  Tout est intégré. « Dès le départ, l’idée a été de gérer l’écosystème mais aussi le socio-système, précise Grégory Villeneuve, directeur de l’AFD en République Dominicaine. Toute la force et l’originalité de Plan Sierra est d’être un vrai plan global de préservation d’un territoire rural. Pour garantir aux populations la possibilité de rester dans la région de façon durable, l’enjeu a été de créer des mécanismes de génération de richesse qui prennent en compte la préservation de l’environnement. »

Un accès à une eau de qualité pour les habitants
L’approvisionnement en eau est enfin une dimension importante du projet. Dans la Sierra, de nombreuses familles vivaient à plus de 2 ou 3 km des points d’eau... Disponibilité comme qualité de cette ressource fondamentale pâtissaient par ailleurs des anciennes pratiques agricoles.  Dans le cadre du plan, systèmes d’adductions et d’irrigation ont pu se développer à travers des organisations de gestion locales. Et l’objectif n’a pas été de faire seulement en sorte qu’une canalisation arrive dans chaque foyer, mais aussi que l’eau qui en sorte soit de qualité.


 

Aller plus loin…
 « De nombreuses réussites sont à mettre au crédit du plan Sierra,  ajoute Inmaculada Adames, la Presidente de Plan Sierra. Il faut les consolider… Avec  l’AFD, nous traçons les lignes directrices d’un possible Plan Sierra III qui pourrait plus associer les collectivités locales. Et nous discutons avec l’Etat Dominicain pour voir comment étendre et améliorer cette expérience. Pas seulement avec le bassin versant Yaque, mais aussi avec les sept grands autres bassins versants qui composent le territoire dominicain. »
 



L’AFD soutient trois nouveaux projets d'ONG à Madagascar

18/10/2016

L’AFD va financer trois nouveaux projets d’ONG sur l’île pour un montant de 1,67 million d’euros. Au cœur de ces actions : l’insertion des jeunes, le développement rural et les conditions de vie des populations. Focus sur ces trois initiatives !

 

Les jeunes, acteurs clés du développement rural

Grâce à une formation en collège agricole,  le projet FERT permettra  une meilleure insertion professionnelle des jeunes ainsi que leur implication renforcée dans les organisations professionnelles paysannes.

Cette initiative, mise en œuvre avec la Fédération nationale des organisations de producteurs (Fifata) et la Fédération des collèges agricoles, prévoit d’accompagner près de 900 jeunes.

L’AFD soutiendra cet objectif par une subvention de 700 000 euros, soit 47 % du montant total du projet.
 

Foresterie, agroforesterie et aménagement du territoire

Le second projet, de l’ONG Agrisud International, entend développer l’agriculture dans la région Itasy à travers une amélioration des systèmes de production, de meilleurs services agricoles de proximité et en réhabilitant des espaces agricoles.

En partenariat avec l’ONG malgache Amadese, l’ONG française ETC Terra et la fondation suisse Centre écologique Albert Schweitzer, le projet permettra à 2000 familles de producteurs, 300 maîtres-exploitants et 20 entrepreneurs en transformation agroalimentaire, originaires de la région Itasy et de 15 communes, d’être accompagnés.

L’AFD financera 43 % du montant total du projet (soit 520 000 euros).
 
 

Amélioration des conditions de logement à Antananarivo

Enfin, la Fondation Abbé Pierre a reçu un financement de 450 000 euros afin d’améliorer l’accès à un logement décent pour 6000 personnes défavorisées à Antananarivo.

La Fondation poursuit trois objectifs : améliorer les conditions d’habitat de familles vulnérables notamment celles avec des femmes chef de famille, développer les compétences des acteurs du logement et sensibiliser citoyens et autorités sur l’accès à un logement décent.
 
 

Madagascar : premier pays pour les activités ONG de l’AFD

Ces trois projets viennent s’ajouter aux plus de 50 autres déjà en cours de mise en œuvre par des ONG françaises à Madagascar et soutenus par l’AFD.

