Améliorer l'offre éducative au Burkina Faso

Améliorer l'offre éducative au Burkina Faso

Le Burkina Faso a réalisé d’importants progrès dans le développement de la scolarisation primaire passant de 5 % en 1960 à 41,2 % aujourd’hui. On observe toutefois depuis 1990 un fléchissement du rythme de progression de la scolarisation. L’amélioration des performances du système éducatif passe par des réformes profondes et durables affectant les ressources, les coûts (statut et rémunération des personnels), les modalités de gestion du secteur (décentralisation, responsabilisation des établissements) et l’organisation de l’enseignement.

Ces réformes sont précisées dans la loi d’orientation de l’éducation du 9 mai 1996, les lois de 1998 sur la réforme de l’Etat et la décentralisation, le Programme Décennal de Développement de l’Education de Base adopté en 1999, et, plus récemment, le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP).

 

Objectifs du projet

Le projet vise : 

  • la mobilisation des communautés villageoises des zones sous-scolarisées pour l'ouverture de nouvelles écoles et la scolarisation des filles ;
  • l'extension de la couverture scolaire des trois provinces concernées par la construction et l'équipement de nouvelles classes ;
  • l'amélioration des infrastructures existantes (classes à reconstruire, écoles incomplètes à normaliser à trois ou six classes) ;
  • l'amélioration des conditions d'apprentissage des élèves par des dotations en matériel didactique ;
  • l'amélioration des conditions de vie des maîtres et leur maintien en poste en zone rurale par la construction du logement des maîtres parallèlement à la construction des classes.

 

Contenu du projet

Le projet s’inscrit dans le programme décennal qui bénéficie du soutien de la communauté des  bailleurs de fonds. Il s’articule étroitement, dans trois provinces prioritaires (Banwa, Kossi, Ziro), avec le programme éducation du 8ème Fonds Européen de Développement qui vise principalement l’amélioration des conditions de vie et de travail des élèves et des maîtres et apporte un appui institutionnel aux échelons déconcentrés de l’administration.

Le projet complète et renforce ces interventions par la reconstruction, l’extension et l’équipement de 37 écoles existantes ainsi que par la construction et l’équipement de 52 nouvelles écoles dans des villages où une mobilisation sociale effectuée avec le concours de l’Union Européenne a permis, dès la rentrée scolaire 2000, l’ouverture d’une classe provisoire accueillant un nombre suffisant d’élèves et notamment de filles. Les écoles sont équipées de mobilier, de matériel didactique et d’un kit d’entretien. 232 logements sont construits pour les maîtres tandis qu’un autre projet de l’AFD a doté l’ensemble des écoles d’un accès à l’eau potable. Un projet du Fonds de Solidarité Prioritaire complète ce dispositif par la formation des directeurs d’école et la production de matériels didactiques à l’usage des maîtres.

Le projet tend à maximiser l’impact sur les groupes sociaux défavorisés (zones rurales sous-scolarisées des provinces prioritaires, admission des filles). Le projet réduit les disparités entre les trois provinces et la moyenne nationale ainsi qu’entre garçons et filles.

 

Organisation et financement du projet

Le projet coûte 8,11 millions dont 8 millions apportés par l’AFD et 0,11 millions par les communautés villageoises. Le programme d’ensemble (8ème FED, AFD, MAE) sur les six provinces du 8ème FED s’élève à 30,4 millions dont 13,6 millions pour l’Union Européenne et les Pays-Bas, 6,8 millions pour le projet d’hydraulique scolaire de l’AFD et 2 millions pour le ministère des Affaires étrangères.

Compte tenu des faibles capacités institutionnelles du ministère de l’Education de base et de l’alphabétisation, le projet fait appel à un maître d’ouvrage délégué, Faso Baara, pour la gestion des appels d’offres et des marchés publics.

Les constructions sont réalisées en deux tranches successives pour tenir compte des capacités des professionnels de la construction et lier la mise en œuvre du projet au respect du calendrier des réformes programmées.

Une coordination étroite est établie avec le projet de l’Union Européenne, le projet d’hydraulique scolaire, et le projet du Fonds de Solidarité Prioritaire.

 

Date d’octroi du projet : novembre 2000