Agriculture et développement rural
La persistance des crises alimentaires dans les pays du Sud est venue souligner la nécessité d'accompagner le renforcement et la mutation du secteur agricole dans ces régions. L'AFD encourage l'introduction de technologies modernes et le développement de dispositifs institutionnels nouveaux - favorisant une plus grande structuration des filières, une meilleure coordination des acteurs, une sécurisation foncière - et des investissements.
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A Savoir n° 19 | L’Afrique et les grands émergents
Avril 2013 Jean-Raphaël CHAPONNIÈRE (Asia Center), Dominique PERREAU (D.P. Associates) et Patrick PLANE (directeur du CERDI, CNRS, Université d’Auvergne)
Étude coordonnée par Rémi GENEVEY (directeur de la Stratégie, AFD)
Depuis le début du XXIe siècle, l'irruption des grands pays émergents – la Chine, l'Inde et le Brésil – transforme profondément le continent africain, et plus particulièrement l'Afrique subsaharienne.
Y-a-t-il une stratégie globale de la Chine qui, en moins de dix ans, a multiplié son commerce avec l'Afrique par dix et redessiné, grâce à ses investissements, le réseau des infrastructures africaines ? Comment expliquer le dynamisme des entreprises indiennes, qui, à travers une gamme variée de technologies et grâce à des business models frugaux, proposent des alliances d'un type nouveau à leurs partenaires africains ? Le Brésil est-il réellement porteur d'un modèle alternatif de développement, initié par le Président Lula ? Comment est ressentie l'arrivée de ces nouveaux partenaires, par les dirigeants et les populations africaines ? Quel est l'impact réel de ces grandes puissances sur le développement africain ?
À travers l'analyse plus approfondie de quelques secteurs porteurs de grands investissements, les hydrocarbures, les mines, la forêt, ce rapport tente d'éclairer les dynamiques à l'oeuvre dans ce rapprochement des plaques tectoniques du Sud, asiatiques, latino-américaines et africaines.
Dvpt rural, Pays émergents, Brésil, Inde, Secteur privé, Analyses macroéconomiques et diagnostics pays, Afrique centrale, orientale et australe & Madagascar, Agriculture et sécurité alimentaire, Institutions et gouvernance, Jean-Raphaël CHAPONNIERE , Afrique de l'Ouest, Partenariats public-privé, Financement du développement, Politique d'aide, Efficacité de l'aide, Chine, A Savoir
Prix d'excellence pour les producteurs de café des Bolovens
L’Association des Groupements de Producteurs de Café (AGPC) a été récompensée par le Ministère de l’Industrie et du Commerce le 28 mars 2013 pour sa contribution à la croissance de l’économie du Laos et son intégration dans les économies régionale et mondiale.
Quinze autres entreprises exportatrices lao ont été de même récompensées dans les secteurs de l’agriculture et de l’artisanat pour les encourager à promouvoir les produits lao à l’international, améliorer leurs standards de production et leur compétitivité.
Créée en 2007 avec l’aide du Programme de Capitalisation en Appui au Développement Rural, financé par l’AFD, l’AGPC a réussi une importante montée en puissance de ses exportations, principalement par le partenariat avec l’entreprise Malongo. Le café produit par les 2 600 familles de producteurs de l’AGPC vise des marchés de niche de haute qualité et bénéficie des certifications « biologique » et « commerce équitable ».
L’AGPC est une association dorénavant bien reconnue au niveau national et qui fait figure de modèle en termes d’organisation paysanne. Ce modèle de structuration professionnelle devrait pouvoir être promu dans le cadre du programme de développement rural des trois provinces montagneuses du Nord (Luang Prabang, Phongsaly et Huaphanh), que l’AFD finance aux côtés de l’UE, de la GIZ et de la SDC.