De ses 70 pays d’interventions, c’est sur la Grande Île que l’AFD finance le plus d’ONG.
 



Pêche et aquaculture durables : les grands bailleurs de fonds mondiaux intensifient leur mobilisation

30/06/2016

La croissance de la demande en protéines animales se traduit par une forte pression sur les ressources halieutiques et le développement de l’aquaculture. Le changement climatique a des conséquences considérables sur les stocks de poissons du fait du réchauffement et de l’acidification des océans. L’Europe et les bailleurs de fonds européens, la Banque mondiale, la FAO et l’AFD se réengagent pour améliorer la gouvernance du secteur.

Une régulation de la pêche et l'aquaculture durable devenues indispensables

Parallèlement à la pression sur la ressource et au dérèglement de l’environnement vient s’ajouter l’évolution rapide des traits de côtes (disparition des zones usuelles de débarquement ou éloignement des zones de pêche par sédimentation) à laquelle les communautés de pêcheurs sont en outre très exposées.  Par ailleurs, l’aquaculture permet une diversification de l’alimentation et des revenus pour de nombreuses exploitations agricoles familiales.
Par ailleurs, l’aquaculture permet une diversification de l’alimentation et des revenus pour de nombreuses exploitations agricoles familiales. Les institutions de développement se réengagent dans la régulation des pêcheries en fonction des stocks et dans son soutien à  des modes d’aquaculture durable.


Mobilisation des bailleurs de fonds

C’est pourquoi l’Europe et les bailleurs de fonds bilatéraux européens, la Banque mondiale, la FAO et l’AFD se réengagent pour améliorer la gouvernance du secteur. Les 6 et 7 juin, l’AFD a accueilli au siège l’European Fisheries Development Adviser Network créé il y a six ans à l’initiative de l’UE et de la GIZ. Etaient présents des experts de l’UE (DG Devco et DG Mare), de la Banque Mondiale (GP Natural Ressources), la FAO, la Norvège, l’Allemagne, les Pays bas et la Suède.


Une meilleure surveillance

La France a présenté son expertise (CIRAD, IRD, APDRAF) et son engagement (AFD : 450 M€ de projets en cours ou en instruction), notamment  en matière de surveillance des pêches (Asie du Sud Est, exemple Indonésie) ou d’aquaculture (Afrique de l’Ouest, exemple Guinée).
Le concept d’écoports a été également discuté. Il s’agit d’un projet d’éco certification de ports de pêche pilotes en Indonésie basée sur les standards ISO 14 001, qui serait accordé à des ports un label accordé à des ports européens adhérant volontairement à de bonnes pratiques en matière de développement durable).

En outre, Le 8 juin, s’est tenu le comité de pilotage du Trust Fund (fonds fiduciaire) PROFISH administré par la Banque Mondiale dont l’AFD est membre depuis 2010. Ce fonds contribue à une relance des engagements des bailleurs en faveur de la gouvernance des pêches en Afrique subsaharienne (Mauritanie, Sénégal, Cap Vert, Sierra Leone, Liberia, Ghana, Madagascar).
Pour l’Europe (Devco), comme la Banque mondiale, ces échanges sur trois jours ont conforté l’intérêt de partenariats avec l’AFD.



Lancement d'un projet pour la sécurisation foncière à Madagascar

28/04/2016

Essentielle pour favoriser les investissements agricoles, la sécurisation des droits fonciers des agriculteurs va être facilitée par le programme d'appui à la réforme et à la sécurisation foncière, lancé officiellement aujourd'hui par le Premier ministre.

 

2 régions, 75 communes et 25 000 agriculteurs concernés

La sécurisation des droits fonciers des exploitants agricoles est essentielle car elle répond à trois enjeux : favoriser les investissements agricoles, promouvoir la décentralisation et faciliter la résolution des litiges locaux.


