Améliorer l'enseignement fondamental à Bamako, Mali

Améliorer l'enseignement fondamental à Bamako, Mali

Après une quinzaine d’années de stagnation du taux brut de scolarisation primaire en dessous de 25%, le système éducatif malien connaît, depuis 1995, un redressement significatif. En 2002, son taux brut de scolarisation était de 64% mais le quart seulement d’une classe d’âge bénéficiait d’un cycle primaire complet, gage d’une alphabétisation durable.

Dans le district de Bamako, les taux de scolarisation sont plus élevés mais la population urbaine croît plus vite que la capacité d’accueil, ce qui conduit à un engorgement des écoles avec près d’une centaine d’élèves par classe. Il en résulte de fortes disparités dans l’offre éducative entre le centre ancien et les quartiers périphériques plus récents. De fortes inégalités s’observent dans les taux de redoublement, la réussite aux examens ou encore le pourcentage d’élèves scolarisés dans l’enseignement privé, en raison d’une offre publique insuffisante, notamment dans les quartiers défavorisés.

Le gouvernement met en œuvre depuis 2001 le Programme d’investissement du secteur de l’éducation (PISE) avec pour objectif d'atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015. Le PISE, dont le coût de la première phase est estimé à 510 millions d’USD, est soutenu par de nombreux bailleurs (Banque mondiale, BAD, agences des Nations-Unies, Pays-Bas, Canada, France, Allemagne, Etats-Unis, Belgique, pays nordiques, Japon, pays arabes) qui contribuent pour environ 45% du coût du programme.

 

Objectifs du projet

Le projet PAOEFM-Bamako est la deuxième contribution de l’AFD au PISE. Son objectif est d’améliorer l’offre publique d’enseignement fondamental dans les six communes du district de Bamako. Il contribue à l’accroissement du taux d’achèvement du primaire, du taux de succès au certificat de fin d’études primaires et à la réduction des disparités entre zones.

 

Contenu du projet

Le projet comprend trois composantes :

Composante 1 : l’amélioration de l’accès au 1er cycle de l’enseignement fondamental public par la réduction des disparités de l’offre publique. Pour ce faire, une extension du réseau scolaire des quartiers périphériques récents et le décongestionnement des quartiers centraux plus anciens sont nécessaires. Le concours de l’AFD permet la construction et l’équipement d’environ 280 salles de classes (16 800 places créées) et le soutien aux communes pour la réhabilitation de 100 classes (6000 places réhabilitées) ;

Composante 2 : l’amélioration de la qualité de l’enseignement par la mise en œuvre au profit de toutes les écoles publiques du district de l’approche « Ecole amie des enfants, amie des filles », préconisée par l’UNICEF. Cette approche comprend notamment un soutien aux élèves en difficulté pour la prévention des abandons et des redoublements, la promotion de la santé et de l’hygiène à l’école et une plus grande participation de la communauté et des enfants à la gestion de l’école ;

Composante 3 : l’amélioration de l’efficacité de la gestion du système d'enseignement fondamental dans le cadre de la déconcentration et de la décentralisation. Le projet finance la construction de 6 inspections et renforce les capacités de pilotage conjoint de l’enseignement fondamental par les inspections et par les communes ainsi que la gestion participative des établissements.

C’est, au total, 135 000 élèves qui bénéficient d’une amélioration du service éducatif grâce au projet.

 

Organisation et financement du projet

Le coût du projet est évalué à 11,85 millions € dont 7,8 millions € pour les infrastructures et 1,7 millions € pour la gestion décentralisée et la qualité. Le financement provient de l’AFD (9 millions €), du Comité français pour l’UNICEF (0,75 millions €) et des communes (0,3 millions €). Les taxes (1,8 millions €) sont prises en charge par l’Etat.

Le ministère de l’Education nationale coordonne et pilote le projet par son service central de planification et par ses services déconcentrés des Académies d’enseignement de la rive droite et de la rive gauche. Les communes sont maîtres d’ouvrage des constructions et réhabilitations.

La maîtrise d’ouvrage des constructions est déléguée à des agences d’exécution qui organisent la passation et l’exécution des marchés d’infrastructures avec les bureaux d’études et les entreprises. Pour ce qui concerne les réhabilitations, les communes contribuent au financement à hauteur de 20%.

L’UNICEF met en œuvre le volet de gestion décentralisée et de qualité de l’éducation selon sa méthodologie et ses procédures d’animation spécifiques. 

 

Date de l’octroi du projet : février 2004