l'éducation de base pour tous
Contexte
Les enjeux d’une éducation de base pour tous dans les pays en développement
Droit fondamental inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, l’éducation a des effets mesurables et incontestables sur la démographie, la santé, la croissance économique, l'environnement, la cohésion sociale et la paix. Elle améliore l’accès à l’emploi et à des revenus décents, favorise la modification des comportements sociaux et des modes de production. Facteur essentiel dans la réduction des inégalités, elle favorise la participation des populations au développement, à l’exercice de la citoyenneté, à la bonne gouvernance et à la stabilité politique. L’éducation est ainsi à la croisée des droits fondamentaux de chaque individu et des enjeux globaux.
Pourtant, malgré des progrès incontestables, le capital de base que représente une scolarisation primaire complète et de qualité pour tous est loin d’être assuré dans de nombreux pays en développement. Les premiers concernés sont les pays d’Afrique subsaharienne, qui comptent, en 2010, la moitié des 61 millions d’enfants non scolarisés sur la planète. L’AFD, en concertation avec les autres bailleurs de fonds, accompagne les réformes des politiques éducatives nationales des pays partenaires afin de mettre à niveau leurs dispositifs d’éducation.
Les Objectifs du millénaire pour le développement : une mobilisation mondiale en faveur de l’éducation
L’Agence française de développement inscrit son action en faveur de l’éducation de base (alphabétisation, enseignements primaire et secondaire) dans le cadre de la mobilisation internationale suscitée par l’adoption des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Ce sont notamment les OMD 2 et 3 qui ont concentré une bonne partie des interventions des bailleurs de fonds, avec comme objectifs une éducation de base de qualité pour tous les enfants, sans distinction entre filles et garçons. Ce processus a été accéléré par l’adoption de l’Initiative de mise en œuvre accélérée "Fast Track", initiée par la Banque mondiale, pour soutenir les pays les moins avancés qui présentent une politique éducative cohérente, et à laquelle la France contribue.
La priorité : une éducation de base de qualité, du primaire au secondaire
Le minimum requis pour développer les compétences nécessaires à un apprentissage tout au long de la vie et acquérir une alphabétisation durable repose sur une scolarisation complète de six ans pour tous, filles et garçons.
Durant les années 2000, cette priorité accordée à l’enseignement de base a poussé l’Agence à concentrer ses interventions sur l'enseignement primaire, désormais étendues au secondaire. Aujourd'hui, cependant, la pression des sortants du primaire sur les cycles éducatifs supérieurs ainsi que la nécessité pour les pays de former des jeunes pouvant évoluer ensuite vers le milieu professionnel ont conduit de nombreux pays à allonger la durée de l'éducation de base à 9 ou 10 ans, en rendant obligatoire le premier cycle du secondaire (collège).
L'offre de l'AFD
La nécessité d’une approche sectorielle globale
La politique de l'AFD varie selon les contextes nationaux. Dans les pays où le taux brut de scolarisation dans le primaire est encore trop bas, le premier niveau d'enseignement est prioritaire. L’objectif est alors d'augmenter l'accès et le maintien des enfants à l'école primaire, l'équité dans cet accès (filles et garçons, ruraux et urbains) et la qualité des apprentissages.
Dans d'autres pays, où le taux brut de scolarisation est plus élevé, l’intervention de l’AFD prend en compte les besoins de collèges ainsi que les solutions alternatives conduisant plus directement les élèves à l’insertion professionnelle. Sur ce dernier point, l’Agence cherche à promouvoir des filières de formation professionnelle axées sur la production de compétences et de savoir-faire étroitement liés aux besoins des entreprises locales.
Pour l’AFD, une approche sectorielle globale s'impose car les différents niveaux du système éducatif sont interdépendants. En effet, les progrès réalisés en termes d’accès au primaire créent à terme une pression sur la demande en faveur des niveaux d’enseignements post-primaire qu’il convient d’anticiper. Par ailleurs, la qualité de chaque niveau d’enseignement dépend de celle du niveau inférieur.
Enfin, dépense publique et dépense privée doivent concourir à développer une offre globale et complète où l’offre privée payante sera notamment développée dans les secteurs offrant un retour sur investissement individuel élevé (accès aux emplois bien rémunérés), ce qui dégagera des ressources publiques pour les secteurs présentant le meilleur rendement social et les plus fortes externalités (éducation de base).
