Éducation, formation, emploi : la jeunesse au coeur du développement

Jeune femme tanzanienne en formation d'électronique

La formation professionnelle comme levier de la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes

18/09/2014

La formation professionnelle est un domaine d’action aussi sensible que central pour lever un ensemble d’inégalités entre les hommes et les femmes. Ce constat est un des nombreux enseignements de l’atelier, organisé le 15 septembre dernier par l’équipe Education, Formation, Emploi de l’AFD, et où s’étaient retrouvés des représentant-e-s d’ONG et de bureaux d’études.

La formation professionnelle, domaine peu exploré de l’inégalité entre hommes et femmes

Poursuivant son travail pour intégrer le genre de façon plus efficace dans ses projets, l’équipe Education, Formation, Emploi de l’AFD a lancé en mai 2014 une réflexion sur la formation professionnelle, dont les premiers résultats ont été présentés et discutés le 15 septembre dans le cadre d’un atelier de travail regroupant l’AFD et ses partenaires privilégiés.
En effet, si certaines thématiques de la division, telles que l’éducation primaire et secondaire, bénéficient déjà d’une lecture particulièrement approfondie en termes de genre, la formation professionnelle est un sous-secteur à la fois plus complexe et moins exploré sous l’angle des inégalités de genre.

Pourtant les enjeux sont de taille.

Il s’agit d’agir pour
-    pallier le moindre accès et maintien des filles à la formation technique et professionnelle (dans toutes les régions du monde, les filles et les femmes sont considérablement sous-représentées dans les formations techniques, initiales ou continues) ;
-    pour réduire la ségrégation par sexe des différents secteurs et métiers, et donc des formations proposées
-    tout en garantissant une intégration réussie dans le monde du travail
-    et un épanouissement personnel qui nécessite d’anticiper les éventuels effets pervers (backlash) de compétences non traditionnelles, au niveau de la sphère privée notamment.

Remettre en question la légitimation naturelle du partage des compétences

Plus largement, la formation professionnelle peut avoir un impact significatif sur la situation inégalitaire entre les hommes et les femmes à court et long terme.
A court terme, elle participe à l’autonomisation des femmes (mobilité, relations sociales, estime de soi, contrôle accru sur les ressources du foyer, meilleures connaissances en santé reproductives grâce aux enseignements sur les « compétences de vie », etc.) et au bien-être du foyer (dépenses davantage orientées vers le foyer).
A long terme, la « déségrégation  » par sexe des formations professionnelles (et par prolongement celle des métiers) permet de « dénaturaliser les compétences  » attribuées à chaque sexe qui légitiment les inégalités entre les hommes et les femmes. En effet, l’ensemble des inégalités entre les hommes et les femmes trouvant génér    alement leurs origines dans l’attribution de compétences différenciées aux hommes et aux femmes en raison de leurs caractéristiques biologiques (« nature »). Montrer qu’une femme est capable de réaliser avec succès un travail dit « masculin » (et réciproquement) remet en cause la légitimation des inégalités de genre, et la sous-valorisation monétaire de leur travail.

La participation active des représentant-e-s d’ONG, de bureaux d’études et de l’AFD lors de l’atelier  a permis d’identifier un ensemble de recommandations par acteurs et selon les différentes phases du projet pour permettre à cette thématique de gagner en opérationnalité.
Cet atelier a ainsi contribué à la préparation d’un guide d’instruction et de suivi des projets de formation professionnelle sensible au genre.

► Restitution de l’atelier Genre et formation 

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