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Améliorer la scolarisation primaire en Guinée
La Guinée a connu, à la fin des années 1970, un phénomène inquiétant de déscolarisation qui résultait pour une large part de la désaffection des parents pour un enseignement primaire de faible qualité. Un effort important de redressement a été accompli dans le cadre du programme d’ajustement du secteur de l’éducation mis en œuvre sur la période 1990-2000. Les résultats quantitatifs et qualitatifs sont incontestables : le taux brut de scolarisation est passé de 37 % en 1990 à 57 % en 1999. Ces progrès doivent toutefois être relativisés car d’importantes disparités subsistent selon le genre et les zones régionales.
L’amélioration de la scolarisation en zone rurale et la réduction des redoublements et des abandons constituent les principaux défis à relever. Pour cela, les bailleurs de fonds et le gouvernement ont souhaité poursuivre et coordonner leurs efforts dans le cadre du Programme Education Pour Tous, qui est un programme décennal concernant tous les niveaux et ordres d’enseignement.
L’AFD a accepté de soutenir la mise en œuvre du programme dans certaines préfectures relativement isolées des zones montagneuses du nord du pays où la scolarisation progressait plus difficilement.
Objectif du projet
Le but du projet est d’accroître, de façon équitable, le nombre de garçons et de filles achevant un cycle primaire complet dans les préfectures de Télimélé, Lélouma et Mali.
Il s’agit pour ce faire :
- de réduire les poches de sous-équipement scolaire et le nombre d’écoles à cycle incomplet (n’offrant pas simultanément les six niveaux d’enseignement) ;
- d’améliorer les capacités de pilotage, de gestion, d’encadrement pédagogique et d’animation sociale des cadres locaux de l’Education ;
- de mobiliser les acteurs locaux et les collectivités locales autour des sujets de scolarisation et dans la gestion des écoles.
Contenu du projet
Le projet prévoit de rationnaliser le réseau d’écoles et de construire/ rénover et équiper 285 classes. Il couvre également la construction et l’équipement des locaux des trois directions préfectorales de l’Education, ainsi que la formation des maîtres et celle des cadres. Il concerne d’autre part le renforcement des compétences des collectivités et des associations de parents d’élèves relatives au système éducatif et le financement des projets d’écoles qui permettent à ces acteurs et aux enseignants d’améliorer école par école les conditions locales de scolarisation.
L’opération est mise en œuvre par le ministère de l’éducation, appuyé par les ONG Aide et Action et l’Association Française des Volontaires pour le Progrès (AFVP), opérateurs et co-bailleurs du projet.
Durée et financement du projet
Le coût total s’élève à 7,7 millions €. Le projet est cofinancé par l’AFD (6,5 millions €), l’ONG Aide et Action (1,038 millions €) et l’Association Française des Volontaires pour le Progrès (164 000 €). Initié en 2002 le projet s’est achevé en 2008.
Achèvement
Le projet a subi les contrecoups de la suspension des financements pendant 15 mois entre 2004 et 2005 pour cause d’impayés de la Guinée vis-à-vis de l’AFD. Les difficultés de construction dans le contexte difficile du nord de la Guinée et l’évolution défavorable de la devise guinéenne ont affecté le niveau d’exécution du projet. Néanmoins, l’opération a permis la construction et l’équipement de 200 classes (sur un objectif initial de 315) et des 3 délégations provinciales. Les autres volets du projet auront été réalisés au-delà des prévisions (520 projets d’écoles contre 320 prévus, appuis aux 38 services de l’éducation et renforcement des 38 collectivités, mise en place de matériels didactiques dans 638 écoles contre 206 prévues sur un total de 660 écoles ).
Bénéficiant d’une implication forte de l’ONG Aide et Action, l’opération a contribué à l’accroissement des taux de scolarisation dans les trois zones (progression de 7, 16 et 25 points), à l’implication des communautés dans la gestion des écoles et à la redynamisation de l’encadrement pédagogique. Il a également contribué à l’évolution des approches nationales en matière de projets d’écoles et de centres de réinsertion des jeunes.