Cette prise en compte globale du secteur de l’éducation constitue clairement un progrès par rapport aux démarches antérieures. Cependant, les partenariats doivent s’organiser pour mieux accompagner la mise en œuvre de ces programmes et répondre aux obstacles qu’ils rencontrent :
- complexité des programmes et manque de capacité locale ;
- besoin d’accompagnement du changement et de l’innovation ;
- dilution des responsabilités et manque de visibilité des aides bilatérales ;
- contreparties souvent fragiles et risquées.
L’accompagnement concerté des programmes sectoriels : pour une meilleure efficacité de l’aide
Concernant la stratégie de coopération française en matière d’éducation de base, l’AFD est un partenaire bilatéral très présent, notamment dans les pays d’Afrique subsaharienne francophone.
Ses interventions suivent les principes de l’harmonisation de l’aide et prennent donc la forme de cofinancements des programmes sectoriels avec les autres bailleurs de fonds et les Etats bénéficiaires. L’AFD complète ses interventions par des appuis spécifiques sous forme d’aide projet, permettant d’accompagner de manière plus rapprochée la mise en œuvre de certains volets des programmes sectoriels, pour lesquels elle estime disposer d’une experience adéquate.
L’AFD s’efforce ainsi de développer, au sein de ses interventions dans le domaine de l’éducation, une démarche de renforcement de capacité, permettant aux acteurs des systèmes éducatifs de mieux évaluer leur mode de fonctionnement ainsi que les changements et les améliorations nécessaires que vise le programme sectoriel. Pour ce faire, elle facilite la concertation des acteurs entre eux et la mobilisation d’expertises spécialisées. Elle encourage également la coopération technique directe entre acteurs homologues de systèmes éducatifs distincts partageant des problématiques communes.
L’AFD s’attache également à rationaliser la dépense publique et à raisonner en coût-efficacité, de façon à donner aux financements octroyés le maximum d’impact dans la progression du niveau général de l’éducation, tout en participant à l’élaboration des indicateurs de suivi et de performance.
L’appui à une gestion décentralisée de l’éducation
L’AFD entend privilégier une approche intégrée à un niveau régional qui concilie :
- une approche sectorielle verticale, descendante par nature, où s'exprime la volonté de l'Etat de promouvoir une politique éducative nationale ;
- une approche locale, qui met en œuvre cette politique en prenant en compte les comportements, les aspirations des populations, leurs motivations et le jeu des acteurs.
Le défi collectif à relever consiste donc en la mise en cohérence et l'articulation opérationnelle de composantes complémentaires, réellement pilotées par les gouvernements et prises en main par les acteurs de terrain (société civile et administrations locales). Cette approche se concrétise notamment par des partenariats avec des ONG pour renforcer et mobiliser les capacités des acteurs locaux.
Un acteur de référence disposant d’une diversité d’outils et d’expertise
En matière d’éducation de base, l’AFD est un partenaire bilatéral très présent avec 409 M€ de concours vivants, dont 68 % en Afrique sub-saharienne pour l’année 2010. Dans les pays francophones, cette coopération prend bien entendu en compte la communauté de langue et de système éducatifs, ainsi que les collaborations actives et anciennes avec le système éducatif français.
L’AFD a également pour avantage de disposer pour ces interventions dans le secteur de l’éducation d’une palette diversifiée d’outils financiers, lui permettant d’agir tant auprès des acteurs publics que des acteurs privés. Toutefois seule une partie des pays sont éligibles aux prêts souverains. L’AFD dispose en effet, outre les subventions, des produits suivants :
- prêts souverains et non souverains, éventuellement concessionnels (bonifiés) ;
- garanties ARIZ ;
- contrats de désendettement et de développement ;
- subventions déléguées.
Dans l’optique d’une meilleure division du travail, l’AFD se positionne auprès des Etats bénéficiaires et des autres bailleurs comme étant le partenaire qui s’implique sur quelques sujets spécifiques, notamment l’analyse sectorielle, la formation des enseignants, l’utilisation des nouvelles technologies dans l’éducation, le développement du 1er cycle d’enseignement secondaire, la promotion des enseignements scientifiques, l’évaluation des apprentissages, la gestion pédagogique ou la contractualisation des établissements privés. Elle s’appuie à cet effet sur :
- les recherches et études développées par l’AFD sur fonds propres en partenariats avec l’expertise externe ;
- les projets régionaux d’expertise (Pôle de Dakar, PASEC, ELAN, IFADEM) ;
- des projets d’ONG qui sont porteurs d’innovation et que l’AFD soutient dans le cadre de financements spécifiques (FISONG).