Conforter la reconnaissance des terroirs africains : une force pour nourrir la planète et maintenir les diversités
L’AFD soutient le quatrième Forum international Planète Terroirs "Conforter la reconnaissance des terroirs africains" organisé par Terroirs et Cultures qui se tient à Dakar du 5 au 7 mars. Ce forum met en avant des voies alternatives de développement en misant, notamment, sur les spécificités locales et sur la reconnaissance de l'agriculture familiale nourricière.
Les organisateurs, Réseau régional des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), le Conseil National de Concertation et de coopération des Ruraux (CNCR), et Terroirs & Cultures ont souhaité rassembler les acteurs du développement rural africain pour partager et travailler sur les atouts et les réponses que peut apporter l'approche terroir et la valorisation des produits qu'elle fait naître.
Des voix alternatives de développement s’appuyant sur la prise en compte des spécificités et des identités locales existent, il s’agit de les identifier, les valoriser, les faire connaitre et les partager. Les acteurs veulent construire leur avenir en croisant avec la modernité, la force de leurs traditions, de leurs savoirs, de leur savoirs-faire tout autant que la richesse de leurs cultures, de leurs diversités biologique et culturelle.
Terroirs et Cultures que l’AFD accompagne depuis plusieurs années a conceptualisé "le panier de ressources du terroir" et montre que c’est aussi une réalité de l'Afrique, un atout du 21ème siècle pour ce continent. Pour valoriser ce panier, activer ses composants, sans remettre en cause sa pérennité, cela exige d'urgence une gestion de la ressource. Cela nécessite également de meilleures conditions de production des cultures vivrières, leurs produits de terroirs.
M. Macky Sall, Président de la République du Sénégal à ouvert les travaux. Jean-luc François, responsable du Développement rural et de la Biodiversité à l’AFD, doit y apporter son témoignage en précisant les grands axes de la politique de l’AFD dans ses actions de soutien à l’agriculture familiale où les femmes comme les hommes ont la capacité de construire un avenir pour tous et les jeunes en particulier.
Visite de l'Ambassadeur de France au Laos sur le plateau des Bolovens
L’Ambassadeur de France au Laos, M. Yves Carmona, s’est rendu sur le plateau des Bolovens le 27 février pour rencontrer les acteurs de la filière Café Lao, accompagné par l’Agence de Vientiane, qui finance depuis plus de 15 ans des activités de promotion de ladite filière.
INTERVIEW - « Les Indications géographiques protégées (IGP) rendent la mondialisation profitable à des terroirs africains et aux hommes qui les font vivre »
Grande première : trois produits africains - le miel d’Oku et le café Ziama Macenta du Cameroun, et le poivre de Penja en Guinée - sont sur le point d’être labellisés Indication géographiques protégées (IGP). Pour Jean-Luc François, responsable du Développement agricole à l’AFD, c’est un outil de plus pour renforcer et moderniser l’agriculture familiale africaine.
Pourquoi soutenir la mise en place d’Indications géographiques protégées ?
Les Indications géographiques protégées (IGP) permettent de valoriser et de préserver les savoir-faire nécessaires à l’élaboration de produits agricoles spécifiques à une géographie, à un terroir donc à une culture rurale. C’est un outil de protection de la qualité des produits et de l’économie de ce terroir. C’est un concept qui a été formalisé assez tardivement dans l’histoire de l’agriculture française, après la seconde guerre mondiale.
Il est apparu nécessaire de protéger ces traditions face à une mondialisation où les seules normes internationales sanitaires ou nutritives pouvaient conduire à une uniformisation de la consommation, le consommateur perdant le goût de la cette diversité et le producteur perdant le bénéfice de cette valeur ajoutée par la tradition, tout devenant copiable.
C’est un sujet de protection de la propriété intellectuelle détenu par des communautés locales. C’est d’ailleurs avec l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) que nous travaillons dans le cas présent, avec l'appui des chercheurs du Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique (CIRAD).
