Formation professionnelle : agir au coeur des politiques de développement
Contexte
Une offre de formation rénovée pour appuyer la croissance économique et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes
La formation professionnelle est un investissement majeur pour les pays en développement en raison de ses effets de levier sur la croissance et l’emploi, mais aussi sur la capacité de ces pays à s’adapter au contexte de mondialisation des échanges et de multiplication des crises économiques, sanitaires et climatiques.
Face à des dispositifs de formation professionnelle souvent dépourvus de moyens et répondant difficilement aux besoins économiques et sociaux, l’AFD promeut des dispositifs guidés par la demande économique, qui impliquent les entreprises afin de favoriser l’insertion sociale des jeunes par l’emploi.
L’AFD favorise le développement d’une offre de formation mieux adaptée à la demande, publique ou privée, depuis le niveau post-primaire et jusqu’à l’enseignement supérieur professionnalisant. L’AFD aide ainsi les pays à dynamiser et à moderniser leur économie et à profiter des opportunités de croissance que leur apporte l’ouverture à l’espace économique mondial.
L'offre de l'AFD
Une expérience élargie de soutien aux dispositifs publics et aux projets de formation des opérateurs économiques
Depuis une trentaine d’années, l’AFD promeut des actions de formation professionnelle en accompagnement des investissements qu’elle finance dans les différents secteurs de l’économie.
Dès le milieu des années 1990, elle s’est impliquée dans la modernisation des systèmes de formation professionnelle de pays soucieux d’adapter les secteurs modernes de leur économie à la compétition économique internationale (Tunisie, Maroc, Vietnam). À partir de 2005, ses actions se sont étendues à l’Afrique subsaharienne (Sénégal, Congo, Gabon, Tanzanie, Mauritanie, Mali) afin d’adapter les dispositifs de formation aux besoins des économies à dominante informelle.
L’AFD et sa filiale PROPARCO ont également soutenu les projets de formation des établissements de formation privés et des opérateurs économiques complétant l’offre publique. Par ailleurs, depuis 2008, l’enseignement supérieur professionnalisant est également pris en compte, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères.
Enfin, l’AFD soutient les projets d’ONG concernant l’apprentissage et l’insertion des jeunes dans l’économie informelle.
Elle est désormais sollicitée pour appuyer à plus grande échelle les politiques d’aide à l’emploi dans les pays confrontés à des problèmes massifs de sous-emploi des jeunes.
Le principe d’intervention de l’AFD : la promotion des partenariats entre les autorités publiques et les opérateurs économiques
Les interventions de l’AFD, qu’elles soient à destination des autorités publiques ou des opérateurs économiques privés, se fondent sur le principe fondamental d’un partenariat stratégique et opérationnel entre l’État et la société civile (représentants d’employeurs, branches professionnelles, fédérations artisanales, etc.) en vue de promouvoir une formation adaptée aux besoins du marché et d’assurer une meilleure gouvernance des dispositifs de formation.
Ainsi, les acteurs économiques sont placés au cœur du processus de conception, de réalisation et de gestion d’un nouveau système de qualification des ressources humaines nationales. Les programmes de formation sont revus sous l’angle de l’acquisition de compétences pour mieux adapter les contenus à la situation de l’emploi. Les cursus de formation professionnelle prévoient également des phases d’alternance et d’apprentissage en entreprise.
Des outils de financement adaptés aux besoins des dispositifs publics et des opérateurs économiques
Dans le domaine de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur professionnalisant, l’AFD dispose d’une palette d’outils financiers diversifiée : les prêts aux Etats, les subventions et les Contrats de Désendettement et de Développement (C2D) en appui aux dispositifs publics et les prêts et garanties en appui aux opérateurs économiques privés.
· Prêt aux Etats, subventions et C2D en appui aux dispositifs publics
L’AFD apporte son soutien aux Etats ou aux organismes parapublics afin de promouvoir, en partenariat avec les acteurs économiques, les réformes et le déploiement de l’offre d’enseignement technique et de formation professionnelle initiale et continue, depuis le niveau post-primaire jusqu’au niveau supérieur professionnalisant. Ces concours sont essentiellement financés par les prêts aux Etats, les Contrats de Désendettement et de Développement (C2D) ou les subventions, et peuvent éventuellement être complétés par des délégations de subventions d‘autres partenaires bailleurs de fonds (facilités de l’Union Européenne par exemple). Dans le cadre de ces appuis, l’AFD finance :
- les investissements immatériels liés à la fabrication des nouveaux programmes de formation professionnelle, à la formation des formateurs et tuteurs, à l’implantation de l’ingénierie pédagogique dans le dispositif de formation professionnelle ;
- les investissements matériels liés à la fourniture d’équipements, à la construction de bâtiments ou à la modernisation d’établissements existants.
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Prêts et garanties en appui aux opérateurs économiques privés
Le groupe AFD soutient également les projets de formation des entreprises ou de structures privées de formation professionnelle. L’AFD peut refinancer les banques pour leurs opérations de prêts en direction des opérateurs de formation, des étudiants ou des travailleurs en formation continue. L’AFD finance ces projets lorsqu’ils complètent la politique nationale de diversification et de déploiement de l’offre de formation.
Ces concours font l’objet de prêts et de garanties auprès des banques qui sont en capacité d’emprunter. Les prêts peuvent être bonifiés pour soutenir le risque pris par ces établissements, ou sont complétés par des subventions lorsque l’opérateur justifie un besoin de renforcement de capacités.
Promouvoir la recherche et les partenariats pour une meilleure efficacité
L’AFD mène des travaux de recherche afin d’éclairer et d’orienter ses activités dans le domaine de la formation professionnelle. Elle s’est plus particulièrement investie, avec d’autres partenaires, sur la formation professionnelle en secteur informel, les coûts de la formation professionnelle en Afrique subsaharienne et le financement de l’enseignement supérieur privé en Méditerranée. D’autres thématiques sont explorées, tels que la professionnalisation des filières universitaires en sciences humaines, ou encore les besoins de formation dans les « métiers verts ».
L’AFD multiplie également des partenariats d’échange et de coopération avec les acteurs, notamment français, susceptibles de contribuer au développement des systèmes de formation professionnelle des pays partenaires (ministères, bailleurs de fonds, organismes spécialisés, bureaux d’études, centres de recherche, groupes privés, fondations, collectivités régionales, partenaires sociaux et ONG). L’AFD s’est fortement mobilisée dans le cadre du Groupe d’Experts en Formation Professionnelle (GEFOP), qu’elle a initiée, qui regroupe des experts africains, européens et asiatiques autour de sujets tels que le financement de la formation professionnelle, la formation en secteur informel, les métiers porteurs. Elle réfléchit aujourd’hui à accompagner la mise en œuvre de ces recommandations.
L’Agence s’est également rapprochée des organismes de coopération allemande (GTZ) et du Luxembourg (Lux-Dev), qui font référence dans le secteur, et a signé avec eux un protocole de partenariat en septembre 2009.
L’AFD est par ailleurs un élément moteur dans la recherche de convergence des stratégies de développement de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur professionnalisant au niveau méditerranéen, notamment dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

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