L’avenir de la planète se joue aussi dans les territoires ruraux

Dans quelques jours, le Salon international de l’agriculture 2017 ouvrira ses portes avec pour mot d’ordre « L’agriculture : une passion, des ambitions ! ». L’AFD y participe pour la 5ème année consécutive avec le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad) . Cette année, les Objectifs de développement durable et le développement des territoires ruraux seront mis à l’honneur. L’occasion d‘en savoir plus sur les enjeux du secteur avec Jean-Luc François, responsable de la division Agriculture, développement rural et biodiversité.

Pourquoi l’AFD participe-t-elle au Salon international de l’Agriculture (SIA), salon très prisé du grand public ?

Avec 800 000 visiteurs, le SIA est par essence un événement très grand public mais c’est aussi un évènement professionnel international de premier ordre. Les principaux partenaires de l’AFD y sont présents. En outre beaucoup de personnalités politiques françaises s’y rendent et s’arrêtent sur notre pavillon AFD-CIRAD. C’est une belle occasion d’échanges avec des acteurs institutionnels et industriels du secteur agricole français et étranger (entreprises, institutions comme ONG). Enfin, être présent sur ce salon grand public, est une chance pour nous de faire connaître à nos concitoyens notre mission, les enjeux du développement durable dans nos pays d’intervention, et le rôle plus particulier qu’y tient l’agriculture. Un programme dédié d’animations est ainsi prévu tout au long du salon.

 

Après l’agriculture familiale, le Climat ou encore les filières agricoles durables, le thème de cette année est consacré aux « territoires ruraux », pouvez-vous nous dire ce que cela recouvre ?

Un « territoire rural » repose sur un socle caractérisé par : des ressources naturelles (les eaux, les terres, les forêts), une agriculture et une population, qui s’organise pour vivre au mieux dans ces espaces. Il en résulte une infinité de « paysages ruraux » : des collines du Burundi aux savanes du centre de la Côte d’Ivoire, en passant par les essarts et rizière du Sud-Est asiatique…
L’économie de ces « territoires ruraux » est d’abord une économie agricole dont dépendante du climat et de la nature. Dans les pays en développement, l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable, énergie) y est moins bon que dans les grandes villes. Partout la pauvreté y est plus fréquente et plus intense. Il en est de même pour la malnutrition qui l’accompagne. Or, en Afrique par exemple, 50% de la population vit actuellement dans ces territoires et le nombre de personnes y vivant  augmentera dans les prochaines années.

 


Vietnam ©Laurent Weyl pour l'AFD

Pourquoi faut-il  leur accorder une attention particulière dans les pays d’intervention de l’AFD ?

Pour trois raisons essentielles. D’abord, atteindre les Objectifs de développement durable, fixés par les Nations unies, oblige à  investir dans les territoires ruraux pour  lutter contre les inégalités, qui sont le terreau des crises et des conflits. Ensuite, parce que l’avenir de la planète se joue en partie dans ces territoires. Stopper l’extinction de la biodiversité, stocker du carbone dans les forêts et dans les sols, imposent une transition écologique dans l’agriculture qui transformera les paysages ruraux. Enfin nourrir,  vêtir, employer décemment 10 milliards d’humain sans impacts négatifs sur l’environnement impose une intensification agro-écologique.

 

Quelle approche l’AFD soutient-elle pour répondre à ces défis ?

Sans détailler l’évolution des interventions de l’AFD en matière de développement local dans les zones rurales, nous  intervenons simultanément sur quatre dimensions : la gouvernance, l’économie, l’équipement et la nature.
Nous  travaillons à renforcer les instances légitimes de planification et de partage des ressources du territoire  entre les ayants droits. L’objectif est une plus grande équité et une mise en valeur durable, ce qui contribue in fine à soutenir l’Etat de droit.
Au niveau économique, notre intervention vise à mettre en valeur tout le potentiel d’un territoire quelques en soient les contraintes. Il s’agit de bien choisir les filières à  soutenir, agricoles en premier lieu, mais aussi forestières et  touristiques.
Concernant l’équipement, nous devons répondre aux besoins premiers des populations rurales : la piste qui désenclave le village, le point d’eau potable qui réduit le temps passé à la puiser, l’énergie qui permet aux enfants d’étudier le soir, le barrage ou le canal qui permet d’irriguer...
Enfin, sur le capital naturel, il s’agit de préserver les ressources naturelles dont dépendent la qualité de vie et la productivité de l’agriculture.
Le soutien de l’AFD au programme dominicain Plan Sierra, depuis plusieurs années, est ainsi un bel exemple de cette approche reposant sur quatre piliers.
 


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Mise à jour en février 2017

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