En outre, l’IGP ouvre aux producteurs la possibilité d’être davantage impliqués dans la transformation et la commercialisation de leur produit, soit directement par leurs coopératives soit par des partenariats avec l’aval de la filière, leur permettant ainsi de récupérer une part plus grande de la valeur ajoutée.
Promouvoir les IGP c’est donc conserver des pratiques agricoles et défendre une économie locale.
Y a-t-il des spécificités pour les IGP dans les pays en développement ?
Il faut deux ingrédients pour une IGP : il faut d’abord un produit agricole à identité bien identifiable (par sa forme, son gout, sa couleur, etc.). Ensuite, il faut une démarche collective des producteurs pour engager un processus de reconnaissance de l’IGP.
L’IGP dans un pays en développement n’est jamais très éloignée d’une notion comme celle du commerce équitable car l’IGP n’existe que si les producteurs s’organisent, pour définir l’IGP, la faire reconnaître par les autorités compétentes, contracter avec des acheteurs, assure la promotion des produits et par conséquent tenter d'obtenir une répartition plus équitable de la valeur ajoutée.
Finalement, bien que fondés sur la tradition, les cahiers des charges des IGP imposent souvent une aux agriculteurs de repenser ensemble leurs pratiques et d'enclencher une politique commerciale et marketing - en d'autres termes de moderniser leurs pratiques.
Une IGP est un formidable outil de modernisation d’une filière. Elle permet l’accès à des marchés exigeants mais prêts à payer davantage pour des produits à qualité intrinsèque et à qualité culturelle associée. L’IGP rend la mondialisation profitable à des terroirs qui le plus souvent la subissent.
Comment l’AFD soutient-elle les démarches d’IGP ?
Le Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC), qui est cofinancé par le ministère des Affaires étrangères et de ministère de l’Economie et des finances, a permis d’accorder des subventions à des pays d’intervention de l’AFD en Afrique comme en Asie pour le lancement des plusieurs IGP.
Les projets ont porté sur l’identification des produits, l’accompagnement des groupements de producteurs, la promotion commerciale et l’instauration d’un cadre réglementaire national et sous-régional permettant la reconnaissance, le contrôle et la protection de l’IGP. Cela a notamment reposé sur des appuis à l’OAPI.
En ce qui concerne l’élaboration du cahier des charges de l’appellation, il s’agit de s’assurer que le produit dispose d’une identité clairement définie, en établissant les caractéristiques de ce produit et les critères à remplir pour être labellisé.
Il convient en outre de s’assurer que le produit peut être produit en volumes suffisants pour alimenter une filière commerciale.
Ensuite, nous aidons les producteurs et la filière à mettre en place cette appellation protégée.
Cet outil s’inscrit parfaitement dans les priorités de l’AFD pour l’agriculture. Il ne peut y avoir d’IGP que par l’organisation de petites exploitations agricoles familiales que nous soutenons.
Les IGP permettent de moderniser de façon durable les exploitations agricoles familiales qu’elles soient des cultures vivrières (riz, lait, etc.) ou non vivrières (cacao, coton, hévéa…).
Initialement pensées pour des marchés d’exportation, il apparait de plus en plus clairement qu’il existe une demande domestique pour des produits labellisés IGP dans les villes africaines ou asiatiques, de la part de consommateurs des classes moyennes qui n’ont pas perdu le goût pour les produits des terroirs de leur pays, ou qui les redécouvrent.
En un mot, les IGP contribuent à renforcer les petits exploitants agricoles africains et à les faire profiter de l’ouverture des marchés mondiaux
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oir « Les trois premières IGP africaines au Salon de l’Agriculture 2013 de Paris »
Découvrez le périple de deux agriculteurs africains à Paris, venus promouvoir leurs produits labellisés IGP. Premier épisode d'une mini-série de cinq épisodes :
Retrouvez les autres épisodes ici

Emission "C'est pas du vent" sur RFI, le 15 avril 2012, avec :