Développer l'école élémentaire à Dakar, Sénégal

Développer l'école élémentaire à Dakar, Sénégal

A raison de 2 000 nouvelles classes par an, en priorité dans les zones rurales, le Sénégal a réussi ces dernières années à scolariser les trois quarts des enfants du pays dans les écoles élémentaires. Dans le même laps de temps cependant, le réseau d'écoles publiques des centres urbains n'a pratiquement pas évolué et se trouve actuellement surchargé. Dans les banlieues de Dakar, c'est plus du quart des enfants qui fréquente aujourd'hui les écoles privées, dans des conditions d'accueil souvent insatisfaisantes, tandis que, faute de place, la majorité des élèves des écoles publiques va à l'école un jour sur deux, avec une durée de scolarisation ainsi réduite de moitié.

Les conditions de scolarisation dans les banlieues de Dakar se dégradent et deviennent inéquitables, notamment pour les plus pauvres, alors même que les attentes des parents vis-à-vis de l'école sont ici plus fortes qu'ailleurs. Face à cette situation, qui menace l'équilibre social au sein du principal pôle démographique et économique du pays, le gouvernement sénégalais entend engager la « réhabilitation de l'école publique dans les banlieues de Dakar».

 

Objectifs du projet

Le projet s'inscrit dans le cadre de la seconde phase du Programme Décennal pour l'Education et la Formation (PDEF). Il contribue, dans les banlieues de Dakar (départements de Pikine, Guédiawaye et Rufisque), à l'accroissement du taux de scolarisation et du nombre de garçons et de filles achevant un cycle élémentaire complet. En cohérence avec la loi de décentralisation et le Programme d'Appui aux Communes, le projet permet d'expérimenter une collaboration renforcée des services déconcentrés de l'éducation nationale et des 8 collectivités de la zone du projet. 

Les objectifs sont de :

  • contribuer à l'extension et à la rénovation du réseau d'écoles publiques élémentaires, ainsi qu'à l'amélioration de sa maintenance ;
  • améliorer la qualité des enseignements dans les écoles élémentaires, en soutenant les efforts entrepris à cet effet par les inspections départementales et par l'ensemble des écoles publiques et non-publiques autorisées ;
  • renforcer les capacités des collectivités et de la société civile à participer à la gestion du système éducatif.

 

Contenu du projet

Un premier volet de construction et d'équipement de 320 classes, et de rénovation d'une centaine d'autres est mis en place. Le projet prévoit également un financement destiné à abonder le budget des collectivités locales pour la maintenance des écoles.

Un second volet apporte des compléments de formation aux inspections et à l'ensemble des écoles de la zone du projet, publiques et privées, et les subventions nécessaires à leurs initiatives d'amélioration de la qualité (plans d'action qualité des inspections, projets d'établissements ou « projets d'écoles »).

Un troisième volet consiste à former des équipes municipales et des comités associant les parents d'élèves à la gestion de l'école élémentaire, afin qu'ils exercent leurs responsabilités, notamment pour la maintenance du réseau d'écoles.

 

Organisation et financement du projet

Le projet représente un coût total de 12,87 millions d'euros, cofinancé par l'AFD pour 9 millions d'euros et par Aide et Action pour 1,68 million d'euros. L'Etat prend en charge 1,51 million d'euros de taxes, tandis que les collectivités et les parents d'élèves contribuent à 15 % du montant des projets d'écoles et à la moitié des dépenses de maintenance, soit 0,68 million d'euros. La contribution d'Aide et Action concerne les formations (28%) et la quasi totalité des coûts de son réseau d'agents dans la zone du projet.

Le ministère de l'Education aura la responsabilité générale de l'opération et de son suivi avec l'appui d'un coordonnateur contractuel et de consultants.

Les inspections départementales de l'éducation sont responsables des programmes de formation et des appuis aux projets d'écoles, avec l'assistance de l'ONG Aide et Action, co-initiateur et financier de l'opération. L'inspection régionale d'académie assure la gestion des fonds et des marchés. Les projets d'écoles sont gérés par les comités de gestion des écoles, sous le contrôle des inspections.

 

Date d’octroi du projet : décembre 2003