Paysage dans la région Analamanga, l’une des deux régions où sera mis en œuvre ARSF.
Crédit photo : AIM Madagascar

Ainsi, le programme d'appui à la réforme et à la sécurisation foncière, confinancé avec l'Union européenne, contribuera à doter 75 communes des régions Analamanga et Itasy (périphérie d’Antananarivo), de droits fonciers et d’une fiscalité foncière. Il permettra à 25 000 agriculteurs d’accéder à un terrain dans des conditions qui leur permettront d’investir et d’intensifier leur production.

Durée du projet : 4 ans. Montant : 4 millions d’euros.


Salle comble pour le lancement du programme de sécurisation foncière à Madagascar
Les 75 maires des communes concernées étaient présents à la cérémonie de lancement

 

La cérémonie officielle s'est tenue en présence du Premier ministre de Madagascar, M. Olivier Mahafaly, du ministre auprès de la Présidence chargé des Projets pésidentiels, de l'Aménagement du territoire et de l'Equipement, M. Narson Rafidimanana, du directeur de l'AFD à Madagascar, M. Jean-David Naudet, et des représentants de l'Union européenne.


Femmes présentant leurs certificats fonciers attribués par le guichet foncier communal .
Crédit photo : L ’Observatoire du Foncier



Prospective territoriale participative à Madagascar

25/08/2015

L’AFD soutient l’organisation d’un atelier de prospective territoriale participative à Madagascar.

L’Afrique fait face à des enjeux démographiques importants, y compris sur les territoires ruraux. Parallèlement, un intérêt est réapparu en faveur d’approches territoriales du développement dans l’objectif de promouvoir des stratégies plurisectorielles et pluri-acteurs. 
Dans ce contexte, l’AFD a lancé un projet de recherche expérimentale et participative sur deux territoires ruraux, la région de Ségou au Mali et la région de Vakinankaratra à Madagascar, qui allie approche territoriale, analyse démographique et prospective.
Le travail, réalisé par une équipe du CIRAD et ses partenaires locaux comprend la réalisation d’un diagnostic territorial rétrospectif, une analyse prospective participative qui intègre les évolutions démographiques, et la construction de scénarios d’avenirs du territoire.
C’est dans ce cadre que l’atelier de prospective territoriale « Les futurs de Vakinankaratra » a été organisé à Antsirabe du 17 au 21 aout 2015. Regroupant 25 personnes disposant de connaissances complémentaires du territoire, il a abouti à l’élaboration de 13 trames de scénarios de la situation de la région en 2035.
Une fois finalisée, cette étude devrait alimenter les réflexions de l’AFD sur les innovations possibles en matière de développement territorial et fournir des éléments utiles au pilotage de la transformation des régions concernées.
 



Agriculture : un financement pour les opérateurs privés

17/08/2015

Dans le but de favoriser l’investissement des entreprises privées du secteur rural, l’AFD a signé une ligne de crédit de 5 millions d’euros avec le Crédit Agricole Mutuel de Nouvelle-Calédonie.

 

En Nouvelle-Calédonie, le secteur agricole ne représente qu’environ 2% du PIB et de l’emploi salarié mais près de 12% des entreprises. Malgré les politiques de soutien fort de la part des collectivités, la production locale ne couvre que 40% de la consommation de produits agricoles et de nombreuses denrées sont importées.

Le Crédit Agricole Mutuel de Nouvelle-Calédonie fait figure de pionnier dans le soutien au secteur rural. En 2015, il est le premier établissement financier de la place sur ce créneau. Son statut de société financière mutualiste indépendante ne lui permet cependant pas de proposer de supports de paiements et de collecter des dépôts.

Ce nouveau financement lui permettra ainsi de disposer de ressources longues nécessaires pour financer son activité de crédit à l’investissement.

Il a été entièrement décaissée dans la foulée de la signature.



 
 
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